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Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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La citoyenneté et son cortège

La citoyenneté, concept longuement mûri depuis l’Égypte antique et Athènes, obéit à une définition à géométrie variable directement liée à un référentiel dont les paramètres sont le politique, le social, le religieux, l’éducatif et le culturel. Néanmoins nous pourrions nous contenter d’une espèce de minimum sémantique en nous basant plutôt sur des différences d’intensité que des écarts conceptuels profonds.

Comme en physique, la citoyenneté pourrait être considérée comme une variable intensive[1] et pourrait donc être définie par une intensité dont la valeur serait fonction des différents paramètres cités plus hauts.

L’abbaye de Thélème de Rabelais nous semble, à cet égard, pour continuer à tenir un langage emprunté aux sciences exactes représenter l’asymptote[2] de la fonction citoyenneté. En effet la devise « fais ce que voudras » sous-entend que cette apparente permissivité est en fait régulée par un caractère citoyen dans son expression la plus aboutie et que les lois écrites, avec leurs cortèges de coercition et de répression ne sont plus nécessaires dans le microcosme idéal qu’avait imaginé Rabelais.

Cette asymptote constitue un idéal qui ne sera jamais atteint ; néanmoins, nous pouvons imaginer nous en rapprocher par un exercice intellectuel. Des éléments semblent nécessaires à l’établissement d’une telle société. Parmi ces éléments, il y a justement la petite dimension (comme c’était le cas à Alexandrie, Athènes, Sparte ou Rome) et le caractère élevé de ses constituants humains (comme c’était le cas, là aussi à Athènes etc.)

Il va falloir donc nous contenter de ce minimum sémantique et définir la citoyenneté comme la propension à vivre ensemble et nous oserons rajouter, pour le sujet qui fonde ce propos, dans la cité.

A travers l’interface entre l’environnement et la responsabilité individuelle, notre étude va tenter un inventaire des facteurs et des comportements de la citoyenneté. Cet exercice passera en revue les lois dans surtout leurs expressions et leurs symboles, au sens trivial du terme. Il tentera de relier les niveaux de culture évidemment, mais également les niveaux de perception et d’altruisme. Enfin nous établirons la relation-titre.

Qu’en est-il des tenants et des aboutissants de la citoyenneté chez nous ? Pour répondre à cette question, il y a lieu de revenir par un raisonnement par l’absurde (ou par l’a contrario) sur l’une des conséquences évoquées plus haut dans le cas de l’abbaye de Thélème. Les lois écrites, mûries dans des cénacles autorisés, n’étaient pas nécessaires. Elles le sont dès lors que nous nous éloignons de ces sommets, accessibles uniquement à des  géomètres non soumis à législation parce que n’en ayant pas besoin.

Cela étant, justement parce que la société n’est pas idéale, il a été nécessaire de codifier et de construire un arsenal juridique dynamique en ce sens que la remise en question est permanente.

Les lois existent pour empêcher des abus ou des dérives préjudiciables au bon fonctionnement de la société. Elles sont d’influences très diverses et régissent des situations plus ou moins fréquentes et banales. Quand elles sont d’usage massif, comme c’est le cas par exemple dans le code de la route, la nécessité de leur visibilité a donné lieu à l’utilisation d’une symbolique internationale unifiée. Il est remarquable comment cette symbolique, dans ce qu’elle comporte  d’abstraction, est différemment appréhendée. Il semble possible de relier le niveau de citoyenneté et d’établir une relation de proportionnalité à la force justement du symbole qui représente la loi mais, plus encore, qui a fini par être lui-même l’expression aboutie de la loi.

Le respect des lois et, pour les plus fréquentes, des symboles les représentant, tient à l’intensité citoyenne, mais également à l’effort d’abstraction qui fait qu’un logo ou un dessin sur un mur ou sur une plaque aient la même pondération qu’un agent de l’ordre qui brandit son arsenal de répression.

Les obligations/interdictions ont été naturellement nécessaires pour la bonne entente ; leur maturation et le cheminement entre la loi et son expression symbolique ont également répondu à une nécessité biologique à l’échelle d’une entité sociale.

L’intensité citoyenne est alors mesurée à l’aune de l’observance de la loi représentée par son symbole en l’absence du rappel par une personne physique.

Une facette toute aussi intéressante est le rapport adhésion / soumission chez le citoyen. Adhérer pour avoir compris (et être d’accord) ou se soumettre pour éviter des ennuis constituent deux attitudes basées sur des intensités citoyennes pas nécessairement exclusives l’une de l’autre.

Environnement et responsabilité

L’environnement et sa protection sont des notions suffisamment érodées par un phénomène de mode pour qu’il faille procéder à une redéfinition, même subjective, qui servirait de norme pour l’étude.

La première partie de ce thème, c'est-à-dire l’environnement, circonscrit un concept dont la base, relativement analysée, pourrait être la cellule familiale. Cette cellule « souche » est proposée comme cercle immédiatement appréhendable par les individus. Par là il faut entendre que la préoccupation minimale concerne au premier chef les frontières les plus accessibles, donc celle de la maisonnée. Cet environnement, du premier degré, sera, peu ou prou, l’objet de soins, de sollicitude, de surveillance, simplement parce qu’il y a une relation d’appartenance. Les nuances de cette affirmation sont, bien entendu, nombreuses, mais nous pouvons considérer, dans une tentative de typologie du ou des environnements, qu’il y a des cercles, concentriques au premier, de plus en plus grands ; ces cercles nous semblent justement relever d’une préoccupation de niveau intellectuel, politique et social d’autant plus élevés qu’ils sont éloignés du centre.

Inversement, la relation de cause à effet appelle à une élévation d’esprit  d’autant moins présente que le repli sur soi (ou sur son environnement le plus immédiat) est plus prononcé. Il est malheureusement illusoire de tenter de protéger les ressources halieutiques en demandant aux marins pêcheurs de limiter leurs prises comme il est illusoire de démontrer le rapport entre les sachets en polyéthylène et la pollution de terres arables. L’inanité des tentatives tient des incultures, de l’absence d’une communication à la fois claire et efficace et, plus dangereusement, de la voracité exprimée des intérêts immédiats.

