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Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Ouvrage du CRASC, 2013, p. 17-24, ISBN : 978-9961-813-54-6 | Texte intégral


Kheïra MERINE 

Introduction

De toutes les parties du discours, le nom propre est sans doute celui qui convoque le plus d’approches émanant de champs d’études divers. Revendiqué par la sociologie et son corollaire l’ethnologie, par la psychologie ainsi que par la philosophie, il ne demeure pas moins un objet d’étude linguistique même si cette dernière a recours, en ce qui le concerne des affirmations de l’approche analytique du langage où les logiciens l’abordent par rapport à son sens et sa signification et/ou son sens et sa dénotation.

Logiciens et linguistes débattent le problème du sens du nom propre afin d’expliquer, sa constitution, son fonctionnement et sa représentation ou symbolisation au niveau du langage. Pourtant, si leur préoccupation est commune leurs résultats sont bien différents et parfois même complètement opposés. Ceci témoigne de la complexité du sujet à débattre. Et c’est dans cette complexité que nous plaçons le nom propre maghrébin en essayant de voir, au regard des théories déjà existantes, ce qui fait de lui cette entité dénominative propre avec ses particularités et ses originalités. Nous focaliserons notre étude sur le nom propre de personne et en particulier le prénom.

  • 1. Le nom propre et la problématique du sens.

Nombreuses sont les théories qui ont débattu du problème du sens et de son rapport avec le nom propre (NP). Pour certaines d’entre elles, le NP n’a aucun sens ; cette position est partagée par Mill qui considère le nom propre « vide de sens »,  Kripke pour qui le NP a un sens rigide ou Guillaume qui considère le NP comme un asémantème. Selon cette position, le NP est une étiquette, il permet de désigner tel individu X par rapport à tel autre Y.  Mais qu’est-ce qui motive cette désignation ?

A l’opposé d’autres théories le considèrent riche de sens. Ainsi, pour Bréal (1924 :182)  « les noms propres sont les plus significatifs de tous les mots, étant les plus individuels »[1] ; cette idée va être reprise par Jespersen qui considère que « les noms propres ont énormément de connotations »[2]. Quant aux logiciens de cette thèse, ils sont représentés par Russel, Frege, Wittgenstein, Searle et Strawson ; tous partagent l’idée que « les NP « descriptions déguisées » résument un sens complexe »[3] R. Barthes, s’alignant avec le groupe anti-millien, affirme que «  [Le nom propre] constitue un signe, un signe volumineux […] toujours gros d’une épaisseur touffue de sens »[4]. Alors à quoi est due cette complexité du sens du NP ?

Entre les deux positions se trouvent deux groupes : ceux qui considèrent que les NP « ne relèvent pas à proprement parler de la linguistique )[5], et ceux qui lui attribuent  un sens nucléaire en le réduisant à la formule « être appelé N » qui limite le sens (du NP) à la dénomination (Kleiber).[6]

Wilmet, quant à lui, se positionnant à la croisée des chemins, réunit les trois thèses en classant le nom propre en deux grandes catégories qui sont :

  • le nom propre essentiel (dénué de signification qui acquiert un sens au contact d’un référent).[7]
  • le nom propre accidentel (formé à partir de n’importe quel mot dont l’application à un référent occulte la signification permanente au profit d’un sens momentané

Quelle serait donc la thèse applicable au NP Maghrébin ?

  • 1.1. Le NP Maghrébin[8] et la théorie du sens

L’examen de notre corpus composé de quatre cents noms d’étudiants, dont l’âge varie entre 19 et 23 ans[9] nous a montré qu’au niveau du prénom, le NP  est homonyme d’autres mots pris du registre commun[10], et cela quelle que soit la forme qu’il peut avoir 

Exemples : forme simple  - forme composée -       

Saîd /Kahina  / Fatna -  Abdelkader / Oumelkheir / Mohand Idir

Ces exemples nous montrent que n’importe quel arabophone ou berbérophone est en mesure de distinguer cette double lecture : celle du mot commun et celle renvoyant à l’individu désigné, tel qu’on peut le constater dans ce qui suit :

[said] à heureux / prénom masculin

[kahina]à prêtresse / prénom féminin

[fatna] à évéillée / prénom féminin

[abdεlkadεR] à serviteur du tout puissant / prénom masculin.

[umεlxejr] à  femme généreuse (traduction littérale : la mère du bien)/ prénom féminin

[moћandidir] à Mohand le vivant ou Mohand le dirigeant

A partir de cette structure puisée des mots (noms et adjectifs) communs ce NP pourrait être reconnu comme ayant un aspect accidentel (selon la classification de Wilmet), mais vu que le schéma qu’il présente est le schéma dominant (ou presque unique), l’aspect essentiel n’est pas représenté, ce qui montre que ce NP présente une forme dénominative à un seul aspect.  

