Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Ouvrage du CRASC, 2014, p. 109-118, ISBN : 978-9961-813-61-4 | Texte intégral



Ewa TARTAKOWSKY

Les littératures « postcoloniales » sont des fleurs qui surgissent sur le terrain de la décolonisation. Ces récits d’auteurs issus des ex-territoires coloniaux s’écrivent pour la plupart dans la langue des ex-colonisateurs et abordent des thématiques liées à l’expérience colonisatrice. Un immense pan de la littérature actuelle pourrait être défini comme postcolonial si on considère avec Bouda Etemad qu’« aujourd’hui, plus de 80% des populations des pays développés (Europe sans l’ex-URSS, Amérique du Nord, Japon, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) ont un passé colonial, soit comme ex-colonisateur, soit en tant qu’ex-colonisés »[1]. Cette production scrute souvent les rapports de dominations qui découlent de l’ancien partage colonial de l’espace géographique, culturel et social ; elle se nourrit des interrogations liées au passé, des questions en lien avec l’identité ou l’altérité. Longtemps considérée comme périphérique, la littérature postcoloniale de langue française a fait son entrée dans les départements de lettres. Mais le maintien de l’ancien partage centre / périphérie perdure, malgré la bonne volonté affichée, y compris dans l’appellation même des centres de recherche. L’appellation « études francophones », qui désigne les écrits des auteurs écrivant en français issus des régions où cette langue joue ou a joué un rôle important, à l’exception de la France, est, en effet, des plus ambiguë. Comme le souligne Jean-Marc Moura, « le clivage est bien affirmé entre la littérature française, éléments notoire du patrimoine et du prestige de la nation, et les littératures francophones »[2]. Ce partage incite à considérer les deuxièmes comme moins légitimes, avec une portée symbolique et la qualité moindre, une sorte de ghetto regroupant des auteurs nourris (aussi) par une culture différente. La constitution de fait d’un corpus de la littérature postcoloniale ou francophone qui inclue uniquement des auteurs « venus d’ailleurs » et l’usage habituel du terme « francophone » pour désigner un « non Français », creuse l’écart entre les deux. Ainsi va l’ethnicisation de la littérature nationale : entre assimilation uniformisante et assignation à résidence des figures de l’Autre. D’où le statut postcolonial réservé y compris aux écrivains « beurs ». Cette catégorisation contribue de fait à la relégation au second rang des auteurs dits postcoloniaux dans la production littéraire écrite en français[3] ainsi qu’à une perte d’importance symbolique de leur production. L’écrivain algérien Abdelkader Djemaï souligne le phénomène non sans amertume : « Quand un espagnol (Jorge Semprun), un tchèque (Milan Kundera), un anglais (Theodore Zeldin) ou un grec (Vassilis Alexakis) s’exprime ou écrit en français, on dit : c’est un cosmopolite. Quand il s’agit d’un Algérien ou d’un Sénégalais, on s’écrie : voilà un immigré ! » [4].