La seconde partie appelle en fait à la conscientisation des individus quant au fait environnemental. Être citoyen présuppose, dans un repère galiléen[3], une relation sinon d’appartenance, du moins empathique et moins étriquée que celle dont il est fait mention plus haut, entre les individus et les espaces que l’on pourrait qualifier, de manière triviale et faute de mieux, de communs.

Ces espaces (ou ces cercles) constituent une espèce de hiérarchie à plusieurs dimensions. La première hiérarchie est, bien évidemment géographique. Au-delà de l’espace familial, nous pouvons considérer que les espaces communs sont d’abord l’immeuble puis le quartier et enfin l’agglomération. Conjointement, des espaces comme l’école et, plus généralement, ce que les sociologues nomment espaces de socialisation, constituent probablement un axe particulier dans la mesure où ce sont des endroits réputés contribuer à la formation (ou la déformation ?) citoyenne. Plus éloignés encore sont la ville, la région, le pays et, au bout du compte la planète toute entière.

Une des conséquences les plus visibles me semble provenir de l’état de déshérence dans lequel sont justement plongés les espaces communs dont il est fait mention. Or, comme la nature a horreur du vide, de la même façon des espaces communs ont été l’objet de patrimonialisation de deux types. La première et la plus courante est celle de l’établissement de micro pouvoirs et on voit derrière un guichet de n’importe quoi des fonctionnaires devenir des roitelets. La seconde, beaucoup moins fréquente heureusement, est celle de l’annexion pure et simple d’un espace pourtant dûment répertorié dans le domaine public.

Ceci pourrait être pris comme critère à peine caricatural de l’intensité citoyenne, tant il est vrai que les comportements mentionnés plus haut se raréfieraient sous l’action concertée de la loi et de la pression citoyenne.

La seconde hiérarchie, plus subtile celle-ci, est le niveau de l’appréhension (ou celui de l’indifférence ?) que nous avons des dangers que courent ces espaces de plus en plus éloignés. Il est patent que la sensibilité à ces dangers sera plus forte et plus précise au prix d’un effort intellectuel et politique inégalement réparti entre les individus et les groupes d’individus.

Cet effort nous semble participer de l’adhésion et de la coercition. L’adhésion des individus au problème de la protection de l’environnement se fait par l’explication et un prosélytisme conduits par les pouvoirs publics mais également par la manifestation citoyenne que constitue le mouvement associatif. Ce dernier semble, dans la conjoncture actuelle, au moins dans l’intention à défaut de l’être dans l’action, un levier important pour permettre au citoyen local de devenir citoyen planétaire (Marcos REIGOTA). Le caractère étriqué dont souffre la conscience citoyenne, certainement du en grande partie aux prescriptions schématisantes qui ont prévalu dans notre pays éloigne pour une période très longue l’accès au niveau auquel se situent des pays à démocratie plus aboutie.

Les cibles de l’étude et la méthode

Un des aspects retenus pour l’étude sera celui du mouvement associatif de l’environnement, son existence réelle, son impact, sa force d’interpellation et nous tenterons d’inscrire ce mouvement dans les perspectives d’évolution de manière à émettre des hypothèses quant aux possibles extrapolations que l’on pourrait faire.

Il est de bon ton, dans l’actualité, de faire constamment référence aux problèmes que connaît la planète, du fait de l’impact écologique humain sur la nature. C’est ainsi que l’un des points d’orgue a été l’attribution du prix Nobel de la paix à l’américain Al Gore pour, en particulier, son film « une vérité qui dérange ». La principale opposition à une réelle prise en charge, nécessairement transnationale est constituée par les ambitions de développement, aussi bien des pays nantis que ceux moins favorisés. Des associations internationales (Attac, Greenpeace, Ushuaia, etc.) interviennent dans un champ où leur visibilité est importante. Qu’en est-il des associations de protection de l’environnement en Algérie ? Quel est leur mode de fonctionnement ? Quel est leur pouvoir réel sur les prises de décision génératrices d’agressions contre l’environnement ? Quels sont enfin les rapports qu’elles tissent entre elles, avec les autorités locales et avec les individus ?

Un deuxième axe, choisi par l’opportunité, a également fait l’objet d’analyse. Cet axe concerne une opération qui tendait à promouvoir la préoccupation à l’environnement par le biais d’une éducation à l’environnement en direction des enseignants et des élèves du système scolaire, tous segments confondus (école primaire, CEM, lycées).

En fait, cette activité s’est attachée à une vaste opération de sensibilisation. Cette opération comportait plusieurs pistes et était sous tendue par l’objectif annoncé de mettre l’accent sur les responsabilités individuelles, donc sur l’exercice de la citoyenneté. Ce raccourci individu citoyen est resté en filigrane pour toutes les manifestations et activités que nous avons menées durant les 15 mois qu’a duré l’opération.

A l’intérieur du projet la plus grosse part a été affectée à l’EEDD[4] des plus jeunes par la formation de formateurs, lesquels sont pris dans les corps des enseignants des niveaux primaire, moyen et secondaire. Cette opération a concerné des enseignants bien sûr, mais également des élèves dans la mesure où l’objectif, ou plutôt les objectifs, concernaient l’éducation des élèves, à court et long terme.

Il semble intéressant, à l’occasion des réformes entreprises au sein des structures de l’éducation nationale, d’évaluer le passage de l’approche par objectifs à l’approche par compétences. Si cette réforme pouvait être prise comme une volonté politique des pouvoirs publics de former plus un citoyen qu’un répétiteur, il y a lieu de s’interroger, auprès des personnes chargées au bout du compte d’appliquer cette réforme, à la fois sur l’efficacité de la mise en œuvre et la célérité de celle-ci.

Ce second axe a fait l’objet d’une enquête auprès des enseignants formés. Cette enquête a été menée sous la forme d’entretiens qui ont été conduits sur la base d’un guide d’entretien que nous présentons en annexe

Outre cette enquête et du strict point de vue de l’analyse, nous avons eu le bonheur de modérer un débat sur Internet sur, justement, le sujet citoyenneté et environnement. Ce débat dont il est question plus longuement plus loin regroupait des interventions écrites sur Internet sur la base également d’un questionnaire largement ouvert que nous présentons également en annexe.

