Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Les Ouvrages du CRASC, 2018, p. 243-253, ISBN : 978-9931-598-16-9 | Texte intégral


 

 

Nezhet BENZIDANE

 

 

Notre réflexion découle d’un constat que tous les enseignants ont certainement dû faire, « l’étudiant est en réel discorde avec la lecture ». La richesse du texte littéraire fait de lui un excellent support pour l’apprentissage d’une langue. Creuset de savoir, le texte est et restera toujours l’un des meilleurs moyens d’acquisition d’une langue. En effet, il permet un perfectionnement linguistique et ce grâce à sa variété, la richesse du vocabulaire et de la syntaxe, d’une part ; et la formation d’un esprit critique, la mise en relation avec d’autres cultures et d’une pensée théorique d’autre part.

Malheureusement, nous avons constaté, ces dernières années, la suppression quasi-totale des textes littéraires des manuels scolaires ainsi que des études littéraires au sein même du système LMD. Un autre constat (d’autant plus alarmant) est à souligner : les apprenants algériens lisent de moins en moins[1]. L’information, ils préfèrent la rechercher sur les réseaux sociaux où l’audio-visuel domine. Ce dernier reste, pour nos adolescents, le moyen le plus efficace et le plus simple pour rester informé. D’où la substitution de la lecture par l’audio-visuel. Cependant, le texte littéraire est un support privilégié de la formation humaniste puisqu’elle ouvre sur toutes les dimensions de l’humain (histoire, culture, imaginaire, etc.) (Cervera, 2009, p. 46).

Perte de temps pour les uns et fatigante pour les autres, la lecture est devenue un véritable fardeau, voire une corvée pour nos étudiants. Cette désaffection pour la lecture, et encore plus pour le texte littéraire, nous avons pu la constater au sein même des départements de langue française. En effet, en demandant à nos étudiants s’ils avaient déjà lu un roman, nous avons constaté que trois réponses étaient récurrentes à savoir[2] :

  • Non, car nous avons trop de matières par conséquent pas assez de temps pour la lecture.
  • Oui, un seul.
  • Nous avons lu une nouvelle, pas de roman (c’est trop long).

Par ailleurs, nous avons pu remarquer (après questionnement) que la majorité des apprenants, qui ont lu un roman ou une nouvelle, l’ont fait par obligation. Effectivement, certains enseignants leur ont demandé de présenter un résumé ou une fiche de lecture afin de les inciter, pour ainsi dire, à la lecture. Toutefois, la majorité d’entre eux ont tout simplement téléchargé le travail via Internet. Ainsi, ce qui doit retenir l’attention c’est le fait que les étudiants ne lisent que sous la contrainte ou pour des motifs utilitaires[3].

Ceci dit, l’urgence est, aujourd’hui, de réfléchir sur une éventuelle réconciliation de l’apprenant avec le texte littéraire à travers de nouvelles configurations pédagogiques. En d’autres termes, il faut se demander quelles méthodes nous devons adopter afin de faire aimer la lecture à l’étudiant.  Pour que « lire » ne soit plus une tâche pénible mais tout simplement un plaisir, devons-nous approcher le texte différemment ? Et dans ce cas précis, quelle approche nous permettra d’éveiller chez l’étudiant l’envie de lecture ?

Sachant que « l’identité est d’abord une affaire de noms propres »[4] et que le jeune algérien est toujours en quête identitaire, nous supposons qu’il serait beaucoup plus motivé par une recherche faite sur la signification et l’origine des noms propres dans le roman.