Cette domination peut se traduire objectivement dans le jeu littéraire français[5] par le confinement de certains auteurs d’origine étrangère dans des catégories que constituent des collections thématiques. Ces catégories ne sont pas toujours assumées par les auteurs, mais ils se voient contraints, par le seul jeu du rapport de forces entre éditeur et auteur, à accepter de rejoindre telle ou telle collection thématique ou de ne pas voir publier leurs ouvrages. Il arrive aussi que la mise en avant d’une marginalité permette d’affirmer une spécificité francophone et, dans certains cas, se révèle stratégique pour exister dans le jeu littéraire français. La question se pose notamment pour les écrivains africains publiés à partir des années 1970 dans des collections spécifiques (« Le monde noir poche » chez Hatier, « Afriques » chez Actes Sud…) ou des maisons d’édition spécialisées (Présences africaines). Si celles-ci ont eu le mérite d’éditer des auteurs souvent peu connus et de faire connaître cette littérature au grand public, elles peuvent aussi être perçues comme cantonnant ces auteurs dans une identification qu’ils ne souhaitent pas forcément revendiquer. L’exemple le plus emblématique à ce propos est la collection « Continents noirs » chez Gallimard, fortement critiquée dès sa création pour avoir « parqué » les auteurs dans une couleur de peau. Ainsi, Nathacha Appanah, née à l’île Maurice et dont les ouvrages sont publiés en « Continents noirs », dénonce le fait d’être « catégorisée ‘écrivain du sud’ »[6]. Il est significatif que seule Ananda Devi, également originaire de l’île Maurice, ait réussi à passer de « Continents noirs » à la « Collection blanche » aux côtés de William Faulkner ou d’Ernest Hemingway, autres étrangers qui n’ont pourtant jamais été étiquetés « exotiques ». Si une collection spécialisée dans une aire géographique peut rester un critère plus pertinent que la culture ou la langue, on peut constater que de nombreux auteurs « d’origine » continuent à être cloisonnés dans cette dimension culturelle essentialisante[7]. Certains des écrivains d’origine maghrébine en France sont eux aussi « cantonnés » dans des collections marquées par un certain exotisme : « Identités plurielles » chez Albin Michel, « Nouvelles et récit du Maghreb » chez Al Manar, « Ecritures arabes », « Poètes de cinq continents », « La légende des mondes », « Lettres du monde arabe » chez l’Harmattan, etc. Quant aux écrivains d’origine judéo-maghrébine en France, 16% de la totalité du corpus étudié, comportant 104 auteurs, a publié dans ce type de collections thématiques[8]. Cette catégorisation joue à la fois le rôle de plateforme d’accueil et de trappe identitaire. Elle ne conditionne pas nécessairement les itinéraires individuels, tributaires d’autres facteurs, tel le talent, mais de façon plus ou moins structurante, elle les encadre.

Nous nous pencherons ici plus particulièrement sur le parcours et les stratégies littéraires de Gil Ben Aych. Un auteur, rapatrié français juif d’Algérie dans l’espace littéraire français métropolitain.

Gil Ben Aych est l’auteur de plusieurs ouvrages littéraires et de récits qui se définit souvent comme « juif algérien de nationalité française »[9]. Né en 1948 à Tlemcen dans une famille juive, il quitte l’Algérie en 1956 avec sa famille en tant que rapatrié français. D’abord installé à Paris, puis à Champigny sur Marne, il suit des études littéraires qu’il termine avec un DEA de philosophie. Son premier ouvrage porte sur son expérience de l’exil[10] : les réminiscences mémorielles d’une terre natale abandonnée s’enracinent chez lui dans un cadre familial. Dans ses écrits, pour reprendre les propos d’un critique théâtral, « c’est à une confrontation de deux civilisations, l’une lente, ensoleillée, conviviale, l’autre trépidante, froide et inhumaine que Gil Ben Aych, […] nous convie »[11]. Dans la perspective d’une littérature ayant une fonction objective d’adaptation à la nouvelle réalité que découvre le déplacé ou le migrant, la production de Gil Ben Aych peut être interprétée comme une médiation entre passé et présent, jeune et ancienne génération, la grammaire référentielle d’ici et de là-bas. Tout en gardant un caractère singulier, cette production cherche, comme toute autre, à s’intégrer dans le jeu littéraire français le plus légitime au sens institutionnel du terme. Car comme le montre Géraldine Bois dans sa thèse consacrée aux écrivains dominés du jeu littéraire, les écrivains « dominés » sont membres du même univers de luttes que les écrivains plus reconnus[12].       

Gil Ben Aych ne fait pas exception au fait que la plupart des agents littéraires – même les plus reconnus – du jeu littéraire ne sont, comme le remarque Bernard Lahire, que très rarement des membres permanents de cet espace et exercent une activité professionnelle rémunératrice autre que littéraire[13]. Loin de vivre intégralement de sa plume, il est d’abord négociant en vins, puis décide de saisir une opportunité et devient conseiller d’éducation puis professeur certifié de philosophie après un long refus de l’éducation nationale opposé à sa titularisation. Durant son activité professionnelle, il publie des romans, L'essuie-mains des pieds aux Presses d’Aujourd’hui (1981), Le Voyage de mémé (1982) publié dans une collection de littérature d’enfance et de jeunesse « Aux quatre coins du monde » chez Bordas, Le livre d'Étoile dans la collection « Points. Point-virgule » chez Seuil (1986), Le Chant des êtres chez Gallimard (1988). Son Voyage de mémé connaît un réel succès comme support pédagogique dans les écoles, avant même que l’auteur fasse carrière dans l’éducation nationale.

