Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Chapitre 2

La structure urbaine

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les Espagnols en occupant Oran, introduisirent le modèle urbain de la ville médiévale fortifiée. Tandis que dans les villes créée ou transformées par eux en Amérique hispanique, ils adoptèrent le plan de la ville islamique tel qu'il existait en Andalousie.

Il ne fait aucun doute que, dès la première occupation espagnole (1509-1708), le tissu arabo-musulman initial d'Oran ait été complètement transformé pour laisser place à la nouvelle organisation urbaine. Il faut cependant souligner que l'état de siège quasi-permanent dans lequel était tenue la garnison, avait amené l'Espagne à adopter une coûteuse politique castrale pour doter son préside d'importants ouvrages de défense, dont les travaux furent dirigés par les plus prestigieux ingénieurs militaires de l'époque (Benkada, 1999).

Le tissu urbain intra-muros

Au lendemain de la deuxième occupation, en 1732 ; les Espagnols avaient trouvé la ville en partie bouleversée, suite à la reconquête de la ville par les algéro-ottomans, et son gouvernement de 1708 à 1732 par le Bey Mustapha Bouchelaghem (Fey, 1858). Ce dernier avait en effet, introduit quelques modifications dans l'aspect architectural des édifices espagnols, en introduisant notamment dans l'architecture de la Plaza Mayor, les arcades[1], et la transformation en particulier des anciennes églises et couvents, en mosquées et synagogue (Epalza et Ouslati, 1978, p.191-201).

Les rares maisons qui restaient encore habitables et les quelques édifices qui tenaient encore debout, furent rapidement occupés par l'administration militaire pour y installer des casernes, des bureaux ou des magasins et des logements pour les officiers. On restaura les quatre églises majeures, en faisant venir des religieux d'Espagne.

Sur le plan de l'administration du domaine public foncier et immobilier, les Espagnols avaient déjà au XVIe siècle, établi à Oran, un Registre de la répartition, des biens-fonds, maisons et jardins abandonnés par leurs propriétaires musulmans et juifs, à la suite du massacre qui suivit la prise de la ville en 1509. Les gouverneurs avaient donné ces biens immobiliers en concessions gracieuses aux civils et militaires espagnols ; ce fut, notait l'historien espagnol Diego Suarez Montañes, « sur une petite échelle, ce que les Normands avaient fait en Angleterre après la bataille d'Hastings ; et le Registre de la répartition n'est qu'un diminutif du fameux 'Doom's day book' » (Berbrugger, 1866, p. 123).

Mais à partir de 1732, ils avaient institué un système cadastral plus élaboré, qui soumettait le sol à une division en parcelles, inscrites sur un registre spécial conservé par des Regidores (régisseurs)[2]. Les vastes jardins du Bey Bouchelaghem, furent intégrés dans le domaine public ; mais, on leur garda néanmoins, le nom de « Huertas de los Bigotillos » (jardins du Moustachu), en allusion au Bey Bouchelaghem[3].

Le commandant-général Don Eugene de Alvarado (Don Eugène de Alvarado Hurtado Saavedra y Martinez de Lerma) qui fut gouverneur de 1770 à 1774, fit effectué en 1771, un recensement des habitants et des biens d'où il ressortait, que la ville comptait 581 maisons dont 532 appartenaient à des particuliers. La valeur totale des propriétés était estimée à 9.346.000 réaux et leur revenu annuel à 451.734 réaux[4]. C'est à la suite du résultat de ce recensement qu'il fit établir un impôt cadastral sur tous les biens-fonds.
Son fils, l'historien d'Oran, le marquis de Tabalosos, nous apprend que son père, « dota ces places d'un Cadastre général, avec évaluation de tous les biens : travail de grande valeur, tout l'éloge de celui qui l'exécuta » (Tabalosos, 1930, pp. 331-380, p. 363). Il s'agit fort probablement du document manuscrit, conservé à la Biblioteca de Estado Mayor de Madrid, rédigé vers 1771 par Don Joaquim de Ondeano intitulé, « Vecindano o sera cadastro de la Ciudad de Oran, dividido en seis Quartelas, distinguidos con sur respectivos numeros. Comprende la Plaza de Mazarquivir y Castillos de toda su fortificacion asi Reales, civiles como militares... » (Cazenave, 1933, pp. 303-379, p. 367).

Il importe cependant de préciser que les Espagnols qui avaient remodelé la ville selon un plan radio-concentrique, l'avait aussi dotée d'une place centrale, la Plaza Mayor ; vers laquelle convergent les rues, dont quelques unes étaient construites en escalier. Dans leur ensemble, ces rues étaient à pente raide et très étroites, suivant les aspérités du sol[5].

En raison même de cette configuration défensive de la ville, le tissu urbain était agencé sur le modèle d’un plan en échiquier, doté d'un réseau de voies extrêmement étroit, dont on peut constater le remarquable tracé que le centre historique de la ville a gardé de nos jours. Ce type de réseau viaire avait pour résultat l'organisation des unités d'habitation en îlots compacts, leur confinant manifestement une certaine agglutination qui ne manquait pas de donner ainsi au tissu urbain dans son ensemble un aspect fortement densifié ; ce qui faisait dire à R. Lespès : « il est difficile de croire que cette ville ait été autre chose qu'un entassement de médiocres constructions serrées entre les rues non pavées, étroites et fortement déclives » (Lespès, 1934, p.277-335, p. 317).

Oran est la première ville algérienne à avoir connu un système dénominatif de ses voies de communications et ce, dès la 2ème occupation espagnole de la ville (1732-1792) qui fut la plus importante du point de vue de l’organisation urbaine de la ville. Dès 1732, les Espagnols avaient institué un système cadastral plus élaboré, qui soumettait le sol à une division en parcelles, inscrites sur un registre spécial conservé par des Regidores (régisseurs).

Comme ils ont d’ailleurs remodelé la ville selon un plan radio-concentrique et, l'avait dotée d'une place centrale, la Plaza Mayor ; vers laquelle convergent les rues, dont quelques- unes étaient construites en escalier.