De plus, la fiction romanesque a toujours su exploiter l’étroite relation que peut entretenir le nom propre avec l’imaginaire collectif. Dans l’histoire de la littérature, le nom, l’identité du protagoniste, s’est révélé être l’élément référentiel du personnage (et voir même du récit). C’est pourquoi, et afin de répondre aux questions suscitées, nous avons pris l’initiative de tenter une expérience avec des étudiants de deuxième année au département de la langue française. Pour ce faire, et sachant que nos apprenants aiment tout ce qui est nouveau, nous avons opté pour une nouvelle approche du texte : l’étude onomastique du texte littéraire. Cette étude nécessite, bien évidemment, un corpus adéquat, c’est la raison pour laquelle nous avons choisi Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra. Ce roman a pour avantages d’être téléchargeable (donc à la portée de tous les étudiants), il relate une réalité sociale, de ce fait, il est ancré dans l’actualité (ce qui généralement intéresse beaucoup plus les étudiants)  et enfin, a priori, la dénomination dans ce roman se révèle prometteuse pour mener à bien cette étude.

Onomastique littéraire

Avant même d’entamer notre travail, il serait convenable en premier lieu de définir l’onomastique. L’onomastique littéraire s’intéresse à l’étude des noms propres dans les œuvres littéraires. La construction sémantique, lexicale et symbolique des noms de lieux (toponymie) ainsi que les noms des personnages (anthroponymie) a été l’objet d’analyse.

Le nom propre nous fournit une identité : « sa signification sociale est reconnue comme un élément important de l’élaboration identitaire » (Varro, 1994, p. 122). Ce qui revient à confirmer que le nom d’un personnage de fiction est une identité que l’on lui attribue afin de le différencier d’un autre personnage. Toutefois, le choix des noms propres dans un récit n’est jamais aléatoire. En effet, chaque auteur essaie de donner un nom qui correspondrait et qui reflèterait la personnalité de son personnage.

Pour Roland Barthes, qui avait consacré un article à l’onomastique dans la Recherche (Proust et les noms, 1967) « l’événement (poétique) qui a "lancé" la Recherche, c’est la découverte des Noms ». Le nom propre est un signe expliquait le sémiologue
« et non bien entendu, un simple indice qui désignerait sans signifier, comme le veut la tradition courante, de Peirce à Russell. Comme signe, le Nom propre s’offre à une exploration, à un déchiffrement »[5].

Ainsi une étude onomastique permet de souligner l’importance de la nomination des personnages et des lieux dans un roman. Sachant qu’un personnage ne prend vit qu’à partir du moment où il est nommé et qu’un lieu ne peut être imaginé sans une description et un nom.  Nous pouvons citer l’exemple d’Honoré de Balzac qui ne pouvait écrire un seul mot (pour la rédaction de ses romans) sans avoir préalablement nommé ses personnages (Pommier, 1953, p. 223-234). Ceci nous montre à quel point une étude onomastique s’impose afin de mieux comprendre un roman, d’une part, et l’intention du narrateur, d’autre part.

C’est à travers le nom que le lecteur est en mesure de deviner le caractère, le rôle et le destin du personnage dans la trame romanesque. Ce dernier devient par conséquent  détective comme l’a affirmé Christiane Achour :

« Dans un roman ou toute autre œuvre littéraire, la nomination du personnage est un acte d’onomatomancie, c’est-à-dire, l’art de prédire, à travers le nom, la qualité de l’être. Ainsi, en lisant une fiction, le lecteur attentif devient « détective » onomatomancien ! Il doit décoder, à partir du nom énoncé, le programme de comportements et d’actes, l’artiste, par le nom, lui livrant la clé du jeu » (Achour et Bekkat, 2002, p. 81).

Les noms dans Qu’attendent les singes

Le roman Qu’Attendent les singes est paru en 2014 aux éditions Casbah. C’est l’histoire d’une jeune étudiante, Nedjma, découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d'Alger. La commissaire, Nora BILAL, est chargée de mener l'enquête, loin de se douter que sa droiture sera pour elle un danger mortel. Epaulée par l’inspecteur Zine elle devra affronter l’un des plus puissants responsables du gouvernement un certain Hamerlaine. Qu'attendent les singes est un voyage à travers une Algérie où le Mal et le Bien ne cessent de se côtoyer au quotidien.

