Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Bengennūn (1)

I. Vie et caractère

1761?-1830- En 1761, suivant toute probabilité, naquit à Mascara, d'une mère coulouglie et d'un père pur autochtone, un enfant chétif, doué d'une vive intelligence. Il reçut le nom d'El-Ḥbīb. Son père, Gennūn, petit agriculteur, réduit à l'indigence par plusieurs années de sécheresse, avait quitté le sol de ses aïeux, Maqḍā, douar-commune situé à vingt kilomètres environ de Mascara, pour venir se fixer dans la future capitale de l'émir Abdelkader.

 Sur l'origine de la dénomination "Gennūn" il existe deux versions. D'après l'une et la plus vraisemblable, ce nom avait été emprunté à celui d'une terre qui fit partie du patrimoine des ancêtres du poète, nom qu'elle conserve jusqu'à ce jour. L'autre version y voit un dérivé de Gennū  par addition de la terminaison ūn, suivant le procédé particulièrement cher aux Espagnols. Or Gennū  (2) est le nom de l'épouse du marabout de Cassaigne, Sīdī  Laẖḍaṛ Beẖẖlūf, qui serait la trisaïeule de Bengennūn.

 Rien de plus fantaisiste que cette dernière version. Elle est sans doute l'œuvre de tardifs admirateurs, soucieux de donner à leur poète une origine noble. Ainsi rien n'aurait manqué à sa gloire. Ce n'est d'ailleurs pas la seule tentative d'anoblissement du poète qu'on ait faite (3). Mais il serait puéril d'insister sur ce chapitre.

 Son père n'était pas en mesure de lui donner une solide instruction. Il se contenta, comme la plupart de ses contemporains, d'envoyer son fils à l'école coranique pour apprendre par cœur les versets du " Livre". S'il ne fut pas assez heureux pour mériter le titre de " taleb", très enviable de son temps, il eut au moins la patience de s'appliquer à cette étude jusqu'à sa puberté qui fut, à l'en croire, très précoce. Il était encore étudiant lorsqu'il connut les premiers tourments de l'amour. Il trou[1]va dans cette nouvelle préoccupation un dérivatif à la vie prosaïque qu'il menait. D'ailleurs, il ne tarda pas à quitter l'école coranique pour embrasser l'état de boucher (4). Il s'installa à Mascara dans une baraque située au fond du ravin qui s'étend du faubourg de Sīdī  Bousekrine au quartier de Largoub.

Il eut sa première aventure amoureuse à l'âge où le jeûne devient une obligation pour le musulman. Il dit dans un de ses poèmes :

" Les vestiges de la demeure de ma bien-aimée m'ont tourmenté ; je suis venu rendre visite au séjour de Saεdiyyā (5).

" C'est le premier faon blanc, objet de mon amour; elle était bien jeune et n'était pas encore mariée.

" Moi-même, cette année, je jeûnais un jour sur deux, pendant le mois de Ramaḍān. Le jeûne s'imposait à moi pour la première fois.

Bengennūn eut une adolescence fort agitée. Les folles entreprises de " cet épouseur à toutes mains" ne furent pas toujours couronnées de succès. Tout d'abord les orages de la passion ne lui laissèrent pas le loisir de chanter son bonheur ou de déplorer sa mauvaise fortune. Il devint poète le jour où les Gṣāyriyyā(6) lui refusèrent la main d'une fille de leur contribule. C'est alors qu'il révéla ses aptitudes à la satire. Il décocha à ses contempteurs de mordantes épigrammes. Cette audace lui attira la haine des notables de cette tribu. Il n'avait, de son côté, à leur opposer que des plaintes versifiées à l'Eternel et des vœux d'anéantissement de leurs traces. Il s'en remet à Sīdī Mūḥammad ben Ɛmaṛ (7), patron de Mascara, au soin de le venger.

" Les Gṣāyriyyā, dit-il, ces roturiers, ont voulu faire de Bengennūn leur ennemi (8).

" Ils s'assoiront, ont-ils dit, devant les teinturiers (9) et l’āġā ordonnera au qāyed de l'étendre à terre pour le fustiger.

" Où sont Ben Ɛmaṛ et les saints vénérés? Qu'ils se rassemblent pour anéantir leurs ressources (10).

" Prive-les d'héritiers, ô cavalier (11) de l'alerte jument, dévaste leurs [2] maisons au point qu'ils n'aient point d'enfant à élever. " (12)

Il semble que Dieu ait exaucé ses vœux. L'année suivante, la tribu, dit-on, connut une terrible misère. Ce fut tout profit pour Bengennūn qui obtint la main de la jeune fille. Bent Būgaṣriyya fut sa première femme.

Mais là il n'en est qu'à sa première épreuve. Quel fut son chagrin quand il apprit qu'il était accusé du meurtre d'un jardinier, son voisin. Il se lamenta et cria son innocence dans des vers malheureusement perdus. Cela ne l'empêcha pas cependant d'être à deux  pas du gibet. Il ne dut son salut qu'à sa modeste maison dont il vendit la moitié pour acquitter la dette de composition. Croyant devoir cette heureuse issue de son procès à l'intervention miraculeuse de Sīdī  Mūḥammad ben Ɛmaṛ qu'il avait constamment invoqué à ses jours de malheur, il lui voua un ardent culte et lui consacra plusieurs poèmes qui ont disparu en raison de leur nature particulière et de l'oubli relatif dans lequel est tombé ce saint.

Bengennūn épousa, en secondes noces, une jeune fille de Mascara qu'il répudia après trois ans de vie commune pour sa santé précaire. Il eut l'occasion de la regretter. C'est à elle que le poème IV fait allusion. D'un voyage entrepris à Tlemcen (13) aux environs de 1820, il ramena une nouvelle épouse, Bent El-Maṣmūdī  que ses parents consentirent à lui donner en mariage malgré son âge avancé, en raison de son talent.  Il eut de sa première femme, Bent Būgaṣriyya une fille, Hayra, et trois garçons, Lekḥal, Mūḥammad et Aḥmed. La troisième épouse Bent El-Maṣmūdī  mit au monde deux garçons, Belqāsem et son jeune frère(14) fauché à la fleur de l'āge.

1830-1864 - Au lendemain de l'occupation d'Oran par les Français (août 1831) et de la désignation, à Mascara, de Moḥyī ddīn, en qualité de chef des troupes de la guerre sainte (premiers jours d'avril 1832) un grave problème se posa aux contemporains de Bengennūn. Quelle attitude devaient-ils prendre en face de ces événements? Alors que[3] les uns, suivant l'exemple du bey d'Oran Ḥasen, faisaient leur soumission et se recommandaient à la générosité de la France, que les autres (les Ḥšem, les Beni Ɛāmer et les Ġrāba) proclamaient Abdelkader et le suivaient dans son audacieuse entreprise, Bengennūn, lui, servi par une longue expérience, jugea prudent de ne pas se mêler aux orages de l’heure présente. C’était agir avec beaucoup de circonspection à un moment d’une troublante incertitude. De plus, son attachement à la tradition turque l’empêchait d’embrasser le parti d’Abdelkader qu’il considérait comme l’usurpateur du pouvoir de ses anciens maîtres. C’est pourquoi, après le départ des Turcs, il imposa à sa muse le long silence qu’elle ne devait rompre que dix sept ans plus tard.

Dans cet intervalle, un ami de jeunesse, el-ḥāğ Lakḥal Būfarma, descendant du marabout Sīdī  Laẖḍaṛ Beẖẖlūf, le gagna au culte de son ancêtre. Notre poète se fit remarquer par son prosélytisme. Sur les instances de son ami, il accepta de remplir les fonctions de mŏqaddem (17) du patron de Cassaigne[1], pour la région de Mascara. Depuis, on le vit chaque année, au printemps et en automne, à la tête du cortège des pèlerins qu’il menait au sanctuaire du Saint. Cet office, sans être très lucratif, le mit, cependant, à l’abri du besoin, pendant cette période excessivement trouble. A la veille de la prise de Mascara par les Français, il dut, comme tous les habitants de cette ville, saisis d’épouvante, se réfugier à Tāġya. C’est là qu’il perdit un de ses fils, le frère germain de Belqasem.

