Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Ouvrage du CRASC, 2013, p. 25-45, ISBN : 978-9961-813-54-6 | Texte intégral


Mohand Akli HADDADOU

En 1956, J.G. Février publiait un article au titre significatif : ‘’Que savons-nous du libyque ? ‘’. Dans l’état des connaissances d’alors, l’auteur notait qu’on connaissait ‘’à peu près’’ l’alphabet qui a servi à écrire cette langue, on est parvenu à déchiffrer quelques inscriptions bilingues, on a allongé la liste des noms propres libyques, auxquels se mêlent parfois des noms d’origine punique et, dans une moindre mesure, latine, enfin on a pu dégager des éléments de vocabulaire libyque, mais selon Février, ‘’ le butin est maigre’’.  En fait, Février, comme les auteurs qui lui ont succédé n’enrichiront guère le butin. C’est à grand peine que l’on parvient à extraire, des documents, une vingtaine de mots présentant des pendants berbères modernes :

Les inscriptions libyques

Même si les inscriptions libyques sont plus nombreuses dans certaines zones que dans d’autres, elles sont attestées, ainsi que le montrent les découvertes effectuées depuis plus d’un siècle, dans toutes les régions du Maghreb et du Sahara et on les retrouve jusqu’aux îles Canaries. C’est dire que cette écriture était très répandu, et les variantes qu’on a pu relever ne remettent pas en cause son unité de base.

La datation du libyque a été revue ces dernières années : de la chronologie jusque là admise – 3ème / 2ème siècles avant J.C,  on est remonté au 6ème siècle avant J.C. En 1966 déjà, l’Américain E.L Smith datait l’apparition du libyque de la fin de la période cabaline, expression par laquelle on désigne le groupe des œuvres rupestres du Sahara où le cheval apparaît à l’état domestique, ce qui correspond aux derniers siècles avant l’ère chrétienne. Il n’est pas exclu que l’affinement des méthodes de datation et de nouvelles découvertes repoussent  encore plus loin ces estimations.

Une autre remise en cause concerne l’origine de l’écriture libyque. Dans le cadre de cet article, contentons-nous de signaler ici que l’origine phénicienne est aujourd’hui largement contestée : même s’il est en contact avec le phénicien ou d’autres écritures méditerranéennes anciennes, le libyque semble l’héritier des écritures archaïques du Maghreb et du Sahara, antérieurs de plusieurs siècles à la venue des Phéniciens. Signalons aussi que si, il y a quelques décennies, on a pu douter, à cause de l’échec du déchiffrement des textes libyques, de l’affiliation du libyque au berbère, ce n’est plus le cas aujourd’hui où on peut expliquer plusieurs mots figurant dans les inscriptions par des mots berbères actuels

On trouvera, dans le glossaire de mots libyques figurant à la fin de ce chapitre, les principaux termes relevés dans les inscriptions.

Le vocabulaire libyque attesté en berbère

J.G Fevrier (1956, p. 263-273) et K..J Prasse (1972, p.158-161) ont recensé, à partir des recueils d’inscriptions libyques, des éléments de vocabulaire. Voici les termes qui présentent des équivalents en berbère moderne (lexèmes et morphèmes).

- w, u  « fils » (Février et Prasse), en berbère moderne : u, w, K., To, Chl  etc.

- ult, wlt « fille » (Février, Prasse), en berbère : To, ult « fille », K., Cha, MC etc, en  composition, welt-ma « ma sœur, lit. « fille de ma mère »

- mt « mère » (Février), en berbère To, ma « ma mère »

- gld « roi, chef » (Février, Prasse), en berbère : agellid « roi, chef », K., MC, Chl etc.

- zlh « fer » (Février, Prasse), en berbère, To,  tazuli « fer », K. MC, Chl etc. uzzal

- cqrh « bois » (Prasse), en berbère : K. as$ar « bois »

- mnhdh « chef suprême » (Février), en berbère : To, amenukal « chef suprême »

- skn « construire » (Prasse), en berbère : Ghd., esku « construire », To, esku « mettre dans la tombe », k. aekka « tombe »

- mskw  « architecte » (Prasse), nom d’agent de skn / skw (ms-, préfixe formateur de noms d’agent)

- ysh « il arriva » (Prasse), berbère : yusa(d) « il arriva »

- gldmsk  « chef de cinquante (maçons ?) (Février, Prasse), composé de gld et mskw

- d « et, avec » (Février, Prasse), en berbère : d, ed « et, avec »

- n « de » (Prasse), en berbère n « de »

- t- indice du féminin (Février, Prasse), même valeur en berbère

- s, troisième personne du singulier (Février), même valeur en berbère

- s « lorsque » (Prasse), en berbère : To, es « lorsque »

- n, marque qu pluriel en finale et complément déterminatif (Prasse), même valeur en berbère

- s « son » (Prasse), même valeur en berbère

On peut ajouter, aux mots que Prasse considère comme n’ayant pas de pendants berbères :

- tnyn « ils surveillaient »

- dtny « il surveilla »,

En isolant un verbe ny (t-n  et dt étant sans doute des marques personnelles) on peut rapprocher ces mots du verbe ny, attesté dans un grand nombre de dialectes actuels avec le sens de « voir, regarder, observer, surveiller ».