En raison même de la configuration défensive de la ville, le tissu urbain était agencé sur le modèle d’un plan en échiquier, doté d'un réseau de voies extrêmement étroit, dont on peut constater le remarquable tracé que le centre historique de la ville a gardé  de nos jours. Ce type de réseau viaire avait pour résultat l'organisation des unités d'habitation en îlots compacts, leur confinant manifestement une certaine agglutination qui ne manquait pas de donner ainsi au tissu urbain dans son ensemble un aspect fortement densifié. Pour se retrouver dans ce dédale de rues et de ruelles, les Espagnols instituèrent un système de dénominations officielles des rues de la ville, bien qu’étranger à la tradition arabo-islamique, on peut cependant le considérer à l’origine de la tradition odonymique algérienne. Ce système de dénomination des voies urbaines répondait parfaitement à une logique de désignation établie sur la base de l’usage symbolique ou pratique de l’espace et, déterminant le nom que l’on donne  au réseau viaire (rues, ruelles, rampes, places, placettes etc…)[6].

Il importe de noter que le premier travail d’identification des anciens noms espagnols des rues de la ville, on le doit en premier lieu à Henri-Léon Fey[7].

C’est ainsi que ces rues et places avaient pour noms : 

 

Noms espagnols des rues

Significations

Noms des rues à l’époque française

Barrio de los Gitanos

Quartier des Gitans

Rue Tagliamento

Calle de la Carrera / Calle principal de la Carrera

Rue de la Carrière/ Grande rue de la Carrière

rue du Vieux-Château

Calle que des de Santo Domingo sube  a la de las Monteras

Chemin qui de Saint Dominique monte à celui des déblais

Chemin probablement constitué par les rues de Rome, de l’Intendance
et de la Vieille-Casbah.

Calle de la Amargura

Rue de l’Amertume ou du Calvaire

rue de la Moskowa puis de Ménerville

Calle de la Merced

Rue de la Merci ou de la Grâce

rue de l’Hôpital

Calle Real

rue Royale

Voie non identifiée

Calle de la Gloria

Rue de la Gloire

Voie non identifiée

Calle de los Morteros

Rue des Mortiers

Voie non identifiée

Calle del Pagador

Rue du Payeur

Voie non identifiée

Calle de los Calabacillos

Rue des Prisons ou des petits cachots.

Voie  non identifiée

Calle del Beso

Rue du Baiser

Voie de Cambronne

Calle Las Brujas

Rue des diseuses de bonne aventure ou des Sorcières

Voie non identifiée

Calle San Bernardino

Rue Saint Bernardin

Voie non identifiée

Calle de las Rozas

rue des Roses

Voie non identifiée

Calle Quesada

Rue Quesada

Voie  non identifiée

Calle Juego de la Pelota

Rue du Jeu de pelote

Voie non identifiée

Calle del Vicario

Rue du Vicaire

Voie non identifiée

Calle de la Parra ou San Jaime

Rue de la Treille ou San Jaime

rue de Dresde

Calle Amor de Dios

Rue Amour de Dieu

rue de Montebello

Calle de Canastel/ Calle de los Árbolès[8]

Chemin de Canastel/ chemin des Arbres

Rue de Philippe.

Camino del Torre Gorda

Chemin de la Tour Grosse

Voie non identifiée

Estrada de la Carrera Voir Calle de la Carrera / Calle principal de la Carrera

Route de la Carrière

rue du Vieux-Château

Rambla/ Paseo del Príncipe  y de la Princesa

Promenade du Prince et de la Princesse 

Boulevard Oudinot

Plaza Plaza Mayor

(Place principale), Grande place

place de la Perle

Plaza de Armas

Place d’Armes) voir, Plaza Mayor

Place de la Perle

Plaza de la Iglesia Mayor  

Place de la Grande Église

Place du Colysée

Plaza del Mercado/ Plaza de las Verduras

Place du Marché aux Herbes

rencontre des rues  Pontéba et Hondschoote /placette de la rue de Pontéba

Plaza del Cubo

Place de la Tour

Voie  non identifiée

Plaza del Espeche

Place d’Espeche

Voie non identifiée

Plaza del Cotin

 

Voie non identifiée

Plaza de Badajoz

Place de Badajoz

Voie non identifiée

Plaza del Conde

Place du comte

Voie non identifiée

Plaza del Carmen

rue de la Vierge du Carmel

Voie non identifiée

 

Sur le plan démographique, le nombre de la population qui avait oscillé entre 2.000 et 6.000 habitants durant la première occupation (1509-1708), qui parait singulièrement réduite par rapport à celle de l'époque musulmane, va se trouver extrêmement à l'étroit. Cela ne fut pas d'ailleurs sans risques d'incendies et surtout d'épidémies comme celles de 1547 et 1678, les plus effroyables qu'ait connues la ville.

Le mode de construction dominant était cependant, la maison en dur. L'architecture des maisons laisse deviner à souhait les deux principales influences méditerranéennes, arabe et espagnole.

Il semblerait toutefois, que des maisons antérieures à l'occupation espagnole aient été conservées et qui ont gardé, comme le note Hontabat :
« L'empreinte de leur mode de construction, mais la plupart ou presque toutes, sont en ruines par suite de la qualité des matériaux »[9].

Les Espagnols avaient à leur tour introduit de nouveaux éléments dans la construction de la maison autochtone ; « dans le soin apporté à la construction, dans le souci d'uniformité des façades on retrouve les caractéristiques du style urbain de ce temps : les cours intérieures, les ouvertures petites dans la rue répondent au style espagnol et aux nécessités du climat » (Pestemaldjioglou, 1936, p.220-254).

La maison urbaine était caractérisait, notait Pestemaldjoglou, essentiellement par « une cour intérieure bordée de galeries que supportent des colonnes et arcs le plus souvent en plein cintre. Les chapiteaux
sont ornés de figures géométriques très simples » (Pestemaldjioglou, 1936, p.220-254).

