Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Introduction

  • L. J. Calvet qualifie la ville de « Grosse dévoreuse de langues », faisant allusion explicitement au fait que le campagnard qui y arrive se débarrasse de la sienne pour se mettre au diapason de la citadinité. La ville, carrefour où se rencontrent, se croisent et se hiérarchisent diverses variétés d’une même langue, voire diverses langues. Cette assertion laisse supposer, par ailleurs que, par opposition, la campagne en est une grande conservatrice. Cette apparente dualité, en la question  remonte à des époques lointaines. Dans l’Arabie du Moyen-âge, on envoyait les enfants parfaire leur langue chez et avec les bédouins, tant il était admis qu’elle y était à l’état pur si tant est que cet état existe.

Si cette supposition pouvait trouver un fondement, il serait à rechercher au niveau de l’homogénéité sociale  du fait que les membres d’une même famille, d’une même tribu  vivant seuls, en vase clos ont peu de chance d’être « pollués » par des apports d’ « étrangers ». Ce concept d’étranger et de pollution s’appliquant à tout élément et à toute personne n’appartenant pas à la même sphère socioculturelle, donc, à fortiori,  linguistique du groupe en question. Cette situation culturelle, doublée d’une situation géographique marquée par l’enclavement rassurait par la certitude d’une continuation de ses caractérisations. Il est communément admis que l’on y va se ressourcer, à la recherche de l’ « authenticité » tant sur le plan linguistique que celui plus large de la culture.

La sociolinguistique enseigne que les trois concepts (société, culture et langue) sont si intimement imbriqués l’un dans l’autre que toute tentative d’en isoler un serait vaine : le groupe social s’identifie par sa langue (par sa variété linguistique) et celle-ci, à son tour véhicule sa culture, dont, par ailleurs,  elle fait partie. C’est ainsi qu’homogénéité sociale implique homogénéité linguistique.

Enquêtant sur la langue ou les langues des échanges au sein des familles dans un milieu plurilingue, nous avons tout de suite pensé que, pour rendre compte du phénomène dans sa globalité, il nous fallait enquêter dans les villes et dans les campagnes. Mais, à un moment où  même l’agriculture- activité de base de la campagne- s’industrialise, faisant appel à des techniques de plus en plus sophistiquées, donc nécessitant des connaissances acquises de dures et laborieuses années d’études, comment définir la ruralité autrement que par une délimitation géographique marquée, nous allons nous répéter, par l’enclavement ? Ce nouvel impératif suppose une présence, de plus en plus forte, de personnes instruites, donc maîtrisant plus d’une langue. En effet, exceptée cette particularité (l’appartenance à une aire géographique dite rurale), on y trouve tout ce qui faisait l’apanage de la ville : des commerces aux écoles et parfois même jusqu’aux petites industries (à noter la présence de zones industrielles dans les communes les plus reculées) employant un personnel qualifié, instruit, cultivé et porteur de valeurs qui ne sont pas toujours celles du village. Le niveau d’instruction entraîne un  mode de vie spécifique et suppose une culture enrichie par les savoirs accumulés. En d’autres termes, plus aucun attribut de la ville n’est étranger à la campagne. Quant aux petits métiers relevant de l’agriculture vivrière, ils s’effacent peu à peu et le lexique s’y rapportant disparaît en même temps. Cette urbanisation de la campagne se lit même sur le plan architectural : la vieille maison traditionnelle kabyle est une denrée rare, même en Kabylie. Sur les cinq foyers auprès desquels nous avons enquêté, seuls deux gardent encore quelques vestiges de leurs anciennes constructions et qui plus est ne sont plus fonctionnels.

Nous avons donc convenu que la région de Ouacif (comptant vingt-sept villages), située à 35 km au sud de la ville de Tizi-Ouzou allait être notre terrain d’enquête.