A l’inverse, le rapprochement mnkd / amenukal, fait par Février (qui reprend une hypothèse de L. Della Vida, 1935) a été contesté  par O. Rossler, 1964, Garbini, 1968, L.Galand, 1966 et S.Chaker, 1987). Ce dernier auteur qui considère que les deux mots sont étrangers l’un à l’autre, propose de rapprocher mnkd  de la racine nkd, attestée en touareg, nked « aller au, devant de », amankad « personne qui va au-devant de » (S. Chaker, 1986-1996).

Le même auteur explique par le berbère actuel d’autres titres et fonctions libyques :

- mwsn, que l’on traduit, par analogie avec la version punique « chef de cent » mais qui ne contient pas le nombre berbère cent. Le mot, selon S. Chaker, pourrait provenir d’une racine WSN, attestée en berbère moderne sous les formes issin, ssen « savoir », le titre signifierait alors « sage, homme expérimenté » (opus cité, p. 175)

- gb, rapproché du verbe touareg age, avec chute du b radical, faible en finale, « garder, surveiller, défendre » (p. 178)

- mskr, analysé comme ethnonyme par G. Camps[1] est rapproché de la racine berbère SKR « faire, être fait, être bien fait » et traduit par « celui qui fait, homme convenable, homme de bien »[2] est revenu  sur l’étymologie de mskr et confirme qu’il s’agit bien d’un etnonyme.)

- mswh, rapporté à une racine WH (la forme du titre étant celle du factitif, swh) et rapproché des verbes awɣ, aweɣ « prendre » et awɣ, eweɣ « empêcher de passer, retenir », le titre étant traduit par « garde, gardien ».

 L’onomastique

Les noms propres libyques, qu’il s’agisse des noms de personne (anthroponymes, ethnonymes) ou des noms de lieu (toponymes) abondent dans les inscriptions et dans les ouvrages des auteurs grecs et latins de l’antiquité.

Si les toponymes fournissent des points de repère pour localiser des lieux et les mémoriser, les noms de personnes permettent d’identifier les individus et de les distinguer les uns des autres. Les noms de lieu comme les noms de personne consignent ainsi, dans un vocabulaire spécial, les caractéristiques que l’on attribue aux lieux ou aux personnes : la forme géographique, la végétation, la faune, la couleur pour le lieu, les marques distinctives, connotations morales, religieuses ou esthétiques pour les noms propres.

En 2000 ou 2500 ans, les systèmes de référence des Berbères ont dû changer, au gré des croyances, des religions et des systèmes politiques et sociaux, mais un grand nombre de dénominations sont restées inchangées. Que l’on pense à certains noms de lieu comme Tipaza, Thala, Thabraca ou à des noms de personnes comme MSTN, BGY, attestés aujourd’hui encore sous des formes à peine modifiées : Tipaza, Tala, Tabarca, Amastan, Abeggi …

Même quand les noms antiques n’ont pas d’équivalents en berbère moderne et qu’on ne peut donner leur sens, on peut encore les distinguer des noms latins ou puniques, par une série de marques que l’on trouve dans les dénominations actuelles.

Pour les toponymes

  • Emploi du préfixe d’état des noms masculins, a: Azimacium, évêché numide, Abigas, actuel Oued Baghaï etc. Toponymes modernes : Abizar, Agni…
  • Emploi de la marque du féminin : t- , parfois th, pour transcrire peut-être un t spirant :  Thamalla, actuel Aîn Toumella (Algérie), Thabraca, actuel Tabarca (Tunisie)…

-emploi de la marque du féminin pluriel, thi, tu : Thimisua, Tuzuma (évêchés numides) Toponymie moderne : Tlemcen < Tilimsan.. emploi de certaines particules comme ur / wr / war qui marque la négation. Par exemple : Bararus, actuel Rougga[3].

Pour l’anthroponymie 

  • Emploi du modèle : indice de personne + verbe : Ybdd < y-ebded « il est debout », Yrn < y-erna « il a vaincu », à moins qu’il ne s’agisse des formes optatives des même verbes : yabded « qu’il soit, qu’il reste debout !», yarna « qu’il vaincque ! », forme attestée actuellement dans le prénom kabyle bien connu Yidir, à lire (ad) yidir « qu’il vive ! »

-  Emploi du modèle verbe + affixe de personne : Yrntn < yerna-ten « il les a vaincus », Jugurtha < yugar-ten « il les a surpassés, il les a terrassés », nom moderne : touareg Sallentet < sallen-tet « ils ont entendu parler d’elle, elle est renommée ».

- Emploi du suffixe (a-)n : les stèles libyques comportent de nombreux noms avec cette terminaison,  c’est le cas également des ouvrages latins, notamment la Johanide de Corippe qui cite, sans les latiniser, plusieurs noms libyques : Audiliman, Carcasan, Guenfan, Imastan etc. On peut reconnaître dans cette marque le suffixe –an  formateur d’adjectifs, si vivants dans des dialectes comme le kabyle ou les parlers du Maroc Central : aberkan « noir », azuran « épais », et dans l’anthroponymie : Ameyan, Ameq°ran etc.

- Emploi du préfixe -ms, parfois identifié au touareg mas « maître, seigneur » (mais sans doute, en tout cas dans un certain nombre de cas, affixe de nom d’agent, largement attesté en berbère moderne : To : amesgeres « homme  des Kel Geres, K. amesbrid « voyageur » etc.