C’est en analysant les discours que l’auteur tient dans l’un et l’autre de ces univers professionnels que nous pouvons discerner une stratégie de légitimation et d’affirmation de sa position dans le jeu littéraire. Gil Ben Aych s’inscrit dans une tension entre distance critique et proximité pragmatique par rapport au monde éditorial français qu’il qualifie de « néocolonialisme littéraire » car selon lui « l’édition jeunesse est devenu le refuge de la littérature du Sud »[14], bien qu’elle assure ses conditions de publication et de carrière littéraire.

Dans un manuscrit encore non publié et intitulé « Dazibao. Critique du néocolonialisme littéraire et promotion du parti d’expression littéraire »[15], datant de 2010, Gil Ben Aych livre ses désillusions face au monde éditorial lesquelles, en creux, expriment une revendication. Il y revient sur sa première publication, L’essuie-main des pieds, écrite dans un style oral et usant des jeux de langage. Le texte est présenté initialement aux éditions Gallimard, mais ce sont les Presses d’Aujourd’hui qui le publient. L’auteur considère que le refus du premier est dû à la non reconnaissance de son innovation linguistique car « la France officielle et académique ne supporte pas le ‘français’ réel tel qu’on le parle ailleurs qu’en métropole »[16]. Cette France ne saurait pas reconnaître « un langage en marge du français à la lisière » : « Même en France, j’ai gardé les pieds de mon Afrique natale et ne me suis jamais lavé les mains de Tlemcenien, colonisé par les mots de ceux qui ne veulent pas de ma prose, ni colonisable ni publiable parce qu’elle était un peu trop précoce ou vulgaire… »[17]. Gil Ben Aych analyse sa position comme celle d’un écrivain cantonné à un champ secondaire, celui de la littérature jeuneuse : « avec L’essuie-main des pieds j’étais bien réglé, confiné, cloîtré, situé : je jouais dans la cour jeunesse des enfants mal nés du français, je restais le vulgaire pied-noir juste capable de littérature drôle. Shame of you, shame of you, shame of you. Shame of you French literary establishment, shame of you »[18].

Faut-il souscrire à cette subjectivité, et prendre acte de ce cantonnement dès l’origine comme auteur de jeunesse[19] ? Et cela renvoie-t-il forcément à une position de « dominé » ? Comme toujours, la réalité s’avère plus complexe. De fait, la première maison d’édition de Gil Ben Aych, les Presses d’aujourd’hui, n’est pas un éditeur jeunesse, mais une petite maison d’édition, appartenant au groupe Gallimard, destinée à accueillir la mouvance des gauches alternatives mais aussi la littérature. Rappelons également qu’après des publications du Voyage de mémé et du Livre d'Étoile effectivement dans des collections de jeunesse, l’auteur publie en 1988 son récit Le Chant des êtres chez Gallimard dans l’une de ses collections les plus prestigieuses, la blanche. Nous sommes donc loin d’un auteur dominé, même en ce qui concerne ses publications jeunesse qui participent du champ éditorial prestigieux avec le Seuil ou Bordas. Si Gil Ben Aych est souvent perçu comme un auteur de livres pour enfants et pour la jeunesse, c’est parce que quelques de ces ouvrages correspondent pleinement à la définition d’un livre jeunesse, à savoir qu’ils possèdent une cohérence interne, sont accessibles au jeune lecteur grâce à un dispositif narratif dépourvu de complexité, « racontent une histoire », se focalisent enfin sur un enfant-héro[20]. Rien d’étonnant donc que ces livres trouvent leur place dans le catalogue spécialisé. Ce classement n’implique pourtant pas nécessairement de n’être pas reconnu comme auteur littéraire, y compris pour adultes, comme l’ont été Jules Vernes, Lewis Caroll ou Antoine Saint-Exupéry. Reste que pour l’auteur cela revient à ne pas être reconnu comme auteur à part entière d’où un discours fustigeant les grands éditeurs singulièrement Gallimard, le Seuil ou Grasset[21]. Ce ressentiment s’étend à sa propre production, qu’il estime en quelque sorte polluée par sa publication chez Gallimard : « j’ai voulu faire, pour montrer à Gallimard, (écrit Gil Ben Aych) que j’étais un écrivain qui pouvait mépriser sa famille comme il publie certains écrivains quelques fois, alors que ça ne me ressemble pas du tout. Donc en fait, si vous voulez, c’était un exercice de style que j’ai fait pour être gallimardable »[22].

