Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Ouvrage du CRASC, 2016, p. 33-49, ISBN : 978-9947-598-09-1| Texte intégra


 

Khaldia BELKHEIR-GHARIRI

Introduction

Le présent travail dont le titre est : « corps délictuel mais facteur de promotion » se veut être la démonstration, dans les trois premiers romans de l’écrivaine algérienne M. Mokeddem Les Hommes qui marchent, Le Siècle des Sauterelles et L’interdite, d’une action de dénonciation, utilisée par son personnage féminin, de la condition féminine dans une société patriarcale, qui repose sur l’attitude de favoritisme de certains individus au détriment des autres.

En effet, dans cette société ajustée au goût des hommes, l’écrivaine transpose dans la fiction des situations vécues par de nombreuses femmes, refusant cette tradition misogyne fondée sur l’opposition binaire homme/femme. Elle dévoile certaines pratiques infligées aux femmes, notamment celle de les désapproprier de leur corps, qui seraient restées, longtemps secrètes, sans sa détermination à vouloir rompre, par l’écriture, la loi du silence imposée.

Déterminée à vouloir rompre, par l’écriture, la loi du silence, la romancière dévoile certaines pratiques infligées aux femmes, notamment celles de les désapproprier de leur corps, qui sans son opiniâtreté, seraient restées longtemps secrètes.

Nous interrogerons, dans ce travail, les différentes représentations de la thématique du corps dans les trois romans de Malika Mokeddem.

Nous tenterons de répondre à la question : comment le corps de la femme, tout comme la voix, au lieu d'être agent de protestation et de transformation de sa condition, devient, dès les premiers signes de l'adolescence, un délit qui l’emprisonne et menace sa liberté et dont il faut absolument la dessaisir par le mariage et les maternités ?

A travers les rôles qu’elle attribue à ses personnages, Malika Mokeddem, de par ses origines nomades, revendique ouvertement son appartenance à l’espace du désert avec ses traditions et ses coutumes, mais déplore beaucoup de ses aspects, particulièrement, ceux qui se rapportent à l’attitude discriminatoire des individus dans la société.

La romancière évoque dans ses trois premiers romans : Les Hommes qui marchent[1]Le Siècle des Sauterelles[2]L’Interdite[3], d’aspect autobiographique ; cet espace dans son originalité, loin de tout stéréotype colonial le relie à une temporalité - celle de l’enfance - porteuse de manques et d’absences.

Cette enfance caractérisée par de mauvais souvenirs, cherche la voix / voie à travers les voiles du souvenir pour se dire. En effet, dans chacun de ses romans, son personnage féminin fait un voyage initiatique, en quête d’une enfance perdue, dans ces espaces désertiques, source de son inspiration et d’édification de son identité.

Cependant, exhumer les vieux souvenirs de l’enfance, ne semble être, pour la romancière, qu’un prétexte pour dénoncer la condition féminine dans une société patriarcale, dominée par la gente masculine, dans laquelle les parents, dès la plus tendre enfance, avisent chacun de leur progéniture de son rôle à venir : la procréation pour les femmes et l’instauration des lois, leur observation par tous les membres de la communauté, pour les hommes.

Brandissant la doctrine sociale de la différence entre les sexes pour justifier l’oppression de la femme par l’homme, la venue d’un enfant de sexe féminin dans la famille est un événement regrettable. Dès la naissance, sa destinée de devenir la subordonnée de l’homme est préétablie par la société et par la famille. Le rôle social qu’elle aura à accomplir se réduit aux tâches domestiques, à sa prédisposition à être une bonne épouse, à la production illimitée d'enfants, de préférence de sexe masculin et surtout à étouffer son cri, son caractère et son corps qui, par la conspiration des parents, sera offert au premier venu qui deviendra son époux. Ainsi, à partir de ce préalable[4] lié au contexte de notre corpus, nous formulons quelques questions : quelle est la représentation du corps féminin dans une société dominée par les hommes et fondée sur le sexisme ? Comment le corps féminin devient-il source de conflit et lieu d’un délit ? Quel discours en ressort-il dans la voix de la narratrice pour en faire un lieu de promotion ou de sublimation ? Nous formulons deux axes majeurs pour répondre à notre problématique : le compérage des parents et le corps : facteur de promotion.

D’autres questions peuvent être soulevées : Quelle place occupe le corps dans l’œuvre de Malika Mokeddem ? Comment est- il abordé ? Est-il dissimulé derrière un voile comme l’écriture parce que accablé de préjugés ou évoqué ouvertement ? Est-il considéré comme agent de protestation et de transformation de la condition de la femme ou au contraire, en le tenant secret, il participe au renforcement de son enfermement et de sa domination par la société et les hommes ?

Le compérage des parents

  • a. Le diktat de l’homme /du père

Dans cette société sexiste ancestrale qu’elle décrit, tous les privilèges sont accordés aux hommes notamment, celui de gérer les problèmes de leur clan au sein d’une sorte d’institution qu’ils ont fondée, eux-mêmes, s’appuyant, le plus souvent sur un discours religieux prolixe et oppressif.