L’analogie des noms et des procédés de formation des noms libyques avec les noms et les procédés actuels montre, non seulement la continuité de l’onomastique libyque dans l’onomastique berbère mais aussi la permanence d’un fonds lexical dans lequel les habitants du Maghreb et du Sahara puisent, depuis plus de deux millénaires, leurs dénominations.

En s’appuyant sur ce fonds, on peut dresser, du moins une liste de mots sinon un glossaire libyque qui, s’il ne renferme pas les mots usuels comme c’est la fonction d’un glossaire, présente un vocabulaire diversifié, qui dépasse largement les quelques mots déchiffrés des stèles libyques. Il est vrai que les étymologies établies ne sont pas toujours certaines et que la méthode qui consiste à tirer la signification de la comparaison des formes anciennes et modernes, peut manquer de rigueur, mais il faut dire que dans l’état actuel de la recherche, c’est la seule qui permette d’éclairer quelque peu le sens des mots libyques. (Voir glossaire des mots libyques.)

Glossaire de mots libyques, provenant des inscriptions ou de l’onomastique et pouvant s’expliquer par le berbère moderne

(Classement par racines)

Abréviations : act. : dénomination actuelle ; A. : Algérie ; Aut. Ant. : mot figurant dans les auteurs antiques ; Eth. Ant. : ethnonymie antique ; Eth.. Mod. : ethnonymie moderne ; Ins. Lib. : inscriptions libyques ;  K. : Kabylie,  L. : Libye ; M. : Maroc ; MC : Maroc central, RIL, Recueil des inscription libyques de J.B. Chabot ; Top. Ant. : toponymie antique ; Top. Mod. : toponymie moderne ; T. : Tunisie 

(Les noms antiques de lieux et leurs correspondants modernes sont tirés de S. Gsell, 1911, A. Pellegrin, 1949 ; les noms propres touaregs sont tirés de Ch. de foucauld, 1940)

B

Eth. Ant. : BB (RIL, 1084)

Eth. Mo. : Bubba (To)

bubba (MC) « porter sur le dos, prendre en charge, se charger d’un fardeau » ; bibb (K) « porter sur le dos, supporter »

BK

Top. Ant. : Thibica, act. Bir Nagra, Thibica, act. Henchir Zouitina (T)[4]

tabakat (To) « jujubier sauvage »

BD

To. Ant. : Thabudeos, act. Thouda (A), Bida municipum, act. Djama Saharidj (A)

Eth. Mod. : IBDD (RIL, 308), à lire yebded « il est debout, il est érigé (roi) ? » ou à la forme optative : yabded «  qu’il soit ( qu’il reste) debout »

To. Mod. : Bouda, Sebdou (A)

ebdeb, bedd (BER.) « être debout, être érigé, p. ext. : résister, persister »

BG / BƔ

To. Ant. : Bagaï, évêché donatiste, dans les Aurès, act. Baɣay

tabeɣa (Cha) « ronces, mures sauvages »

BGY

Eth. Ant. : BGY (RIL, 739)

Eth. Mod. :  Ebeggi (To) « chacal mâle », fém. : Tebeggit

ebeggi (To) « chacal »

BLN

Eth. Ant. : MBLN (RIL, 825), à lire probablement : ambellan « lutteur, défenseur » (am-, préfixe formateur des noms d’agent)

ballan (T w et Y) « lutter corps à corps, lutter pour, défendre, combattre », anebellan « lutteur »

BNW

To. Ant. : Thubunae, act. Tobna (A)

benew « être de couleur bleu, bleuet »

BRK

To. Ant. : Thabrica, act. Tabarka (T), Baricis, évêché de Numidie, non identifié

Eth. Ant.;  BRK (RIL, 128, 178, 179)

To. Mod. : Barika (A), Berka, El Barica (T)

Eth. Mod. : Nombreux noms de famille en Algérie et en Tunisie : Berkan, Berkani, Aberkan,  etc.

aberkan (K) aberçan (MC) etc . « noir », de ibrik « être, devenir noir »

DBR

Eth. Ant. : DBR (RIL, 339, 532 etc.)

Ethn. Mo. : Edebir (To), fém. Tedbirt

edbir (To) « ganga mâle, anciennement : pigeon », idbir, itbir (MC, Chl, K etc.) « pigeon » fém. tidbirt, titbirt

DBZ

Eth. Ant. : DBZ (RIL, 752), sens probable « jeune félin, félin »

debezdebez (To) « gambader (chiot) », adebazdabaz « petit d’animal carnivore (chien, lion etc.) »

DFL

Eth. Ant. : DFL (RIL, 261) sens probable « qui est blanc, qui est comme neige, qui est pur » DFLN (RIL, 741), -n afflixe de pluriel ? –an, suffixe adjectiveur : « blanc, pur » ? –n,  affixe de participe : « étant blanc , pur » ?

adfel (MC, K etc.) « neige »

DFT

Eth. Ant. : DFT (RIL, 1086),  sens probable : « bien portant, sain »

Ethn. Mo. : Deffa, Deffen (To)

defet (To) « être bien portant, être en bon état physique, être gras »

DLS

Top. Ant. : Theudalis (T)

Top. Mod. : Dellys (A), au Moyen âge Tadlest

adles (K) « diss »