Un roman riche en événements, desquels émane une violence sans pareille. Ainsi, à l’issue de notre travail, nous allons voir, de quelle façon le choix des noms des personnages va justifier la trame narrative du récit.

Signification des noms propres

Nous avons retenu, pour ce présent travail, quatre noms de protagonistes[6]. Le choix s’est porté sur les noms des personnages principaux du récit. Ainsi, nous avons :

  • Haj Saad Hamerlaine
  • Nora
  • Zine

La première étape de la recherche avec nos étudiants, consistait à faire une recherche sur la signification exacte de ces noms. Ce qui nous a permis d’aboutir à ce qui suit :

Haj : « Désignation honorifique » (Yermeche, 2013, p. 54) attribuée à une personne d’un certain âge en général et pour toute personne qui a effectué le pèlerinage (à la Mecque).

Saad : Nom arabe, dérivée de Sa’ada qui veut dire heureux, que le destin favorise.

Hamerlaine : La traduction littérale de ce nom est la suivante : personne ne qui a des yeux rouges. Dans un usage courant Hamer ainik signifie  « faire de grands yeux » (écarquiller les yeux). C’est une expression algérienne utilisée dans le langage familier. En effet, on dit à une personne hamer ainik dans le but de faire peur à quelqu’un (généralement à des enfants).

Dayem : ce nom est le diminutif de Dayem Allah qui est « un nom théophore à base de Ellah » (Yermeche, 2013, p. 55). Dont la traduction littérale est « Dieu éternel ».

Nora : Dérivé du mot nour, ce nom veut dire lumière.

Et enfin, Zine : souvent employé comme diminutif du nom Zineddine. Ce dernier est « un nom théophore à base de Eddine » (Yermeche, 2013, p. 55) composé de « zine » (bon/beau) et « eddine » (religion) le tout voulant dire « La beauté de la religion ». Le mot zine quant à lui a une double signification. En tant qu’adjectif, il peut être aussi bien utilisé pour qualifier le caractère ou le physique d’une personne. En effet, quand on dit « Rajel zine »/bel homme c’est pour souligner la bonté ou la beauté de la personne, dans le deuxième cas « zine » veut dire beau.

Il convient de remarquer que l’identité du personnage ne peut se concevoir que comme le résultat d’une coopération productive entre le texte et le sujet lisant (Jouve, 1992, p. 27). En effet, la vraie signification des noms en tant que « mot » nous permet de nous doter d’une première idée sur le personnage d’une part et d’autre part de « deviner » son parcours. C’est pourquoi, « dans un roman les noms ne sont jamais neutres. Ils signifient toujours quelque chose » (Lodge, 1996, p. 36). 

Comme nous venons de le voir, la dénomination peut en dire long sur les protagonistes (et ce même avant une première lecture du roman). Ce dernier, étant considéré comme « une étiquette sémantique, vide au départ, et qui se construit progressivement par l’accumulation d’informations et surtout par leur mise en système ; c’est la fonction de l’effet personnage qui importe dans le système plus vaste du texte » (Milly, 2001, p. 77-79). Il nous est par conséquent possible, à partir des noms, d’avoir une perception de la trame narrative du roman. Ainsi, « le nom participe directement au fonctionnement interne du texte par une relation de motivation établie entre le signifiant et le signifié » (Erman, 2006, p. 36).

Néanmoins, ces informations doivent être regroupées afin de retracer le parcours des personnages. C’est la raison pour laquelle nous avons, par la suite, relevé (du roman Qu’attendent les singes) les caractéristiques de chacun d’entre eux.

 Le premier personnage cité dans le roman est Ed Dayem. Ce dernier est à la tête de six journaux nationaux : « C’est vous, la presse. Vous disposez de six journaux, de deux hebdomadaires, d’un site Web, c’est largement suffisant pour dépiauter n’importe quelle brebis galeuse » (Khadra, 2014, p. 1-42).