  Quatre gisements qui méritent d’être récapitulés constituent le corpus de la présente étude :

  • Le corps enseignant qui a suivi la formation à l’environnement ; ce corps était constitué de 150 enseignants des niveaux primaire, moyen et secondaire. Une douzaine d’entre eux ont fait l’objet d’entretiens.
  • Un réseau du mouvement associatif de l’environnement a été mis en place. Ce réseau a eu un noyau dur de 5 associations mais au plus fort des enthousiasmes nous étions une quinzaine. Les réunions et les activités communes ont fait l’objet d’observations.
  • Des jeunes gens, étudiants pour la plupart et/ou en recherche d’emploi. Deux catégories sont à dégager : la première concerne une cinquantaine de jeunes gens auxquels une journée d’étude consacrée à l’environnement a été organisée. Ce sont des personnes déjà sensibilisées puisque inscrites à l’UPC[5] . La seconde catégorie n’est pas éloignée de la première en ce sens que l’observation a eu lieu à l’occasion de nombreuses activités de volontariat dans différents sites. L’observation a concerné également des débats avec des associations scientifiques d’étudiants, le Souk d’Oran et les amis de la nature d’Oran pour ne pas les citer. Là encore, c’est le mode observatoire qui a prévalu
  • Enfin la quatrième catégorie sera celle des participants au débat cité plus haut. Les interventions étant destinées par Internet, elles sont donc écrites et ce sont les textes de ces interventions qui serviront de base à l’étude et dont nous essaierons de tirer des enseignements.

Les premiers constats que nous ont amené à faire les différents entretiens sont en fait les carences en responsabilité dans la réflexion et l’expression. L’observation en avait déjà  été faite lors des sessions de formation et nous avions, à dessein, insisté sur la nécessité d’acquérir des outils et des libertés à même d’analyser des situations et d’avoir des opinions. On avait même utilisé le fameux adage attribué à Confucius « si tu veux nourrir un homme une journée, donne lui un poisson, mais si tu veux le nourrir toute sa vie apprends lui à pêcher ».

Pour décomposer ce sentiment, nous commencerons par mesurer, autant que faire se peut, l’émancipation qu’on est en droit d’attendre d’enseignants, de formateurs et, en un mot comme en cent, d’éducateurs d’une part et la réflexion quelque rudimentaire qu’elle soit d’autre part.

Toute la question est relative à l’existence d’efforts, plus ou moins locaux, plus ou moins intenses, plus ou moins efficaces, plus ou moins inscrits dans une volonté politique réelle, qui seront consentis pour appliquer ce que le rapport Brundtland appelle le développement durable (sustainable development). Ces efforts, de quelque nature qu’ils soient, ne seront efficaces et ne concerneront les espaces les plus éloignés qu’au prix d’une conscience citoyenne

Le discours dominant est le sempiternel renvoi à  « ils ». Ce pronom de la troisième personne du pluriel désigne un ensemble nébuleux dans lequel il est confortable de déverser ses rancœurs et trouver ses alibis. Cela désigne pèle mêle les autres, c'est-à-dire tous les autres, voisins, collègues, membres de la famille mais également ceux qui, au nom de différentes autorités et prérogatives qui sont les leurs, tendent à rendre la vie quotidienne toujours plus difficile. Les pouvoirs, locaux ou nationaux sont également épinglés à l’occasion.

Pour les premiers, qu’on pourrait qualifier faute de mieux d’égaux, l’aspect environnemental est utilisé de manière favorite pour dénoncer les gestes et les attitudes de nuisance en se basant sur une protestation de bonne éducation. Ce sont ceux qui ont des enfants mal éduqués (cet argument est très utilisé en particulier par les enseignantes femmes). Les vertus supposées ou réelles sont étalées et des preuves sont apportées quant aux intentions et aux actions que nos interlocuteurs ont tenté de mener. Les cycles de formation que nous avons dispensés, qui étaient basés sur la promotion de la responsabilité individuelle, ont donné des résultats sur une meilleure connaissance de l’environnement, mais l’application des gestes véritablement anodins et dispensateurs de mieux être pose encore problème ; nous en donnons une illustration plus bas. Il faudra rajouter également un élément non négligeable qui a trait à ce que nos interlocuteurs considèrent comme un surplus de travail. Nous avions, dans la formation, insisté sur le caractère éminemment volontariste et engagé de la démarche, mais dès les premières difficultés rencontrées, l’enthousiasme a tendance à s’éroder très rapidement, au point que nous avons suggéré des intéressements, en allègements d’emploi du temps par exemple, des enseignants chargés de ces aspects.

Pour les seconds, la responsabilité des interlocuteurs est encore plus dégagée, du moins à l’opinion des interviewés. La hiérarchie, souvent citée comme source d’obstacles (et nous avons parfois eu l’occasion d’en vérifier la véracité), fait partie intégrante des empêcheurs de militer. À cet égard il semble que l’alliance se fait facilement dès qu’il s’agit de dénoncer au mieux des atermoiements au pire des refus plus catégoriques.

L’un des axes préférentiels concernait le recyclage des déchets quand cela était possible. L’un des déchets les plus présents dans nos environnements est sans doute le plastique, en particulier les bouteilles et les sachets. Nous avions également initié et équipé des « clubs verts » dans des établissements de l’éducation nationale. À l’occasion d’un regroupement de ces clubs nous avons eu à juger et à mettre en compétition  quelques réalisations de ces clubs. Le sujet, très souvent traité des déchets plastiques avait fait l’objet de nombreux projets. En fait le dénominateur commun a été la représentation, par des figurines et des tableaux en relief, de saynètes dont le thème était l’environnement. Les enseignants encadreurs des enfants qui étaient les auteurs des représentations présentaient celles-ci comme un palliatif et comme un recyclage des plastiques. Nous n’avons pas eu le courage de décevoir les gamins en redéfinissant encore une fois la notion de recyclage mais nous avons interpellé leurs encadreurs.

