Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Conclusion de la première partie

Les transformations et remodelages successifs dus à l’occupation humaine, ont rendu le site naturel imperceptible.

La silhouette actuelle n’est plus en concordance avec le profil originel du site.

Lorsque nous cherchons donc à suivre les transformations du site urbain au cours des deux derniers siècles, il s’avère nécessaire qu’une approche sitologique soit tentée.

Pour arriver à cet objectif, il a fallu procéder à une analyse des principaux éléments naturels du site et de sa configuration physique pour essayer de comprendre l’action de chacun de ses éléments sur l’évolution de l’espace urbain.

Il apparaît clairement que les émergences dues au tracé du réseau de fortification conçu par les Espagnols s’étaient tellement développées qu’elles aient finies par se confondre avec la configuration topographique du site et imposer au paysage urbain de nouvelles formes marquées par la forte silhouette castrale. Ce qui a permis d’ailleurs à René Lespès de dire que « l’histoire urbaine d’Oran, est avant tout une histoire de fortification » (Lespès, 1934, p. 304).

En effet, la ville initialement conçue sur le modèle arabo-musulman, va, sous l'occupation espagnole évoluer rapidement vers le modèle de ville occidentale fortifiée. Mais, c'est durant la deuxième occupation espagnole (1732-1792), que l'organisation urbaine va être complètement remodelée. C'est effectivement un moment important de la transformation du paysage urbain. Les gouverneurs espagnols de cette période, doublés d'ingénieurs ; dotèrent la ville d'importants ouvrages défensifs. Mais, la ville leur doit aussi de nombreuses réalisations édilitaires, notamment en matière de voirie, de réseaux d'évacuation des eaux pluviales et d'adduction d'eau potable.

Sur le plan défensif, les lignes de fortifications extérieures suivaient les lignes de crête les plus élevées, les postes d’observations et les bastions étaient installés sur les buttes et les mamelons tout le long du ravin Raz-el-Aïn. Les lignes de communications étaient assurées par des tranchées et par un réseau de galeries souterraines.

Modeste port de relâche, quoi que non dépourvu d’intérêt commercial, dépendant de Tlemcen, alors capitale du royaume zianide. Le port d’Oran ne fut pas moins un port de première importance, vu sa proximité des côtes espagnoles, dans la stratégie du djihad maritime adopté par les Andalous chassés d’Espagne. Ce fut là son bonheur mais aussi son malheur.
Le Portugal, mais plus l’Espagne, fit occuper ce port pour en faire une des plus importantes places de guerre de la Méditerranée occidentale.