Quand le calme fut rétabli dans sa ville natale, il fut l’un des premiers à la réintégrer, aux gais accents de sa douce musique, résolu à vivre en bonne intelligence avec les nouveaux maîtres de l’Algérie. Il était déjà plus qu’octogénaire. Les faiblesses de l’âge réduisirent le débit de ce fécond poète, aux proportions d’un mince filet. « Bengennūn, dit-on, est devenu semblable aux autruches : il donne un œuf par an » (16). Je traduis : « un poème par an ». Il ne cessa pas, cependant, de remplir son office de poète profane jusqu’à son dernier jour, en dépit d’une vieille tradition (17) qui invite le poète érotique parvenu à un certain [4] âge, à traiter des sujets plus graves pour effacer le souvenir de ses compositions légères.

Bengennūn s’éteignit en 1864, à l’âge, dit-on, de cent trois ans (18), en laissant, pour toute succession à ses héritiers, ses poèmes « non rachetés » (19).

Telle est la vie de ce charmant troubadour dont la personne, malgré ses défauts, inspire beaucoup de sympathie.

La plaine de Ġrīs (20) berceau de ses jeunes ans eut une influence certaine sur son caractère. Il dut aux riants coteaux qui l’accidentent sa gaîté coutumière, et à la tendre verdure de ses prairies, le goût de la vie facile et l’amour des plaisirs. Malheureusement les déboires et les rigueurs de la vie vinrent assez souvent mêler leur note triste au beau concert de cette existence.

Bengennūn avait surtout un amour-propre de poète très irritable. Cette susceptibilité l’inclinait naturellement à la satire. Dès qu’on le blessait ses épigrammes partaient cinglantes comme des flèches. Ce sentiment le tyrannisait au point qu’il perdait, sous son empire, son tact et sa prudence habituels (21).

Une autre affection de l’âme occupa une grande place dans sa vie, l’amour. Il chanta l’amour depuis son adolescence jusqu’à la veille de sa mort. Cela ne l’empêcha pas d’être un fervent musulman d’une conviction inébranlable. Ne demandons pas à cet épicurien des élans de martyr. S’il lui arrive assez souvent d’oublier Dieu à ses heures d’ivresse, il fait toujours appel à son secours à ses moments d’angoisse [5].

première page de manuscrit

Dernière page du manuscrit

ILa société de Bengennūn

Les écoles de Mascara et de Mazouna (21)

Au moment où Bengennūn s’adonna à la poésie, la ville de Mascara était administrée par le bey Mūḥammad El-Kbīr, futur vainqueur des Espagnols à Oran. Ce prince avait attiré par l’éclat relatif de sa cour, beaucoup de familles turques et coulouglies des autres régions de la Régence. Les fêtes fréquentes qu’il donna contribuèrent à instaurer quelques habitudes mondaines qui ne tardèrent pas à être adoptées par les Arabes eux-mêmes. Dans ce monde aristocratique rongé par le désoeuvrement, la vie de l’esprit y était encore possible. Hommes et femmes se passionnaient pour la poésie vulgaire. Ce fut tout profit pour Bengennūn qui promena sa muse dans tous les milieux. Recherché des grands, notre poète n’était pas banni de la société de l’élite cultivée. De son commerce avec elle, il acquit quelques connaissances juridiques qui, pour être superficielles, ne servirent pas moins son art et son prestige. Un érudit éminent de l’époque, Muḥammad Abū  Rās (23) l’honorait de son amitié. Ce lettré distingué ne dédaignait pas la compagnie de ce rimeur de vers à l’usage du vulgaire. Bien mieux, il le considérait comme un réel homme de valeur.

Un autre personnage non moins imposant par son origine, el- ḥāğ Lekḥal Būfaṛma (24), lui témoignait beaucoup d’affection. C’est à lui qu’il dut, nous l’avons déjà dit, son office de mŏqaddem.

Mais poète, il était naturellement porté à frayer avec les gens de sa condition. De ce monde, il connut Mūḥammed weld Ɛәlī Mrīn, poète en langue vulgaire d’un certain talent. Une étroite amitié le liait aussi aux frères Ben Zaḷḷāl : el-ḥāğ Aḥmed et surtout Mūḥammad — le Sī  Mūḥammad du poème VI — qu’il arracha à ses études de droit pour l’enrôler sous sa bannière. Bengennūn était le chef incontesté de cette brigade de poètes. Ils étaient tous, à des degrés divers, ses admirateurs et ses disciples dociles. Un seul, weld Ɛūda, après l’avoir reconnu pour [6] maître, déserta ses rangs pour se rallier à ses adversaires. Ce transfuge paya cher son audace. Bengennūn, offensé, lui consacra quelques mordantes satires qui lui firent regretter amèrement sa défection.

Bengennūn en sa qualité de chef d’école devait réprimer toute velléité d’indiscipline intérieure, soutenir des joutes poétiques contre les poètes des régions voisines. Il reçut, dit-on, une fois, à Mascara, le beau-frère du bey d’Oran et précepteur de ses enfants, Sī  El-Ɛarbi, homme distingué mais poète médiocre. Par déférence pour le bey, il ne répondit pas à son défi et, par complaisance, imposa même le silence à ses disciples. On crut, un moment, la renommée du poète de la Rāšdiyya (24 bis) à jamais compromise. Le succès était acquis à Sī  El-Ɛarbi, sans coup férir, lorsqu’une imprudence de sa part remit tout en question. Avant de partir, il laissa échapper ce malheureux hémistiche : « Je suis, dans la lutte, semblable au faucon de noble race» (25). Cet orgueil immodéré fit sortir Bengennūn de sa réserve et la réplique partit comme un réflexe de l’amour-propre froissé. « Plus d’un aigle, lui dit-il — dans une épître adressée au bey — a été abîmé par une branche et a péri, son cœur est sorti de son dos entre ses ailes» (26). Il lui cite également le cas de la citadelle du Merğāğū, qui malgré ses pièces d’artillerie et sa garnison, malgré sa hauteur qui l’élevait au-dessus des autres forteresses  et la rendait visible de Gersīf, fut détruite par les tyrans (26 bis). « C’est une folie, ajouta-t-il, de la part de Sī  El-Ɛarbi, que de provoquer les gens. Il m’a pris pour un esclave et s’est attribué le titre de « palahwān » » (27). La fin de cette pièce perd un peu de la violence de l’attaque. Le poète croit de son devoir de donner des conseils à ce noble personnage (28). Le bey remit l’épître à son beau-frère, qui trop pénétré de sa valeur, ne voulut pas reconnaître la supériorité de son rival. Celui-ci se déplaça alors à Oran où il eut peu de peine à le confondre.

Le plus dur épisode de la vie de Bengennūn fut sa lutte contre les poètes de Mazouna. Vieille ville arabe, siège d’université, elle rayonnait de gloire à travers l’Algérie. On y étudiait la jurisprudence et la littérature. Elle devint, surtout depuis le XVIIè siècle, le Parnasse de la poésie populaire [7] la Ɛokāḍ algérienne des temps modernes. Elle conserva cette célébrité jusqu’à ces derniers temps grâce aux poètes de génie qu’elle ne cessa de produire à chaque siècle. A l’époque où Bengennūn se mit à la poésie, l’académie de Mazouna était toute puissante et ses jugements sans appel. Pour être reconnu, tout nouveau poète était tenu de soumettre ses compositions à son appréciation. A la fin du XVIIIè siècle, elle était présidée par le grand « fṣīḥ » Belεabbes. Bengennūn ne voulut pas, d’abord, reconnaître l’autorité de cet aréopage. Il trônait dans sa ville natale, et cette suprématie limitée suffisait à son ambition. Mais Mazouna, jalouse de ses prérogatives, le provoqua chez lui. Elle lui délégua notamment le poète Bensāεūda des Wlǟd el-Ɛabbes (vallée du Chélif) qui vint à Mascara, à l’intention de le confondre. Le duel porta sur les énigmes. Notre poète se révéla plus habile dans ce jeu de l’esprit et son hôte s’en retourna, penaud.