D’où détient-il cette caractéristique ? Pour répondre à cette question, il faut placer la forme linguistique dans le contexte qui la construit et qui l’utilise, afin de comprendre la dynamique qui préside à sa structuration et à sa valeur fonctionnelle en tant que facteur de socialisation

  • 2. Étude ethnographique du NP de personne au Maghreb

Le NP de personne est l’un des éléments à représenter une quelconque unité du Maghreb, vu qu’il se présente sous le même aspect, du moins dans les trois pays du nord[11], ce qui peut témoigner d’une origine culturelle commune et qui devrait avoir une explication au niveau de la composante formelle.

2.1.  Formation et transformation du NP Maghrébin de personne

Excepté un faible pourcentage dont l’origine est de nature diverse, les NP de personne, relevés dans notre corpus, sont majoritairement d’origine arabe (95%). Pour les étudier, nous nous sommes servie d’éléments fournis par les chercheurs et encyclopédistes arabes du VIè siècle de l’hégire qui ont déterminé cinq types de traits constitutifs  du NP de personne à partir desquels, nous avons essayé d’analyser la composante formelle et sémantique des NP de notre corpus. Ces traits sont : la kunya, le ism, le laqab, le nasab, la nisba[12]qui  doivent représenter les différents niveaux dont se compose le NP de personne avec pour chaque niveau sa signification. Exemple : les préfixes Abou et Oum dans la composition de certains noms arabes renvoient à la présence de la kunya qui, au départ servait à indiquer le statut de père ou de mère des personnes désignées, Abou signifiant père de et Oum, mère de, donc qui fonctionnait comme une sorte de surnom. Exemple : Oum Kelthoum [umkәlθum]

Ainsi, nous avons constaté, par rapport à notre corpus, qu’aussi bien le nom de famille (ou patronyme) que le prénom se forment à partir de  ces cinq éléments (ou traits) et que chaque élément pourra servir à clarifier la composante de l’un ou de l’autre des deux  niveaux (patronyme et prénom), comme on peut le constater dans l’analyse suivante :

La « kunya » va connaître un phénomène d’agglutination ou le préfixe marquant la paternité ou la maternité va constituer une partie intégrante du nom avec cependant la chute des voyelles initiales ex : Abou hafs va donner : Bouhafs  / Oum El Kheir à Moulkheir .Les premiers (constitués avec le préfixe abou) vont être à l’origine de nombreux patronymes.

Exemples : Bouaziz, Bouhamidi, Boukhalifa, Bourenane, Bouabida, Bouabdellah, Boubekeur, Bouhadj, etc.

Les seconds (commençant par oum) vont, quant à eux donner des prénoms féminins.

Exemples : Molkheir, Mouldjillali. Ces prénoms sont devenus quelque peu archaïques, leur nombre est réduit par rapport aux autres (2 occurrences dans notre corpus, un emploi pour chacun des deux prénoms).

Le ism qui à l’origine était le véritable nom de naissance (l’équivalent du prénom dans la culture occidentale) sert de support au préfixe marquant soit la kunya soit la nisba, ex : Ali àBouali ou Benali

Pour  le laqab, il va produire un très grand nombre de prénoms masculins qui vont faire leur féminin en s’ajoutant une flexion en « a ». Ex : Rachid (le mûr, le guideur)à Rachida, Hakim (le sage, le docteur) à Hakima, Dalil (le conseilleur)à Dalila. On remarque que ces laqabs, devenus prénoms ont connu, au niveau de leur forme, la chute de « el » qui représente l’article défini (l’unique pour la langue arabe) et n’ont gardé que la partie constituée généralement par une épithéte qui est dans la majorité des cas honorifique[13].

Seuls les laqabs dont l’épithète est honorifique ( valorisante socialement, tels que ceux qu’on vient de citer) sont transformés du masculin au féminin ; les autres  dont l’épithète est non honorifique vont donner lieu à des patronymes ex : Latrèche (le sourd), (quatre occurrences) La3ouèj (le difforme, le tordu ) (deux occurrences); leur féminin est utilisé pour des surnoms péjoratifs et parfois même insultants, ex : tarcha (la sourde), laouja (la tordue), (aucune occurrence dans notre corpus)  

Le nasab va, lui aussi, se retrouver dans la composition de nombreux patronymes. Il connaitra, pour cela, une modification au niveau de la forme avec la chute de la voyelle initiale du préfixe marquant la filiation pour les noms masculins, ex : Ibn AhmedàBenahmed.  C’est le cas de tous les patronymes commençant par Ben : Bentounes, Benaîssa, Benali, Benameur, Benhamida etc.

Dans certains cas le préfixe Ibn est remplacé par Ould son synonyme, ex : Ouldahmed, Oulda3mar.