Nos enseignants, dont la bonne volonté n’est pas à mettre en doute, ressemblent peut être à ce qu’ils enseignent et à la façon dont ils le font. Nous avons l’impression que les aspects thématique et synthétique disparaissent au profit d’une liste, nécessairement non exhaustive, d’activités ou de gestes qu’on classerait suivant leur licéité ou  leur utilité. C’est à ce propos que nous avions tenté le mot de Confucius, du poisson et de la pêche.

Le constat principal que nous livrons ici lors des contacts avec des étudiants de l’UPC et des deux associations (Souk d’Oran et Amis de la nature) est le fait que l’enthousiasme semble pérenne au moins pour les associations et que cette population constitue un maillon essentiel d’une alliance de personnes ou de groupes de personnes en vue de promouvoir la protection de l’environnement. Nous citerons également l’association SDH qui regroupe des jeunes gens du même profil. Là encore le parrainage semble nécessaire tellement l’émancipation semble encore lointaine.

Les débats par la voie d’Internet dont il est question plus haut regroupaient des personnes dont, malheureusement le profil n’était donné que schématiquement. Un caractère pourtant émergeait, la plupart des personnes étaient jeunes (la trentaine en moyenne) et beaucoup d’entre eux appartenaient à un groupe nommé RAJE acronyme de Rassemblement des Jeunes Algériens Engagés. De multiples débats, de thèmes très divers, mais ayant tous trait à la citoyenneté ont été organisés ; pour mémoire, nous citerons citoyenneté et écotourisme, citoyenneté et environnement (animé par l’auteur de ces lignes), citoyenneté et démocratie, citoyenneté et engagement des jeunes, citoyenneté et solidarité, paix et sécurité. Ces débats, du moins ceux qui viennent d’être cités, se font sous la direction d’un modérateur. Une autre plate-forme, plus générale permet d’intervenir sans direction privilégiée dans le domaine de la citoyenneté.

L’avantage énorme qu’offre ce type de débat est le fait que les réponses sont écrites et que leur stockage dans un disque dur permet une étude relativement aisée. Le gros inconvénient est que les participants à ce type de débat sont réputés être sur Internet ce qui restreint l’éventail des profils mais, plus encore, les débatteurs, pour l’écrasante majorité, maîtrisent la langue française. De plus leur appartenance au RAJE les fait bénéficier d’un crédit plutôt favorable quant à leur désir de démocratie et d’expression de la citoyenneté au plein sens du terme.

Nonobstant ces précautions préalables à l’analyse, nous avons retiré un constat qui nous semble important. La définition de la citoyenneté semble devoir être puisée dans des académismes livresques à peine tempérés par de minuscules liaisons avec la réalité algérienne. Cela suppose que le premier pas auquel sont arrivées les personnes dont nous avons collationné les écrits, a été l’accès à  la maîtrise conceptuelle de la citoyenneté et que c’est autour de la définition et de ses prolongements, évoqués par la liste ci-dessus, que se manifeste le débat.

A ce propos, les textes que nous avons eu à analyser laissent ressortir cette tendance de façon très lourde. Les « principes » de la citoyenneté sont cités sans en donner les contours et sans préciser les lacunes qui nous concernent directement. Un symptôme est souvent évoqué celui de l’abstention lors de consultations électorales. C’est pour les uns un signe inquiétant pour les autres la démonstration de la bonne santé civique du pays. On réclame plus d’état mais on dénonce les abus, avérés ou non, des forces de police.

De la même manière, lorsqu’il s’agit d’environnement, les définitions et les références sont livresques et cela va de la terre comme écosystème à des considérations macroscopiques, plus ou moins argumentées, sur les dangers que nous courons.

Quelques extraits sont présentés plus bas en annexe

Les petits pas qui permettraient une application, aussi rudimentaire fût-elle, relèvent d’une imagination et d’une maturité dont on peut affirmer qu’elles font défaut ; nous avons posé une question après d’interminables joutes oratoires sur les tenants et les aboutissants liés à la citoyenneté et après des tentatives de donner plus de trivialité au débat par des exemples tirés d’une quotidienneté, exemples largement observables. Cette question était « qu’est ce qu’on fait ? ». En fait le problème est souvent sur les efforts d’implication individuelle à l’occasion de situations fréquentes mais qui interpellent plus des aspects pratiques que des compétences culturellement et intellectuellement inapplicables.

Nous livrons ci-dessous un sondage qui semble illustrer notre propos ; ce sondage a été adressé à 25 personnes du RAJE et les possibilités de réponses étaient proposées dans le questionnaire. 

Résultats du sondage : Qu’est-ce que la citoyenneté pour vous ?

Respecter les autres, quelles que soient leurs origines           52 %

Respecter les règles de vie commune dans les endroits publics 32 %

Payer ses impôts                                                               8 %

S'informer sur ce qui se passe dans son pays                    4 %

Participer aux activités d'une association              4 %

Préserver l'environnement                                                0 %

Être attentif, vous sentir concerné par la violence           0 %

Voter                                                                                0 %

Se tenir au courant de la vie politique locale                    0 %

Militer dans un parti                                                         0 %

Appartenir à un syndicat                                                   0 %

Ne se prononce pas                                                          0 %

A travers les réponses aux questions, dont la liste ne prétend pas à l’exhaustivité, il est remarquable de relever que deux préoccupations, somme toute parentes, occupent une écrasante majorité. Respecter les autres et respecter les règles de vie commune laissent à toutes les autres possibilités de manifestation de la citoyenneté une portion congrue. La préservation de l’environnement est complètement absente, comme l’expression militante (parti et syndicat). Seule l’association recueille 4%. L’hypothèse la plus lourde, compte tenu de la population interrogée, est cette attente d’une tolérance et du droit à la différence. Le présupposé est certainement la relation à la radicalisation qu’a connue notre société et dont les effets dévastateurs sont encore dans toutes les mémoires.

Nous avons gardé pour la fin les observations que nous avons effectuées lors des nombreuses rencontres avec le mouvement associatif. Les toutes premières ont eu lieu  à l’occasion de la création d’un réseau d’associations de l’environnement à Oran.