Les quartiers extra-muros

Ces quartiers constituaient en fait des faubourgs implantés en dehors des barrières de la ville. Ils étaient au nombre de trois :

 - La Plaza Mayor : Le centre de la ville construit autour de la Plaza Mayor qui concentre la majorité des maisons et des équipements socio-économiques. Les Algériens lui donneront par la suite le nom de Blança

- La Calera (la Calère) : Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la ville commençait à se repeupler. C'est à cette époque que remonte la création de la Calera. Blottie en contrebas des falaises du Murdjadjo, elle était réservée aux ouvriers travaillant dans les fours à chaux, d'où le nom de Calera donné à ce quartier.

Cependant, à la suite de l'abandon d'Yfri par les Mogatazes ; les Espagnols qui, ont longtemps refusé de les admettre à l'intérieur des murs, les autorisèrent vers la fin de la seconde occupation à s'y installer ; en leur désignant toutefois un emplacement spécial à leurs douars (adouares).

- La Marine : Le quartier était situé hors de l'enceinte. Sa morphologie urbaine était celle de tout quartier dont la vie dépendait pour une large part de l'activité portuaire. Il y avait 90 maisons, des magasins et une caserne de la cavalerie.

Les éléments de la structure urbaine

La reprise d'Oran en 1732, les Espagnols avaient totalement changé de politique ; le roi Philippe V interdit aux commandants-généraux de la place de s'aventurer en dehors des lignes de fortifications au risque d'exposer inutilement la vie des soldats. Ce qui nous amène donc à penser que par cette mesure l'Espagne optait pour une occupation restreinte, qu'il n'est pas exagéré de qualifier même d'intra-muros.

Dès lors, le souci constant des vingt commandants-généraux, dont les seize commandants généraux titulaires qui se succéderont à Oran à partir 1732, fut non seulement de maintenir en état de défense les ouvrages de fortification déjà existants, mais aussi, de procéder à son renforcement par l'adoption de nouvelles techniques de fortification largement inspirées à l'époque des théories de Vauban. D'ailleurs, don Harnaldo Hontabat,
se référant à juste titre à Vauban, considère que pour défendre efficacement Oran, « il faudrait 5.000 hommes d'infanterie et 500 chevaux ; cependant, en tenant compte des exceptions que peut subir cette règle en raison de la situation, de la nature de ces fortifications sans fossés ni chemins couverts, on peut réduire ce nombre à 4.000 hommes d'infanterie et 300 chevaux, pour la défense régulière de la place et des forts détachés... »[10].

La muraille d'enceinte

Il va néanmoins sans dire que pour des raisons évidentes de sécurité, les ingénieurs militaires en traçant le réseau de fortification, avaient délibérément sacrifié les commodités de la vie urbaine aux exigences de la défense de la Place qu'ils avaient corsetée par une enceinte en demi-cercle de 2.557 mètres, serrant la ville à l'intérieur d'un espace de 75 hectares. Ce qui faisait que le développement urbain se ressentait fortement du caractère militaire des équipements, sacrifiant ainsi, délibérément les commodités de la vie urbaine aux exigences de défense de la place de guerre. Fernand Braudel notait les mêmes impératifs militaires pour les villes occidentales à partir du XVe siècle ; lorsque, « ces remparts étendus à l'horizontale ne peuvent plus être déplacés sans frais énormes. Et devant ces lignes fortifiées, il faut maintenir le vide indispensable aux opérations de défense et donc interdire les constructions, les jardins, les arbres » (Braudel, 1979)[11].

L'une des premières mesures qui fut prise en 1732 sur le plan défensif, c'était le déplacement de la deuxième ceinture de muraille sur la rive droite du Ravin Raz-el Aïn. Franchissant ainsi le ravin dans lequel coulait, intra-muros l'Oued Er-Rehhi, ils avaient reporté les remparts vers l'Est, sur la rive gauche de ce ravin. La nouvelle enceinte avait du coup porté la superficie de l'espace urbain intra-muros de 75 à 95 hectares, comprenant l'espace occupé par les forts du Château-Neuf et de Saint-Philippe, reliés entre eux par la nouvelle ligne de défense extérieure.

Les Portes

Dans un système urbain fortifié, la muraille, comme le fait remarquer judicieusement Lewis Mumford, « fait de la cité un véritable îlot » (1964,
p. 386). Elle sépare nettement l'espace urbain proprement dit de la campagne, comme elle protège d'ailleurs la cité des incursions extérieures. Aussi, les portes incluses dans cette enceinte jouent-elles le rôle important dans le système défensif de la ville dans la mesure où on ne pouvait y entrer qu'en passant obligatoirement par elles, qui durant la nuit ou en cas de menace extérieure, elles sont fermées et gardées. Ces « barreras » avaient la même fonction que les « barrières » des villes occidentales du Moyen-Âge, celles  où étaient établis des postes pour la perception des droits d'octroi que payaient certaines denrées. À titre d'exemple, Paris, était clos par une muraille d'enceinte de 24.100 mètres, percée par 55 barrières  (Ragon, 1986).

Remarquons cependant que l'enceinte qui entourait la ville était gardée à intervalle régulier par des fortins. Pour communiquer avec l'extérieur, elle était percée initialement de deux portes principales :

- Rasserio de la Barrera (Porte du Ravin ou Porte de Tlemcen), donnait accès à la partie supérieure du ravin vers la source El Billel, d'où son nom en arabe de Bab-el-Billel.

- La Porte de Canastel, c'était la principale entrée de la ville, le chemin de la Marine y aboutissait, et à peu prés tout le trafic, gens et marchandises passaient par-là.

Toutefois le colonel Derrien voyait autrement les différentes portes de la ville espagnole : « L'enceinte de la ville espagnole, la Blança, écrit-il, y avait trois portes : l'un à l'Ouest, Bab El Marsa, Porte de Santon ou de Mers-El-Kébir (Pestemaldjioglou, 1936, p.220-254) ; la deuxième au Nord Bab Amara (Benkada, 1988)[12] ; y débouchant sur les bâtiments de Sainte-Marie ; et la troisième, porte de Canastel » (Derrien, 1886).