Pour mettre fin à ces défis continuels, Bengennūn se décida à présenter ses compositions à cette académie. Sur 124 poèmes qu’il récita devant elle, elle en admit cinq et rejeta 119, dans lesquels, elle prétendit relever de nombreuses imperfections.    

Cette sévérité à l’égard d’un poète à la réputation déjà faite, avait la valeur d’un affront. Ce fut l’unique visite qu’il fit à l’inhospitalière Mazouna.

Au déclin de sa vie, il connut le célèbre poète de Mercier-Lacombe[2], Mosṭfa ben Brāhīm, étoile de la nouvelle génération.  Disciple généreux, il secourut à maintes reprises son maître, à ses moments de gêne. Il lui manifestait, ainsi, son admiration, matériellement, en attendant de consacrer, plus tard, sa renommée par la place d’honneur qu’il lui réserve dans son poème du « ramier ». « Bengennūn, y dit-il, qui habite Mascara est une mer (de poésie) débordant sur les poètes de toutes les régions » (30).

 Le jugement élogieux du chantre du Tessala (31), tout en affirmant la valeur réelle de notre poète nous donne une idée du respect dont l’entouraient ses confrères [8].

III.Bengennūn, poète érotique.

Bengennūn s’est exercé à beaucoup de genres poétiques courants à son époque, ainsi que l’attestent quelques fragments épars, encore conservés. Mais il est à peu près certain que son thème favori a été l’amour sous son double aspect, heureux ou malheureux. La femme avec son charme séduisant, accapare presque tous les soins de sa muse. On peut dire qu’il lui voua un véritable culte. Il n’avait pas encore atteint l’âge viril qu’il en éprouvait déjà les tourments. Une rencontre heureuse avait fait de lui un amoureux avant l’heure. Il se souviendra toujours de cette charmante Saεdiyya (32), objet de sa première flamme, inspiratrice de ses premiers poèmes.

Ne nous méprenons pas sur le compte de Bengennūn. Ce n’est pas le bédouin fruste et gauche, mais bien un gracieux citadin formé dans une société qui n’excluait pas un certain raffinement. Sa poésie porte plus d’une trace de cette vie désoeuvrée où, transigeant avec la loi coranique, on s’ingéniait à trouver une occasion de conter fleurette à la bien-aimée.

A cette époque, la dépravation s’étant un peu glissée dans les mœurs, les jeunes beautés subordonnaient l’octroi de leur faveur à quelque exploit inspiré par leur amour ou un poème composé en leur honneur. Notre poète savait être galant à l’occasion et flatter, outre mesure, la vanité de ses amoureuses. Je dis amoureuses, car il en eut beaucoup, du moins le dit-il. Sa manière d’aimer n’est pas exempte de sensualité. Elle est loin d’être une contemplation extatique des attraits de la bien-aimée. Il ne peut parler d’une femme sans songer au nectar que l’on cueille sur ses lèvres. Généralement, les inspiratrices de Bengennūn sont mères (P.I. v.18-P.V.v.6-P.VIII.v.36). Cette situation aggrave le crime de ses victimes, mais contribue, par contre, à mettre en relief le pouvoir de séduction dont il dispose, la maternité étant un obstacle sérieux. Cette difficulté à vaincre [9] ajoute à son prestige. D’ailleurs nombre de poètes classiques, Imrulqays en tête, se sont vantés d’avoir réussi à détourner les belles de leurs devoirs maternels (muεallaqa : vers 20). Pour réduire la résistance de sa proie, il a des ressources multiples. Il lui fait entrevoir, parfois, les regrets qu’elle éprouvera bientôt lorsqu’on méprisera ses charmes (P.V.v.31). Souvent, il lui représente le glorieux avenir qui l’attend : elle passera à la postérité et son nom sera immortellement associé à la mémoire du poète (P.III.v.29 et suivants). Souvent, aussi, il lui cite l’exemple des amoureuses célèbres, ce qui est pour lui une occasion de faire le récit de leurs exploits (P.III. du vers 33 jusqu’à la fin). Mais le plus souvent il lui reproche de l’avoir arraché à ses pieuses occupations, escomptant ainsi l’attendrir sur le sort d’un damné.

Il serait injuste de ne pas noter que notre poète, lui aussi, est capable de sacrifice. N’a-t-il pas, consumé par le feu de sa passion, offert de donner son fils[3] en récompense à celui qui lui apporterait les nouvelles de sa belle ? (P.III.v.8). Musulman d’une foi fervente et mŏqaddem de confrérie, combien de fois ne s’est-il pas abandonné à l’enivrement de l’amour profane?

Il n’oublie pas, d’autre part, comme la plupart des poètes arabes, classiques ou modernes, de payer tribut à son amour-propre mais d’une façon assez discrète.

Par ses poèmes, Bengennūn nous donne l’impression d’un libertin avide de plaisirs, reportant sur Dieu ses disponibilités sentimentales, quand aucune beauté ne veut les attirer à elle. 

Il se donne pour un Don Juan, ou plutôt pour un demi Don Juan, un Don Juan non affecté d’athéisme, partagé entre sa foi et son libertinage. Il n’oublie pas qu’il est mŏqaddem et que cette dignité est incompatible avec les apparences de vie licencieuse qu’il affiche dans ses vers. Aussi ne se lasse-t-il pas de se sermonner, mais en vain. Il est tour à tour sollicité par sa concupiscence et ses scrupules religieux. Des vers dans le genre de celui-ci : « Après avoir connu le calme pendant plusieurs [10] années consacrées aux exercices de la piété, voilà que ton amour s’est emparé de moi et m’a tourmenté » (P.II.v.1), aveu de la douloureuse agitation de l’âme inquiète, abondent dans la poésie de Bengennūn. Cette dualité de sentiment se rencontre chez nombre de poètes populaires de son époque. Le šīẖ Mūḥammed parle de venir à résipiscence, dès qu’il aura liquidé avec Faṭma:

« Après (la possession de) ma gazelle Fāṭma, je reviendrai à Dieu et j’oublierai les jouvencelles »(34)

Il arrive à notre poète d’oublier ses rancunes de rivalité amoureuse pour se reposer dans la délectation des joies d’une douce amitié. Il consacre tout un poème (P.VII) au lieu commun de l’utilité des amis. Mais ce n’est qu’un accident dans son œuvre.

 Il a confectionné, dit-il ailleurs, une robe de soie à son cheval (35). Au fond, s’il parle de ce fidèle compagnon doux et affectueux, c’est non seulement, parce qu’il est le dépositaire de ses secrets, le témoin muet de ses heures d’ivresse, mais aussi et surtout parce qu’il brûle les étapes pour le porter auprès de sa belle [11].   

IV. Bengennūn, versificateur d’énigmes.

L’énigme servit de tout temps à éprouver la sagacité de ceux qui prétendent aux honneurs de la poésie vulgaire. Mais passe-temps favori de la majeure partie du peuple, n’était-elle pas cultivée par les poètes soucieux de se conformer au goût du public et mériter son suffrage ? Serait-elle, au contraire, une survivance lointaine d’une coutume de l’Arabie antéislamique selon laquelle les poètes — première manifestation de l’idée du poète-mage — étaient doublés de devins (36).