Outre les réunions, des activités communes ont été organisées sur des terrains très divers dans l’objectif de sensibilisation ou de protestation comme dans le cas de Gdyel où il s’agissait de se soulever contre l’annexion d’une partie de la forêt avoisinante par une structure industrielle de matériau polluant, le bitume pour ne pas le nommer.

Nous avons, sans trop de surprise, observé les stratégies individuelles des uns et des autres quand il s’est agi de dresser un règlement intérieur. Malgré les tentatives de garder toute leur définition et toute leur individualité aux associations présentes, en particulier en n’officialisant pas le réseau, quelques responsables ont exigé un organigramme. Le réseau qui comptait une bonne quinzaine d’associations au départ a très vite rétréci comme peau de chagrin et ne regroupait plus que six associations avec lesquelles nous avons finalement pu coexister.

Résultats et synthèse 

Le premier résultat, au point de vue macroscopique, concerne l’espèce de repli sur soi qui s’est emparé des personnes que nous avons eu à observer ou à interviewer. Aussi bien en ce qui concerne l’espace que ses occupants, les préoccupations atteignent un minimum qui se résout à la cellule la plus étriquée qui soit. Cette tendance a deux effets dans les pratiques quotidiennes :

Le premier est l’indifférence ou plutôt le détachement éprouvé quant aux espaces non directement appréhendables. Les espaces communs qu’on pourrait définir comme appartenant à tous par la présence de l’adjectif commun en fait donnent l’impression de n’appartenir à personne sinon à l’occupant occasionnel ou périodique. Même dans ce cas-là, comme dans  l’exemple d’une administration, il est patent que les travailleurs n’éprouvent aucune tendresse pour leurs lieux de travail.

Le second effet, corollaire du premier, est l’absolution que s’octroient les personnes étudiées à propos des diverses déprédations et pollutions que subiraient ces espaces. Les coupables seraient les autres et l’attitude évolue entre la tentative de remédier et le refus de corriger les erreurs qui sont le fait des autres. C’est d’ailleurs cette dernière qui semble prévaloir.

Le second résultat est la difficulté, y compris pour des enseignants, de faire des liens quand ceux-ci ne sont pas évidents et que leur mise en rapport exige l’imagination et le substrat de connaissances nécessaires. La sophistication des rapports, surtout en ce qui concerne l’environnement et les agressions qu’il subit, pose problème et l’explication, ou plutôt les explications, ne subissent pas de la part des interlocuteurs toute l’opération de synthèse à même de permettre le développement d’une culture environnementale. En d’autres termes, ce qui n’est pas nuisible de manière évidente et directe ne l’est pas.

Le troisième résultat est l’appréhension de la citoyenneté par l’académisme, en particulier chez les jeunes gens qui protestent de leur passion pour la démocratie et les valeurs républicaines. Il est patent que, dans le cas du débat sur la citoyenneté vue à travers des aspects particuliers, le théorique l’emporte sur l’empirique. Dans le cas des Jeunes Engagés ou des sociétaires de l’Université Populaire Citoyenne, ceci est explicable certainement par le non exercice de la citoyenneté. En fait la citoyenneté affichée n’a pas (ou alors très peu) subi l’épreuve de la mise en œuvre. Pour les autres populations, les canaux préexistants, comme la religion ou les pratiques traditionnelles, sont dominants et relèguent le statut de citoyen au rang d’une théorie prisonnière de son inaccessibilité.

Au travers de l’environnement, c’est un panel ou plutôt plusieurs panels que nous avons eu l’occasion d’étudier. De manière synthétique, nous pouvons affirmer que les inégalités de perception, de culture, de solidarité se fondent finalement en un étiage dans lequel subsistent prescriptions religieuses et us et coutumes. Pour illustrer ceci la solidarité a fini par être confinée à des canaux mis au point et appliqués suivant des préceptes qui ne permettent pas ou très peu l’émancipation nécessaire à une prise en compte d’un problème directement lié aux activités anthropiques, nous voulons parler de l’environnement et du réchauffement climatique.

Un point semble également d’importance vitale. Il s’agit de l’absence constatée de langage commun dès lors que le discours est le réceptacle de nombreux néologismes.  L’environnement a ceci de particulier c’est qu’il s’invente des mots et des expressions auxquels nous sommes tenus de nous référer. Ecotourisme, développement durable, gaz à effet de serre, locavore, biodiversité, empreinte écologique et j’en passe, toutes ces expressions, qui ont souvent le statut de concepts,  posent problème quant à leur utilisation devant un parterre volontiers routinier.

On peut également déplorer cette absence dès lors qu’il s’agira de lancer des campagnes massives sur des points particuliers comme des préventions de maladies infectieuses ou de mises en garde contre les accidents de la route ou ménagers.

La base minimale pour la sensibilisation à la protection de l’environnement est de susciter des gestes individuels, en particulier chez les tous jeunes enfants. L’adage qui veut que la propreté est consubstantielle à la religion a montré ses limites et ceci est vérifiable autour des immeubles de nos villes ; serait-elle plutôt consubstantielle à la citoyenneté ?

Annexes 

Annexe 1

Guide d’entretien

1) âge, genre, fonction

2) que représente pour vous la protection de l’environnement ?

3) selon vous, la formation et la sensibilisation sur cette question peuvent-elles aboutir à des résultats ?

4) comment pouvez-vous juger que l’enfant a compris et qu’il en a tiré et qu’il en tirera des enseignements ?

5) pensez-vous que les instances chargées de protéger l’environnement exécutent correctement leur mission ?

6) en corollaire, pensez-vous que la responsabilité individuelle est assumée ; sinon que faudrait-il faire ?

Annexe 2

Je propose les réponses dans l’ordre chronologique de leurs réceptions aux trois questions du débat « citoyenneté et environnement ; les erreurs d’orthographe n’ont pas été corrigées :

Première question : définissez le mot citoyenneté tel que vous le percevez dans votre société :

1) La citoyenneté est le fait qu'une personne soit reconnue par la société.