Applaudi par toute la communauté, l’ordre moral et social, mis en place et imposé par ce pouvoir masculin leur accorde, d’une manière irréfutable, une place de choix et défavorise leur principal adversaire : la femme.

Ces mesures excessives accordées, indûment, à la descendance masculine l’engagent, au retour, à faire la promesse de se faire valoir par tous les moyens aux yeux des parents et de la société, au préjudice de la femme. Un ancien étudiant, devenu médecin fait une dissection, dans le passage qui suit, Il dit : « Nous sommes les rois, quand il s’agit d’autodestruction et de régression. Et de détestation des femmes ! Oui, avant tout, pour nous empoisonner à la source. Nous n'avons cessé de tuer l'Algérie à petit feu, femme par femme. […]. Nous nous sommes d'abord fourvoyés dans le mensonge et l'imposture »[5].

Pour parvenir à honorer ce contrat, les hommes doivent, d’abord, mettre à exécution la principale prérogative qui est celle de tenir la femme dans l’obscurantisme et l’ignorance car dans pareille société, ils n’ont pas besoin de son ouverture d’esprit : que la femme soit instruite. A quoi cela, les avancerait-il, sinon à la remise en question de leur fausse probité et de leur autorité à l’intérieur de la famille et à l’extérieur ? Autrement dit, « la société se voit confier la tâche de produire des hommes dont la masse musculaire doit se faire aux dépens des neurones »[6], nous dit la narratrice 

Ils se complaisent donc, dans leur ignorance en s’interdisant toute appréciation des compétences provenant du sexe opposé. Ce qui importe pour eux, c’est qu’une femme sache les fonctions pour lesquelles elle est destinée : être une bonne épouse et une procréatrice perpétuelle d’enfants-mâles. Cette réaction est légitimée par la tradition ancestrale qui veut que la femme doit absolument s’inscrire dans la chaîne des autres femmes.

 « Il faut absolument que l’homme soit au - dessus de sa femme pour que le foyer ait un sens. La femme doit admirer son mari, sinon cela ne peut pas marcher ! »[7], répète sans cesse la mère à sa fille.

Cette opposition à l’épanouissement de la femme n’avait d’autre forme que de la désapproprier de toute revendication qu’elle soit par le regard qui doit toujours être décliné, par souci d’humilité et d’obéissance, la parole muette, quoique obtenue au prix d’efforts et de sacrifices, et surtout le corps détenu dans l’état passif, caché, sans existence charnelle.

Après avoir étudié l’œuvre de Malika Mokeddem, il semble que dans le foisonnement de thèmes qu’elle aborde, celui du corps de la femme est problématique. Quant au profit que cette dernière peut pourrait tirer de son corps pour protester contre sa condition d’asservissement, le discours de l’écrivaine est pessimiste. Déjà, aux premiers signes de l’adolescence, il constitue une menace pour elle et entrave ses projets. Il est mis sous séquestre et doit demeurer invisible jusqu’ à la nuit de noces pour céder le droit de le découvrir au premier époux. Elle ne pourra en disposer librement que beaucoup plus tard, à l’âge de la vieillesse.

  • b. Les sommations du père

Rien ne peut destituer un homme de son pouvoir de patriarche et l’obliger à se défaire de l’idée de domination que de mettre son honneur en péril à la suite d’un desserrement de sa vigilance autour des femmes qui risqueraient de lui désobéir[8].

Dans le passage qui suit, un père souffle à un autre un conseil sur le comportement que doit prendre tout homme par rapport aux femmes de son entourage le plus proche telle que la fille ou l’épouse : « veille surtout à bien tenir enfermées tes vipères de femmes afin qu’elles ne te tissent une fourberie qui ferait de toi, à ton insu, une risée qui court aux pieds des murs, une nuque brisée »[9].

Pour ne pas se retrouver dans telle situation, il faut donc: « laminer, d’une façon systématique, les reliefs de son caractère (de la femme qu’elle soit fille ou épouse) revendicateur »[10]. Tant qu’elle est privée de sa voix et de son corps, le règne patriarcal demeure hors de danger.  

Le père peut brandir cet abus de pouvoir contre toute tentative provenant de sa fille. Pour mettre à exécution cette iniquité, il peut la déposséder de tous ses droits, même le plus élémentaire : celui de sortir dans la rue le jour « où sa poitrine tend sa robe et quand ses seins, à peine plus renflés qu’une date, soulèverait davantage son corsage, son père trouverait indécent de continuer à l’exposer aux regards masculins. Son accoutrement masculin cacherait ses formes. Mais en robe»[11], nous dit la narratrice.

C’est à partir de ce moment et à peine la puberté entamée que la fillette ne pourra, en aucun cas, sortir « nue » selon le vocable arabe c'est-à-dire sans se couvrir, entièrement, de la tête jusqu’aux pieds.

Le père de Yasmine, protagoniste du deuxième roman de Malika Mokeddem, fait la remarque suivante à sa fille : « Tu as grandi, les hommes te regardent à présent. En te regardant, nous allons au-devant de tous les dangers »[12].