 Les poètes de la littérature classique de l’Islam, eux-mêmes, ne dédaignèrent pas ce genre de composition et plus d’un y acquit une place honorable. Ibn Ɛabdrabbih lui consacre le dernier chapitre de son εiqd al-farīd (37). C’est à ce genre que les séances 15, 24, 32, 36 et 44 de Ḥarīrī  doivent tout leur intérêt. D’autre part, le poète, selon la croyance vulgaire, est un savant, un être achevé que rien ne doit embarrasser. Il doit surtout, sous peine de déchoir, exceller dans ce jeu de l’esprit qui a la prédilection de ses admirateurs.

 De toute façon, à l’époque de Bengennūn où florissaient les joutes poétiques, l’énigme devait être, plus que jamais, à la mode. Elle était une sorte d’épreuve éliminatoire dans ces duels intellectuels. Notre poète y était très habile. Il passait pour l’Œdipe de son temps. Un peu agressif par nature, jaloux de sa suprématie, il achève souvent l’énigme par une pointe insolente à l’adresse de l’adversaire.

 Lorsque le poète Bensāεūda vint de Mazouna pour le confondre, il l’invita à dîner, et au moment de se mettre à table, il lui donne à résoudre l’énigme suivante :

  1. « Elle vole sans ailes et s’élève dans les airs. Dans le ciel, elle engendre des ogres.
  2. « Inerte, elle produit des fruits. Elles donnent des fruits qui noircissent.[12]
  3. « Ote-toi, ô fṣīḥ, des marchands de piments. Tu t’es exposé au feu du brandon. » (38)

Son hôte ne put lui en fournir l’explication et partit sur le champ. Mazouna en donna, quelques jours plus tard, la solution suivante.

  1. « Ce qui vole et s’élève dans les airs sans ailes, est l’objet perforant ;
  2. « Celle qui, inerte, donne des fruits, est la corne qui produit des têtes de férule. » (39)

Weld Ɛūda, ce disciple infidèle, qui s’insurgea contre son maître, conçut, une fois, l’idée de mettre celui-ci dans l’embarras. Il lui apporta un œuf et lui dit :

  1. « Si tu es un šīẖ, possédant la science des énigmes, montre-moi la tête de l’oiseau ainsi que ses pattes.
  2. « Il est dans l’œuf et pourtant chaire vive. De quel côté se trouvent ses yeux ? » (41)

Notre poète répondit à cette « colle » par une injure :

« Porte-le, lui dit-il, à ta mère une telle ; elle a l’habitude de couver et toi, celle de chaponner. » (42)

Bengennūn mettait quelquefois son art gracieusement au service des amants traités avec rigueur par leurs belles. Son concours leur était précieux. Il le fit surtout à ce jeune homme que son amie avait mis en demeure de lui apporter, sous peine de rupture, la solution de cette énigme (43) :

  1. « La terre a versé de l’eau et le ciel s’en est abreuvé ;
  2. « Le loup a rugi et le lion a hurlé
  3. « Au goudron atteint de la gale, nous n’avons trouvé aucun remède. »(44)

Bengennūn la lui fournit dans un gracieux tercet de même assonance :

  1. « Le soleil s’est levé et a propagé une lumière intense
  2. « Les poltrons sont devenus des poignards tranchants et les preux, des fourreaux ;
  3. « L’amour s’est éparpillé ; la direction qu’il prend nous échappe. » (45)[13]

Les questions religieuses étant la principale préoccupation des esprits, d’alors, notre poète ne résiste pas à la tentation d’en faire la matière de ses énigmes.

A un élève du šīẖ Abū  Rās qui le reçut avec peu d’enthousiasme, il posa cette énigme (46) :

« Montre-moi la mosquée sans qibla, la femme sans mari, et le cheval sans jument. » (47)

Il ne put évidemment en trouver la solution. Son maître la lui fournit, le tança et le réconcilia avec le poète.

L’histoire (ou la légende) de la création du premier homme lui suggéra cette énigme sur Adam (48) :

« Il n’est pas sorti d’un œuf et n’a pas été mis au monde par un utérus. Et (pourtant) il a bu de l’eau et pris de la nourriture. »

Une autre énigme mérite d’être citée pour l’ampleur du vers, chose rare dans les jongleries de l’esprit (49) :

  1. « Je possède une sekka (50). Elle n’a pas été labourée par des charrues, (sa récolte) n’a pas été vannée avec des fourches et (n’a pas connu) une mesure (de capacité).
  2. « C’est pour l’indigent, autant que pour le riche, un réservoir de provisions qui ne pourrissent et ne deviennent jamais amères (51).
  3. « Celui qu’on égorge sans couteau, avec la langue. Son sang ne souille pas les habits et n’est pas rouge (52.)
  4. « Et ce nu, sans vêtement, qui passe sa journée à galoper. Il disparaît sous les ténèbres et apparaît au clair de lune
  5. « Tantôt il s’allonge et tantôt il se raccourcit. » (53). [14]

V.Métrique de Bengennūn

La langue arabe garda sa pureté tant que le peuple qui la parlait est resté confiné en Arabie. Le jour où elle sortit de son gîte pour suivre les prosélytes de l’Islam dans leurs chevauchées éperdues à travers le monde, elle s’altéra. Le calife Ɛalī  ben Abī  Ṭālib fut l’un des premiers à remarquer ce danger. Il crut le conjurer en posant les principes fondamentaux de la grammaire arabe qu’Abū  l-’Aswad ad-Du’ali consigna dans un précis (54). Cette sage mesure eut pour effet de préserver de la perte la langue du Coran, au profit des seuls érudits. Elle n’enraya point l’évolution du parler de la masse qui se poursuivit au gré des tempéraments régionaux et aussi dans le sens de la simplicité.  En Afrique du Nord, notamment, cette langue, par l’abandon des désinences syntaxiques  et les nombreux mots qu’elle emprunta aux vocabulaires berbère et turc, devint de bonne heure, un idiome bien distinct de la langue classique.

Dans cette forme dialectale de l’Arabe, la prose n’a pas encore été élevée au rang d’instrument artistique. Le vers, seul, jouit de cet avantage. Une poésie populaire, proche parente de celle que nous voyons fleurir de nos jours, était en honneur au XIV è siècle de l’ère chrétienne. Elle était très répandue au moment où l’historien Ibn Haldūn écrivit sa « Moqaddima » (1378(†)-779(H)). L’excellente facture des spécimens qu’il nous en donne dans ses « Prolégomènes » (55) nous autorise à émettre l’hypothèse que son éclosion remonte à deux ou trois siècles plus tôt.

Mais la poésie populaire de cette époque, en dépit de ses nombreuses licences restait fidèle au principe fondamental de la métrique classique. C’est que la langue dont elle se servait, malgré la négligence des désinences finales, s’y prêtait encore.  Il n’en est pas de même du parler actuel. M.W.Marçais a observé (56) que les voyelles brèves en syllabe ouverte non accentuée ont une tendance à s’évanouir [15] « selon un processus général des dialectes arabes »(57). Or la versification classique est basée précisément sur l’alternance brèves et longues. Il en résulte donc qu’il est matériellement impossible à la poésie actuelle de s’astreindre aux exigences de l’un des seize mètres que nous connaissons. Ne pouvant plus se soumettre aux règles de la versification métrique, en raison de la perte qu’elle a subie de l’un des éléments constitutifs du rythme ancien, elle compta, dès lors, pour rendre sa musique saisissable, sur le nombre de syllabes et l’accentuation (58) ; elle suivit une versification syllabique.

Elle garda de la poésie classique la qāfiya (59) (pied où s’insère la rime et la césure qui sépare le vers en deux éléments plus ou moins inégaux). En dehors de cela elle ne la rappelle que par ce qu’elle doit au zağal (60), au mawāliya et au muwaššaḥ, formes rythmiques issues du système classique.

