Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Ouvrage du CRASC, 2014, p. 145-154, ISBN : 978-9961-813-61-4 | Texte intégral


Mohand Akli SALHI

Comment étudier l’organisation et l’évolution d’un champ littéraire d’une culture orale qui passe du régime de l’oralité à celui de l’écriture et à la médiation technologique (CD, cassette, Internet, etc.) et dont le véhicule linguistique est une variante régionale d’une langue mère et supranationale, qui n’est reconnue constitutionnellement que récemment ? Comment étudier ce même champ littéraire qui se développe dans un espace sociolinguistique particulier où coexistent d’autres langues et littératures plus valorisées et qui ont leurs propres logiques d’institutionnalisation et leurs propres critères de légitimation ? Doit-on interroger ce type de champ littéraire en termes de champ indépendant ou, au contraire, en termes de sous champ en l’intégrant dans l’espace sociolinguistique et sociopolitique, voire même géopolitique ?

Dans cette réflexion, nous tenterons de proposer une grille d’analyse de ce type de (sous) champ littéraire. Cette grille sera pensée dans la perspective d’apporter des éléments de réponse à l’étude de l’organisation et l’évolution de ce (sous) champ. Pour ce faire, nous prendrons la littérature kabyle comme exemple. 

Avant de nous engager dans cette grille d’analyse, il est important de préciser deux mots clés contenant dans le titre même de ce texte. Le premier concerne la notion de « champ » et le deuxième est relatif au contenu à donner pour le terme « kabyle ».

Le « champ » comme concept opératoire

Parler de littérature en termes de champ littéraire, c’est tenter de la situer en tant que pratiques et productions textuelles relativement autonomes dans le tissu socio-économique et culturel; c’est également essayer de la saisir comme étant production d’agents culturels incorporant le social par le truchement des valeurs communautaires intériorisées. Ces agents observent, par leurs pratiques textuelles et génériques, entre autres, des positionnements suivant les intérêts, matériels ou symboliques, qu’ils recherchent. Ainsi, le contexte du texte littéraire n’est pas pensé en termes de déterminisme social ou comme simple expression des joutes entre les classes sociales, mais il est réfléchi comme réseau de relations ayant ses règles de fonctionnement et dans sa spécificité en relation avec les pratiques et les productions qu’il permet. Ces mêmes pratiques et productions portent en elles-mêmes les traces de ce contexte (aussi bien de création que de réception).

Le champ littéraire est fonction d’une histoire et d’un espace culturel. Les vicissitudes de l’histoire apportent des changements de différents ordres que l’espace culturel négocie avec sa propre identité synchronique. La négociation des éléments sociohistoriques, qu’ils soient internes ou externes, se réalise au gré des rapports de forces existant dans cet espace culturel à un moment donné de son histoire. Les nouveaux éléments introduits dans l’espace culturel varient en fonction de leur nature. Ils peuvent être d’ordre politique et / ou  socioculturel. Les exemples les plus importants sont entre autres les colonisations, les reconversions religieuses et les contacts culturels. Les conséquences de l’introduction de ces nouveaux éléments peuvent être très importantes ; elles peuvent aller jusqu’au changement du mode d’expression ou du code linguistique de la civilisation  (tels que le passage de l’oralité à l’écriture et la substitution linguistique) et / ou au changement de la vision du monde (la laïcisation par exemple), entraînant des remodelages des habitus des agents culturels.  

Ainsi, suite à la négociation des nouveaux éléments socioculturels et de leurs conséquences sur la vie quotidienne de la société, le champ littéraire change, se transforme et prend de nouvelles facettes aussi bien au niveau de sa structuration sociologique qu’au niveau de sa configuration textuelle et générique.

Appliquée à une littérature dite orale, la notion de champ littéraire nécessite d’être confrontée à la réalité des pratiques littéraires en question et à la nature de leur mode culturel et communicationnel. Les contours de cette notion doivent être précisés suivant le degré de sa validité dans de telle situation culturelle[1]. C’est dans ce sens que nous interprétons les propos de Jean Derive quand il déclare que "si, à propos des cultures orales africaines, on souhaite pouvoir, à l’intérieur de l’ensemble de cette production [discursive], délimiter un champ propre susceptible d’être qualifié de spécifiquement « littéraire », afin de justifier la dénomination « littérature orale », il faut d’abord chercher à comprendre la philosophie générale de la communication verbale qui est impliquée dans la logique de ces cultures" (Baumgardt et Derive, 2008 : 106).

