Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

 

Les ouvrages du CRASC, 2006 , p. 7-8, ISBN: 9961-813-24-3 | Texte intégral


 

 

 

Ce recueil n’est certainement pas le premier à regrouper des travaux de chercheurs maghrébins. Il suffit ici de rappeler les congrès d’histoire et de civilisation du Maghreb, qui ont été, tout au long des années soixante-dix et quatre-vingt du siècle dernier, la grande occasion de rencontre entre les chercheurs des trois pays. Mais depuis 1993, date du dernier d’entre eux, les historiens maghrébins n’ont plus que très rarement l’occasion d’échanger leurs expériences. Cette rareté est sans doute symptomatique de l’épuisement d’une forme de concertation et de collaboration qui n’est plus adaptée aux évolutions des questions en débat et aux structures de la recherche. Depuis quelques années, des équipes de chercheurs, organisées dans le cadre de laboratoires ou unités de recherche, essaient d’adopter de nouvelles formes de travail en commun, notamment en tentant de concevoir des rencontres autour de questions partagées, d’une manière plus ciblée et plus problématisée que ce ne fut le cas précédemment.

Pourtant, cette réflexion historiographique ne fut point, à l’origine, concertée entre le groupe de chercheurs issus du laboratoire Diraset-Etudes Maghrébines à Tunis et ceux travaillant au sein de la Division de recherche en socio anthropologie de l’histoire et de la mémoire rattachée au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) à Oran. Celle de Diraset fut le premier projet conçu dans le groupe, alors qu’il n’était encore qu’une petite unité de recherche et de formation. Les membres du groupe se proposaient de réfléchir sur les savoirs historiques : usages et constructions et une première réunion sur le projet s’est tenue en mars 2001 à Hammamet. Elle a été suivie d’une autre en juillet 2002, avant que les travaux ne soient présentés dans un atelier de travail organisé par Diraset dans le cadre du World Congress of Middle Eastern Studies (WOCMES), tenu en septembre 2002 à Mayence (Allemagne). Depuis, ce projet fut adopté comme un axe de travail permanent, dont ce recueil n’est que le premier aboutissement, et qui continue en collaboration avec l’unité de formation et de recherche (UFR) « La Méditerranée et le monde musulman » de l’Université de Mohamed V à Rabat. Fruits de cette collaboration, une première publication autour de L’écriture de l’histoire dans le Maghreb moderne et contemporain devrait voir le jour prochainement et un second projet portant sur La périodisation dans l’écriture de l’histoire du Maghreb est en cours.

Les chercheurs du CRASC avaient également initié leur réflexion à peu près au même moment. Les premiers résultats de leurs travaux furent également présentés dans un atelier sur le même thème au même congrès de Mayence. En 2003, le CRASC publia un numéro d’Insaniyat (n° 19-20, janvier-juin 2003) autour de l’historiographie maghrébine : champs et pratiques, où il débattait, avec la participation de chercheurs du (et au) Maghreb, de l’état de la recherche historique dans cette aire.

De cette rencontre de Mayence, où les chercheurs des deux équipes discutèrent des textes des uns et des autres, naquit ce projet de publication commune, qui groupe les textes présentés dans ces deux ateliers, et d’autres, qui n’ont pu l’être dans ce cadre. Dès le départ, il fut convenu que le CERES les publie en Tunisie et le CRASC. En Algérie. Le choix de cette publication double s’explique par l’inexistence d’un même espace éditorial. Mais il a été également adopté comme le signe d’une volonté de fondation d’un espace commun d’échange, un défi au fractionnement de l’espace éditorial qui caractérise le Maghreb.

Nous avions projeté de publier à la fois les textes des intervenants, mais aussi des rapports de lecture et de réflexion conçus par d’autres intervenants, du côté de Diraset et du CRASC, qui synthétisaient aussi les discussions, toujours passionnées, entre les participants. Malheureusement, pour des raisons diverses, il ne fut pas possible de collecter tous les textes, rapports et discussions. Leur apport transparaît cependant clairement dans les rapports de lecture publiés et dans les textes eux-mêmes, plusieurs fois discutés.