Sur la muraille d'enceinte de la rive droite du ravin, formant la ligne de défense extérieure reliant le Château-Neuf au Fort Saint André, il y avait deux portes qui donnaient sur la plaine immédiate :

- La Barrera de Rosalcazar à laquelle aboutissait le Chemin de Canastel pour accéder à la place du Marché d'où son appellation de Bab Es-Souq de l'époque ottomane.

- La Barrera Conducto Real (Barrière du Conduit royal) dit aussi Boveda de la Madre Vieja.

 - Rasserio de la Cantera, il s'agit de l'entrée qui donnait accès à la carrière   d'Astorfe, où étaient installés des fours à chaux, d'où l'origine par la suite de son appellation en arabe de Bab el Djiara.                                       

Il importe de signaler en outre d'autres portes qui pour n'être pas incluses dans l'enceinte ne faisaient pas moins partie du système défensif en général. Il s'agit notamment des portes suivantes :

- Porte du Fort Lamoune, donnant accès au fort de ce nom, signalée par  Louis Piesse (1862) ; il s'agit probablement de la même porte qui est indiquée sur le plan d'Oran de 1831 du Capitaine Levet, sous le nom de Bab El Puerta.

 - Porte de la Kasbah que Piesse situe au-dessus de la porte de Santon, est en réalité une porte faisant partie de la Kasbah même et donnant accès aux pentes du Murdjadjo (Piesse Louis, 1862).

 - Puerta de Mallorca : L'indication de cette porte sur une gravure espagnole de 1752[13], a permis de laisser supposer qu'elle fut à l'origine de la porte de Santon (Pestemaldjioglou, 1936, p.220-254), le Bab el Hamra de la toponymie locale.

- Porte d'Espagne, imposant ouvrage militaire surmonté du blason du royaume d'Espagne, est totalement intégré au mur d'enceinte de la Kasbah.
Il commande l'entrée de la citadelle donnant sur la porte de Tlemcen.

Les Ponts

La ville était reliée à la rive droite du ravin de Raz-el-Aïn par deux ponts :

- Le premier, de moindre importance était situé au Sud de Rasserio de la Barrera (Porte de Tlemcen)

- Le second, était un important ouvrage en avant de la porte de Canastel. Il était enjambé par un chemin ombragé d'arbre qui servait de cours de promenade, il était aussi prolongé par une rampe, c'est le Chemin de Canastel qui traversait les jardins et aboutissait à la Barrera de Rosalcasar (Bab es-Souq).

Les grandes réalisations urbanistiques

De même qu'au lendemain de 1732, la ville paraissait si dépassée sur le plan de son urbanisme, qu'il parût, nécessaire de procéder à de grandes opérations d'aménagements tant au niveau du tissu urbain qu'au niveau de l'espace viaire que des autres réseaux divers, dans l'espoir de donner à la ville un peu plus d'air et de lumière. Certains Commandants-généraux de la Place, ne dédaignèrent pas de se livrer à quelques libéralités pour rendre la vie des habitants et des soldats moins monotone et partant plus supportable qu'elle ne l'eût été pendant la première occupation.

Cependant, si les travaux d'aménagement et de réalisations édilitaires se sont poursuivis sans discontinuer sous les différents gouverneurs du préside ; deux parmi eux, semblent avoir cependant particulièrement marqué et laissé durablement leur empreinte sur le paysage urbain, tant par leurs conceptions architecturales novatrices que par le modernisme de leur vision urbanistique : don José Vallejo (1734-1738) et don Eugenio de Alvarado (1770-1774).

Une innovation occidentale : La Plaza Mayor

À partir du XVIe siècle, dans de nombreuses villes en Europe, les places furent considérées comme un élément particulièrement structurant du tissu urbain. Prenant l'exemple de ces places, Martha D. Pollak, note à propos de la Piazza Reale de Turin (l'actuelle Piazza S. Carlo) que, « tout comme les places Dauphine et Royale (actuellement place des Vosges), édifiées à Paris sous le règne de Henri IV, elle figura un type nouveau d'équipement urbain : espace résidentiel, la place bordée d'habitations » (Pollack, 1989, p. LVI.).

Ce mouvement de l'urbanisme privilégiant l'aménagement des places initié par des princes ou des intendants, semble d'ailleurs, s'accentuer au XVIIIe siècle ; exemple en France, des places Stanislas à Nancy, Bellecour à Lyon, Blossac à Poitiers, Tourny à Bordeaux (Georges, 1988, p. 84).

Dans ce contexte les grandes villes d'Espagne n'échapperont à cette mode ; « Ce genre de place, font remarquer M. de Epalza et J.-B. Vilar, se retrouve dans les villes à nouvelle fondation en Espagne, au XVIIIème siècle, la Carolina, Aguilas etc. Mais, on les retrouve dans les vieux quartiers des principales villes, qu'on démolit, Madrid, Barcelone, Bilbao, Salamanque... et, en Amérique hispanique »[14] ; et nous ajouterons, même dans les Présides nord-africains, notamment à Oran. Don Luis Roèl y dénombra, en 1789, neuf places et placettes[15].

Mais bien évidemment, la plus importante est la Plaza Mayor, appelée aussi Plaza de Armas (Place d'armes) (la Blança des Algériens), qui constituait par conséquent la place centrale de la ville. Elle était le lieu des grandes manifestations officielles, et où d'ordinaire on faisait défiler la parade de garde. C'est pourquoi on prêta une attention particulière à son aménagement et son embellissement. 

Don José Vallejo fut le premier à prendre en charge son aménagement ; il la fit paver et l'élargit « en avant du pont de Canastel et celle où ce chemin se sépare de celui qui donne entrée dans Rosalcazar »[16].