La nisba (ou gentilé) n’a produit que des patronymes, en un taux très faible (aucune occurrence dans notre corpus), se terminant par /i/  où l’on reconnait le nom des grandes villes, ex :Edziri (originaire d’Alger, Dzaîr en arabe dialectal) , Elksantini (de Constantine), ElMastranmi ou El Mastralmi (de Mostaganem), El wahrani (d’Oran, wahran en arabe), El Tounsi (de Tunis), El Fassi (de Fès).

Cette description nous permet de faire deux remarques :

La première est que, hormis le laqab avec épithète honorifique, les autres traits contribuent tous à la formation de patronymes.

La deuxième est que le prénom masculin, quand il est composé du ism, est presque toujours suivi d’un laqab avec épithète honorifique, ex : Mohammed El Amine (qui donne souvent Mohammed Amine : Mohammed l’honnête), ou alors il est composé du préfixe Abd (qui signifie serviteur) suivi d’un des 99 surnoms de Dieu, ex : Abderrazak (serviteur de celui qui enrichit), Abderrahim (serviteur du miséricordieux). La forme composée est souvent due au caractère religieux attribué au prénom dont la signification est en rapport soit avec Dieu, soit  avec le prophète Mohammed.

Ce trait ne concerne pas le prénom féminin qui, mis à part les cas de Fatima-Zohra et de Nour-el Houda, est d’une composition plus simple (Aïcha, Leïla, Farida…), le ism n’est pas accompagné d’une quelconque épithète, son caractère religieux se limitant aux noms des femmes proches du prophète, c’est ce qui explique que le prénom féminin est moins imprégné par le sens religieux que le prénom masculin.

Cette différence entre la forme souvent composée au masculin et beaucoup plus simple au féminin, représentative d’une appartenance religieuse au masculin et très discrète religieusement au féminin pourrait être l’explication de la forme sexuée du prénom au Maghreb, forme dont l’essence peut s’expliquer culturellement

2.2.  Inscription culturelle déterminant le sens du NP 

D’après R. Ben Rajeb[14], le prénom au Maghreb répond, au niveau de sa forme, à des critères culturels classifiables dont nous retenons les aspects suivants : le religieux, le social, le spatial et le psychologique.

  • Le religieux : il représente Dieu, la religion, le Coran, le Prophète, les califes et les compagnons du Prophète, (ex : Abdallah, Mohammed, Khadidja…)
  • Le social est représenté par la mise en valeur des traditions relevant du mythique, de la morale et de l’esthétique.

Pour le mythique, c’est l’utilisation des noms de saints qui sont vénérés pour avoir été exemplaires dans leur vie, du point de vue humain et religieux (ex : Houari par référence au saint Sidi El Houari – 6 occurences, et Boumédiène, par référence eu saint sidi Boumédiène -4 occurrences-, sidi est le désignateur de la sainteté)

La morale est représentée par la propreté considérée à deux niveaux : le physique et le spirituel.(Tahar, le pur- 10 occurrences ; Nadhifa, la propre – 2 occurrences …)

  • L’esthétique renvoie à la beauté physique et morale (ex : Djamel –la beauté -, Djamila, la belle), sur l’expression du symbole renvoyant à tout ce qui est positivé par la société comme comportement, ex : El Amine (le sûr dans le sens de l’honnête).
  • Le spatio-temporel représenté, traditionnellement, par les éléments du cosmos (le soleil, la lune), par les mois, les jours et la nuit, n’est présent au niveau de notre corpus que par le dernier élément, la nuit : Leïla, 3 occurrences.
  • L’axe psychologique se base sur les sentiments exprimant l’amour : Habib, Habiba (l’aimé, l’aimée), la joie (Farah), la liberté (Houria).

L’examen de notre corpus nous a montré (comme nous l’avions déjà pressenti) que c’est le religieux qui est le plus représenté chez les prénoms masculins (75%) et le socialo-psychologique chez les prénoms féminins (80%).

 Nous avons également pu remarquer que la domination du caractère religieux chez les prénoms masculins était due à une mode qui s’imposait par de nouvelles formes linguistiques. Ainsi les Kaddour, Mourad, Saîd… sont remplacés par des Abdel Hak, Fathallah, Salah Eddine…pour les formes composées, et par Yacine, Amine, Sofiane … pour les formes simples ; les premiers doivent leur aspect religieux aux affixes qu’ils comportent et qui renvoient soit à Dieu (Allah, Elhak), soit à la religion (eddine). Pour les seconds, ils sont empruntés aux personnages des textes sacrés (Le Coran, entre autres.)