La citoyenneté permet à l’individu de devenir  un citoyen, une personne  capable de participer à la vie civique d'une société, donc conscient de ses droits et de ses devoirs …La citoyenneté donne accès à l’ensemble des droits politiques, participé à la vie civique de la société, avoir des droits, en même temps des devoirs et des obligations pour le bon équilibre de la société.

2) il ne paraît pas suffisant que les citoyens disposent de droits, il faut qu’ils les exercent. Nos sociétés …atteintes d’une certaine apathie citoyenne. L’abstention de plus en plus massive lors des élections est un signe inquiétant du retrait des citoyens de la vie publique. Par ailleurs, se pose également la question d’une attitude citoyenne dans la vie quotidienne. La multiplication d’actes d’incivilités, qui semblent en décalage avec une société où existe un respect réciproque entre citoyens, met à rude épreuve l’idée de citoyenneté. Les dégradations de biens publics, la recrudescence de petits incidents révélateurs (tels qu’insultes ou manque de politesse) éloignent les individus d’une société de citoyens, liés entre eux par un projet et partageant l’espace public.

3) La citoyenneté est liée à la démocratie, être citoyen c'est d'avoir des droits et assurer des devoirs.

4) Parfois j'ai l'impression de vivre dans deux États différents, un État sans dirigeants, sans policiers....ou tout marchent à la perfection et c'est au moment où tu as besoin de l'autre État !!! le policier est là , juste pour faire de contraventions  et il n’intervient jamais pour la sécurité du citoyen.. 

5) Exacte, l’état est absent ce qui a provoqué une déchireur entre le citoyen et les pouvoirs publiques, et ils utilisent la police comme vous le citer, ils utilisent leurs chantages pour dire que nous sommes là, présent,
Le citoyen ni plus citoyen !, il a perdu sa confiance envers l’état 

6) le droit de s'exprimer rejoint le droit de dire que les habitants de notre pays ne sont des citoyens que par une définition importée. Il est à la mode de taper sur les pouvoirs publics, locaux et/ou nationaux, en particulier quand il s'agit d'environnement. Cette attitude est soutenue par le fait d'oublier les responsabilités où se forge la citoyenneté? pourquoi les lieux d'apprentissage de la citoyenneté font ils défaut? pourquoi l'incivisme, l'impolitesse et la violence? que faut-il pour enfin faire des pas, aussi petits soient-ils vers un meilleur vivre dans la cité;

7) La citoyenneté est une profonde conviction. Cette conviction est nourrie de principes. Ces principes doivent être partagés par la majorité de la population. La réduction des espaces de liberté et de culture sont un véritable frein à la promotion de la citoyenneté.

8) La citoyenneté est donc  centrée  autour de la liberté, l'égalité, et  la  solidarité. Ces valeurs impliquent la reconnaissance et le respect de soi et des autres, et le rejet de la violence dans la société. Elles impliquent la confiance et l'acceptation positive des différences et de la diversité , qui veut dire la reconnaissance de ses propres limites et l’acceptation de l'autre comme dépositaire, au même titre que soi...

Deuxième question : Définissez le mot "environnement" tel que vous le percevez en tant que citoyen dans votre société

1) l’environnement représente l'ensemble des éléments (êtres vivants et matières artificielles ou naturelles) que l'humain partage par sa présence sur Terre. Notons que l'existence de l'être est présidée par de nombreuses activités. Celle de l'humain est expansive de part ses besoins.
L'environnement, sous toutes ses formes, en général se trouve détérioré par les activités humaines. Le règne, avec suprématie, de l'Homme est basé sur l'exploitation des ressources que recèle cet environnement qui est varié pour exister en équilibre. Dans l'environnement, il indéniable de penser à son prochain qui partage déjà le même espace. Et songer aux générations futures, c'est l'avenir de la planète toute entière. L'écologie étant la philosophie, pour certains c'est aussi et déjà une idéologie qui adhère aux pratiques de la politique, qui prend ses essences de réflexion et d'action (agir) en un projet protecteur de toute la nature, au sens d'environnement varié, qui nous entoure.

2) l'environnement n'est pas complètement un mythe et que sa protection devient de plus en plus une nécessité. Pas de préoccupation liée à un environnement qui dépasserait les frontières du domicile familial.

3) L'environnement est défini comme « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore comme « l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines ».

La notion d'environnement naturel, souvent désignée par le seul mot environnement, a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et des dernières décennies. On peut aujourd'hui définir l'environnement comme l'ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l'ensemble des phénomènes et interactions s'y déroulant, c'est-à-dire, comme tout ce qui entoure l'Homme et ses activités.

4) Bien sur les activités de l'homme ont lourdement influé sur les modifications des biotopes et donc in fine sur la vie elle-même, mais je propose que nous prenions un axe, parmi de nombreux autres, celui de l'éveil individuel. Pour avoir suivi le débat sur l'écotourisme, en particulier sur l'état des plages, il est remarquable que l'accent à souvent été mis sur les responsabilités, institutionnelles ou individuelles.
Restons sur les responsabilités individuelles et débattons sur la relation (et la modification de cette relation chez nous) entre environnement et citoyenneté

5) L’environnement c’est l’entourage c’est tous ce qui se trouve autour de moi. Le sol, l’arbre, l’air, les êtres humains, la nature, le quartier etc.

C’est un milieu ou j’ai beaucoup d’interaction avec d’autres personnes de la société, et de la coexistence avec d’autres êtres vivants et lieux.

6) je pense que le fond du débat est là en fait l'environnement de devrait pas s'arrêter au seuil du domicile

7) Salut à tous, Le politique, l'éducation, la famille, les collègues, lieu de vie, lieu de travail, lieu de vacances, la religion les parti politique, les salafistes, le soufisme, les mœurs sexuelles, le nouveau centre commercial et de divertissement, voilà très grossièrement mon environnement actuel directe à cette époque de l'année, et à ce stade de ma vie, professionnelle et familiales, et dans la conjoncture actuel

8) écoutez le problème se pose de manière également très triviale et la définition de l'environnement, en termes d'objet direct de préoccupation, s'arrête pour la majorité où s'arrête l'espace des membres de la famille.  il y a l'école de nos enfants, nos hôpitaux, nos bureaux de poste,  et c'est le débat que nous essayons d'introduire autour d'un environnement immédiat qui est l'objet de soins et un environnement plus lointain qui nous est étranger.