En règle générale, explique Robert Ricard[17], « la Plaza mayor espagnole est une place rectangulaire, entièrement construite, c’est-à-dire bordée sur les quatre côtés d’édifice de caractère monumental, de même style et d’aspect et d’aspect identique : un des éléments caractéristiques de cette place sont les arcades (portales ou soportales). Les plus célèbres sont celle de Madrid
et celle de Salamanque ; la place de Vitoria passe Pour une imitation de celle de Madrid, mais elle en est sensiblement différente » (Ricard, 1947, pp. 433-438, p. 433). Pour mieux la définir, il ajoute que « La Plaza mayor espagnole apparait donc comme une place fermée, du type de la place des Vosges à Paris. Elle n’est pas un carrefour, mais au contraire un obstacle à la circulation des voitures, qui l’évite ou l’oublie) » (Ricard, 1947, p. 433).

Mais, il est toutefois intéressant de remarquer que c'est sous le commandement de Don Eugenio de Alvarado, marquis de Tabalosos, que la Plaza Mayor  d’Oran ait connu ses plus beaux jours ; comme nous le rappelle, son fils, le marquis Tabalosos,  chroniqueur de la cité du temps de son père déjà, : « Attentif à tous les besoins, en qualité de premier Commissaire du gouvernement, il orna de portiques la Place d'armes et y éleva une belle statue du Roi, en marbre, pour commémorer la reprise de ces villes par sa Majesté Philippe V, en 1732 » (Tabalosos, 1930, p. 363).

C’est ainsi que, le commandant-général d’Oran, don Eugenio de Alvarado, marquis de Tabalosos, ordonna en 1772 aux ingénieurs servant sous ses ordres, notamment don Harnaldo Hontabat et Carlos Masdeu y Troncoso, de la faire entourer par « des porches tout au long de ses bâtiments, avec des arcs de plein cintre qui s'appuyaient sur des colonnes doriques pourvues de base et de chapiteaux doubles. Les préaux couverts des porches supportaient des façades uniformes à double balconnade et frise »[18].

Bien qu'elle ait été donc d'un usage courant dans l'architecture hispanique, l'idée d'introduire des porches dans l'aménagement de la Plaza Mayor ; à Oran, l’idée Remonte en fait au bey Bouchelaghem qui la fit entourer en 1708, de maisons à arcades (Aqouas). En reprenant la ville pour la seconde fois en 1732, les Espagnols adoptèrent  cette innovation  en lui donnant comme en Espagne une fonction municipale ; où, comme le souligne à juste raison Robert Ricard, « il est rare qu’il s’y trouve un autre édifice officiel que l’Ayuntamiento (ou Casas Consistoriales) » (Ricard, 1947, pp. 433-438, p. 433).

De forme pentagonale et assez irrégulière, la place fit l'objet avant tout d'un plan d'alignement ; Don Harnaldo Hontabat, jugeait dans sa Relacion general... que, « les boucheries sont mal placées ; elles sont sur la place d'Armes, sous un portique [...] on compte construire sur cet emplacement qui paraît plus convenable pour cela la prison, le tribunal et le cachot »[19].

L'exécution du plan d'alignement avait permis d'y enlever les boucheries et des maisons de commerce, qui encombraient la place inutilement, ce qui avait permis à don Alvarado d'acheter les terrains dégagés par ces édifices qui furent transférées sur la nouvelle Plaza de las Verduras (Place du Marché) qu'avait aménagée Hontabat, un peu plus loin de la Plaza Mayor. Comme il avait fait d'ailleurs, dans le quartier de la Marine, embellir la place d'El Carmen par la construction de l'ermitage de Notre Dame d'El Carmen.

Il y a tout lieu de penser, bien qu'elle soit d'un usage courant dans l'architecture hispanique, l'idée d'introduire des porches dans l'aménagement de la Plaza Mayor, lui était quelque peu inspirée de l'exemple du bey Bouchelaghem. Ces édifices devaient, par conséquent  permettre d'abriter la Casa de Ciudad (Hôtel de ville) qui manquait encore à la cité, la Guardia principal, la Junta de gobierno et la Junta de comercio. Quant à l'embellissement de la place, elle fut confiée à l'ingénieur Tomas Terreiro qui lui appliqua les règles urbanistiques les plus en vogue au XVIIIe siècle. Rare, même en Espagne, était le fait d’ériger  au milieu de la place un quelconque monument ; pour la Plaza mayor de Madrid, par exemple, il fallait attendre 1848 pour qu’elle accueille la statue de Philippe III (Ricard, 1947, p.433-438, p. 433).

Tandis qu’à Oran, dans le cadre du plan d’embellissement de l'ingénieur Tomas Terreiro, ce dernier, saisissant l’occasion de l’anniversaire du roi Carlos III fit ériger sur la Plaza mayor, d'après le modèle de Valenciano Mateo-Sanz,  une colonne dorique surmontée du buste du roi, reposant à son tour sur un large socle ; le tout en marbre blanc, œuvre de deux sculpteurs basques : Vicente de Larralde et Ignacio Basterrechea (Cazenave, 1922, pp. 225-269, pp. 457-488, p. 479).

L'historien d'Oran, le marquis de Tabalosos, écrit à propos de l'embellissement de la Plaza Mayor par son père : « Attentif à tous les besoins, en qualité de premier Commissaire du gouvernement, il orna de portiques la Place d'armes et y éleva une belle statue du Roi, en marbre, pour commémorer la reprise de ces villes par sa Majesté Philippe V, en 1732 » (Tabalosos, 1930, p. 363).

L’aménagement des voies de circulation    

Le réseau de voies de circulation hérité de la première occupation ne répondait plus aux exigences urbanistiques nouvelles, notamment sous la pression  conjuguée de la densification de la trame urbaine et de l'augmentation notoire de la population. C'est dire cependant, les sérieux problèmes d'embarras de circulation que commençait à connaître la ville.

De nombreux aménagements de la voirie notamment des agrandissements, ont été entrepris pour permettre aux chargements de contourner la ville tout en évitant  de la traverser ; mais, de relier également sans encombre, entre elles les différentes portes de la ville.

Deux exemples aident, dans ce cas à illustrer  ces réaménagements viaires entrepris surtout sous le commandement du commandant-général Joseph Vallejo.