Qu’est-ce qu’un champ littéraire kabyle ?

Cette interrogation est d’une importance telle qu’elle se place comme une condition méthodologique. Importante car, d’un côté, elle soulève la nécessaire question de la faisabilité en établissant les limites du corpus (préalablement exigence méthodologique) et, d’un autre côté, elle concerne la pertinence même de la problématique de l’étude des pratiques littéraires en termes de champ qu’il soit indépendant ou pris dans ses relations avec les autres champs[2] (adjacents ou englobants). Se poser cette question c’est nécessairement établir la pertinence de la notion « champ kabyle ». Ce qui conduit l’analyste à répondre à la question Qu’est-ce que la littérature kabyle ? et à discuter l’opportunité de la précision géo-linguistique. Plusieurs faits de différents ordres (linguistiques, géographiques, institutionnels) sont à convoquer pour circonscrire le champ littéraire kabyle. Suivant nos observations, les plus importants sont :

  1. Les traits de la « littérarité kabyle » sont de nature ethnolinguistiques et sont exprimés spécifiquement en langue kabyle. Leur évolution obéit aux changements socioculturels de la société kabyle[3].
  2. Les auteurs ont délibérément opté pour une langue de création. Ils se donnent même le rôle de passeurs et de défenseurs culturels.
  3. Les auteurs contemporains expriment la volonté de s’affirmer comme entité autonome et à identité assumée en tentant de se constituer en association d’écrivains amazighs.
  4. Vu le manque de visibilité de la littérature kabyle qui la place dans une position marginale et périphérique dans l’espace culturel algérien, se développent, en réaction à l’institution du centre, des formes d’institutionnalisation particularisantes comme les festivals de poésie organisées régulièrement, salons et expositions de livres, conférences, sites électroniques, etc.).
  5. Les activités éditoriales, de diffusion et de débat (conférences, cafés littéraires, émissions radiophoniques, etc.) se font, à l’exception des plans d’action du Haut-Commissariat à l’Amazighité, essentiellement dans l’espace géographique kabyle.

Au regard de tous ces faits, il est autorisé de considérer l’élément linguistique comme un paramètre discriminant dans la définition de cette littérature. Est littérature kabyle toute pratique créative de texte et de genre à prétention esthétique exprimé en langue kabyle.  Ni l’origine kabyle de l’auteur ni la référence implicite ou explicite à l’espace de la Kabylie dans les textes ne sont pertinents dans sa définition. Seul l’expression linguistique (le kabyle) permet de marquer les frontières, qu’elles soient au niveau de la création, d’édition et de diffusion ou au niveau de la réception, du champ littéraire kabyle. 

Cependant, la démarcation de ce champ dans l’espace culturel algérien ne signifie nullement qu’il fonctionne en autarcie. Ses relations avec les autres champs du même espace, voire même au-delà des frontières politiques, doivent être étudiés et mises en exergue notamment dans son évolution récente. 

Niveaux d’analyse

Premier niveau : l’oralité et l’écriture

La relation de la création avec les modes de production et de réception sera au cœur de l’interrogation dans ce premier niveau. C’est l’étude de cette relation qui permettra, entre autres, de poser préalablement les principes de base de la parole littéraire dans la situation d’oralité. Comment est perçue cette parole ? Quelles sont ses marques de démarcation dans la masse discursive des locuteurs de la langue ? L’analyse des discours que les locuteurs tiennent sur la nature de la parole, les pratiques et les productions littéraires orales ainsi que l’étude de la terminologie servant à désigner et à distinguer la parole, les types et les genres littéraires trouvera ici toute sa validité. L’analyste est tenu dans ce cas de saisir la littérarité de la parole et sa distribution, hiérarchisée, en classes dans la conception et les pratiques de ceux qui la vivent eux-mêmes. A cette démarche, peut s’ajouter, pour confirmation et / ou précision, l’analyse structurale, typologique et générique des textes littéraires. Cette perspective méthodologique proprement dite n’est pas nouvelle dans l’étude de la littérature orale kabyle. Dans son Poèmes kabyles anciens,  Mammeri a insisté sur la nécessité de prendre en considération le point de vue des gens qui la pratiquent tout en orientant son analyse vers la fonction de cette dernière. La démarche qui sied à cet objectif sera résolument ethnolinguistique (cf. Derive, 2008).