Donc, dès les premiers signes de l’adolescence, le corps constitue un délit que le père et la société répriment au prix d’« une réclusion ». Elle est alors, claustrée et isolée puisque, potentiellement, toute personne de sexe masculin est forcément un voyeur lubrique.           

Le corps devient alors, source d’emprisonnement et par conséquent menace sa liberté au même titre que les autres opposants.

L’irrespect de cette loi, régie par les hommes, à savoir que le dehors est un espace qui leur est réservé et que les femmes ne peuvent le fouler que cachées sous un voile, est interprétée comme une manière de s’exhiber en public qui pourrait attiser les fantasmes de quelques « mâles libidineux et névrosés »[13].

En s’exposant au voyeurisme masculin, la femme risque indubitablement de subir une agression verbale comme celle dont a été victime le personnage féminin du « Siècle des Sauterelles » : « Dans les rues, les regards des hommes, intrigués, s’attachent à elle. Sifflements, œillades embrasés, louanges et obscénités fusent sur son passage »[14].

Dans Les Hommes qui marchent, la même scène est rapportée par la narratrice où deux sœurs, sorties sans voile, se font agresser par un groupe de jeunes. La narratrice décrit l’animalité de ces hommes « dévastés par leur frustrations sexuelles »[15] et nous apprend comment ces deux jeunes filles avaient échappé, de justesse, au lynchage par cette
« meute de loups »[16], à l’aspect humain :

 « Les hommes se bousculaient sur leur passage avec des rires gras. L’un d’eux fit un croche-pied à Leila qui s’étala à plat ventre sur le macadam, entrainant Bahia (sa sœur) dans sa chute. Leila se releva aussitôt et eut le temps d’apercevoir une tête ricanante à qui le vice donnait un masque de loup. Leila savait qu’elle ne pouvait attendre aucune aide de ces hommes qui se réjouissaient de la scène en espérant sans doute la voir culminer en lynchage »[17].

D’autres femmes, voilées, qui ont assisté à la scène, ne viendront pas les secourir. Au contraire, elles les accablent de diatribes en leur barrant le chemin : « Non ! Vous ne passerez pas. Ils vont vous suivre. Restez où vous êtes. Par-là, il n’y a que des femmes respectables et respectant leurs traditions. On n’a pas idée, deux grandes filles comme vous, sans voile ! »[18].

Les mêmes regards, que la petite sœur de Samia dénonce, dans « L’Interdite » pèsent sur cette dernière en la voyant marcher dans la rue, seule et sans voile : « Les gens regardent pas. Ils zyeutent. Ils ont leurs yeux collés sur ta peau, collés sur toi jusqu’au sang, comme des sangsues, comme des sauterelles, partout sur toi, même sous tes habits et même, ça fait des boules dans la poitrine. Ça fait tromper les pieds pour te faire tomber. Elle (Samia) dit que tout l’enfer dans la pupille. Elle dit qu’à cause de cet enfer, les yeux sont brûlants et brûlés. Ils ne peuvent pas regarder. Ils peuvent que zyeuter. Il faut qu’ils touchent, qu’ils palpent, qu’ils pincent les choses comme des aveugles font avec leurs mains, juste pour savoir ce que c’est »[19].

La narratrice appuie ces constatations par la description détaillée que fait Sutana, son porte-parole, une fois revenue dans son village natal, des tirades d’autrefois, accompagnées de gestes on ne peut plus suggestifs des enfants qui viennent s’agglutiner autour de son taxi. Elle se remémore et catalogue une cascade de désagréments :

« Je n’ai pas oublié que les garçons de mon pays avaient une enfance malade, gangrenée. Je n’ai pas oublié leurs voix claires qui ne teintent que d’obscénités. Je n’ai pas oublié que, dès leur jeune âge, l’autre sexe est déjà un fantôme dans leurs envies, une menace confuse.

Je n’ai pas oublié leurs yeux séraphiques, quand leur bouche en cœur les pires insanités. Je n’ai pas oublié qu’ils rouent de coups les chiens, qu’ils jettent la pierre à l’injure aux filles et aux femmes qui passent. Je n’ai pas oublié qu’ils agressent faute d’avoir appris la caresse, fût-elle celle du regard, faute d’avoir appris à aimer. Je n’ai pas oublié. Mais la mémoire ne prémunit jamais contre rien »[20].

Toutes ces scènes d’agression verbale ou corporelle sont révélatrices de la situation de la femme qui ose amorcer un changement dans la conception de sa vie loin du groupe et faire prévaloir sa liberté personnelle en bravant le premier interdit qui est celui de l’occupation du territoire réservé à l’homme : la rue.