Les langues présentes sur le lieu de l’enquête

La zone d’enquête étant ainsi délimitée, il nous restait à chercher les langues en présence autant dans les foyers que dans l’environnement immédiat des villageois. La première constatation qui s’impose est que sur le plan linguistique, la ruralité se trouve complètement bouleversé par l’arrivée  d’autres langues introduites par les différents services de l’Etat. En effet de l’école- le pourvoyeur le plus important en langues-, à la mairie aux services de sécurité et de la justice : tous concourent à introduire dans les usages une langue qui n’est pas celle du groupe. Pour déterminer avec exactitude les langues en présence dans la famille, il nous a semblé utile, dans un premier temps, de nous assurer de la présence des trois langues en question au sein même de la famille. S’il est une certitude, toutes les recherches l’ont démontré, c’est qu’à côté de la langue maternelle de mes enquêtés- le kabyle-, l’environnement plus vaste  baigne, lui, dans la langue arabe (avec ses deux variétés standards de et le populaire) : langue officielle, celle des médias (journaux, télévision) et de l’école. A côté de ces deux langues, le français, lui aussi, à travers les journaux et autres chaînes de télévision, à travers les programmes scolaires occupe une place non négligeable. Cette situation nous amène à nous interroger sur la  langue ou les langues auxquelles font appel les différents membres de ces familles pour leurs besoins de communication puisque  comme le souligne Louis Jean Calvet (1999) « Il y a un étroit rapport entre les besoins de communication d’un groupe et le moyen de communication qu’il se donne ».  Nous allons donc nous intéresser à la langue de travail de chaque élément de la famille : on ne sort pas de huit heures de pratique quotidienne d’une langue sans en traîner –au moins un peu- chez soi...

Parmi les personnes auxquelles nous nous sommes intéressés, deux travaillent en français (un enseignant de français et un banquier, cinq travaillent en arabe (quatre  enseignants : deux de langue arabe et un agent d’administration au palais de justice). Le reste, des professions libérales (maçon et électricien). Toutefois, même pour les personnes ne faisant pas appel à d’autres langues, on déclare maîtriser et utiliser à l’occasion, la langue française. En définitive, seules deux personnes, d’un certain âge, avouent leur monolinguisme. Nous allons donc tenter d’identifier les différents facteurs qui introduisent, favorisent l’usage de langues différentes dans le milieu  social, objet de notre enquête.

En premier lieu, il y a lieu de signaler que les mamans sensées transmettre la langue de la communauté ne sont pas, elles-mêmes, monolingues, loin s’en faut !  Sur les huit (8) femmes adultes et mariées, du groupe de familles  en question, seules trois (3) sont véritablement monolingues et ne peuvent par conséquent transmettre une autre langue que le kabyle. Pour les autres, cinq (5) comprennent l’arabe dialectal, soit 62,5% ; contre deux seulement qui maîtrisent l’écrit de l’arabe. Quant au français, trois (3) le parlent couramment, soit 42,5% et deux l’écrivent aisément. Il est par conséquent, tout à fait légitime de se demander si l’on doit parler de la langue maternelle ou des langues maternelles.

 

 

    Légende : a- monolingues, kabylophones.

                b- kabylophones comprenant l’arabe populaire.

c- kabylophones maîtrisant l’arabe populaire et l’écrit de l’arabe.

                d-kabylophones parlant couramment le français.

                e- kabylophones écrivant le français.