Par ailleurs, l’analyste doit être observateur des conditions de performance littéraire des textes dans la communauté. Se sont les circonstances de performance qui donnent assise et valeur sociale à la parole littéraire en situation d’oralité. En dehors de ces conditions, cette parole n’est que texte socialement nu. L’étude du lexique de la performance littéraire et des dénominations des types et des genres littéraires peut nous renseigner aussi bien sur les modalités (comme le chant, la reprise et la citation des discours des aïeux ) et la distribution sociale des pratiques littéraires (productions légitimée, productions non-légitimées).  

Une fois la conception de la littérarité en régime de l’oralité (avec l’organisation des pratiques littéraires en système) est mise en exergue, dans ses aspects les plus saillants au moins, et mise en relation avec les types d’oralité créatrice opérants dans la culture ainsi qu’avec les contacts les plus importants que cette dernière a eu à connaître à travers son histoire, notamment la plus récente, une réflexion est à engager dans le sens d’expliquer les modalités, les facettes et les conséquences du passage de ce système littéraire du régime de l’oralité à celui de l’écriture. Cette étape se voudra étude analytique (quantitative et qualitative) des transcriptions des textes et des genres de l’oralité littéraire, des cadres et des intervenants de l’opération de passage de l’oralité à l’écriture. Il s’agira d’établir, en quelque sorte, une histoire circonstanciée des recueils de textes et genres littéraires oraux. Afin de ne pas s’écarter du cadre global de la problématique qui interroge les pratiques littéraires en termes de champ, l’étude des transcriptions sera approchée, entre autres, en termes institutionnels (recherches des militaires et des missionnaires français, collectes réalisées dans le cadre du Fichier de Documentation Berbère tenu par les Pères Blancs, recherches universitaires, etc.).

Le passage à l’écrit sera également abordé à travers le recensement détaillé des publications des nouveaux textes appartenant aux genres qualifiés de modernes (roman, nouvelles, théâtre, poésie écrite). L’objectif immédiat de ce recensement est de quantifier dans un premier temps les transformations (textuelles et génériques) opérées au niveau du champ littéraire.  Ce recensement sera également accompagné d’une étude concernant les conditions d’existence éditoriale, de la réception et de la circulation de ces textes et genres. Puis dans un deuxième temps, il sera question de qualifier ces transformations et leurs conséquences sur l’organisation du champ.

Il est important à ce stade de distinguer les paliers du passage à l’écriture. Les différentes transcriptions ne sont pas du même ordre que les nouvelles créations écrites du conte par exemple. De même, les recompositions écrites des textes oraux[4], engendrant de nouvelles identités génériques, sont nettement différentes au plan de leur émergence des nouvelles pratiques littéraires comme le roman et la nouvelle.   