DMR

Eth. Ant. : DMR (812) sens probable « celui qui repousse (l’ennemi), protecteur, défenseur » DMRSN (RIL (925) composé de dmr + sen « à eux » : « leur défenseur, leur protecteur » ?

admer (BER.) « poitrine », demmer « repousser de la poitrine, pousser, combattre »

DR

Eth. Ant. : YDR (RIL, 260), à lire probablement : yedder « il est vivant »

                 Adherbal, à lire : yedder (s) Baal « il vit par le Dieu Baal » ; Baaliddir > Baal Iddir « Baal Vivant » est donné parfois comme le dieu suprême des Libyens[5] ()

Eth. Mo. : Yidir (K), littéralement « qu’il vive ! », Toudert (K), littéralement « vie »

DS/ DZ

To. Ant. : Dusa, évêché non identifié

To. Mod. : Duz, Touza (To), aduz, toponymes nombreux dans le Haut Atlas marocain[6]

aduz (To) « abri, lieu naturel servant d’abri »

F

Eth. Ant. : YFTN (RIL, 100, 203, 204 etc.), à lire probablement : yif-iten « il les a surpassés »

af, if (Ber.) « valoir mieux, dépasser, être meilleur, être supérieur »

FK

Eth. Ant. : YNFKN (RIL, 872), à lire probablement : yenefken « celui qui ayant été donné, consacré (au dieu) »

efk, ekf (BER.) « donner »

FL

Eth. Ant. : YFL (RIL, 1094), à lire :  yefel : « il a quitté », mais plus vraisemblablement : « il a dépassé , il a surpassé »

Eth. Mod. : Fella (To), prénom féminin rapporté à effel « quitter »[7] .

efel (BER.) « quitter, partir, p. ext. : être au-dessus de, surpasser, déborder etc. »

FL

Eth. Ant . : FLL (RIL, 794, 798)

Eth. Mo. : Falil (K), prénom attesté en Petite Kabylie

flali (K) « poindre (astre, jour), sortir au grand jour »

FR

Eth. Ant. :  Ifru, divinité libyque dont l’image, avec une tête irradiée, apparaît au fond d’un abri sous roche, au sud de Constantine (A). Peut-être, faut-il le considérer comme le roi des génies habitant dans la caverne[8].

-afer, pl. afri, nom d’une population qui vivait sur l’ancien territoire de Carthage et dont le nom a peut-être servi à la formation de l’adjectif latin africa pour désigner d’abord la province romaine puis le Maghreb et enfin, plus tard tout le continent africain.

Eth. Mod. : Beni Afer (T), Aît Ifri (Maroc) etc.[9]

Top. Mod. : Tifra, Aïn Tifrit (A), Ifran (L)

ifri,  pl. ifran (K., Chl, Cha etc.) « caverne, grotte », tafrawt «auge » (To, MC etc.), du verbe afer « creuser », attesté dans le dialecte de Qalaat Sned (T)

FRN

Eth. Ant. : FRN (RIL, 78,83)

efren (BER.) « trier, choisir, prendre ce qui est bon, élire »

FSK

Eth. Ant. : YFSK (RIL, 557), à lire probablement : yefesk « il a fait un sacrifice, il a consacré »

faskat (To) « être sacrifié (animal) » tafaske « animal sacrifié, victime » ; tafaska (MC) « fête du sacrifice du mouton, Aïd el kébir, mouton destiné au sacrifice »

FZ

Top. Ant. : Tipaza, act. Tipaza (A), toponyme également relevé en Tunisie ; au Moyen âge : Tifac, qui  semble un pluriel de *Tafca, sans doute variante régionale de tafza d’où semble provenir le nom.

tafza (K) « grés, roche friable », afza, pl. ifezwan (MC) « pierre calcaire »

G

Top. Ant. : Thugga, act. Dougga (T), Tugga Terebentina, act. Henchir Dougga où le second terme est le latin terebentina « résine de terébinthe »[10]. rattache Tugga et Thugga au touareg tekkat « rocher à pic un peu surplombant »  et lui donne le sens de forteresse. Mais le second terme de Tugga, le latin Terebintina,  établit plutôt une relation avec tuga, mot signifiant dans la plupart des dialectes « herbe » et en kabyle « foin ». Signalons toutefois que sur les stèles libyques, Thugga est transcrit TBGG.

tuga (BER.) « herbe, plante », tuga (K) « foin »

GD

Eth. Ant. : YGDTSN (RIL, 170), à lire probablement : yegda-tsen « il leur suffit (comme chef, comme maître »

agdu (T w) « être suffisant, suffire », ageddi « suffisance » emegdi « Celui qui se suffit à lui-même (Dieu) »

GD

Top. Ant. : Thamugadi, act. Timgad (A)

Top. Mo. : Tiggaḍ n teɣlemt, au Hoggar, littéralement : « saut de la chamelle »

egged  (To) « sauter, descendre d’une monture » dans la toponymie du Hoggar : halte, saut, défilé »

GLD

Ins. Lib. : GLD (RIL, 2,3,4,5 etc.), GLDT (RIL, 2). Le mot s’applique aussi bien à des souverains comme Massinissa qu’à des personnages n’exerçant pas la fonction de roi. Au Moyen âge le mot à le sens de « roi », ainsi que l’atteste Ibn Khaldoun. S. Chaker [11] écrit que le mot qui avait à l’origine un sens général (« chef », « maître ») s’est progressivement restreint à la fonction de roi. Dans GLDT, le –t final marque le passage du nom au verbe et se traduit par « étant roi, il est roi »[12]. Nous avons relevé une forme proche en kabyle (parler des At Wa$lis de la vallée de la Soumam) : glud « être fort, régner ». Le verbe n’est plus attesté que dans les berceuses. (Voir glossaire à GLD.)