L’école, ensuite, introduit « ses » langues dans tous les foyers par l’intermédiaire les enfants auxquels elle inculque la science, voire l’art de « bien parler ». Un lycée, un centre de formation professionnelle, quatre collèges d’enseignement moyen et plus d’une vingtaine d’écoles primaires ne peuvent pas ne pas avoir d’impact sur les pratiques langagières au quotidien vu que l’enseignement dispensé se fait dans trois langues (l’arabe, le français et plus tard l’anglais – de tamazight étant trop récent pour avoir un impact palpable au niveau social), qui ne sont pas celle de la communauté linguistique, qui, elle, est berbérophone. Toutes les familles auprès desquelles nous avons enquêté ont- ou ont eu- des enfants scolarisés, et ceux-ci, ont tous, écrit, parlé, chanté dans ces langues apprises à l’école. Une seule famille sur les cinq ciblées a des enfants qui ont quitté l’école précocement. Toujours à propos de l’impact de l’école, son rôle est des plus importants par le nombre de personnes employés par le ministère de l’éducation et qui par conséquent sont amenés à utiliser d’autres langues que la leur propre.- 5 personnes adultes, appartenant aux cinq familles cibles, sont enseignants et enseignantes.

Les médias : la télévision a supplanté les vieux postes radio dans tous les foyers. Seules quelques vieilles restent désespéramment accrochées à leurs transistors. En outre, la radio (particulièrement la chaîne 2, kabylophone) est écoutée dans les voitures, pour ceux qui en ont. Tous les foyers que nous avons visités, dans le cadre de notre enquête, sont munis au moins d’un récepteur de programmes télévisuels. Tous les foyers sont surmontés d’antenne(s) parabolique(s) et tous sont branchés sur les programmes francophones (particulièrement les chaînes françaises) : pour les jeux, les émissions culturelles et les programmes sportifs ;  et dans une moindre mesure, sur les chaînes orientales, particulièrement pour les femmes et pour les feuilletons à l’eau de rose. Quant à la chaîne berbérophone (TV4), elle est regardée pour la météo, les matchs de foot et le feuilleton comico-social  « Dda Méziane ». Voilà pour les motivations. En tout état de cause, la présence des trois langues, supposée, est confirmée et renforcée par les médias lourds avec une forte prédominance du français. Là aussi, le fait se confirme encore plus qu’à l’école : il y a une ou deux langues domestiques, pour les besoins de tous les jours et la langue du savoir et des loisirs : le français.

Toujours au chapitre des loisirs, les enfants sont constamment branchés, à leurs heures libres sur des chaînes diffusant des dessins animés en français ou, à défaut, en arabe. Et ces programmes laissent une empreinte certaine et durable dans l’esprit des enfants. Voilà, par ailleurs, le détail des résultats obtenus : Le premier volet de l’enquête porte sur l’utilisation des médias actuels. Il ressort de notre observation  la perte de terrain du poste radio aux dépens de la télévision.  Généralement, on regarde la télévision plus qu’on n’écoute la radio. Sur les cinq familles ciblées, trois seulement déclarent et ont effectivement un poste radio allumé pendant la matinée, surtout. Quant à leur chaîne de prédilection, celle-là reste la chaîne 2 émettant en kabyle. C’est d’ailleurs ce critère qui est reconnu déterminant dans ce choix. Mais, comme pour se justifier, on déclare que c’est aussi en fonction de la qualité des programmes diffusés et l’habitude semble y jouer un certain rôle. Quant à la télévision, trois foyers sur cinq disposent de deux appareils mais, là, le choix des chaînes est un peu plus rigoureux du fait qu’il semble être dicté par la thématique : de la culture (Arte)  au sport, aux feuilletons à l’eau de rose diffusés par les chaînes arabophones, la nouvelle chaîne berbérophone (la 4) n’a pas encore conquis les téléspectateurs même si certains (deux sur cinq) avancent qu’ils sont tentés de regarder occasionnellement cette chaîne. Par ailleurs, tous déclarent regarder les mêmes chaînes qu’ils soient seuls ou en présence de leurs enfants. Il est vrai que l’on ne peut attendre une réponse autre.