Deuxième niveau : les contacts avec l’autre

L’étude des contacts (linguistique, culturel, religieux, etc.) avec la culture kabyle et leur rôle dans la transformation de son champ littéraire constituera le deuxième niveau d’analyse. L’émergence des nouveaux genres littéraire en kabyle sera associée à l’appropriation de l’écrit, par l’élite, dans un premier temps, puis  sa diffusion, petit à petit, auprès de la population kabyle. Le contact avec la langue et la culture françaises a engendré l’élargissement et la reconfiguration du champ littéraire kabyle. L’émergence du roman, de la nouvelle et du théâtre est la conséquence directe de cette appropriation culturelle[5]. Nous voyons là l’une des manifestations du contact culturel avec la littérature kabyle. Il y a lieu de noter, à ce stade, une certaine filiation entre ces nouvelles expressions littéraires en prose et le roman algérien, voire même maghrébin, d’expression française[6]. Nous pensons notamment aux références, implicites ou explicites, des nouveaux auteurs kabyles aux textes de Mammeri, de Feraoun, de Ouary, de Kheirdine, de Kateb Yacine, etc.  En somme, le contact culturel sera considéré comme un facteur favorisant la création littéraire en kabyle et que c’est l’assimilation des éléments issus de ce contact, en relation avec les éléments intrinsèquement autochtones, qui a permet à cette littérature de se renouveler et de se moderniser à travers l’histoire. Il est, à notre sens, opportun, voire nécessaire, de ne pas oublier que la culture algérienne, et en général la culture maghrébine, se caractérise par sa diversité : plusieurs langues, religions et civilisations ont coexisté dans l’espace nord-africain. Cette coexistence s’est réalisée, à travers l’histoire, tantôt d’une manière pacifique tantôt d’une manière conflictuelle. Concernant la Kabylie son histoire était et demeure le théâtre de multiples bouleversements sociopolitiques. Les deux derniers siècles se caractérisent, à eux seuls, par la résistance à la colonisation (1857, 1871), l’installation des écoles (1883), application du senatus consulte et ses conséquences sur les structures sociales traditionnelles (vers la fin du 19ième siècle), l’émigration interne et externe (vers le début du 20ième siècle), le mouvement nationaliste (1925-1954), la guerre de libération (1954-1962), le désenchantement qui a suivi l’indépendance de l’Algérie (1963-1965), la revendication linguistique et identitaire, le « printemps berbère » (1980), le boycott scolaire (1994-1995) et les évènements du « printemps noir » (2001-2003).

Il est important de se rappeler qu’à, l’état actuel, cette culture est la résultante des changements de l’histoire. Il faut comprendre par conséquent qu’au niveau de l’expression littéraire, il y a lieu, toujours et de manière significative, circulation de mots, de thèmes, de textes et de visions esthétiques entre les groupes culturels (amazighs, arabes, français, etc.). Cette circulation s’est effectuée, il est vrai, en fonction des rapports entre ces groupes. Ici la relation de chaque groupe au pouvoir (religieux, politique et/ou économique) est déterminante du sens et de la nature de la circulation et l’esthétique des textes littéraires.

Par ailleurs, il y a lieu, croyons-nous, de rompre avec cette conception qui fait des apports extérieurs, historiquement identifiés, des éléments toujours exogènes à la culture kabyle, et continuent d’y fonctionner comme tels. Les éléments empruntés à l’Islam et à la langue arabe et, plus récemment, à la culture occidentale, notamment à la langue et la culture française, pour ne citer que les éléments les plus importants, se sont vus intégrés et adaptés par les kabyles à telle enseigne qu’actuellement ils constituent des paramètres structurants de leur culture vécue. Conséquemment à l’adaptation et à l’intégration historique de ces éléments par les populations kabyles, l’expression littéraire s’est transformée suite aux nouveaux contacts d’ordre proprement littéraire et esthétique, entre autres. Ce fait a été remarqué à plusieurs reprises. C. Lacoste-Dujardin l’a déjà mentionné pour le cas des contes kabyles. A ce propos, elle (2005 : 19) écrit : " toute conservatrice qu’elle puisse apparaître, la culture berbère, en Kabylie, a toujours été ouverte à maints changements et adaptations de différents ordres ". Cette observation, importante il faut le souligner, a permet à la spécialiste du conte kabyle d’opérer une classification des timucuha. "Ainsi, poursuit-elle,  à côté de contes ruraux familiers au répertoire féminin, il existe, dans le répertoire masculin, des contes citadins, empruntés aux Mille et Une Nuits arabes, rapportés par des kabyles émigrés dans les villes du Maghreb, et intégrés à la culture kabyle, avec quelques aménagements, en quelque sorte « kabylisée »" (Idem.).  De son côté, P. Galand-Pernet (1998 : 137) remarque, à propos des thèmes traités dans les littératures amazighes traditionnelles, à peu près la même chose. Constatant la reprise des thèmes islamiques, elle soutient, elle aussi, que " les invocations à Dieu ou aux saints, dans des formules transmises depuis des générations et qui font partie du tissu littéraire, ainsi que certaines images dont l’origine est à chercher à travers les traités anciens, ne diffusent pas une coloration islamique de même intensité selon les fonctions des types littéraires et selon les temps et les milieux ; mais elles peuvent toujours être modifiées, adaptées à un temps et à une culture régionale ou régénérées dans un contexte porteur, comme n’importe quelle figure rhétorique où se réactive à nouveau un sens ancien".