agellid, pl. igelliden (MC) « roi, souverain », tagellitt, pl. tigellidin « reine, princesse », tagellit « royauté », agellid (K) « roi »

GR

Eth. Ant. : Iugurthinum (Jugurtha), à lire probablement : yugar-iten « il les a vaincus, il les a surpassés » ou, à la forme optative : yagar-ten « qu’il les surpasse ! »

agar, ugar (BER.) « surpasser, être meilleur que, être plus âgé, être plus grand, être supérieur en force, en savoir, en qualités etc. »

K

To. Ant. : Sicca et, quand elle devint colonie romaine : Sicca Veneria, act. El Kef (T)[13], donne à Sicca le sens de « ville », il faudrait alors rattacher le nom à une autre racine, SKW,  signifiant « bâtir ».

To. Mod. : toponymie du Haut-Atlas marocain : asakka « gué, passage droit »

ekk (MC) « venir, provenir de, passer, passer par etc. », sikk « faire passer, passer », asaka, pl. isakaten « endroit par où on peut passer, gué, col de montagne », ekk (K, etc.), ms.

KD

Top. Ant. : Rusicade, act. Skikda (A), au Moyen âge Tasigda et Sukaykida : composé probable du punique  ruc / rus « tête, cap » et du berbère : ekade « rocher » (A)[14].

Top. Mod. : Nombreux toponymes au Hoggar, Ekade[15]

ekade (To) « pierre, rocher »

L

Aut. Ant. : lilu « eau » (Heséchius)

Eth. Ant. : Lilleo, divinité libyque dont le nom est attesté à Madaura, act. M’daourouch (A), d’après Joleaud le nom signifierait : « dieu-eau »[16].

               Thililua, un des cinq dieux de Magifa, près de Thevesta, act. Tebessa (A), le th- initial, marque du féminin, indique qu’il s’agit d’une déesse.

lil (MC, Chl, K etc) « être rincé, être passé à l’eau » slil « rincer » ilel (Nef., Djer.) « mer, océan », ilel  (Zen.) « fleuve », silel (To) « mirage » etc.

L

Top. Ant. : Thala (T)

Top. Mod. : Tala (T) ; nombreux noms de villages en Kabylie, composés avec Tala : Tala Ifassen, Tala Amara, Tala Moussa etc.

tala (K) « source, fontaine », tahala (To, R) « source »

LF

Top. Ant. : Thelepte, colonie romaine et évêché, sens probable « laie », avec permutation du f en p, devant dentale t[17], le mot a pu également signifier « éléphante », plusieurs localité de Numidie portant, en latin, le nom de l’animal[18].

Eth. Ant. : LF (RIL, 1007)

To. Mod. : Nombreuses dénominations de localités, sources, montagnes, en Algérie : Talaguilef < tala n yilef « fontaine du sanglier », Djebel bou ilef etc.

Eth. Mod. : Elu (To) prénom masculin, Telut, prénom féminin

Ilef (K, MC, Chl, Cha etc.) « sanglier », tileft « laie » ; elu (To) « éléphant », telut « éléphante »

LMS

Top. Ant. : Limisa, act. Ksar Lemsa (T)

Top .Mod. : Nombreux toponymes au Hoggar : Talmest, Tilemsin etc.[19] ;  Tlemcen (A), l’orthographe du Moyen âge, Tilimsan, est plus proche de la forme touareg que de la forme actuelle, arabisée.

almes, pl. ilmesan, talmest, pl. tilemsin (To)  « roseau »

M

Insc. Lib. : mt « mère »

ma (To) « mère », pl. maw, matt

MDL

Top. Ant. : Medeli, évêché près de Uthina, act. Oudna (T)

Eth. Ant. : MDLH (RIL, 562)

Top. Mod. : Madal, lieu boisé en Petite Kabylie (A)

Eth. Mod. : Imadalen (forme plurielle), nom de famille en Petite Kabylie (A).

amadal (To) « pente et versant d’une montagne », amadal (MC) « versant non ensoleillé d’une montagne », à mettre en rapport peut-être avec adal « mousse, végétation, couleur verte », d’un verbe dalet « être vert », attesté en touareg.

MDY

Eth. Mo. : YMDY, à lire probablement : yemday « il a achevé, il a accompli, il a édifié »

emdi (To) « finir, achever », emd, emdu (K) , ms.