Tout d'abord, comme le note Vallejo lui-même dans son rapport, « le Chemin principal qui de la Marine monte à la ville était si étroit aux abords de la porte de Canastel qu'à peine, et à grands dangers de verser, il pouvait y passer une voiture.

On l'a élargi, en taillant dans la montagne, ce que l'on a pu, et en faisant, de l'autre côté un mur de pierre de sorte qu'aujourd'hui deux voitures peuvent passer ensemble dans la partie la plus étroite et trois ou quatre dans les autres» ; et il ajoute,  ce même inconvénient existait au chemin qui de la porte de Canastel monte aux châteaux de Rosalcazar, Saint André et Saint Philippe [...] était si rapide qu'avec grande peine deux hommes pouvaient monter de front »[20].

Aussi, une attention particulière fut-elle accordée dans le cadre des travaux de voirie à l'élargissement et à la réfection des voies de passage et de rassemblement. Les premiers travaux remontent donc à Vallejo qui, dès 1734 avait, pour relier les deux rives de l'oued Er-Rehhi, commencé par construire deux ponts, ce qui lui avait permis par conséquent, d'établir une rampe sur la rive droite, reliant la porte de Canastel à la porte de Rosalcazar, celle qu'on appela par la suite le chemin de Canastel, qui était de l'avis de Vallejo, « si rapide qu'avec grande peine deux hommes pouvaient monter de front, lorsqu'il pleuvait ce chemin devenait si bourbeux, note encore Vallejo, qu'il était impraticable aux voitures et à la troupe on l'a changé en formant une chaussée neuve de quatre toises de largeur et soutenant les côtés par un mur en pierre ; elle a été couverte de gravier, de sorte qu'en toute saison de l'année elle est praticable ; la montée en est très douce et par conséquent la descente »[21]. Elle fut embellie par une double rangée d'arbres, plantés en 1734 sur ordre de don José de Tortosa.

Vallejo fit également ordonner les opérations d'élargissement des principales voies, notamment du chemin de la Marine, en taillant dans la montagne, et en le renforçant de l'autre côté par un mur de pierre, « de sorte aujourd'hui, écrit Vallejo, deux voitures peuvent passer ensemble dans la partie la plus étroite et trois ou quatre dans les autres ». Le principal avantage de cet élargissement des voies résidait dans le fait qu'il avait incontestablement permis, non seulement de contourner la ville en évitant aux gros chargements et aux convois militaires de la traverser, mais aussi et surtout de relier les principales portes entres elles, ce fut en quelque sorte un boulevard périphérique intérieur avant la lettre.

Plus tard, le commandant-général Don Antonio Bolognino (1767-1770) fit reprendre les travaux d'amélioration de l'état des rues et des places, ainsi que la montée de Rosalcazar (Chemin de Canastel). Il rendit aussi, plus accessible la Calle Real (Rue Royale) qui monte vers la Kasbah. Malgré toutes ces améliorations, les problèmes de circulation n'avaient pas fini d'être à l'origine de nombreux accidents, l'historien de Tabalosos, signale par exemple qu'il y eut en 1749, un grand nombre de « victimes d'accidents par les rues et places » (Tabalosos, 1930, p. 334).

Toutefois, la réfection de la chaussée ne fut pas le cadet des soucis des gouverneurs. De l'avis de Vallejo, le chemin qui du pont de Canastel monte à Rozalcazar devenait si bourbeux qu'il était impraticable aux voitures et aux troupes. Aussi décida-t-il de le changer, « en formant une chaussée neuve de quatre toises de largeur et soutenant les côtés par un mur en pierre, elle était couverte de gravier, de sorte qu'en toute saison de l'année elle est praticable »[22].

Il en fut de même de toutes les rues et places de la ville qui, sans exception avaient été pavées. De cette manière, elles étaient  propres en tout temps.

De part et d'autre de l'Oued Er-Rehhi, sur ce qui servait auparavant de glacis à la première muraille d’enceinte, on procéda au dégagement d'une large bande de terre qu'on fit complanter d'arbres et de jardins qui fut très rapidement transformée à la joie de la population, en un superbe cours de promenade verdoyant, à qui on donna le nom de Boulevard du Prince et de la Princesse, devenu à l'époque française le boulevard Oudinot. Apparemment comme pour le Paris de Rambuteau au XIXe siècle, les gouverneurs-ingénieurs espagnols ont voulu donner pour Oran de l'eau, de l'air, de l'ombre.

Les réseaux d'alimentation en eau et d’évacuation des eaux usées

L'alimentation en eau de la ville était assurée en premier lieu par de nombreuses sources, et principalement par la source d'El Nacimiento (source de Raz-El-Aïn), et accessoirement par l'Oued Er-Rehhi (des Moulins) qui traversant la ville, faisait tourner les moulins à farine et arrosait les nombreux jardins intra-muros. L'eau était en effet amenée à la ville grâce à un réseau de canalisations souterraines faites en poterie, comme celle qui amenait l'eau à partir de la source de Higuera, située sur le versant de la montagne du Murdjadjo. Quant à l'eau de la source d'El Nacimiento, elle était amenée par le moyen d'un aqueduc. Don Eugenio de Alvarado fit construire un petit barrage sur le flanc de la montagne destinée à emmagasiner l'eau provenant probablement de la source de la Higuera ;
ce qui donna par conséquent, une nouvelle direction à ces eaux qui désormais selon le chroniqueur Tabalosos, « elles suivraient le précipice de Galice, le ravin du Sang, le mont vert et le chemin de la Meseta »[23].

Grâce à la captation de ces eaux qu'on a pu donc créer à travers toute la ville de nombreux abreuvoirs et fontaines.

Quant au problème de l'assainissement, il se posait sous deux aspects :
le rejet des eaux usées et l'évacuation des eaux pluviales.