Pour ne pas avoir à subir la perversité d’une rue « qui inflige son masculin pluriel et son apartheid féminin »[21], où n’importe quelle personne de sexe féminin qui s’aventure à sortir dans la rue sans avoir dissimulé l’aspect extérieur de son corps risque d’être prise d’assaut par les enfants et les hommes, le père suggère à sa fille de s’habiller en homme : « Dorénavant, tu devrais rester toujours vêtue en garçon. Je serais plus tranquille. As-tu remarqué qu’avec ta djellaba, les hommes ne te prêtent aucune attention ? »[22].

Tenaillée, le personnage féminin de Malika Mokeddem est poursuivie, hantée, suppliciée, tourmentée, obsédée par la peur de se voir interdire l’espace du dehors par le père ; le personnage féminin de Malika Mokeddem se préserve contre cette perspective en acceptant la reconversion de son identité première par sa dissimulation sous un habit masculin.

Cet éclatement identitaire va lui permettre, d’abord, d’éviter d’être victime de sentences inclémentes du père et de la société, ensuite, d’acquérir plus d’assurance et de sécurité au dehors et enfin et surtout de reprendre sa place en tant que membre de la communauté à défaut de sa reconnaissance en tant que femme.

Dans ce contexte de défectuosité précoce des rapports homme / femme, l’écrivaine prend sa revanche en mettant en scène, dans son œuvre, le trajet de vie de son personnage féminin – son trajet – en l’interrogeant aux différents âges. En effet, le lecteur est invité à découvrir la traversée existentielle d’une enfant devenue adolescente puis femme.

Cependant, nous nous interrogeons sur cette manière d’écrire de la romancière qui est d’éviter de s’impliquer par l’autobiographie qui reste une démarche univoque – mais d’exprimer sa vision du monde intériorisée par les rôles qu’elle attribue à ses personnages dans la fiction : le « je » des protagonistes est à la fois celui de l’enfant et de l’adulte. Ils se fondent l’un dans l’autre pour n’en désigner qu’un seul être.

Dominique Maingueneau nous apprend sur cette manière d’écrire que : « Ce concept permet d’envisager le procès d’énonciation du point de vue de l’attitude face à son énoncé : si cette distance tend vers zéro, le sujet prend totalement en charge l’énoncé, le « je » de l’énoncé et le « je » de l’énonciation s’identifient parfaitement »[23].

D’autres critiques littéraires comme Charles Bonn, Dominique Maingueneau, Mikhaïl Bakhtine et bien d’autres ont déjà mis l’accent sur cette sorte d’autobiographie : ce n’est pas une autobiographie mais une sorte d’autobiographie dissimulée derrière une multiplication de « je » que nous trouvons chez beaucoup de femmes écrivaines maghrébines de crainte d’étaler leur vie privée. Le « je » est celui du personnage principal et non de l’auteure « dissimulée derrière une multiplication de « je» que nous trouvons chez les écrivaines maghrébines.

Charles Bonn la justifie comme suit: « L’hésitation entre le roman ou le journal ou l’autobiographie peut être lue comme une manifestation d’un scandale dans la civilisation arabe que constituent, à la fois le genre romanesque et le dévoilement de l’intimité de la personne »[24].

Etant donné que le fait d’écrire pour une femme est synonyme de transgression des lois imposées par la communauté, celui de raconter directement sa vie serait « se mettre à nue » en public.

Ainsi, nous sommes en mesure de dire que la narratrice aurait opté pour la manière la plus aisée de se dire - la démultiplication du « je » - sans se soumettre à un genre bien déterminé, en l’occurrence, l’autobiographie qui semble être un déploiement ostentatoire de sa vie privée au même titre que le fait de faire étalage de son corps dévêtu publiquement par crainte de s’exhiber doublement : une fois par l’écriture et une autre fois, en racontant ouvertement sa vie privée.

La complicité des femmes/ la mère

  • a. L’enseignement de faux devoirs

Ce genre d’endoctrinement qui reconnaît à l’homme son pouvoir absolu, et fait de lui un moralisateur dont la principale fonction est de réprimander les femmes et de leur apprendre à le vénérer, commence déjà dès la naissance. Alors que la venue au monde d’un garçon, exprime pour les parents le parfait bonheur, ils ne manifesteront aucune joie pour la naissance d’une fille qui peut être accablée, injustement, de toutes les infortunes surtout si elle n’est pas suivie d’une descendance masculine.

C’est la communauté de femmes qui vient au secours de la mère pour la consoler de la déception d’avoir déjouer l’attente de la famille et surtout celle du père en mettant au monde une fille. Cela aurait pu lui coûter d’être reléguée en deuxième position après la désignation d’une nouvelle épouse ou la répudiation.

Cet entourage féminin a pour tâche de consolider le sort commun à toutes les femmes auquel cette nouvelle venue est vouée plus tard: celui de « rapidement devenir une petite femme… »[25].

 « Devenir une petite femme » signifie, pour la narratrice que la mère doit apprendre à sa fille à se résigner et accepter : « un cortège de mots ronflants : H’chouma, honte, déshonneur, péché… »[26], « faire en sorte que sa conduite soit irréprochable, qu’elle ne sorte jamais sans voile et sans la compagnie de ses frères. Et qu’elle tienne la maison de ses parents dans une propreté à faire pâlir de jalousie les mères »[27].