Malgré cette critique aigüe et bien que conscient de jeux de dominations dans le jeu littéraire, l’auteur, au risque de cautionner cet ancrage honni d’auteur de jeunesse, accepte aujourd’hui la réédition de ces ouvrages par l’Ecole des loisirs, maison d’édition spécialisée dans la littérature d’enfance et de jeunesse appartenant au groupe Gallimard.

Dans sa vie professionnelle extra-littéraire, cet ancrage d’auteur d’ouvrages de jeunesse a été mis en avant par l’auteur lui-même alors qu’il traverse un conflit avec l’éducation nationale concernant sa titularisation. Ce différent a également servi à affirmer sa position d’auteur littéraire. Alors qu’il conteste les résultats de son premier concours du CAPES de philosophie et sa non-titularisation après être reçu une deuxième fois au concours, Gil Ben Aych se présente comme enseignant de philosophie et écrivain. Cette dernière qualité est censée légitimer sa position de philosophe même si le débat de fond portait sur ses qualités d’enseignant au secondaire. L’affaire devient médiatique et l’auteur dénonce un acharnement de l’institution. Dans de nombreuses lettres de soutien (du Syndicat national des enseignements de second degré ou de la Ligue des droits de l’Homme), Gil Ben Aych est présenté comme « professeur certifié stagiaire bien connu par ailleurs comme écrivain (plusieurs romans publiés chez Gallimard)… »[23], alors même qu’un seul ouvrage a paru aux éditions Gallimard à proprement parler…

L’éditeur Gallimard devient ici un élément dans la stratégie de l’auteur, tantôt objet de légitimation tantôt repoussoir au nom d’un « néocolonialisme littéraire ». La double intégration de l’auteur dans l’espace social métropolitain ne reflète pas nécessairement une position dominée : d’un côté, la dimension pédagogique de ses ouvrages permet de prolonger l’exercice professionnel de son auteur et en quelque sorte subvertit l’espace dominant dans sa propre capacité d’enseigner ; de l’autre, l’écrivain est publié par des maisons d’édition connues, y compris la collection blanche chez Gallimard. Mais le contentieux originel d’un double refus de deux autres de ses manuscrits[24] par le même éditeur et le sentiment de cantonnement au catalogue jeunesse favorisent une dynamique de victimisation. Dans un courriel adressé à Antoine Gallimard, l’auteur affirme : « […] je tiens donc ici à vous dire, vous remerciant sincèrement, combien je n’avais pas réalisé à quel point je n’étais pas à ma place chez vous ! Et que c’est beaucoup mieux ainsi. […] je n’ai rien à faire avec tous vos auteurs-maison »[25].