ML

Top. Ant. : Thamalla, act. Aïn Toumella (A), Turris Tamalleni, act. Telmin (T)

To. Mod. : Aïn Mlila (A), Bir el Meluli (T)

Eth. Ant. : IMLL (RIL, 621), à lire probablement yemlel « il est blanc, il est pur » (au Moyen âge : Yemlul)

Eth. Mo. : Amellal, fém. Tamellalt (To), lit. : « antilope addax, appelée ainsi à cause de sa couleur »

amallal, fém. tamellat (BER.) « blanc », de imlul, imlal « être blanc, par ext. être pur »

M£R

Eth. Ant. : Macurtam, Macurgum ; divinités libyques, figurant sur un bas-relief, en Tunisie[20]. Macurgum figure dans les inscriptions libyques sous la forme MGRKN, le g libyque étant souvent transcrit k en latin[21] a cru reconnaître dans le nom d’un génie figurant dans les contes kabyle, Maqur, le nom des deux divinités antiques. C’est S. Chaker[22] qui fait le rapprochement Macurtam, Macurgum > maqqr < imɣar, imɣur « être grand ».

imɣur, imɣar (BER.) « être grand, être âgé, avoir de l’importance »

MR

Eth. Ant. : YMR (RIL, 151, 333, 457), à lire probablement : yemer « il rend grâce » ; YMRTN (RIL, 951), à lire yemer-ten «  il leur a rendu grâce »

Eth. Mod. :  Mera (To), prénom féminin (Tumert, Moyen âge)

MS

Eth. Ant. : MSNSN, transcription latine : Massinissa, à lire probablement : mas-n-sen « leur chef, leur seigneur »

MSW, transcription latine : Massiva, à lire massiwa « maîtresse, patronne »

mas (To) « maître, seigneur », fém. massa

MSL

Eth. Ant. : YMSL (RIL, 974), à lire probablement : yemsel « il a façonné » ? ou « il a lutté » ?

Transcription latine :  Hiempsal, nom de roi mais aussi de dieu, ainsi que l’indique l’inscription de Tubusuptu[23].

To. Mod. : Msila, Tisemsilt (A)

emsel (K) «  façonner, pétrir », emsel (MC) « enduire, appliquer un enduit », timsal (To) « lutte »

NGY

Top. Ant. : Inuga, act. Henchir er-Reukba, Smingi, act. Smindja (T), Castellum Tingitanum, act. Chlef (A), Tingi, act. Tanger (M)

Eth. Ant. : Tingi, donné comme le nom de la mère du géant légendaire Antée, qui baptisa de son nom la ville de Tanger qu’il avait fondée.

Top. Mod. : Oued Tindja, Oued Inga, Oued Endja (T)

ngey  « être en crue (cours d’eau), déborder », angay, pl. ingayen (MC) « crue, inondation, eau de pluie », ngi (K) « s’égoutter, avoir une fuite »

NY

Insc. Lib. : tnyn « ils surveillèrent », dtny « il surveilla »

ny (BER.) « voir, regarder, observer »

ƔR

Insc. Lib. : cqrh « bois »

asɣar (K) « bois », de ɣer, qqar « être sec, être dur »

RD

Eth. Ant. : YRDTN (RIL, 381), à lire probablement : yerdaten  « il les a pourchassés »

rudet (T w) « pourchasser » aradu « action de poursuivre, de pourchasser »

RDL

Eth. Ant. : YRDL (RIL, 455), à lire peut-être : yerdel « il boîte »

Eth. Mo. : aridal (To), prénom masculin « hyène mâle », fém. : Taridalt 

aridal « boîteux » sridel « boîter » (R) ;  aridal (To) « hyène mâle »

RK

Eth. Ant.: YRK (RIL, 52, 1057), à lire probablement : yarek « il compte sur »

arek (T Y) « être près de », arek (T w et Y) « se tourner (vers), compter sur »

RN

Eth. Ant. : YRN (RIL, 253, 257 etc.), à lire probablement : yerna « il a vaincu » 

               YRNTN (RIL, 236), à lire : yernat-en « il les a vaincu (Moyen âge : Yernaten)

ernu (BER.) « ajouter, augmenter, p. ext., vaincre, terrasser »

RS

Top. Ant. : Urusi, act. Henchir Sondgira (T), Turusi, évêché non identifié

Top. Mo. : Sersou (A)

ers, res (BER.) «  se poser, poser descendre » sers, sirs « poser, déposer, faire descendre » tarusi  (MC) « action de déposer, dépression de terrain peu marquée et de peu d’étendue »

RZ

Eth. Ant. : YWRZ (RIL, 293), à lire probablement : yewrez « il a donné en retour » ou, si –w est un indice du passif, « il a été donné en retour »

erez (To, W et Y) « donner en retour, donner en récompense, remplacer par un don de retour », araz « récompense, don en retour »

S

Insc. Ant. : ys « il arriva »

as (BER.)  « arriver, venir »

S

Eth. Ant. : ISS (RIL, 241), à lire probablement : yesses « il effraye, il inspire le respect, il exerce sa force »

ases (T, Y) « faire effort sur, serrer, être oppressant pour », tissas (K) « sentiment de crainte mêlé de respect que l’on inspire aux autres »

SF

Top. Ant. : Plusieurs hydronymes antiques peuvent être rattachés à cette racine : Sufasar, act. Amoura (A), composé de suf et de –asar, non identifié, sufes, sufetula, villes de Tunisie central où on note également l’élément suf[24]. Dans Sufetula, act. Sbeitla, l’élément tula- provient peut-être de ettel, utul, attesté en touareg avec le sens de « se déverser dans un ravin », ce qui signifierait « fleuve, cours d’eau se déversant », ce qui  réfère à la réalité, « la source de Sbeitla, très abondante, étant le trait dominant du paysage » (A. Pellegrin, opus cité, p. 68). Dans d’autres toponymes, on note la permutation de f en b ou p : subus, act. Seybouse (A), Sebusus, act. Sebou (M), Sufibus, act. Sbiba (T), Usappa…. Municipum (T). Dans ce dernier nom, le mot suf semble répété. La même répétition s’observe, dans la toponymie moderne, avec Oued Souf où l’arabe oued / wad a le même sens que suf.