Dans Le Siècle des Sauterelles, Yasmine, après avoir perdu sa mère, est confiée par son père à une vieille femme. Celle-ci décide de lui enseigner ce qu’est une femme. Dans le passage ci-dessous, la narratrice nous tient au courant des instructions qu’elle doit prodiguer à la fillette afin de faire d’elle, au moment venu, une bonne épouse :

« Moi, je serais heureuse d’aider Yasmine. Cette fille est déjà femme ! Une femme qui, cependant ignore tout du comportement féminin. Il lui faut vivre avec d’autres femmes, avec des enfants. Comment veux-tu qu’elle puisse s’adapter à une famille, être une bonne épouse, une mère accomplie ? Ecoute mon conseil, tu es en train d’en faire une femme qui ne conviendra à personne et peut-être même pas à elle-même ! S’il n’est pas déjà trop tard »[28].

Face à cet excès dans la manière de penser et de faire des femmes en général et des mères, en particulier, les adolescentes n’ont aucune chance de s’élever contre le sort qui leur est réservé. La preuve est qu’elles ne protestent même pas contre l’interruption, très tôt, de leurs études pour un apprentissage plus sérieux, « qui est celui de les préparer aux rôles d’épouses et de mères qu’elles deviendraient bientôt »[29].

Généralement, de connivence avec le père, la mère à laquelle incombe le devoir de faire respecter l’ordre, apprend aux membres de sa famille, leurs droits et leurs devoirs : l’obéissance et la soumission, pour les filles, celui du despotisme et du machisme pour les garçons.

Par ailleurs, il faut noter que la fille, personne non-souhaitée dans la famille, constitue, dès sa venue au monde, un danger et un gros souci pour la mère. Très tôt, Dalila, personnage du troisième roman de Malika Mokeddem, a déjà pris conscience de la situation indésirable de la femme. Elle raconte à Sultana : « Elle (son institutrice) dit que je suis déjà son souci (la mère) parce que je suis une fille. Elle dit nous, les filles, on est que des soucis défoncés de soucis. C’est pas très rigolo. Non c’est pas rigolo d’être une fille »[30].

Par ailleurs, la narratrice dénonce cette société où les hommes n’ont droit qu’aux manifestations de leur suprématie et de leur masculinité en dissimulant toute manifestation de souffrance, surtout si, l’amour d’une femme en est la cause, sans quoi, leur comportement serait vite taxé de sentimental, la juste distance dans la relation que peut avoir un homme vis-à-vis de sa femme est que l’accréditation de cette dernière, en tant que telle, est déterminée par les naissances masculines, qui pourraient lui faire acquérir une existence et de l’ autorité au sein de son foyer : « Yamina (la mère) s’était mise à exister grâce à son ventre. C’est grâce à lui aussi qu’elle avait parfois droit au chapitre de la protestation »[31].

 Sans cela, elle risquerait d’être reléguée au dernier rang après plusieurs épouses ou la répudiation.

Dans cette société (ancestrale, patriarcale, dans laquelle vit le personnage) où, l’amour est traqué jusque dans les mots qui sont détournés de leur sens pour mieux l’annihiler, une femme sans homme, non – mariée, qu’elle soit célibataire, divorcée ou même veuve, n’a pas de place dans la société. Il faut la marier avant que ne soit bafoué le prétendu honneur de la famille et de la tribu, qui pourrait entrainer une suite de vengeance de part et d’autre des deux familles pour « laver » cette honte.

La mère, par manque d’expérience et de savoir, explique à sa fille que tout ce qui pourrait lui arriver de regrettable, est une fatalité mais qu’elle pourrait éviter cette prédestination au malheur si elle livrait son corps à certaines pratiques païennes qui lui porteraient bonheur le soir de son mariage et la vie entière.

Ces croyances mises en pratique sur le corps de la femme commandent les lois de la stérilité, de la fécondité et de la chasteté des femmes.

Leur pouvoir confisqué, d’ailleurs, par les hommes, les superstitions deviennent des lieux où s’exerce tout le savoir-faire des femmes pour tenir sous leur autorité d’autres femmes. La narratrice en témoigne :

 « Une fille ne passe pas une journée et une nuit dehors ! On appellerait immédiatement une matrone du voisinage pour vérifier si elle était toujours. vierge.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         […]. Les femmes se chargeaient elles-mêmes de colporter nombre de ces drames pour terroriser les petites filles. Gare à celles qui fautaient ! »[32].

En plus de cette mise en garde que toutes les jeunes filles doivent observer, s’ajoute le rituel de « nouer les filles » pour les garder vierges, jusqu’à la nuit de noces.

La narratrice raconte comment, petite fille, prise au dépourvu par sa mère et sa tante, elle a été victime de cette pratique :

« Ma fille, attaqua Meryeme, il faut que je vérifie que tu es bien vierge et que je te noue. C’est dans ton intérêt.

- Que tu me noue ?