Le jeu littéraire, comme tout autre espace social, est un terrain où s’exercent des rapports de forces et où les agents déploient des stratégies propres. Des auteurs « dominés » du jeu littéraire à la recherche de légitimé, sont en effet contraints à composer avec cette réalité et développent par conséquent des stratégies parfois contradictoires. Nous avons vu en introduction que la production littéraire des auteurs issus des ex-territoires coloniaux peut rencontrer des difficultés liées à la reconnaissance. Mais ceci est également le cas d’autres écrivains, comme ceux excentrés de la capitale, considérée comme l’épicentre éditorial en métropole. Car si le jeu littéraire traduit des rapports de domination y compris idéologiques, rien ne peut garantir le succès d’un livre et encore moins la notoriété de son auteur. Jeu subtil entre stratégies littéraires, éditoriales et médiatiques mais aussi talent – par définition difficile à définir –, le jeu littéraire, à l’instar de l’espace artistique analysé par Pierre-Michel Menger[26], se caractérise par l’incertitude sur la réussite. Si les auteurs d’origine étrangère peuvent rencontrer des difficultés liées à la reconnaissance, leur réussite n’est pas compromise à l’avance. En attestent les grands prix littéraires qui se sont largement ouverts aujourd’hui aux auteurs d’origine étrangère y compris ceux nés dans d’ex-territoires coloniaux[27].  Car tous les écrivains, qu’il soit « professionnels » ou « amateurs » participent du même espace littéraire. Les inscrire dans un sous-espace « amateur » ou « dominé » reviendrait à ne pas considérer la diversité de l’univers littéraire dans son ensemble et, comme le souligne Géraldine Bois, à « ne pas prendre en compte les logiques spécifiquement littéraire de l’activité des auteurs dominés »[28] en se concentrant davantage sur des logiques extra-littéraires ou la faiblesse de leurs compétences. Des lieux de rencontre entre les écrivains plus ou moins reconnus existent, les auteurs moins légitimes peuvent gagner en reconnaissance et jouent avec les références des moins aux plus légitimes.

Si Gil Ben Aych prétend se détacher volontairement du pôle considéré comme le plus pur d’un point de vue littéraire (dont la maison Gallimard fait partie), il ne peut en faire abstraction et valorise à l’occasion sa publication chez Gallimard ce qui confirme l’unicité de l’espace littéraire dans son ensemble. On peut, en effet, observer, suivant en cela Anne-Marie Thiesse, que les pratiques considérées comme « dominées » « apparemment déficitaires, sont bel et bien vivaces : mais loin de se déployer dans un espace autonome, affranchies des effets d’imposition de la norme dominante, elles s’effectuent dans une constante tension entre affirmation et dénégation, revendication et refus, où se marquent tout aussi bien les formes d’imposition de cette norme que ces limites »[29]. On peut aussi supposer qu’au prétexte du droit légitime à la différence, un auteur « dominé » éprouve la tentation de recourir à l’« essentialisme stratégique » qui sert, selon Gayatri Spivak, de moyen de reconnaissance, de légitimité et de visibilité pour des « subalternes » dans un univers mondialisé[30].

Bibliographie 

Ouvrages et textes de Gil Ben Aych cités 

L’essuie-mains des pieds, Paris, Presses d’aujourd’hui, 1981. Réed. Paris, L’École des loisirs, coll. « Médium », 2011.

Le voyage de Mémé, Paris, Bordas, 1982. Rééd. Paris, Pocket,  coll. « Pocket junior », 1996 ; Paris, l’École des loisirs, coll. « Neuf », 2011.

Le livre d’Étoile, Paris, Seuil, coll. « Points. Point-virgule », 1986.

Le Chant des êtres, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 1988.

« Du globisme », Le Monde, 15 septembre 1989.

« Dazibao. Critique du néocolonialisme littéraire et promotion du parti d’expression littéraire » (non publié).

Ouvrages critiques 

Bolkéus Blom, Mattias (2002), « Tracing literary careers : four case studies from the 1940 cohort of fiction debut writers in the United States », Poetics, n°30, p. 365-380.

Bois, Géraldine (2009), Les écrivains dominés du jeu littéraire. Définition de l’espace d’investissement et rapports aux enjeux littéraires, thèse de doctorat, Université
Lyon 2.

Etemad, Bouda (2000), La Possession du monde. Poids et mesures de la colonisation, Bruxelles, Complexe.

Joubert, Jean-Louis (dir.) (1992), Anthologie de la littérature francophone, Paris, Nathan.