Ce qui montre le pouvoir qu’il détient puisque « l’information » passe automatiquement par lui :

« Ed Dayem n’est pas n’importe qui. Lorsqu’il porte la main à sa poche, on entend remuer sénateurs, députés, magistrats, maires et un tas de notables comme de la petite monnaie dans la tirelire d’un enfant gâté ». 

Détenir l’information c’est détenir le pouvoir. Durant tout le roman, nous assistons à des complots, des assassinats et accusations à tort. Ed Dayem en a été l’infâme responsable.

Si l’Algérie est tombée bien bas, Ed Dayem n’y est pas étranger. Il a passé sa vie à briser carrières et foyers, à torpiller alliances et projets. Combien de braves ont-ils touché le fond à cause de lui ? Combien de héros ont-ils été trainés dans la boue avant de rendre l’âme par sa volonté ? Aujourd’hui encore, à soixante-cinq ans, aucun supplice ne le dérange et aucun charisme ne lui résiste. N‘est-ce pas lui qui clamait haut et fort que toute tête qui dépasse se doit d’être décapitée ? N’est-ce pas lui qui a fait de la liberté d’expression celle de dire n’importe quoi sur n’importe qui en toute impunité ?

Ed Dayem est aussi redouté que le cancer et le mauvais œil réuni… (Khadra, 2014, p. 59).

Dès les premières pages du roman, le narrateur nous met en garde contre ce personnage ignoble. Plus nous avançons dans le récit, plus nous rencontrons des cadavres. En effet, dans Qu’attendent les singes le sang coule à flot, et à chaque fois Ed Dayem y est pour quelque chose. Par ailleurs, l’ensemble des protagonistes vont disparaitre au fil du temps d’une façon ou d’une autre. Ed Dayem est celui qui échappera à la mort et qui restera vivant jusqu’à la fin du roman.

Le deuxième personnage cité est le grand Haj Saad Hamerlaine. C’est un individu redouté de tous même de Dayem.

Ed Dayem a toujours un frisson lorsqu’il pénètre dans l’immense demeure de Haj Saad Hamerlaine. Il a l’impression de s’aventurer dans un labyrinthe hanté d’esprits frappeurs et pavé de trappes abyssales. Même les lumières du jour semblent se garder de s’y hasarder. A peine l’allée et la véranda dépassées, une obscurité s’installe dans les esprits et refuse de battre en retraite. Ed ne se souvient pas d’avoir vu un lustre ou une lampe allumée à l’intérieur (Khadra, 2014, p. 29).

Ed Dayem doit aller chercher au plus profond de son être le courage de franchir le seuil de la salle qui semble vouloir l’engloutir » (Khadra, 2014, p. 29).

Le passage ci-dessous nous révèle l’atmosphère qui règne dans le bureau de Hamerlaine où l’obscurité et le froid, qui symbolisent la peur, sont omniprésents. Notre intention étant de souligner la relation que peut entretenir un lieu avec le personnage qu’il abrite. Ainsi, « personnage et décor en une sorte de "gymnastique" sémantique […] entrent en redondance : le décor confirme, précise ou dévoile le personnage » (Hamon, 1972, p. 483).

Il fait froid dans la pièce. On entend à peine un climatiseur ronronner dans le mutisme des meubles austères achetés chez des antiquaires parisiens.

Ed Dayem reste debout pendant une bonne minute sous un lustre digne d’une basilique, les pieds sur un tapis persan, visiblement intimidé. N’ayant jamais réussi à s’expliquer cette angoisse pernicieuse qui le gagne dès qu’il est convoqué par un rboba, il se contente de la subir telle une grossesse nerveuse (Khadra, 2014, p. 30-31).

Hamerlaine est la terreur personnifiée. Tous ceux qui le connaissent ont peur de lui et n’osent même pas l’aborder, ni le contredire. Il est également l’assassin de la jeune fille découverte morte au début du récit.

Par contre, une seule personne lui tiendra tête : la commissaire Nora qui est décrite comme étant une jeune femme courageuse et en quête de vérité.