Quant aux prénoms féminins, changeant eux aussi sous l’influence de la mode, ils renvoient beaucoup plus à des thèmes  où sont mêlés le social et le psychologique. Ainsi, les prénoms tels que Nadjet (miraculée), Naîma (la prospère), Malika (la reine), Amel (l’espoir), Leîla (une nuit, sous-entendu, une nuit d’amour, de rêve, de plaisir…) etc. l’emportent dans notre corpus sur les prénoms qui étaient les plus connus tels que : Fatma (de Fatima qui signifie celle qui pratique le sevrage après l’allaitement), Zohra (ou Zahra, terme polysémique peut signifier fleur, mais aussi flamme ou braise qui brille), Zineb (prénom hérité de l’époque préislamique).

Cette observation nous permet de remarquer que le choix du NP désignant une personne au Maghreb (à travers le cas Algérien) obéit à des règles qui doivent être liées aux valeurs que la société définit comme étant les siennes avec comme pour éthique le religieux et le social ; ce qui définit tout autrement le NP que Goethe compare à  «la peau que l’on ne peut pas gratter et écorcher sans faire de mal à la personne »[15]. Le NP n’est pas désignateur de la personne, il en fait partie. Sa conception doit répondre à des normes qui permettent à la personne de faire partie d’un groupe (corps social) l’intégrant de la même manière que lui s’intègre à la personne (et à son corps). C’est toute la symbolique de l’acte de nommer une personne qui se trouve interrogée et définie comme une «ponctuation de la relation d'objet »[16] mais c'est aussi comme une « inscription de l'enfant dans une histoire symbolique familiale »[17]. Le prénom serait l'illustration parfaite de la continuité ou de la discontinuité transgénérationnelle. Le prénom, disaient les latins, c'est le destin[18].

Ce rapport d’intégration  pose la problématique du choix du prénom (NP) par les parents et le fait de le porter par l’enfant (phénomène présent dans toutes les cultures). C’est ainsi que pour certains, le NP est déterminé comme une sorte de  «condensé de plusieurs significations. » qui se présente comme «  une syntaxe fondatrice, de « pré-inscription » réalisée par la famille » (Ben Rajeb, op.cit), avec, concernant le prénom maghrébin, le soin de lui attribuer un rang d’honorabilité éclairant sur sa mission future, d’où le double aspect du prénom selon qu’il est masculin ou féminin.

Bibliographie

Barthes, R., Nouveaux essais critiques, Paris, Seuil, s. d.

Ben Rajeb, R., A propos de la prénomination, Éditions in Press, 1998.

Frege, G., Sens et dénotation, Paris, Seuil, 1971.

Gary Prieur, M.-N., « Syntaxe et sémantique des noms propres », revue Langue française, 1991.

Kleiber, G., Problèmes de référence descriptions définies et noms propres, Paris, Klincksieck, 1981.

Marconi, D., La philosophie du langage de Fredge : termes singuliers.

Strawson, P.F., Les individus, Paris, Seuil, 1973.

Tesone, J.E., L'inscription transgénérationnelle du désir parental dans le choix du prénom de l'enfant. Neuropsychiatrie de l'Enfance et de l'Adolescence, 1988, 36, pp.11-12 et pp. 503-513.

Wilmet, M., Le nom propre en linguistique et en littérature [en ligne], Bruxelles, Académie Royale de langue et de littérature française de Belgique, 1995. Disponible sur : < www.arllfb.be >.

 Notes

[1] Cité par Jean-Louis Vaxelaire, in Texto, juillet 2010, vol.XV, n°3

[2] ibid

[3] Moescller et Reboul, 1994,  pp.166-167, cité par Marc Wilmet, le nom propre en linguistique et en littérature. Communication à la séance mensuelle du 13 Mai 1995

[4] Nouveaux essais critiques. d., 124

[5]  Vaxelaire, J-L., op.cit.

[6] D’après Wilmet, M., 1995.

[7] ibid

[8] Nous partons du fait que le NP de personne au Maghreb revêt des caractéristiques communes.

[9] Ce sont les étudiants que nous encadrons dans deux universités différentes (celle d’Oran et de Mostaganem).

[10] Excepté quelques prénoms de filles (4 soit 1%) dont l’origine est soit occidentale, soit persane ou turque (Il s’agit des prénoms suivants : Lynda, Sonia, Nadia, Chahinâz).

[11] Nous visons par-là, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc.

[12] Voir l’article de Riadh Ben Rajeb (1998), A propos de la prénomination, in étude des prénoms arabes. Edition in Press. Page du site : http://geza.roheim.pagesperso-orange.fr/html/benrejeb.htm consulté le 10/9/ 2010

[13] Voir Wikipédia : le nom arabe http://fr.wikipedia.org consulté le 15-8-2010.

[14] Ibid.

[15] cité par Tésonne 1988, cité par Ben Rajeb, 1998

[16] Beddock, 1991, cité par Rajeb, B., op.cit. 

[17] Levi ­Strauss, 1962, cité par Rajeb, B., op.cit. 

[18] Beddock, 1991.