Le déversement des eaux usées directement dans la rue offrait un spectacle des plus répugnants. Ce qui fit résolument décidé Vallejo à construire deux conduits principaux, « bien spacieux qui reçoivent les immondices des rues et des maisons et le conduisent à la campagne de cette manière, explique-t-il, la ville est propre et ne craint pas le danger que causerait le séjour de semblable putréfaction »[24].

Il va sans dire aussi que la saison des pluies était très redoutée en raison de l'emplacement de la ville en contrebas de la montagne, dont les trois grands ravins y déversaient leurs ruissellements. Cependant, bien que les eaux pluviales aboutissaient habituellement à l'ancien Conduit Royal, appelé aussi Boveda de la Madre Vieja, une sorte de cloaca maxima, qui traversait la ville en diagonale, et se dégorgeait dans l'oued Er-Rehhi, du côté des jardins, sa vétusté avancée et son état de ruine faisaient que les eaux formaient le plus souvent, « une fondrière profonde et tortueuse ; en coulant dans les avenues elles exposaient une partie de la ville à être submergée et les murs à l'entrée et à la sortie de ce conduit à être rompus, comme cela s'est déjà produit en octobre 1733 »[25].

Aussi, pour éviter de semblables risques, Vallejo entreprit la construction d'un canal de 6 pieds de largeur sur 10 de hauteur, « tout en pierre de taille très dure ; on a posé deux grilles en fer à l'entrée et une à la sortie ; ces grilles s'ouvrent quand il pleut, afin que l'eau, explique-t-il, coule sans obstacle à cause de la grande quantité de débris qu'elle entraîne des montagnes »[26].

 

 Figure 5 : Plan espagnol d’Oran (1732)

Source : Plano de la Plaza de Oràn (1732), Lespès René, Oran, Étude de géographie
et d'histoire urbaines, Paris, F. Alcan; Alger, J. Carbonnel 1938.


 Figure 6 : Plan espagnol d’Oran et de ses environs (1757)

Source : Plano de la Plaza de Oran y sus castillos, con la de Mazalquivir en 1757. (Plan de la Place d'Oran et de ses forts, avec celle de Mers-el-Kébir en 1757. Publié par la Société
de Géographie et d'Archéologie d'Oran. Lithographié par l'imprimerie Collet, Oran, sd.


Figure 7 : Plan  du projet de construction de l’hôpital San Bernardino (1777), archit. Juan Ballester y Zafra

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, Figure n° 205, p.237


 

Figure 8 : Plan de la Caserne d’infanterie (1745), archit. Antonio Gaver

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, n° 208, p. 239.

Figure 9 : Plan de construction de la prison (1767), archit. inconu

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, Figure n° 211, p. 241

 Figure 10 : Plan d’un ensemble de bâtiments dans le quartier des Carniceros (1772), archit. Arnaldo Hontabat

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, Figure n° 214, p. 242.

Figure 11 : Plan des arcades de la Plaza Mayor (1772), archit. inconu

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, Figure n° 215, p. 242.

Figure 12 : Plan d’une maison privée adaptés pour le projet de construction
d’une caserne (1772), archit. Arnaldo Hontabat

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, Figure n° 213, p. 241.

Figure 13 : Plan d’une maison privée adaptés pour le projet de construction
d’une caserne (1772), archit. Arnaldo Hontabat

Source : Vilar Juan Bautista et Epalza Mikel de, Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles (édition bilingue). Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1988, Figure n° 213, p. 241.


Figure 14 : Mosquée de Karguentah (vue de 1890)

Source : Marial W., « La Mosquée de Sidi Mohamed El Kébir à Oran », BSGAO, fasc. LVII, avril- mai, juin, 1893, p.153-154.

Figure 15 : Mosquée du Pacha et la rue de Philippe

Source : L'Afrique du Nord Illustrée, n° spécial Oran, 1913, p. 3.

Figure 16 : Plan d’Oran au XVIIIe siècle, mettant en évidence le plan parcellaire des jardins

Source : Adapté par l’auteur


Figure 17 : Plan espagnol d’Oran (1757)

Source : Pestemaldjioglou Alexandre, « Ce qui subsiste de l'Oran espagnol », R.A., 1936.


Figure 18 : Tracé de la Ville-Neuve par rapport au plan parcellaire des jardins à l’époque espagnole

Source : Adapté par l’auteur

Figure 19 : Plan espagnol et tissu urbain intra-muros (1846)

Source : Adapté par l’auteur.

 

NOTES

[1] Les inscriptions d'Oran datant de l'époque du bey Bouchelaghem, reproduites par les chroniqueurs algériens mentionnent le terme de « Aqouas », que Bresnier avait traduit le terme exact d’arcades ; contrairement à d'autres qui l'ont traduit par celui de « voûtes » ou de « porches ».

[2] Tabalosos, M. de (1930), « Histoire d'Oran, (1773) ». (Trad. et annotée par Jean Cazenave). Bulletin de la Société de Géographie et d'Archéologie d'Oran, juin 1930, pp. 117-185 ; sept.- déc. 1930, pp. 331-380, p.  363.

  1. Cazenave avait signalé ailleurs, un manuscrit très important de la Biblioteca de Estado Mayor de Madrid, écrit probablement en 1771, par Don Joaquim de Ondeano, relatif au cadastre d'Oran, intitulé, « Vecindano o sera cadastro de la Ciudad de Oran, dividido en seis Quartelas, distinguidos con sur respectivos numeros... », Cazenave Jean, « Les Sources de l'histoire d'Oran », BSGAO, fasc. 195, sept.-déc. 1933, pp. 303-379, p. 367.

Pour mettre en relief la forme de cadastration adoptée par les Espagnols pour l'espace maraîcher, nous avons essayé dans notre travail de DEA, de donner,  à partir du plan espagnol de 1732, intitulé : Plano de la Plaza de Oran. Que manifiesta las Minas de Communication y defensa de sus Castillos y Fuertes avanz..., sur lequel figurent très nettement le parcellaire des jardins situés intra- muros et extra-muros, un numéro à chaque parcelle y figurant ; in, Benkada, S. (1988), Espace urbain et structure sociale à Oran de 1792 à 1831, DEA de Sociologie, Université d'Oran, figure n° 4, p. 139.