9) Mon environnement, c'est, tous ce qui entoure mon quotidien, donc l'environnement est un ensemble d'environnements, le mien étant étrangers aux autres donc indéfinissable pour eux, mais ils sont interactions avec le mien, et même des fois partagés, le même, ou interposé. Mon bien être dépend de mon environnement et celui que j'essaie de créer d'entretenir ou d'alimenter, et celui de mes proches. qui selon moi découle sur l'environnement des autres, donc je dois faire attention à ne pas outrepasser les limites, car même dans le prenons soin, nous ne devons une certaine retenue.

Et si on arrive a donner une définition de tous ce qui nous entoure on pourra en gérer l'évolution, rectifier nos erreurs, nos idée reçues et donner les moyens à nos concitoyen d'agir ensemble pour le bien de notre environnement globale.

Pour ma part je pense que définir l'environnement, n'est pas aussi triviale que vous le supposer, car l'humain est complexe, donc les références sur lesquelles il s'appuie pour évoluer, pour définir...etc, le sont aussi.

10) La conscience envers l'environnement relève d'une culture, d'un savoir-vivre, d'une civilité et d'une préoccupation individuelle ainsi que collective envers la planète qui abrite l'humanité.
Je vous passe l'url, adresse Web, de cette séquence vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=XgTzhwLAo0I
Qui soulève le phénomène de l'utilisation des sacs en plastic... Comme pollution de l'environnement... Cette chanson montre que la conscience paysanne peut-être plus proche et consciente de l'environnement Le problème de cette matière synthétique cause un fléau universel au niveau des océans où stagne cette matière qui, jetée à la mer, tourne pendant des décennies (donc en augmentant de volume) sinon des siècles, au rythme des courants marins et océaniques.

Toutes les campagnes algériennes sont souillées de ce qui reste de matière plastique, à partir des sacs utilisés comme emballages. 
UN TEL ENVIRONNEMENT délabré incombe à tous citoyens. 
La liaison entre environnement et citoyenneté ne fait aucun doute. 
Même si certains clivages mentaux ne font pas croire que protéger la nature, et avec le reste de l'humanité l'ensemble de l'astre sur lequel nous vivons, est un devoir pour chaque terrien...

11) Vous avez raisons, nous avons un besoin éducationnel et culturel qui se fait de plus en plus pressant(à plusieurs niveau: à l'école, en société, dans le cadre familial), le laisser allez est devenue une valeur, que beaucoup de monde véhicule à leurs enfants et entourages directe, les règles de bien séance se perde, et son remplacé par les règles d'incivisme, Moi autant que citoyen, de ma famille, de mon quartier, de mon village, de ma ville, de ma région, de mon pays, je voie plusieurs axes de départ pour une définition, c'est pour cela que je n'arrive pas à orienter ma réponse, en essayant d'être simple, je vais dire que dans le milieu de vie familial (au départ), l'hygiène de vie que l'on s'accorde à suivre, dormir, manger, travaillé, se reposer les gestes qui accompagne toute ces démarches, pour manger, ils faut acheter après avoir identifier les aliments à consommer, utilisé le fours pour tous préparer, utiliser l'eau pour tous lavez, jeter les restes ou les donner au animaux de compagnie, des gestes du quotidien que l'on répète, on est tout le temps en interaction avec ce qui nous entour

12) La citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité juridique donnant à un individu la qualité de citoyen d'un état, et de ses droits civils et politiques. Elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Cependant, les citoyens n’ont aucun rôle obligatoire à jouer. En ce sens, le statut juridique de citoyen est un statut de liberté. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique.

Toutefois, un citoyen actif a un rôle essentiel à jouer. C’est à ce moment que le citoyen apporte sa contribution majeure à la société.

Les citoyens peuvent également, de façon quotidienne, jouer un rôle important dans la société. Par exemple, ils peuvent adhérer à une association, un syndicat association de personne dont le but est de défendre les droits et les intérêts sociaux, économiques et professionnels de ses adhérents.

De même, l’attitude individuelle des citoyens est importante. Les comportements de civisme (politesse, respect des biens publics...) sont pour beaucoup dans le caractère apaisé d’une société.

L’adaptation des collectivités locales aux attentes du citoyen et aux évolutions de leur environnement les a conduites à développer de nouvelles pratiques, orientées vers la performance. Initialement dévolues à la recherche de gains budgétaires, ces démarches dépassent aujourd’hui le seul aspect économique pour tendre vers une modification des modes de management et une transformation des organisations.

Par ailleurs, L'environnement est défini comme « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins», ou encore comme « l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines ».

Au point de vu citoyen, l’environnement c’est la participation des citoyens pour le protégé.

13) L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est aussi l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine.

Troisième question : Se préoccuper de l’environnement est-il un moyen d’accéder à une citoyenneté active et responsable ?

1) En fait si l'idée s'est imposée de relier citoyenneté et environnement, c'est que l'environnement est d'abord une préoccupation individuelle et que cette préoccupation ne peut en aucun cas être prise en charge par les institutions seulement. Le débat qui a précédé, sur l'écotourisme fait état de la dilution des responsabilités dès qu'il s'agit de mettre en oeuvre le nettoyage des plages pour reprendre cet exemple. Or celui qui salit fait partie des gens qui tapent sur les institutions chargées du ramassage des déchets.

2) Une citoyenneté active et responsable, est un enchevêtrement de préoccupations existentiels, une suite d'efforts pour l'amélioration du quotidien de nos concitoyens, une mouvement perpétuels au sein d'un collectifs, s'occuper de l'environnement est un signe de sagesse et d'un niveau intellectuel, c'est une étape avancée dans la citoyenneté. Le paragraphe de l'article suivant, englobe cette préoccupation, et je partage, l'idée développer: "ces solutions maintiendront encore pour longtemps le marasme que nous vivons de nos jours, et le nom de notre pays continuera toujours à figurer sur la liste des pays sous-développés ! Le gouvernement a beau construire des logements, créer des emplois, lancer de gros projets; si le citoyen est paresseux, improductif, fraudeur, voleur et tricheur, rien ne changera, même si le pays deviendra plus riche et ses occupants plus instruits.