 - Oui, comme ça, personne ne pourra te prendre ta vertu. Nous ne te délierons que pour ton mariage.

Leïla protesta. Braqués sur elle, deux paires d'yeux suspicieux la vrillaient tandis que deux paires de mains se saisissaient d'elle. Leïla se débattit. Vaine résistance.

Déjà on lui arrachait ses vêtements et écartait ses cuisses. Vérification faite, Yamina la redressa et la tint dans sa poigne pendant que Meryeme exécutait mille simagrées destinées à lui conserver « sa vertu ». Dans son entrejambe, elle verrouilla un petit cadenas, noua plusieurs fois une ceinture en laine en marmonnant des paroles de conjuration.

Rappelle-toi, que pour toi c'est le rouge. Le vert ce sera pour ta sœur, Bahia. Que je ne me trompe pas de couleur, le moment venu, lui dit sa mère en la libérant »[33].

Considérant cette pratique comme une sorte d’offense à sa personne, la narratrice nous dit : « Leila en sortit tremblante de rage. En cet instant, la haine que lui inspiraient les deux femmes était plus forte que tout autre sentiment, même l’humiliation »[34].

Dans le troisième roman, une petite fille est obsédée par l’idée de perdre sa virginité du fait des incantations et des malédictions de sa marâtre. Venue consulter Sultana dans son cabinet de médecin, elle lui fait part de sa peur :

« - Je crois que mon visage a jauni.

-Ton visage a jauni ? Tu n’es pas jaune. Tu as un beau teint bronzé, normal.

-Non, non proteste-t-elle faiblement, c’est parce que ma marâtre me dit toujours : « Que Dieu te jaunisse le visage ! » c’est à dire qu’il m’enlève ma dignité.

-Tu veux dire ta virginité ?

-Oui. Elle me le souhaite si souvent, si souvent, que j’ai peur de l’avoir perdue, ma dignité, et que tous les gens du village, ils le voient sur mon visage qui jaunit »[35].

Ces pratiques sont présentées par une narratrice, médusée, d’une manière cynique, si ce n’est choquante et même ironique.

Cette coutume irréligieuse est renforcée par un autre phénomène : c’est celui de croire aux superstitions comme celle du gris-gris destiné à maintenir la virginité des filles jusqu’à leurs noces ou celle des femmes qui désirent ne plus enfanter ou encore celle de l’autre rite qui veut que les adolescentes revêtissent le jupon de la mariée, maculé du sang de sa virginité, symbole de pureté.  

Selon les prédictions de leurs aînées, ces croyances, constituées de spéculations abstraites, porteraient bonheur aux jeunes filles et elles seraient vierges elles-aussi, le soir de leur mariage.

Ces faux devoirs inculqués aux adolescentes par la tradition, ne sont qu’un prétexte de domination des femmes. En effet les mères, par cette confiscation du corps de leur fille, perpétuent, sans le savoir, la domination de la femme et l’incitent à se détourner, davantage, de son corps.

Dans le passage qui suit, la narratrice dénonce le comportement de ces mères en disant : 

 « A force d’observer leur monstruosité (celle des mères), leur perversion, d’essayer de comprendre leurs motivations, je m’étais forgé une conviction : ce sont les perfidies des mères, leur misogynie, leur masochisme qui forment les hommes à ce rôle de fils cruels et les filles à la passivité »[36]

Les parents, et la société, par leur tentative de confiscation du savoir-faire de leur fille vont lui faire prendre conscience d’un état d’invalidité, éprouvant, toujours, le besoin d’être assistée et protégée. Façonnée, donc, dès l’enfance à étouffer son caractère et son corps pour se plier à celui du premier venu que le hasard ou la conspiration des parents lui choisiront pour époux, elle doit assumer le choix, imposé, d’un homme qui pourrait avoir l’âge de son père et trôner un harem piaillant d’enfants et plusieurs épouses.

A ce propos, nous nous proposons d’apporter, dans son intégralité, la scène des épousailles de la fillette, Aicha, que la narratrice décrit, dans le deuxième roman. Une représentation chargée de sensibilité qui touchent, émotionnellement et humainement, le lecteur par les détails qu’elle donne sur cette réalité spécifique mais très significative du dépouillement de la femme de son corps.

 « Un matin, les femmes se sont emparées de son corps encore impubère. Messouak, khôl et henné. Une robe de pourpre, deux fois teinte, rehausse sa peau ambrée. Les lourds bijoux de corail et d'argent finissent sa toilette de poupée. Les pinces impitoyables de leurs mains, la répétition de leurs menaces réussissent, ce jour, à museler son rire. Brutalement, elles abaissent encore ses paupières sur ses yeux ravis. Elles sont les premières à aveugler sa joie impudique. Petite nymphe juchée sur un palanquin en partance, elles ont encore voilé son visage pour cacher son irrépressible sourire. L'amble lent et languide d'un chameau a emporté, Aïcha, des youyous aux ailes mouillées de peine lui ont fait cortège, longtemps.

Aïcha s'est éteinte (au bout de deux mois) pour narguer le drame d'un avenir exsangue, blindé de violences et d'interdits… »[37].