 

L’émigration: La multiplication des moyens de transport et leur démocratisation facilitent grandement la migration. Les retours périodiques au village apportent avec eux un peu de cet « ailleurs » qui se traduit par des mots nouveaux, par l’usage d’une autre langue  que l’on brandit comme un trophée en preuve d’une  réelle transformation. Nous avons retrouvé ce phénomène au niveau de toutes les familles cibles de notre enquête. Pour certaines ( à hauteur de 50%), ce sont des émigrés établis en France, qui reviennent régulièrement en vacances et qui introduisent ainsi l’usage de la langue française à l’intérieur des foyers et plus particulièrement avec les personnes instruites. Avec les vieilles personnes, c’est le kabyle qui est de mise, même s’il est agrémenté de quelques mots  ou expressions ramenés d’ailleurs. Pour les autres, c’est la migration interne : des familles proches ou alliées, établis dans des régions non kabylophones et qui, elles aussi, viennent en vacances dans des familles restées au village et qui, à l’occasion et entre membres de ces familles, surtout pour les jeunes, se mettent à parler arabe populaire. Parmi les familles objet de notre enquête, l’une  d’elles déjà signalée, reçoit des vacanciers venus de France : le frère du chef de famille est établi à l’étranger depuis une vingtaine d’années, marié à une française et dont les enfants ne parlent pas d’autre langue que le français. Deux enfants, neveux de l’émigré en question, sont établis, eux aussi en France depuis quatre et deux ans. Particularité : le français n’est pas plus présent dans les discussions à l’intérieur de cette famille  avec l’arrivée de ces « invités » . Au contraire, tout le monde s’évertue à parler un kabyle, plutôt recherché, comme si tout un chacun voulait prouver que l’éloignement physique n’entraînait pas forcément le déracinement. Le kabyle, la langue, est perçu ici comme le lien indéfectible entre les membres de cette communauté même si la maîtrise de la langue française ne fait aucun doute : le frère émigré est professeur à l’université, l’aîné des enfants est médecin dans un hôpital parisien, le cadet est étudiant en informatique au Havre. Autre signe de cet attachement culturel, pendant leur séjour, ils affectionnent particulièrement les plats traditionnels, là aussi perçus en tant qu’éléments culturels à fonction identitaire. Dans une autre famille, les estivants viennent de Sidi-Aissa (wilaya de Msila) et de Ain-Bessam (Wilaya de Bouira) : deux régions arabophones mais à  forte émigration kabyle et kabylophone. Ce sont des petits enfants qui viennent retrouver leur grand-mère et leurs oncles maternels.

La configuration n’est pas la même que dans le premier cas  ne serait-ce que par l’absence du français.   L’usage de l’arabe, au contraire, y est fréquent même si il n’est utilisé que dans des situations particulières que nous allons tenter de détailler :

  1. Les petits-enfants  avec leur grand-mère et leurs oncles et tantes maternels  parlent exclusivement kabyle. Toutefois, le recours à l’arabe est assez fréquent : ils y puisent tous les termes dont ils ont perdu l’usage de l’équivalent kabyle. Ici, c’est l’emprunt qui prédomine.  Ces vacanciers parlent kabyle  avec un effort visible
  2. Avec leurs sœurs, l’usage du kabyle est largement dominant.
  3. entre garçons: dès qu’ils sont entre eux, c’est le retour systématique à l’arabe populaire.

C’est ce constat qui nous fait dire que l’émigration pèse de tout son poids sur les pratiques langagières au niveau des villages où nous avons enquêté.

L’usage de ces langues par les émigrés, qui « s’en sont bien sorti » économiquement, renforcent l’idée que la réussite sociale passe par l’acquisition d’une langue autre que celle pratiquée au village. Et ce n’est pas l’administration qui va démentir ce sentiment, bien au contraire. Quel que soit le service auquel le contribuable doit s’adresser, il lui est demandé de faire l’effort de parler ou du moins de comprendre ou l’arabe ou le français.