Lahire, Bernard (1999), « Champ, hors-champ, contrechamp » dans Bernard Lahire, Le Travail sociologique de Pierre Bourdieu. Dettes et critiques, Paris, La Découverte, p. 23-57.

Lahire, Bernard (2006), La Condition littéraire. La double vie des écrivains, Paris, La Découverte.

Lahire, Bernard (2010), Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui. Laboratoire des sciences sociales ».

Menger, Pierre-Michel (2009), Le Travail créateur. S’accomplir dans l’incertain, Paris, Gallimard/Seuil.

Moura, Jean-Marc (2011), « Littérature et postcolonialismes », Mouvements, HS°1, p. 29-35.

Moura, Jean-Marc, « Le postcolonial dans les études littéraires en France », dans Marie-Claude Smouts (dir.), La situation postcoloniale. Les postcolonial studies dans le débat français, Paris, Presses de Sciences Po, p. 98-119.

Poslaniec, Christian (2002), Vous avez dit « littérature » ?, Paris, Hachette éducation.

Poslaniec, Christian (2003), Pratique de la littérature jeunesse à l’école. Comment élaborer des activités concrètes, Paris, Hachette éducation.

Spivak, Gayatri (1987), In Other Worlds. Essays in Cultural Politics, New York, Methuen.

Thiesse, Anne-Marie (1991), « Des plaisirs indus. Pratiques populaires de l’écriture et de la lecture », Politix, n°13, p. 57-67.

 Notes

[1] Etemad, Bouda (2000), La Possession du monde. Poids et mesures de la colonisation, Bruxelles, Complexe, p.13-14.

[2] Moura, Jean-Marc (2011), « Littérature et postcolonialismes », Mouvements, HS°1, p. 30.

[3] Dans l’Anthologie de la littérature francophone publiée sous la direction Jean-Louis Joubert (Paris, Nathan, 1992), l’ordre de présentation reflète les vielles lignes de partage avec l’ouverture systématique des volumes avec la littérature français, dans laquelle nous trouvons Victor Hugo, et la suite des « autres » littératures de langue française.  

[4] Propos rapporté par Abdhouraman Waberi, « Cette langue qu’on appelle le français. L’apport des écrivains francophones à la langue française », Internationale de l’imaginaire, 21, mars 2006, cité après Jean-Marc Moura, « Le postcolonial dans les études littéraires en France », in Marie-Claude Smouts (dir.), La situation postcoloniale. Les postcolonial studies dans le débat français, Paris, Presses de Sciences Po, p. 104.

[5] Bernard Lahire rompt avec l’analyse de la littérature réduite au seul champ littéraire autonome et propose le concept de « jeu littéraire » plutôt que celui de « champ littéraire ». En effet, les écrivains, contraints de pratiquer un second métier, se rapprochent plus des joueurs, s’éloignant du champ littéraire pour exercer une activité rémunératrice dans un autre champ. Voir : Bernard Lahire, « Champ, hors-champ, contrechamp » in Bernard Lahire, Le Travail sociologique de Pierre Bourdieu. Dettes et critiques, Paris, La Découverte, 1999, p. 23-57 ; Bernard Lahire, La Condition littéraire. La double vie des écrivains, Paris, La Découverte, 2006 ; Bernard Lahire, Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui. Laboratoire des sciences sociales », 2010.

[6] Lahire, B., La Condition littéraire…, op. cit., p. 281.

[7] Par exemple, Ces voix qui m’assiègent d’Assia Djebar ou L’arbre à dires de Mohammed Dib, publiés dans collection L'identité plurielle" chez Albin Michel.

[8] Il s’agit des collections estampillées « culture maghrébine » ou « judéité ».

[9] Gil Ben Aych, « Du globisme », Le Monde, 15 septembre 1989 ; Manuscrit non publié « Dazibao ».

[10] 77% d’auteurs du corpus étudiés ont publié leur premier ouvrage sur le thème de l’exil. Ce dernier s’alimente de l’expérience de la rupture, de la mémoire et du sentiment de déracinement. L’influence du lieu d’origine sur les premiers ouvrages littéraires n’est pas propre aux auteurs de l’exil. Voir à ce propos : Mattias Bolkéus Blom, « Tracing literary careers : four case studies from the 1940 cohort of fiction debut writers in the United States », Poetics, n°30, 2002, p. 365-380.