Munie du pouvoir d’ubiquité, la narratrice, terrifiée, continue à décrire, dans une sorte de fusion avec son personnage, d’autres aspects plus ahurissants qui se rapportent à la cérémonie du mariage de la fillette :

« […] on emmena la mariée vers la demeure de sa belle-famille à grands renforts de youyous et de klaxons. On finit par la déposer dans un coin de la chambre nuptiale […]. Quand toutes les femmes conviées l'eurent admirée, jugée et jaugée, avec des mines conspiratrices, les plus âgées repoussèrent tout le monde hors de la pièce.

Aussitôt, on y précipita le mari. A la vue du jupon ensanglanté, les visages se détendirent et sourirent. Déjà les mains se disputaient, en exhibant les taches de sang. Terrifiée, Leila recula au fond de la cour. Debout contre le mur, elle observait la bestialité qui s’était emparée des femmes. Leurs youyous vampires volaient bas, l’aile poisseuse et le son rouillé »[38].

 Cette posture adoptée par la narratrice, petite fille, qui trace des méandres de cette cérémonie, d’un point de vue extradiégétique ne fait que renforcer la dénonciation de la condition des femmes.

  • b. Le corps : facteur de promotion

Nous constatons, chez Malika Mokeddem, une prolifération d’espaces, diversifiés, morcelés et de natures différentes comme celui du travestissement par l’habit masculin, de l’anorexie, du mutisme utilisés comme moyens de protestation contre l’ordre établi par les parents et la société, celui de la mobilité spatiale ou géographique, et d’autres qui sont en relation avec sa culture d’origine comme l’espace de la Hadra[39] ou celui du hammam.

Ces derniers sont des espaces du dedans, privés car occupés et réservés seulement aux femmes. Cependant, le hammam, espace purement féminin, est détourné de sa première fonction qui est celle d’un lieu où les femmes se lavent le corps pour devenir un espace d’exposition de jeunes filles à marier en plus de celui de déversements de médisances et de dévoilement des secrets.

  • c. Une fausse sublimation du corps

Dans une sorte de vente aux enchères, les femmes âgées viennent juger, jauger les nubiles, à la recherche d’une épouse pour leur fils. Dans ce lieu, les femmes n’existent que par rapport à leur corps. Elles sont perçues dans leur dimension qui renvoie à l’idée de marchandise, plus encore : à celle de bête de somme.

Après avoir tramé longtemps en vue de trouver une épouse pour son fils, c’est dans ce lieu, nous dit la narratrice, que la grand-mère Zohra a jeté son dévolu sur une adolescente après avoir procédé à une sélection rigoureuse parmi toutes les adolescentes du village et après avoir :
« observer la longue chevelure, le galbe de la hanche, le sein prometteur …au bain »[40].

 Elle fait part de son choix à la propriétaire du bain et lui confie :

« Le seul reproche que pourrait lui faire certains, c’est qu’elle est très mince, presque maigre. Notre bien, chez nous, les femmes n’ont jamais été blanches et grasses mais fines et bien brunes. Elle s’élargira avec les grossesses. D’ailleurs, il paraît que les jeunes hommes les préfèrent minces maintenant »[41].

Sans même demander l’avis du concerné, elle se dit : « Je crois que j’ai trouvé une fille qui conviendra à Khellil (le fils). Il me reste à le convaincre de le marier »[42].

Venue lui annoncer la nouvelle, voici comment, en signe de résignation, celui-ci réagit à la décision prise par sa mère en cédant à ses instances : « Fais comme tu veux, oummi, (ma mère) je m’en remets à toi »[43].   

Évidemment, les critères de sélection doivent convenir d’abord à la mère : « bien brune, elle a une conduite irréprochable. On dit qu’elle ne sort jamais sans voile et sans la compagnie de ses frères. Et qu’elle tient la maison de ses parents dans une propreté à faire pâlir de jalousie les mères »[44].

En accompagnant sa grand-mère, Leila, protagoniste du premier roman « se doutait bien de ce que son aïeule tramait. Elle qui l’accompagnait toujours au hammam avait remarqué de quelle façon ses yeux fouillaient l’atmosphère brumeuse, détaillant les corps affairés à leur toilette »[45].

Cependant, l’accent est mis davantage, dans cette description sur les corps déformés des femmes plus que sur ceux des jeunes filles. Nous nous sommes posé la question sur la distinction de cette catégorie de femmes dont le corps est altéré, disproportionné : n’a-t-il pas subi, lui aussi, au même titre que leur esprit le poids de leur vécu quotidien ? Leur corps, aurait-il été autrement, peut-être, plus beau et plus harmonieux, s’il n’avait pas été soumis et enfermé ? Est-ce la conséquence - inévitable - de la servitude des femmes ?

Nous avons montré, après cette investigation, comment le personnage féminin de Malika Mokeddem se heurte à une kyrielle de malheurs dont l’objectif est la privation de son identité en tant que femme. A peine sortie de l’enfance, qu’une série de formes d’aliénation, de frustrations, voire de bannissement progressif de son identité féminine se présentent à elle.