Top. Mod. :  Oued Souf (A).

Eth. Mod. : At Wasif (A), nom de tribu et localité en Kabylie.

suf, asuf, pl. isafen (Nef), asif, pl. isafen (K., MC etc.) « oued, fleuve, cours d’eau »

SGN

Eth. Ant. : Suggen (forme relevée dans les textes latins), à lire peut-être : asgan « noir » (équivalent moderne : Akli, littéralement : noir, esclave).

asgan (Chl) « noir »

SGN

Top. Ant. : Siga, transcrit SGN sur les stèles libyques (voir M. Ghaki, 1997, p.16)

asgin (MC) « schiste, terrain schisteux »

SK

Eth. Ant. : YSK (RIL, 134), à lire probablement : yeska « il a fait un bienfait, il a fait du bien »

               YSKTN (RIL, 251, 562), à lir : yeska-ten « il leur a fait du bien » (Moyen âge : Tiski, ancêtre féminin des Berbères Houara, d’après les auteurs musulmans).

teske (T w et Y) « bienfait »

SKR

Top . Ant. : Tasaccora, act. Sig (A)

Eth. Ant. : SKR (RIL, 595, 992) « perdreau, perdrix ? »

Eth. Mod. : Sekkura (MC, K, Cha etc.) « perdrix »

asekkur (MC) « perdrix mâle » tasekkurt (MC, K, Cha etc) « perdrix femelle »

SKW

Ins. Lib. : mṣṣkw, transcrit Mççkw dans RIL, 2. Selon Fevrier (1964-65), il s’agit d’un magistrat chargé des finances, K. Prasse[25] propose de traduire le mot par « architecte », S. Chaker[26] va dans le même sens et traduit « celui qui fait construire ». Le mot est rattaché à la racine berbère SKW, le m-  étant l’élément formateur des noms d’agent. Du coup,  GLDMSK (RIL, 2, 3, 10, 11) serait « maître, chef des constructeur » (sur gld, voir racine GLD). Cette interprétation de msk, admise par de nombreux auteurs, est contestée par M. Ghaki qui fait remarquer que le texte punique des stèles libyques reprend tel quel le mot libyque. Or, le punique dispose de plusieurs termes pour désigner la fonction de constructeur et certains apparaissent même dans les stèles libyques : hbn, ms, bnm… S’il reproduit directement le mot, c’est parce que celui-ci a une signification différente, en rapport avec une fonction spécifiquement numide[27].

To. Ant . : SK (RIL, 534,78-49, 1118)

uek (Ghd) « construire », eç (Nef, Mzb), ms.

SMG

Eth. Ant. : Sammac, Sammag

ismaɣ « noir, esclave noir »

SN

Eth. Ant. : ISN (RIL, 242), à lire probablement yessen « il connaît, il est savant »

issin, essen (BER.) « connaître, savoir, être savant, expérimenté », amusnaw (K) « homme expérimenté, sage »

STN

Eth. Ant. : MSTN, à lire probablement : amastan « protecteur », am- préfixe de nom d’agent

               Mastanabal, à lire : amastan (n) Baal « celui qui protège (le sanctuaire) de Baal » ou « celui qui est placé sous la protection de Baal »

Eth. Mo. : Amastan (To), littéralement « le protecteur »

esten (To) « protéger »

TL

Top. Ant. : Muthul, act. Oued Mellegue et Suthul, cités à propos de la guerre de Jugurtha

Top. Mod. : Methel (T) et nombreux toponymes au Hoggar : Utul, Amatul etc.

ettel (MC, Chl etc.) ettel (K) « enrouler, envelopper », ettel (To), ms et, par extension : «  se dévaser, se jeter, en parlant d’un cours d’eau qui se jette dans une vallée, la mer etc.»

TW

Eth. Ant. : WRTW (RIL, 884), à lire probablement : war- ttaw « qui n’oublie pas, qui ne fait pas preuve d’ingratitude, qui se rappelle de ses ennemis etc.)

attaw (T w) « oublier » ttu, ttu (MC, Chl, K etc.) ms.

W

Ins. Lib. : w, u « fils »

w, u (BER.) « fils de »

WLT

Insc. Li. : wlt « fille de »

ult (To) « fille », dans les autres dialectes, en composition avec ma « mère » pour former le nom de la sœur : ultma, weltma

WR

Eth. Ant. : Nombreux noms composés avec ce préfixe : WRMZ (RIL, 286) WRZRF (RIL, 670) etc.

wer, war, ur (BER.) « sans, dépourvu de »

YR

Eth. Ant. : YRTN (RIL, 48,114 etc.), à lire probablement : yira-ten « il les a aimés »

Eth. Mod. : At Yiraten, nom de tribu kabyle ; Stera (To », lit. s tera « avec amour »

iri (MC) « aimer, désire, vouloir, avoir besoin de » tayri « amour, désir, besoin »

ZF

Eth. Ant. : WRZF (RIL, 523), à lire peut-être : war- ezzef « qui ,n’est pas dépouillé, qui n’est pas dans le besoin »

ezzef (T w et Y) « dénuder, mettre à nu, se mettre à nu » izuf, izzaf « nudité »

ZL

Ins. Lib. : zl(h) « fer »

Top. Ant. : Uzalis, localité antique de Numidie[28]

Eth. Mod. : Uzalis, population antique de la Tunisie[29]. Une tribu appelée Usseltia, occupait au Moyen âge le Djebel Usselet, au nord-ouest de Kairouan.