Troisième niveau : le champ en relation

Les nouveaux genres littéraires (roman, nouvelle, théâtre) en kabyle sont de création récente. Ils ont vu le jour dans des conditions historiques, sociologiques et sociolinguistiques particulières. Ils prennent place dans un contexte socio-littéraire ayant déjà ses propres logiques éditoriales, ses circuits commerciaux et ses critères de légitimation. Comment, dans de telles conditions, se présente ces nouvelles catégories de texte aussi bien au niveau créatif (choix thématique, forme linguistique, relation avec l’oralité, etc.) qu’au niveau de la réception (lecture, insertion culturelle, mécanismes de légitimation, etc.). Tel est le questionnement de base que nous voulons aborder dans ce niveau. Il s’agira là, entre autres, d’identifier les repères nécessaires à la mise en lumière du fonctionnement institutionnel de la littérature kabyle (notamment dans sa récente évolution) dans le large champ littéraire algérien, lui-même en construction. Il s’agira également d’étudier les types de relation qui s’établissent, d’un côté, entre le (sous) champ « régional » et le champ national et, d’un autre côté entre un (sous) champ « dialectal » avec les autres variantes de la langue amazighe. Les questions auxquelles l’analyste tentera d’apporter des éléments de réponse sont entre autres : Dans quelle mesure pourrait-on parler, à propos de cette réalité spécifique, de relation (de domination, de rejet ou autre) entre le centre et la périphérie ? Doit-on parler, à propos de l’ensemble amazigh, de champs adjacents (kabyle, mozabite, chaoui, chleuh, rifain, touarègue, etc.) ou de sous champs inclus dans un champ global et englobant (construction hypothétique tout comme dans la langue tamazight) ? On cherchera donc à articuler la littérature kabyle avec « son » territoire, l’espace national et l’espace maghrébin.

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 Notes

[1] Le débat sur la validité de la notion sociologique du champ dans les espaces de l’oralité et dans ceux se caractérisant par le passage à l’écriture doit être mené dans le cadre du respect du cadre culturel de la société. Ce débat est déjà balisé par nombre appréciable de contributions (entre autres Les champs littéraires africains (Textes réunis par Fonkoua R. et Halen), Littérature orales africaines. Perspectives théoriques et méthodologiques (sous la direction de Baumgardt U. et Derive J.) et la contribution de Jean Derive dans Le champ littéraire (sous la direction de Citti P. et Detrie M.).

 [2] Nous avons entendons dans les débats de la première séance de ce colloque des invitations à prendre en considération la pluralité des littératures (suivant les différentes expressions linguistiques) dans l’espace algérien, voire maghrébin (Hadj Miliani soutient l’option du « champ des littératures algériennes »). A un niveau plus général, Pierre Hallen soutient « qu’étudier les champs littéraires c’est observer les inégalités avec lucidité ».

[3] Cela n’autorise pas toutefois de considérer ces traits comme exclusivement kabyles. Bien au contraire l’étude gagnerait plus si on inscrit la recherche de ces traits (ou de leurs équivalents) dans plusieurs cultures et airs linguistiques. Leur confrontation les uns par rapport aux autres donnerait matière à une construction théorique plus appropriée.

[4] Dans un premier temps, nous avons tenté d’approcher ces recompositions en termes de « délocalisations et de déplacements » des textes du régime de l’oralité à celui de l’écriture (voir Salhi 2004a, 2004b et 2011)

[5] Il y a lieu de mettre en relation cette appropriation culturelle aussi bien avec la revendication linguistique et identitaire des kabyles, les contradictions idéologiques (entre l’Etat algérien et les agents culturels) que les bouleversements socioculturels de la Kabylie.

[6] Nous comprenons la contribution de Daniela Merolla sur l’espace littéraire kabyle dans cette perspective.