Déjà dans le zağal et le mawāliya, nous voyons le procédé connu sous le nom de tafrīε (61) qui consiste à faire rimer le premier hémistiche avec le second du premier vers, s’étendre à plusieurs vers de la pièce. Nous y voyons apparaître aussi les vers croisés qui n’en sont qu’une variété.

Dans le muwaššaḥ l’évolution est plus avancée ; nous y assistons au croisement des rimes, non des vers, mais des hémistiches qui déjà en sont dotés. C’est là une des pièces maî- tresses de la versification vulgaire. De même que le muwaššaḥ est versifié en strophes, le rkāb est, lui aussi, une poésie strophique. Si dans la création de Moqdem Bni Maεāfīr (62) on distingue deux membres : le « meḏhab » et le « dawṛ » ou bien le « simṭ » et le « ġoṣn », dans la qaṣīda vulgaire on a la « hedda » et le « fṛāš » ou la « εaṛobiyya » et le « maṭlaε » ou enfin le « bīt » et le « ġoṣn ».

Le rkāb est l’équivalent vulgaire de la qaṣīda classique. Dans tous rkāb les heddas ou strophes (63) alternent régulièrement avec les fṛāš ou stances dont le nombre est égal à celui des premières moins [16] une, tout poème devant commencer et s’achever par une « hedda ». Le poète est libre quant à l’ampleur à donner à ses vers et à ses strophes, et aux rapports à entretenir entre ces dernières. En règle générale, la « hedda » a plus de vers que le « fṛāš ». Le contraire arrive aussi mais c’est l’exception. La « hedda » est la partie qui sert à l’exposition du sujet ; c’est le lieu où évolue l’idée maîtresse inspiratrice du poème. Dans le « fṛāš », le poète, las, essoufflé, s’arrête pour reprendre haleine, pour analyser les sentiments qui déchirent son âme ou évoquer les souvenirs que lui rappelle la matière de la « hedda » précedente. La « hedda » est cette zone du poème où l’idée est pour ainsi dire à l’état dynamique, le « fṛāš », celle où elle est à l’état statique. Le « fṛāš » est à la « hedda » ce que la flânerie est à la marche.

 « Une qaṣīda bien établie, nous disent M.M.Guin et Delphin (64) est vraiment un tapis merveilleusement tissé où les couleurs s’entremêlent et s’enlacent sans que l’œil en soit choqué. La hedda qui a la même assonance est le fond du tissu et lui donne le ton dominant. Le fṛāš qui n’a jamais la même rime, ce sont les laines de couleurs différentes, qui passent et repassent dans la trame, découpent le fond en mille petits dessins et forment cet ensemble gracieux et riche qui en fait un objet digne d’être suspendu dans la demeure des grands ».

Rien de plus juste que cette comparaison, les « heddas » ont la même assonance parce qu’elles constituent la base du poème et doivent, en quelque sorte, en assurer l’unité. Les fṛāš ne sauraient avoir la même rime dans toute l’étendue du « rkāb » parce qu’ils ont été conçus justement pour varier le rythme et rompre avec la monotonie des « heddas ».

Dans toute strophe vulgaire, outre que les vers sont monorimes, les premiers hémistiches, eux aussi, sont construits sur une même rime.  Si l’on observe que les hémistiches impairs, tout comme les hémistiches pairs, ont la même quantité de syllabes et le même nombre d’accents, on arrive à cette conclusion que les hémistiches de même ordre sont respective [17] ment superposables, quant à la rime, la quantité syllabique et l’accentuation.

Quelquefois la strophe est formée de plusieurs distiques dont les vers sont agencés de la manière suivante : trois hémistiches pourvus de la même assonance et un quatrième affecté d’une rime que reproduit la fin de chaque distique (65). Cette disposition rythmique rappelle les strophes carrées fort en honneur, au XVIè siècle, en France et dont T.Gautier nous a fourni un exemple dans son ghazel :

« En quittant ma baignoire

« Il me plait qu’une noire

« Fasse mordre à l’ivoire

« Mes cheveux manteau brun »

 Souvent, le quatrième hémistiche est plus court que les premiers. Ce sont alors de véritables quatrains à clausule simple (66).

 La quantité syllabique des vers varie avec le tempérament de chaque poète. Néanmoins aucun hémistiche ne peut dépasser la largeur d’un hendécasyllabe, soit la limite de vingt deux syllabes pour le vers entier. L’hémistiche trisyllabique est un minimum.  Aucune règle, que je sache, n’oblige le poète à apparier le premier hémistiche au second quant au nombre de syllabes. C’est ainsi que des combinaisons plus ou moins heureuses peuvent naître de l’association dans le vers de premiers hémistiches longs avec de seconds courts. Il arrive, parfois, que le second élément du vers soit plus vaste que le premier (67).

 Le nombre et la place des accents achèvent de déterminer la cadence du mètre. Le poète peut varier le rythme de ses vers en déplaçant les accents. On est frappé, cependant, de voir dans certaines pièces, un accent, au moins, tomber au même endroit dans les deux hémistiches. C’est ainsi que dans les vers décasyllabiques, ce sont les cinquièmes syllabes qui sont accentuées (68).

 Dans les mètres à hémistiches respectivement de dix et neuf syllabes, la césure est après la troisième, la sixième ou la septième syllabe [18].

 Les poètes vulgaires usent, en outre, d’une sorte de refrain qu’ils appellent « rīša » ou « teryāš ». C’est un second hémistiche isolé qui vient s’insérer entre le premier et le deuxième vers de la première « hedda » et ouvre les « heddas » suivantes. Le « fṛāš » peut en être pourvu, mais rarement et toujours concurremment avec la « hedda ».

 Chez Bengennūn, en règle générale, la strophe ne dépasse guère l’envergure d’un dizain en vers longs. On y rencontre jusqu’au treizain (69) mais en vers courts. Une seule fois il a usé d’une strophe de quinze vers (70) ; mais cet élargissement de la période rythmique lui a été dicté par les nécessités de la narration.

 Les « heddas » et les « fṛāš » chez lui, s’allongent ou se rétrécissent au gré de sa fantaisie. Aucun souci de tomber sur un nombre uniforme de vers. Il aime les couplets inégaux mesurés par l’idée ou l’inspiration. Ennemi par contre de l’hétérométrie dans les vers, il fait toujours succéder aux vers égaux des « heddas », des « fṛāš » aux vers de même mesure, d’une accentuation identique. Une seule fois il a fait alterner de vastes strophes avec des couplets agiles de petits vers (71). Partout ailleurs il n’a employé que des strophes isométriques. Cela nous explique le caractère moyen de la musique de sa poésie dont la cadence est nettement perçue par l’oreille la moins exercée.  Bengennūn « n’attelle jamais à quatre ». S’il a un effet à produire, il s’en remet pour la réaliser, surtout à la finesse des idées et des images, à l’élégance de l’expression, parfois même à la sonorité des mots. Il affectionne surtout le vers de dix-neuf syllabes à premier hémistiche décasyllabique (P.II, III, VII, et VIII) auquel il donne des airs variés par la place qu’il assigne aux accents (72). Il a usé de vers plus amples, de double décasyllabe avec des accents sur les cinquièmes syllabes (73) ; une seule fois, que je sache, des vers de vingt et une syllabes avec des accents aux troisièmes et septième syllabes et une pause à la sixième pour le hendécasyllabe (74). Il lui arrive aussi d’associer un hémistiche octosyllabique à un décasyllabe ; tous deux à cinquième syllabe accentuée (75). Une assez longue [19] qaṣīda est faite en vers de treize syllabes à second hémistiche heptasyllabique (76). D’un tour aisé, d’une allure simple, la phrase de Bengennūn achève de donner à son vers un rythme agréable.