Rôle du niveau d’instruction

Comme nous l’avons  signalé plus haut, c’est le niveau d’instruction qui est en train de remettre en cause la définition même de la ruralité. Nous avons noté que seules les personnes sans aucun niveau d’instruction restaient monolingues dans toutes les situations et contrairement, plus une personne est instruite plus elle utilise une langue autre que le kabyle dans diverses situations. Sur un total d’une cinquantaine de personnes concernées par l’enquête, seules trois (soit 6%) sont dans cet état de monolinguisme. Elles sont toutes trois des femmes, n’ont jamais fréquenté l’école et ont toujours vécu au village. L’âge de ces personnes est de 67, 82 et 87 ans. Cette spécificité semble ne concerner que les femmes, les hommes, eux, même ceux ne justifiant d’aucun niveau scolaire, sont tous autodidactes : ils parlent couramment et lisent aisément des textes rédigés en français (journaux). Ils aiment mettre cette compétence en avant. Il en est de même pour les personnes justifiant d’un niveau  scolaire, aussi modeste soit-il. Elles  aiment bien placer dans leurs conversations  des bribes de phrases en français.

Les personnes justifiant d’un niveau universitaire quant à elles,  ont deux types de comportements bien distincts : certaines transmettent à leurs enfants une culture bilingue : en kabyle et en français. Ils leur apprennent des contes dans les deux langues, leur parlent  indifféremment dans l’une ou l’autre : les mots doux et les reproches sont faits exclusivement en français, par exemple. D’autres, par contre, n’utilisent le français que dans un cadre exclusivement pédagogique, pour ne pas dire scolaire : en dehors de l’école, il n’est utilisé que pour expliquer une notion de langue française à des enfants scolarisés (petits-enfants, en l’occurrence). Il est évident, et nous l’avons vérifié, que chaque type de comportement est lourd de conséquences : certains enfants se sentent aussi à l’aise dans les deux langues, alors que les autres sont beaucoup plus distants vis-à-vis de la langue française.

Conclusion

Si nous devions tirer une conclusion de ce constat ce serait que : le  taux de scolarisation, la facilité de  déplacement (disponibilité des moyens de locomotion, aisance financière…) l’amélioration du niveau de vie qui se traduit par un accès plus aisé aux moyens d’information modernes (chaînes satellitaires de télévision, internet …), la mécanisation de la vie rurale (différents élevages modernes, machines au fonctionnement complexes…), font qu’aujourd’hui, du moins pour le territoire sur lequel a porté notre enquête, la campagne n’a plus de véritables différences avec la ville , si ce n’est l’accès au travail. Pour le reste, ce qui faisait la spécificité première de la ruralité, à savoir : enclavement géographique, culture paysanne et monolinguisme  sont aujourd’hui sérieusement remis en cause.

La présence de plusieurs langues à la campagne est avérée. Cette présence ne se limite pas au cadre scolaire, elle est partout, portée par les apprenants (dans les comptines des enfants..), imposée par l’administration, véhiculée par les différents moyens de transmission et à leur tête la télévision, plus aucun village, aussi reculé soit-il, n’échappe aujourd’hui au plurilinguisme. Terre d’émigration, la région sur laquelle nous avons enquêté finit par connaître toutes les langues de ces terres d’exil. Le kabyle y est encore dominant, nous ignorons l’impact qu’aura l’enseignement de Tamazight sur les pratiques futures, mais pour l’heure, les emprunts, les interférences, le bilinguisme et la diglossie sont partout présents.

Bibliographie

Calvet, Louis Jean, les voix de la ville, Introduction à la sociolinguistique urbaine, Paris, Payot, 1994.

Boyer, Henri, Sociolinguistique : territoire et objet, Lausanne, Paris, Delachaux et Niestlé SA, 1996.

Breton, Roland, Géographie des langues, collection Approches, Alger, Casbah éd, 1998.

Helot, Christine, Du bilinguisme en famille au plurilinguisme à l’école, Paris, 2007.

Kahlouche, Rabah, « Diglossie, norme et mélange de langues »,  in  cahiers de linguistique sociale, n° 22, Rouen, 1993.