[11] Critique théâtrale de Michèle Levy dans « Actualité juive » du 26 novembre 1992.

[12] Bois, Géraldine, Les écrivains dominés du jeu littéraire. Définition de l’espace d’investissement et rapports aux enjeux littéraires, thèse de doctorat, Université Lyon 2, 2009.

[13] Lahire,  B., La Condition littéraire, op.cit. ; B. Lahire, Kafka., op.cit.

[14] « Dazibao. Critique du néocolonialisme littéraire et promotion du parti d’expression littéraire » (texte non publié).

[15] Le texte devait initialement être publié dans la réédition, par l’École des loisirs, de l’Essuie-mains des pieds. Il m’a généreusement été confié par l’auteur.

[16] « Dazibao…», op.cit.

[17] Ibidem.

[18] Ibidem.

[19] Peu représentatifs par rapport à l’ensemble du corpus étudié, d’autres auteurs ont publié des livres pour la jeunesse et/ou dans des collections jeunesse :  Jacques Attali a réalisé une bande dessinée chez Stock ; Chochana Boukhobza, une adaptation de la Bible pour enfants dans la collection « Giboulées » chez Gallimard ; Maya Nahum, une fiction dans la collection « Eclipse » chez Hachette réédité en « Pocket junior » ; Lucien-Guy et Claude-Rose Touati, de nombreux romans pour enfants et adolescents chez Duclos, Ed. du Sorbier, Flammarion, Hachette ou Casterman ; enfin Michèle Madar, plusieurs ouvrages dans la collection « La légende des mondes » chez l’Harmattan.

[20] Poslaniec, Christian (2002), Vous avez dit « littérature » ?, Paris, Hachette éducation ; Poslaniec, Christian (2003), Pratique de la littérature jeunesse à l’école. Comment élaborer des activités concrètes, Paris, Hachette éducation.

[21] « Et bien, en ce qui me concerne, je conchie la littérature française, lisez 90% de leur production. Je conchie Gallimard, je conchie le Seuil, je conchie Grasset », dans « Dazibao… », op.cit.

De fait, l’auteur rejoint ici la critique de l’asymétrie du monde éditorial et de la situation oligopolistique de grandes maisons d’éditions, principalement Gallimard, Grasset et le Seuil. Cette critique, résumée par le mot-valise « Galligrasseuil », vise l’entente supposée du partage du marché éditorial en France et de l’attribution des prix littéraires prestigieux, dont le prix Goncourt.

[22] Entretien personnel avec Gil Ben Aych du 9 juin 2011.

[23] Lettre de soutien de la Ligue des droits de l’Homme, signée par Henri Leclerc, du 20 septembre 1995.

[24] L’Essuie-mains des pieds paru aux Presses d’Aujourd’hui (1981) et Simon jamais publié. Voir : « Dazibao… », op.cit.

[25] Courriel collectif de Gil Ben Aych, daté du 28 août 2011, intitulé « Humble salut aux éditions Gallimard », écrit à l’attention d’Antoine Gallimard.

[26] Menger, Pierre-Michel (2009), Le Travail créateur. S’accomplir dans l’incertain, Paris, Gallimard/Seuil.

[27] Le prix Goncourt décerné en 1987 à Tahar Ben Jalloun, en 1992 à Patrick Chamoiseau, en 1993 à Amin Maalouf ; le prix Renaudot attribué en 1988 à René Depestre ou encore le prix Fémina qui revient en 1982 à Anne Hébert.

[28] Bois, G., Les écrivains dominés du jeu littéraire…, op.cit., p. 12.

[29] Thiesse, Anne-Marie (1991), « Des plaisirs indus. Pratiques populaires de l’écriture et de la lecture », Politix, n°13, p. 57.

[30] Spivak, Gayatri (1987), in Other Worlds. Essays in Cultural Politics, New York, Methuen, p. 205.