 C’est à cet art que nous devons cette poésie gracieuse et suave à laquelle la musique des concerts(77) est venue ajouter un charme de plus.[20]

VI. La langue de Bengennūn

 Le dialecte de la plaine de Ġrīs, parler de notre poète, fait partie du groupe des dialectes ruraux de l’Ouest algérien, à l’un desquels, l’éminent orientaliste, M.W.Marçais a consacré sa savante étude, le « Dialecte des Ūlād Bṛāhīm de Saïda », après les travaux de M.M.Delphin (Recueil de textes pour l’étude de l’arabe parlé), Bel (la Djazia) et Doutté (Texte arabe en dialecte oranais). Or les Ahl Ġrīs sont, territorialement, les voisins des Ūlād Bṛāhīm et parlent, comme eux, la même langue.

Je n’ajouterai donc rien aux remarques phonétiques et morphologiques que l’on trouvera dans les notes. Je me bornerai simplement à étudier quelques particularités de la langue poétique des « gouwals » (poètes populaires en langue vulgaire) à travers l’œuvre de Bengennūn.

 Tout d’abord, nous y voyons des mots empruntés au vocabulaire turc, surtout dans les poèmes composés antérieurement à 1830 (gormi, bālahwān, kunği, sekma, etc.).  On y trouve aussi des termes recherchés, en partie disparus du langage actuel, beaucoup d’expressions imagées et de gracieuses métaphores. C’est ainsi que la bien-aimée devient, par synecdoque « l’œil de faucon » (78) (P.I.v.1-P.VI.v.8), le regard de gazelle(P.II.v.13). Lorsque l’amante joint la jeunesse à la beauté, c’est un chevreau de gazelle (P.II.v.21) (79). Une taille svelte et élancée est une longue palme (P.II.v.9), l’étendard de l’émir (P.I.v.19) ou le pavillon du bey(P.II.v.6). Son front est un flambeau éblouissant (P.II.v.17). La bien-aimée elle-même a l’éclat de l’astre de la nuit. L’allégorie n’est pas absente de son œuvre. Dans

le poème IV, la femme qu’il chante devient un jardin. Les fleurs représentent ses charmes multiples. Elle est aussi un gibier qu’on guette et qu’on capture quand on est habile chasseur (P.VIII). Poursuivre une femme de ses assiduités devient pour lui une véritable attaque à main armée. C’est une façon de concrétiser les forces morales dont il [21] dispose. A une dame qui se montre récalcitrante, il tient ce langage : « j’ai constamment l’arme en joue, braquée sur toi… » (P.V.v.24). La résistance de la bien-aimée se traduit par ses troupes précédées de tambours qu’elle oppose aux assauts de l’amoureux (P.III.v.3-P.II, v.8). A ses rivaux il déclare la guerre (P.VIII.v.3). La comparaison d’une entreprise amoureuse à une expédition guerrière n’est pas une nouveauté chez lui, c’est un poncif de la poésie vulgaire.

 La langue de Bengennūn accuse une certaine prédilection pour les termes concrets qui colorent agréablement le style. Et cela n’était pas dans le goût du temps qui allait à l’expression abstraite, sans couleur. Pour tout exemple, je ne citerai que le vers :

« L’esclave noir au visage renfrogné veille sur elle ; il a horreur du mâle même parmi les mouches » (P.IV.v.59)(81)

qui souleva les critiques de Mazouna. Celle-ci conseilla au poète de remplacer « mouches » par « toute espèces animale » (82), conseil qu’il ne suivit point d’ailleurs. Elle l’invita également à substituer dans un autre vers (P.IV.v.4) le mot « tahmar » (couler) à « tharhar » (murmurer), vocable plus expressif grâce à la chute des « r » qui imite le murmure des eaux.

Si Bengennūn ne garde pas toujours (83) de la poésie classique le préambule qui chante les traces du campement de la bien-aimée, il en conserve, au moins, certaines images et comparaisons qui lui sont familières. Un parterre fleuri rappelle le visage de la bien-aimée

(P.IV.v.8) tout comme dans ce vers d’un « muwaššaḥ » d’Ibn Sahl al-Andalusī : « Les roses s’épanouissent dans mon jardin chaque fois que mes regards l’atteignent à la dérobée »(84), où le mot « jardin »est employé métaphoriquement pour visage. Bengennūn compare sa bien-aimée au moment précis où elle imprime à sa démarche un gracieux balancement, à un turc de haute lignée, titubant d’ivresse, à sa sortie de son bureau (P.III.v.14). Ɛamr Ibn Kulṯum n’a-t-il pas dit, près de quinze siècles plus tôt, dans sa muεallaqa :

« Lorsque (nos femmes) s’esquivent, elles marchent [22] avec lenteur et balancent mollement leur corps à l’instar du buveur grisé par le vin » (85).

Le vers 39 du poème IV : « Sa taille n’est pas exagérément haute au point d’être fade ; elle ne pèche pas (non plus) par petitesse » a toutes les apparences d’une paraphrase du second hémistiche du vers trois de la célèbre qasīda de Kaεb Ibn Zohayr (bǟnat Suεād) :

« Elle n’a, pour lui être reproché, ni une chétive ni une géante taille » (87).

 D’ailleurs ces réminiscences classiques se retrouvent aussi chez d’autres poètes ses contemporains.

 La poésie vulgaire abuse surtout des mots « sœur » et « frère » pour interpeller l’amante et l’amant (Bengennū n, P.III, v.9, 33-P.VI.v.3). C’est là une survivance du code d’amour des temps de la gentilité arabe. Dans une pièce célèbre, souvent citée comme spécimen de poésie descriptive, Bišr Ibn Ɛawāna dit à sa bien-aimée :

« O Fāṭima, que n’étais-tu présente, là-bas dans la vallée, large, quand le lion se mesura avec ton frère Bišr ?» (88).

Ainsi cette poésie vulgaire se souvient toujours de sa noble origine, et les réminiscences qu’on y trouve sont autant de marques d’attachement de cette fille romanesque à sa mère désolée qu’elle quitte pour courir l’aventure [23].

 -II. Texte arabe, transcription et traduction

Système de transcription

Consonnes et semi-voyelles


ب = b

ت = t

ث = ṯ

ج = ğ

ح = ḥ

خ = ẖ

د = d

ذ = ḏ

ر = r

ر =(emphatique) ṛ

ز = z

ز= ż(emphatique)

س = s

ش = š

ص = ṣ

ض = ḍ

ط = ṭ

ظ = ẓ

ع = ε

غ = ġ

ف = f

ق = q

ڤ (ق معقودة) = g

ك = k

ل = l

ل =(emphatique) ḷ

م = m

ن = n

ه = h

و(semi-voyelle) = w

ي(semi-voyelle) =y  

 

Voyelles, diphtongues et accent

i comme i français

e près de é français

ä près de è français

a comme a français

o comme o français

u comme ou français

ə voyelle de timbre neutre

 

Voyelles longues : ā ī ū

Voyelles ultra-brèves : ă ĭ ŭ

Diphtongues : a͡i

Accent rythmique : lettre en gras.

 Dans le texte arabe, j’ai adopté l’orthographe la plus voisine de l’arabe classique [24].