Ni la distribution des richesses, ni le changement du gouvernement ni les manifestations ne peuvent constituer une issue intelligente à la situation. Solution: il faudra donc que le citoyen, celui de la base, sorte de sa léthargie, corrige son comportement, soigne ses défaillances, améliore sa productivité et aime son pays...!

La structure sociale en Algérie se présente à l’image d’une pyramide; le peuple forme la base, le gouvernement le sommet. Si la base est pourrie et malsaine, rien ne tiendra dessus .Si la base est formée d’éléments sains et forts, le sommet le deviendra tôt ou tard........."

3) Bien sûr que oui ! Même si je crois que l'environnement reste notre dernier souci, on n'y prête aucune attention comme si ce n'était qu’un sujet mineur qui ne concerne que les grandes puissances. Les citoyens algériens sont à la traîne sur les questions environnementales, le sujet ne les intéresse pas trop, sans doute parce qu’il suppose un grand engagement dont on est dépourvu de nature.

Pour mériter l’appellation de citoyen, oui car cela se mérite, l’on doit se préoccuper de l’environnement cela serait un signe qui démontrerait et une sorte d’engagement pour le bien commun d’un autre côté cela affirmerait une prise de conscience significative concernant nos responsabilités environnementales. Mais l’on en est loin. Il y a quelque temps avec des cousins, nous nous sommes attelés à la tâche de nettoyer la plage où nous campions, on était 6. De beau matin les premiers estivants à venir nous trouvaient en train de ramasser les sacs de plastique et les bouteilles et aucun n’a eu la présence d’esprit de nous aider. Ils se sentaient gênés à l’idée de prendre des sacs poubelles pour nettoyer la plage. Ils avaient même honte de le faire. A la fin de l’après-midi elle sera aussi sale qu’hier nous lanceront des jeunes. Tel est la réalité. Inversons la tendance.  

4) La démocratie participative de citoyen qui est par exemple mise en oeuvre à travers les conseils formels ou informels de quartier peut être une bonne illustration de l'apprentissage du vivre ensemble et de bien gérer notre environnement. Des gestes quotidiens peuvent résulter à un ralentissement sensible du rythme actuel d’appauvrissement de la diversité biologique aux niveaux des ksour du Haut Atlas, de façon à contribuer à l’atténuation de la pauvreté et pour le plus grand bien de toutes les formes de vie sur Terre et le développement durable. Parvenir à ce développement vraiment durable suppose que l’on repense les modèles économiques en vigueur et que l’on rejette les solutions à court terme qui s’avèrent en fin de compte vaines.

  • protéger notre environnement et notre cadre de vie est le signe d'une maturité citoyenne;

6) L'environnement nous met directement devant nos responsabilités de citoyens car sa préservation commence dans notre propre espace de vie.

Éduquer nos enfants au respect de la nature, des règles d'hygiène et de l'amour du beau est la meilleur leçon à donner aux nouvelles générations.

 Un fait est indéniable: la démocratie et la citoyenneté sont respectées dans les sociétés où a préservation de l'environnement est une règle acceptée et défendue par l'ensemble des citoyens.

7) la préservation de l'environnement ne peut être que le produit d'une société déjà démocratisée. La démocratie est un accélérateur de la prise de conscience dans divers domaines dont l'environnement.

8) Cela débouche sur la nécessité d'adopter une attitude conséquente avec nos discours respectifs et de nous poser la question : qu'est-ce qu'on fait?

Faut-il continuer à interpeler des immanences (pouvoirs publics, système éducatif, les autres, etc.), en considérant que la culpabilité n'est pas notre et que la solution aux problèmes de l'environnement n'est pas de nos compétences, dans nos moyens et que nous ne sommes pas payés pour ça ?

Ne faut-il pas alors réfléchir aux actions, aussi minimes soient elles, pour changer les choses ?  ne faut-il pas considérer que le simple fait de sensibiliser nos compatriotes (surtout à partir de l'enfance) à ce qui les entoure serait un pas énorme vers le mieux vivre dans la cité?

 Le fait de dire l'un ou l'autre démontre en fait que les deux sont liés et que la progression des deux conduirait certainement à l'évolution de notre société.

Cette annexe ne concerne que le débat autour du thème « citoyenneté et environnement ». D’autres thèmes, toujours liés à la citoyenneté, ont fait également  l’objet de débats tout aussi intéressants à étudier avec les présupposés évoqués plus haut. Nous avons collationné les interventions dans les différents thèmes proposés et nous les tenons à la disposition de l’équipe.

 Notes

[1] Une grandeur physique est soit extensive comme une distance ou une masse soit intensive comme une pression ou une température. Dans le cas précis qui nous occupe on pourrait distinguer ainsi la citoyenneté ou son expression (intensives) de la population ou le produit national brut d’un état (extensives).

[2] En mathématiques une fonction peut être soumise à asymptote si on trouve une courbe qui lui sert de frontière inaccessible ; en fait la fonction se rapprochera toujours de son asymptote sans jamais l’atteindre.

[3] On appelle repère galiléen un système de référence par rapport auquel on étudie une manifestation ou un groupe (ou toute chose susceptible d’être soumise à variation), ce système étant lui-même invariant absolu.  Un exemple simple a contrario : la terre ne constitue pas un repère galiléen puisqu’elle tourne autour du soleil.

[4] EEDD Éducation à l’environnement et au développement durable ; cet acronyme a fini par s’imposer tant la préoccupation a pénétré les rouages des structures et des institutions.

[5] UPC Université Populaire Citoyenne, association avec plusieurs parrainages pour contribuer à l’accession et l’exercice de la citoyenneté. Les membres en sont essentiellement des jeunes gens de niveau universitaire et ils sont encadrés par différentes personnes de compétence avérée dans le droit, l’histoire, le mouvement associatif, etc.