Nora se redresse pour faire face à son subordonné. C’est une grande dame brune, les cheveux coupés courts et les yeux alertes. De dos, on la prendrait pour un homme. La cinquantaine révolue, les épaules tombantes, elle n’en demeure pas moins belle et encore désirable (Khadra, 2014, p. 22).

Nora n’a peur de rien, même pas de Hamerlaine. C’est effectivement la seule qui lui a tenu tête. Cette jeune femme, malgré tous les écueils rencontrés au cours de son enquête, ira jusqu’au bout et c’est à elle que l’on doit la résolution de l’enquête au prix de sa vie. En effet, elle a élucidé l’affaire en s’aventurant dans les terrains les plus dangereux. « Nora », elle a mis la lumière sur le meurtre.

Zine, dernier personnage de notre liste. Le seul qui soutiendra Nora jusqu’au bout. Un homme honnête généreux et à l’écoute de tous. Il est décrit comme étant un très bel homme :

« Zine est beau garçon, bien baraqué, un peu ours mal léché, mais il a du potentiel ; son célibat fait espérer l’ensemble des vieilles filles du centre » (Khadra, 2014, p. 180).

Zine dans le récit représente le bien à la fin du récit il tuera Hamerlaine au nom de la justice. Le « bien » éliminera le « mal » (Hamerlaine). Ce protagoniste (Zine) symbolise la bonté et la beauté, d’où le nom « Zine ».

Ce travail de recherche s’est déroulé sur plusieurs séances. Dans un premier temps, nous avons demandé aux étudiants de lire le roman Qu’attendent les singes. Ensuite, le premier TD consistait à faire un relevé de tous les noms propres du roman. Par la suite, il fallait donner une signification littérale à chaque nom. Durant cette séance nous avons pu remarquer une participation massive des apprenants.

Lors des séances suivantes, les apprenants devaient présenter des exposés, à travers lesquels, ils dégageraient la relation que peut avoir le rôle du personnage dans le roman avec le nom qui lui est attribué par l’auteur. Notre objectif premier était de réconcilier l’apprenant avec le texte à travers une nouvelle approche. Nous avons donc opté pour des exposés qui débuteraient par une recherche sur l’onomastique suivie de l’analyse de l’étudiant. Chaque intervenant pouvait céder la parole à l’un de ses camarades afin d’apporter plus d’informations et de précisions. La dernière séance était consacrée à définir l’importance de l’onomastique littéraire, la relation personnage/nom propre et nom propre/ trame narrative.

Et enfin, nous avons pu soulever un point important : la curiosité et les interrogations suscitées par cette nouvelle approche ont favorisé un intérêt particulier pour le texte littéraire chez les étudiants. Il en résulta que certains apprenants nous ont sollicités car ils souhaiteraient faire une étude onomastique pour le mémoire de master.

Conclusion

A lire le roman Qu’attendent les singes, nous constatons que l’auteur n’a cessé de puiser dans les caractéristiques physiques et morales des personnages afin de leur attribuer les noms qui leur conviendraient le mieux. De ce fait « le nom propre remplit un double usage : sur l’une de ses faces il signifie la fiction, sur l’autre il signifie la vérité de la fiction »[7]. A l’issue de cette étude, nous avons constaté que l’étude onomastique a permis aux étudiants de s’impliquer d’avantage dans la recherche. Ce qui fait d’elle une approche qui invite les apprenants à « déduire » la trame narrative à partir des noms propres.

Toutefois, ce qui est à retenir est le fait que d’aborder le texte différemment nous a permis de sensibiliser les étudiants en mettant en valeur le rôle que joue le nom propre dans le roman. Une motivation qui s’explique également par ce désir de connaitre l’origine des noms résultat d’une quête identitaire ancré chez tout un chacun.