 

القصيدة الاولى

هدّة

1.الّي بيَ جاءتني كودة بعيدة * واش يوصّلني لعين الطّير

2.حرزتك لها اذا لبّيت نغدى * يا عودي للّه بيَ سير

3.حظيتك من الڤايلة و سموم البردة * ما علّفتك بالية من شعير

4.و تسحامك لبدا و المحكّة جديدة * ما شرّبتك يا الحرّ غدير

5.و جلالك خملة و سرجَك كالوردة * حتّى حجوبك يا العاڤ حرير

6.رتّعتَك من الصّوف ما لظّوك حدّة * كِخُويَ و الاّ انتيَ خير

7.نخلاتك زينين ما تلقاك شدّة * و صباحك يغني الّي فقير

8.زوّرتك للشّيخ الاكحل ليس تردَى * كان عنيت بلا جناح تطير

فراش

9.وصّلني للدّارڤة ترعى جميلي * الّي يسمُّوها بحرف الزّين[25]

10.اربعة حروف ينقطوا فوقي و سفلي * ما نجحد شي واشمة اليدين

11.زينب في البنات فضحت لي هبالي * ڤسمَت لي ڤلبي على نصفين

12.عارم في رفراف برج طويل عالي * بين اظفار طيور قَتَّالين

13.ما رسلَتْ لي ما مشى لِها رسولي * ما جاب خبَرها صديق ضنين

14.راه خيالك يا امراة دايما ڤبالي * ما يعطي عفّة برمشة عين

15.حارسني في النوم واليقضة يشالي * عقلي طار لها بلا جنحين

هدّة

16.يا قبطان الخيل وصّلني لعدّة * عشِّي بيَ دون ذاك الدير

17.الا هُوَ دايره في الڤور عمدة * هايج ليل و حافظ التدبير

18.نغدو لامّ وليد بنت مرار الاعداء * كان تلاقينا نعود بخير

19.نشفَى مرغوبي من الّي جاءت كودة*عين البرني سَانجَاق المير[27]

20.نعمَل لك يا غايتي شُهرة جديدة * كالادهم مزيّخُه البشير

21.حرّاج و درّاج ما تضنيه عودة * ثمنه يفدي جيش بالتّيسير

22.حتّى انت مذكور من الڤبلة لوجدة * خَبرك في الصحراء و بَلد الجير

23.ڤالوا ابن ڤنّون راه انشا قصيدة * لبّس عوده قاط حَرج حرير.

 

Poème I

Hedda

  1. ellī biyyā ğǟtnī kowdā bεīda * wāš-īlaḥḥagnī bεa͡yn äṭṭa͡yṛ
  2. ăḥräztäk lēhā͡yḏā läbbä͡yt noġda * yǟ εa͡wdī lellǟh biyyā sīr
  3. ḥẓätek melgä͡ylā wesmūm el-berda * mǟ εalleftek bǟlyā mešεēr
  4. wtesḥāmek lebdā wel məḥakka ğdīda * mǟ šaṛṛabtek yǟ-l ḥorr ĕġdīr
  5. wĕğlǟlek ẖamlā ͡wĕserğek kel warda * ḥatt ăḥğū bek yǟ-l εǟg ăḥrīr
  6. rettaεtek maṣ-ṣōf mā ḷaẓẓōk ḥadda * kī ẖuyā wellǟ ntǟyâ ẖä͡yr
  7. naẖlǟtek ze͡ynīn mǟ telqāk šedda * waṣbaḥäk yeġnī -llī fāqīr
  8. zawwaṛtek leššīẖ Lekḥal le͡ys taṛda * kän ăεnīt ĕblā-ğnǟḥ ăṭṭēr

Fṛāš

  1. waṣṣannī leddǟrgā taṛεā ğmīlī * ellī -ĭsemmūhā bḥaṛf ĕzzīn [26]
  2. ṛabε ăḥrōf yengṭo fa͡wqī ͡wseflī * mǟ neğḥad šī  wǟšmet līdīn
  3. Zīneb fī lebnǟt faḍḥat lī hbǟlī  * gesmet lī  galbī  εlā naṣfīn
  4. εārem fī ṛafrāf boṛğ ăṭwīl εālī  * be͡yn ăẓfāṛ ăṭyōr qattǟlīn
  5. mǟ reslet lī mǟ mšā līhā rsūlī * mǟ ğǟb ăẖbaṛhā ṣdīq ăḍnīn
  6. ṛāh ăẖyǟlek yā mṛā dīmā gŏbālī * mǟ yaεṭī εffā bṛamšet εa͡yn
  7. ḥareznī fen-nūm wel yaqẓ˿ā yəšǟlī * εaqlī  ṭāṛ elhā blā ğenḥīn

Hedda

  1. yā qobṭān el-ẖā͡yl waṣṣannī -l-Ɛadda * εaššī biyyā dūn ḏēk eddīr
  2. ellā huwwā dä͡yrū felgōṛ εomda * hāyeğ le͡yl-ū ḥāfăẓ ettedbīr
  3. noġdū lumm-ūlīd bent amṛāṛ leεda * kǟn ětlǟqēnā nεūd ebẖê͡yr
  4. nešfā marġūbī mellī ğǟt kowda * εa͡yn el-boṛnī  sēnğāq al-mīr [28]
  5. naεmel lek yā ġā͡ytī šohṛā ğdīda * kī ledhäm ĕmzyyẖō-l-Bäšīr
  6. ḥaṛṛāğ-ū daṛṛāğ mā taḍnēh εawda * ṯemnū yefdī ğyš bet-teysīr
  7. ḥett-entā maḏkōr melgeblā-l-Weğda * ẖabṛak feṣṣaḥṛā͡-wbeld el-ğīr
  8. gǟlū Bengennūn ṛāh enšā qṣēda * lebbes εa͡wdū qāṭ ḥaṛğ ăḥrīr [30]

Traduction

Poème I

Hedda

  1. L’objet de mon amour habite fort loin de moi ; par quel moyen parviendrai-je à l’œil de faucon !
  2. Je t’ai soigné à son intention, pour le cas où, répondant à son appel, je me rendrai auprès d’elle. Je te conjure, au nom de Dieu, ô cheval, presse le pas.
  3. Mes soins t’ont soustrait aux ardeurs du soleil et aux rigueurs du froid ; je ne t’ai point servi à manger de l’orge qui a vieilli
  4. Je t’ai baigné tous les jours ; la trille est neuve, je ne [25] t’ai pas abreuvé, ô pur sang, d’eau croupissante.
  5. Ta couverture est en tissu de haute laine et la selle a l’éclat de la rose. Jusqu’aux talismans que tu portes, ils sont en soie.
  6. La corde à laquelle je t’attache est en laine. Tu n’as pas été harcelé par des fers (éperons). Je te chéris comme un frère ou davantage.
  7. Les épis de ta robe sont gracieux. Le malheur fuit ton passage et ton apparition enrichit le pauvre (qui te rencontre)
  8. Je t’ai fait faire le pèlerinage du sanctuaire de šīẖ Lekḥal. Tu ne failliras pas (aux qualités de ta race). Si tu fais du zèle, sans ailes, tu voleras.

Fṛǟš

  1. Porte-moi auprès de celle qui se cache ; elle m’en sera reconnaissante. L’initiale de son nom est un zīn (zāy). [26]
  2. Quatre lettres affectées de points diacritiques par dessus et par-dessous, forment ce vocable. Je ne dissimulerai pas (le nom de) celle qui a les mains tatouées.
  3. De toutes les filles, Zīneb est celle qui a fait éclater ma folie. Elle a partagé mon cœur en deux moitiés.
  4. C’est une femelle de faucon perchée sur l’étendard d’une grande et haute tour (défendue) par des serres meurtrières de faucons māles.
  5. Elle ne m’a pas envoyé de messager et aucune personne de ma part n’est allée les voir. Aucun ami sincère ne m’a apporté de ses nouvelles.
  6. Ton image, ô femme, est toujours présente en face de moi. Impitoyable, elle ne me quitte pas d’un clin d’œil.
  7. Elle me guette pendant le sommeil et s’agite devant moi [27] dès que je m’éveille. Ma pensée a volé vers elle sans ailes.