Top. Mod. : Oued Ouzzel (A)

uzzal (K., MC etc.) « fer », tuzali (To), ms.

ZM

Top. Ant. : Zuma, évêché de Numidie, Tuzuma (T)

               Zama, lieu où se déroula la fameuse bataille entre les Carthaginois et les forces coalisées numido-romaines ; la localité est identifiée parfois avec l’act. Souk Ahras (A), mais on sait que trois localités au moins dans la région portaient ce nom[30]

Top. Mod. : Ziama (A)

azmu, pl. izmuma (MC) « jonc très fin utilisé pour tisser les nattes »

ZKR

Top. Ant. : Zuccar, act. Aïn Djoujjar (T)

Top. Mod. : Zakkars, montagne de la région de Miliana (A)

azeyker (To) « cime, point culminant »

ZR

Top. Ant. :  Zaret, act. Zarath (T), Zerta, Zertensis, Zarata, Zarath[31]

Top. Mod. : Aïn Zaret (T), Tala n Tazart (A)

tazurit (Snd) « vigne », pl. tizurin « raisin », tezuret « jujubier » ; tazart (MC) « figues », azar « baie de jujubier  sauvage » ; tazart (K) « figues sèches » ; tahart (To) « figuier »

Bibliographie des références citées

Benabou, M., La résistance africaine à la romanisation, Paris, Maspéro, 1976, pp. 270-71.

Decret, F., Carthage ou l’empire de la mer, Paris, Seuil, 1977.

Fevrier, J.G, « Que savons-nous du libyque ? » Revue Africaine, volume 100, 1956, pp. 263-273

Garbini, G., « Note libiche”,  Studi maghrebini, Napoli, I, 1966, pp. 81-90.

Camps, G., « Baldir/Balidir, notice », Encyclopédie berbère, IX, Aix-en-Provence, Edisud, 1991, p. 1318

Camps, G., 1993, « A la recherche des Misiciri : cartographie et inscriptions libyques », in À la croisée des études libyco-berbères : mélanges offerts à Paulette Galand-Pernet et Lionel Galand, Paris, Geuthner, 1993, pp. 113-126

Chaker, S., « A propos de la terminologie libyque des titres et fonctions », AIUON, 46/4, repris dans Manuel de linguistique berbère II, 1986-1996, pp.171-192

De Foucauld, CH., Dictionnaire touareg-français des noms propres, Imprimerie nationale, 1940.

Gsell, S., 1913-28, Histoire ancienne de l’Afrique du nord, Paris, Hachette, 8 volumes, notamment le tome 1, 1913

Laoust, E.,  Contribution à une étude de la toponymie du Haut Atlas marocain, Revue des Etudes Islamiques, cahiers I-II-III-IV.

Mercier, H., La langue libyque et la toponymie antique de l’Afrique du nord, Journal asiatique, 205, 1924, pp. 189-320.

Pellegrin, A., Essai sur les noms de lieux d’Algérie et de Tunisie,  étymologies, significations, Tunis, éd. SAPI, 1949, 244 p.

Prasse, K.G., Manuel de grammaire touarègue (tahaggart), Copenhague, éd. Akadamish Folag, 1972, tome 1, Écriture, pp.145-161.

 Notes

[1] 1961, pp. 248-250

[2] Camps,  G., 1993, pp. 113-126.

[3] Guery, R. et Trasset, P., 1991, pp. 1340-1342.

[4] Mercier, 1924, p. 256

[5] Mercier, G., 1900, p. 184 ; Camps, G., 1991, p. 1318.

[6] Laoust, E., 1942, p. 459.

[7] De Foucaud, Ch., 1940.

[8] Benabou, M., 1976, pp. 270-71

[9] voir pellegrin, 1949, p. 61

[10] Mercier, G., 1924, pp. 283-285.

[11] 1996, p. 174.

[12] voir Galand, L., 1987, pp. 123-138.

[13] Marcy, G., 1936, p. 30.

[14] Pellegrin, 1949, p. 61

[15] voir De Foucaud, Ch., 1940, pp. 125-126.

[16] cité par Bennabou, M., opus cité, p. 275.

[17] Mercier, G., 1924, pp. 288-289.

[18] Gsell, S., 1913, pp. 74-80

[19] De Foucaud, Ch., 1940, pp. 152-153.

[20] Benabou, M., opus cité, p. 275.

[21] Fevrier, J.G., 1956, p. 268 ; Galand, L., 1964, pp. 105-107.

[22] 1983, p. 275

[23] voir Camps, G., 1960, p. 285

[24] Gsell, S., 1913, p. 316

[25] 1972, p. 87.

[26] 1972, p. 177.

[27] Ghaki, M., 1993, p. 94

[28] Gsell, S., Atlas, p. 17, p. 99.

[29] Pellegrin, A., opus cité, p.60.

[30] Decret, F., 1977, p.

[31] Pellegrin, A., opus cité, p.73.