[3] Le cadastre de 1867 avait gardé le même micro-toponyme pour les mêmes parcelles de terrains sous le nom de « Djenan El Bey ».

[4] Ximénez De Sandoval Général Crispín, Las inscripciones  de Orán y Mazalquivir : noticias históricas sobre ambas plazas desde la conquista hasta su abandono en 1792, Madrid,
R. Vicente, 1867 ; traduit en français par le Dr Monnereau, « Les inscriptions d'Oran et de Mers-el-Kébir. Notice historique sur ces deux places depuis la conquête jusqu'à leur abandon en 1792 », R.A., 1871 et 1872 ; 1872, p. 287.

[5] Hontabat don Harnaldo, « Relacion general de la consistencia de las Plazas  de Oran y Mazarquivir, por el Coronel commandante de Ingenieros Don Harnaldo Hontabat (El 31 de deciembre 1772) ».

La copie de ce Mémoire se trouvait aux Archives du Génie militaire français à Oran. Il fut traduit en français par les capitaines Cassaigne et de Loqueyssie, en 1851. Publié et préfacé par le Commandant Pellecat, G., (1924). Oran. BSGAO, tiré à part, 88 p., p. 13.

[6] Ce système de dénomination est rappelons-le contemporain de celui de la ville de Paris où les premières plaques de rues ont été établies en 1728.

[7] Henri-Léon Fey occupait en 1851 la fonction de commis civil à la chefferie du Génie de la Division d'Oran. Il a eu l’intelligence de mettre à profit les documents d’archive espagnols relatifs à l’histoire militaire de la ville déposés à la chefferie, pour composer la première histoire de la ville. Cf. Fey Henri-Léon, Histoire d'Oran, avant pendant et après la domination espagnole, Oran, Ad. Perrier, 1858).

[8] C’est le Chemin de Canastel, en souvenir certainement des arbres qui y furent plantés en 1734, sur ordre de don José de Tortosa ; et qui ont existé jusqu’aux premières années de l’occupation française.

[9] Hontabat don Harnaldo, op.cit.

[10] Hontabat don Harnaldo, op.cit., p. 23.

[11] Notamment le chapitre 8 : Les villes, p. 438.

[12] Bab Amara qui sauf erreur de localisation de la part de Derrien, n'est indiquée sur aucun document espagnol, qui plus est, son existence ne semble pas faire l'unanimité des historiens locaux. Quant aux sources locales relatives tant aux chroniques musulmanes qu'aux archives coloniales, elles n'en disent rien. Toutefois, Lespès admet l'existence de la porte Amara, mais doute fort qu'elle ait été édifiée du temps des Espagnols. Dès lors, on serai en droit de penser qu'elle fût construite après 1792, fort probablement pour permettre l'accès de la ville au quartier de la Marine.

[13] Benkada, S., Présentation de l'inventaire de la cartographie urbaine d'Oran (XVIe-XIXe siècles), Cartographie urbaine des villes de Méditerranée (XVe-XIXe siècles), Programme de recherche international coordonné par Brigitte Marin et Jean-Luc Arnaud, École Française de Rome, novembre 2005, 40 p. multigr.

[14] Epalza, M.de et Vilar, J. B. (1988). Planos y mapas hispanicos de Argelia siglos XVIe-XVIIIe. Plans et cartes hispaniques de l'Algérie XVIe-XVIIIe siècles, (édition bilingue), Madrid : Instituto Hispano-Arabe de Cultura, p. 243.

[15] Roèl, D.L. (Secratario jubilado de capitania general de provincia), Descripcion particular concisa, pero verdera de la Ciudad de Oran, en Africa, segun su estado y circunstancias en fin del año de 1789. Madrid, 1790. Cf. Belhamissi, M. (1981). « Description de la ville d'Oran ». Majjalat Et-tarikh, 11. Alger, pp. 5-38.

[16] Vallejo Don Joseph, Relacion de todas las obras de fortificacion y correspondientes a ellas que se han ejecutado en las Plazas de Oran, Mazarquivir, y sus Castillos, desde el dia 1° de Enero de 1734 hasta el presente de 1738 : del numero y estado actual de su guarnicion, y de las demas disposiciones que se observan para su Govierno Militar y Politico. Traduit et publié par Pellecat Commandant Gaston, Rapport sur tous les ouvrages de fortification et ceux qui leur correspondent, qui ont été exécutés dans les Places d'Oran, Mers-el-Kébir et leurs châteaux, depuis le 1° janvier 1734 jusqu'à la présente année 1738, de l'effectif actuel de sa garnison et des autres dispositions que l'on observe pour son administration politique et militaire, Oran, BSGAO, 1926, pp. 211-238, p. 218.

[17] Robert Ricard (Paris, 1900-Paris1984) Sa thèse publiée en 1933 sur La « conquête spirituelle » du Mexique. Essai sur l’apostolat et les méthodes missionnaires des Ordres mendiants en Nouvelle Espagne de 1523-1524 à 1572 fit de lui un des grands spécialistes des études hispano-lusitaniennes en Amérique latine. Professeur à l’université d’Alger, où il croise en 1924, Fernand Braudel, alors professeur de lycée d'abord, puis à la faculté, comme professeur auxiliaire. Pour Robert Ricard, c’est le début de son  intérêt pour la présence ibérique en Afrique du Nord, plus particulièrement le Maroc et l’Algérie. Sur ce dernier pays on lui doit : « La factorerie portugaise d’Oran (1483-1487) ». Bulletin de Annales de l'Institut d'Études orientales d'Alger, 1939-1941, pp. 129-136.

[18] Epalza M. de et Vilar J.- B., op.cit., p. 153.

[19] Hontabat don Harnaldo, op.cit.

[20] Vallejo, don J., op.cit., p. 28.

[21] Id.

[22] Id., p. 218.

[23] Id., p. 378.

[24] Id. p. 215.

[25] Id., p. 215.

[26] Id., p. 215.