Ainsi, nous pensons que l’onomastique littéraire favorise une ouverture sur la littérature en générale. C’est pourquoi, il serait intéressant d’intégrer, dans le programme universitaire, des séances consacrées à l’onomastique pour la matière « Littérature magrébine » par exemple. Ce qui familiariserait les étudiants avec cette nouvelle approche d’une part ; éveillerait un plaisir pour la lecture d’autre part, et enfin, ouvrirait des perspectives de recherches dans ce domaine pour les mémoires de master et les thèses de doctorat.

Bibliographie 

Roman

Khadra, Y. (2014). Qu’attendent les singes. Alger : Casbah Editions.

Ouvrages

Achour, C. et Bekkat, A. (2002). Clefs pour la lecture des récits. Convergences critiques II. Blida : Ed. Tell.

Erman, M. (2006). Poétique du personnage de roman. Paris : Ellipses.

Hamon, Ph. (1972). Qu’est-ce qu’une description ? In Revue poétique 12.

Jouve, V. (1992). L’effet-personnage dans le roman. Paris : PUF.

Milly, J. (2001). Approche du roman. Paris : Hachette Supérieur.

Yermeche, O. (2013). L’anthroponymie algérienne : entre rupture et continuité. In O. Sadat-Yermeche et F. Benramdane (dir.) Le nom propre maghrébin de l’homme, de l’habitat, du relief et de l’eau. Oran : CRASC, p. 55.

Varro, G. (1994). Analyse de contenu et analyse de discours : à propos du prénom. In J.-P. Terrenoire (Ed.), Langage(s) en pratique(s). Sociétés contemporaines (pp. 18-19).

Articles

Benfodil, M. Le livre scolaire, entre textes anonymes et pillage sur Internet, El Watan, jeudi 5 novembre 2015.

Cervera, R. (2009). A la recherche d’une didactique littéraire, Synergies Chine, 4, 46.

Lodge, D. (1996). L’art de la fiction, Trad. Fr, Rivage cité par Erman, M. (2006), Poétique du personnage de roman. Paris : Ellipses, 36.

Pommier, J. (1953), Comment Balzac a nommé ses personnages. In Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 3-5, p. 223-234.

Sitographie

http://www.slate.fr/culture/59161/comment-nommer-personnage-litteraire.


Notes

[1] Daoud, M. (2010). Les jeunes et la lecture en Algérie (Edition distribution et nouveaux supports de lecture). In A. Abdellilah (coord.), Insaniyat, p. 256.  [En ligne], 55-56 | 2012, mis en ligne le 30 juin 2015, consulté le 07 août 2016. URL : http://insaniyat.revues.org /13594.

[2] Nous avons effectué une enquête auprès des étudiants de 2e année licence (2014-2015) au centre universitaire de Relizane. Cette enquête avait pour objectif de déterminer l’importance du texte littéraire pour nos apprenants.  Nous avons constaté que sur 192 étudiants 59 avaient lu L’étranger d’Albert Camus, 34 la nouvelle La parure de Guy De Maupassant, 22 des romans variés et les 77 autres n’avaient jamais lu de roman. Il est à retenir que les deux récits lus avaient été choisis car ils sont abordables et non volumineux.

[3] Pour notre enquête nous avons demandé aux étudiants de préciser les raisons qui les ont poussés à la lecture. La majorité des étudiants avait affirmé qu’ils devaient lire afin d’obtenir une note de TD.

[4] Benramdane, F. cité dans un article de Benfodil Mustapha, El Watan, jeudi 5 novembre 2015.

[5] Pudlowski, C. « Comment nommer un personnage littéraire ? ». Cité dans : http://www.slate.fr/culture/59161/comment-nommer-personnage-litteraire, consulté le 4 août 2016.

[6] Lors du travail effectué avec les étudiants nous avons élargi notre corpus étant donné que le temps nous le permettait. Cependant à ce niveau nous n’en retiendrons que quatre qui à notre avis sont les plus symboliques.

[7] Grivel, A. cité par Achour, C. et Bekkat, A. Clefs pour la lecture des récits. Convergences critiques II. Blida : Ed. Tell, 2002.