C’est la raison pour laquelle l’héroïne, dont le cheminement de vie fait écho avec celui de la romancière, va défier la famille puis la société en s’enhardissant à rompre les chaînes de cette tradition. Elle livrera un combat acharné pour s’octroyer une distinction honorifique, transgressant, ainsi, toutes les lois sur lesquelles, depuis longtemps, repose une société ancestrale.

Vu le supplice enduré par les femmes, elle va s’imposer, par la bouche de Sultana, dans le troisième roman, un autre exil par la promesse qu’elle s’est faite : celle de ne jamais être mère: « Je n’en (les enfants) aurai pas. C’est ma seule certitude »[46].

Conclusion

Empruntant la voie de la fiction, la romancière dit l’angoisse existentielle de l’individu féminin et tous les espaces qui lui sont interdits. Face à cette situation d’aliénation systématisée, au dedans de la famille comme au dehors, dans la rue, à l’école…, la protagoniste des romans de Malika Mokeddem, réussira t- elle à établir des rapports d’affinités entre les individus de la société sans être la cible de discrimination ni de persécution fondées sur la différence des sexes ?

Le parti pris de la narratrice vis-à-vis de son objet d’écriture qu’est la femme, est aujourd’hui attestée par son implication directe dans ses écrits. Passant de l’histoire collective à l’histoire personnelle, nous assistons, aujourd’hui, à un autre genre de littérature « intimiste » où la narratrice dévoile une partie de son intimité en faisant partager avec le lecteur les secrets de sa vie, de ses angoisses, de ses pensées, de ses joies, de ses douleurs… et de ses révoltes. Par ces aveux francs, parviendra t- elle à changer les mentalités quant’ aux droits naturels de la femme, entre autres, celui de disposer librement de son corps? Ou bien allons-nous vers une écriture de plus en plus sexiste ou se dispense un affrontement entre sexes ? M. Mokeddem persistera-elle dans la reproduction de stéréotypes autour de la condition féminine dans son discours ?

Bibliographie

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—————————(1992), Le Siècle des Sauterelles, Paris, Ramsey.

————————— (1990), Les Hommes qui marchent, Paris, Ramsey.

 Notes

[1] Mokeddem, M. (1990), Les Hommes qui marchent, Paris, Ramsey.

[2] Mokeddem, M. (1992), Le Siècle des Sauterelles, Paris, Ramsey.

[3] Mokeddem, M. (1993), L’Interdite, Paris, Grasset et Fasquelle.

[4] Celui de la différence entre les sexes, de la destinée de la femme qui est préétablie à être la subordonnée de l’homme.

[5] Mokeddem, M. (1993), op.cit., p. 51-52.

[6] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 312.

[7] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 319.

[8] Cette idée est de moi, membre de cette société gérée par des traditions et des coutumes, par une culture. C’est ce que nous avons toujours su.

[9] Mokeddem, M. (1992), op.cit., p. 213.

[10] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 144.

[11] Ibid., p. 168.

[12] Mokeddem, M. (1992), op.cit., p. 166.

[13] Chaulet-Achour, C. (2007), Malika Mokeddem, Métissages, Blida, éd. du Tell, p. 119.

[14] Mokeddem, M. (1992), op.cit., p. 264.

[15] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 289.

[16] Ibid., p. 288.

[17] Ibid., p. 288-289.

[18] Ibid., p. 286-287.

[19] Mokeddem, M. (1993), op.cit., p. 99.

[20] Ibid., p. 15.

[21] Ibidem.

[22] Mokeddem, M. (1992), op.cit., p. 166.

[23] Maingueneau, D. (1976), Initiation aux méthodes de l’analyse du discours- problèmes et perspectives, Paris, éd. Hachette, p. 119.

[24] Bonn, C. (1985), Le roman algérien de langue française, vers un espace de communication décolonisé, Paris, éd. l’Harmattan, p. 176.

[25] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 73.

[26] Ibid., p. 264.

[27] Ibid., p. 215.

[28] Mokeddem, M. (1992), op.cit., p. 179.

[29] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 189.

[30] Mokeddem, M. (1993), op.cit., p. 97.

[31] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 116.

[32] Ibid., p. 50.

[33] Ibid., p. 241.

[34] Ibidem.

[35] Mokeddem, M. (1993), op.cit., p. 125.

[36] Mokeddem, M. (2005), Mes hommes, Paris, Grasset, p. 11.

[37] Mokeddem, M. (1992), op.cit., p. 254.

[38] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 238-240.

[39] Les hadras sont des réunions de femmes autour de la célébration d’Allah et de son prophète.

[40] Mokeddem, M. (1990), op.cit., p. 216.

[41] Ibid., p. 217.

[42] Ibid., p. 216

[43] Ibid., p. 217

[44] Ibid., p. 215.

[45] Ibid., p. 216-217.

[46] Mokeddem, M. (1993), op.cit., p. 96.