Hedda

  1. Ô capitaine des coursiers porte-moi auprès de Ɛadda[4], et fais-moi parvenir, à la tombée de la nuit, en deça de ce hameau lointain.
  2. C’est lui (Ɛadda) mon unique soutien dans la tribu. C’est un preux et un habile diplomate.
  3. Nous nous rendrons auprès de la mère de l’enfant, celle dont le père est redoutable à ses ennemis. Si nous nous rencontrons, je reviendrai en bonne santé.
  4. J’assouvirai la passion que j’éprouve pour celle qui habite bien loin de moi, (la belle) l’œil de faucon au port d’étendard de l’émir. [28]
  5. Je te confectionnerai, ô toi qui es mon meilleur (ami) un costume neuf. Je t’embellirai comme le cheval noir d’el-Bäšīr
  6. Fougueux et ardent, jamais jument n’en produira de semblable. Son prix paiera largement la rançon d’une armée.
  7. Toi aussi, tu es connu, du Sahara oriental à Oujda. On parle de toi au désert et dans les villes (bâties à la chaux)[5].
  8. Bengennūn, a-t-on-dit, a composé un poème. Il a vêtu son cheval d’un manteau couvert de broderies en soie.[29]

 

القصيدة الثّانية

هدّة

1.بعد ان هنيت هذوا سنين وانا تايب * حتّى الفى عليّ غرامك اهلكني

2.و علاه يا المتشّهرة لقيتِني[6]

3.للّه ناسك من اين يا شعاع الرّاڤب * هذا اللباس و الزين كاسبه غاني

4.من مرابطين والاّ اجواد طياڤ عرب * يا من درى اهلك من اين نابيني

5.علاه صادّة لا بدّ المليح يواجب * و الّي اخفى اصله ذاك في النّسَب دوني[29]

6.يا طول راية الباي سانجاق الڤارب * عقلي مشى ادّيتيه صدّ فارڤني

فراش

7.بعد ان نسيت البنات قست هم الدّنيا * و من اين شفتك الحبّ راه هيّض لي

8.هبّ الغرام ڤومه فزوع جاءت قويّة * سلطان بالطّبل و العلَم عمّد لي

9.يا طولة الجريدة تبرّمي لهوايَ * الغيّ ما قضى صالحة لمتمحلي

10.اذا كتب ربّي الساع تضحي ليَ * لوكان في بطون الاغوال تدخلي

11.عقّار جثّتي ما رضاك غير انتِيَ * ماني شي قايلك يا الجالبة عقلي

12.غيرا سكنت الالحاد عدت في ممسية * والاّ انتِ سبقتي للآخرة قبلي

هدّة

13.عينيك يا رماڤ الغزال دبلوني

14.هما اسباب ضرّي مشيت منهم عاطب * و الله غيرَك طبيب ما يداويني

15.يا روبة النّساء ليمتى بعيني نطلب * واك الفصيح ينصاغ لُه النّصراني [31]

16.الاجواد لا بدّ تجود ينسهل الصاعب * والشّرّ ڤالت النّاس ضيف برّاني

17.يَا زينة البهاء صِفة الفنار الثّاڤب * ڤُلِي لوَلد ڤنّون راك متهنّي

فراش

18.سبحان من هداها تكلّمت ذي العارم * ورّات نسبها شايفة و بنت كبار

19.أهل العناد يتعاسروا مع الّي ظالم * متحزّمين دايما على الحديد ونار

20.طراشين البلاء يهّزموا المرو القايم * الباز ما يلاذيه طير من الاطيار

21.هذوك ناس جدي الغزال يا من تفهم * الفايزة على الزين في مدُن واڤوار

22.عقّارها صعيب ما انصاغ شي للحاكم * ما فلّسوه طلبة ولا شيوخ كبار

23.كواتني بكيّ الحديد كم من معلم * السّعد ما وقف في صفاوة الغرّار

24.زرت الڤباب وعييت في الجداول نرسم * لابا يطيع لي جنّ سابغة الاشفار

هدّة

.25الحبّ يا اصحاب الغرام مضّاني [33]

26.من اين راحت الناس جيت وحدي عاڤب * بعت الشنا و لا صبت من شرَى منّي

27.السّرّ خفت نوريه يفترڤ في المضرب * و البادعين في العشق لا يبيعوني

28.لا من يجيب لِيَ اخبار كحل الحاجب * بالڤول نرفعُه فوڤ كُلّ سيساني

29.يغدَى لروبة الدايخات عنڤ الهارب * الّي غرامها بعد تبت نكَّدني

30.نسيت ابن عمَر سيد خيمتي يا طالب * و خيال فاطمة ما بغى يفارڤني


 

Poème II

Hedda

  1. baεd enhnīt hǟḏū snīn wānā tǟyeb * ḥettā-l-fā εliyya ġṛāmekk ăhleknī
  2. waεlāh yǟ-lmeššahhṛā-l-qītīnī
  3. lellǟh nǟsek-kĕmnīn yǟ šεāε er-rǟgeb * hǟḏ el-lebǟs wez-zīn kǟsbū ġānī
  4. mem-mṛābṭīn wellǟ ğwǟd ǎṭyǟg εaṛab * yā men drǟ hlek-kemnīn nǟbīnī
  5. εəlǟh ṣāddā lǟ budd el-mlīḥ īwǟğeb * welli ẖfā-ṣlah ḏǟk fen-nseb dūnī [30]
  6. yǟ ṭōl ṛāyĕt-el-bǟ͡y sēnğāq elgǟreb * εaqlī mšā ĕd-de͡ytīh ṣadd fǟregnī

Fṛāš

  1. baεd en nsīt lebnǟt qest hemm ed-denya * wemnīn šettek el-ḥobb ṛāh hayyaḍlī
  2. hebb el-ġṛām gūmū fzūε ğāt ăqwiyya * ṣolṭān baṭ-ṭbal wel-εəlǟm εammed lī
  3. yā ṭōlt elğrīdâ tbaṛṛmī lehwǟya * alġayy mā qḍā ṣālḥā l-metmaḥlī

     10.’ īḏā ktǟb ṛabbī-s-sǟε taḍḥī  liyya *lū kǟn fī-bṭūn leġwǟl teddoẖlī

  1. εaqqāṛ ğäṯṯtī mā ṛḍāk ġǟr entiyya * mǟnīš qāylek yā-l-ğǟlbā εaqlī

      12.ġǟrā skunt lelḥād εott fī  memsiyya * wellā-ntī  sbaqtī  llǟẖrā qablī

Hedda

  1. εa͡ynīk yā ṛmāg el-ġzǟl deblūnī
  2. hūmǟ sbǟb ḍoṛṛī mšīt menhom εāṭab * waḷḷah ġǟrek ăṭbīb mǟ͡ ydǟwīnī
  3. yā ṛōbt ennsā līmtā bεa͡ynī noṭlob * wāk elfṣīḥ yensǟġ lū-n-naṣṛānī [32]
  4. leğwǟd lǟ budd eğğūd yenshäl eṣ-ṣāεb * weš-šaṛṛ gǟlet en-nǟs ḍyf baṛṛānī
  5. yǟ zīnet el-bhā ṣīfĕt-el-fnāṛ eṯṯǟgeb * gūlī -l-weld Gennūn ṛāk methenni

Fṛāš

  1. ṣobḥān men hdǟhā tkellmet ḏel εǟrem * werrǟt nesbhā šǟ͡yfâ͡ –wə bent ĕkbāṛ
  2. ăhl el-εnǟd yetεǟsrū mεā-llī ẓālem * metḥazzmīn dīmā εəlǟ-l-ḥdīd ū nāṛ
  3. ṭṛāšn-el-blā yehhäzmū -l-maṛw el-qāyem * el-bǟz mǟ͡ ylǟḏīh ṭyr mel-laṭyāṛ
  4. hǟḏūk nǟs ğedy-el-ġzǟl yǟ men tefhem * elfǟ͡yzā εəlā z-zīn fī mdun wägwāṛ
  5. εaqqāṛhā-ṣεīb mǟ nṣǟġ-šī lelḥākem * mǟ fellsūh ṭolbā͡-wəlā šyūẖ ăkbāṛ
  6. ĕkwǟtnī bkäyy elḥdīd kem-men maεlam * es-saεd mǟ͡-wqaf fī -ṣfāwet el-ġaṛṛāṛ
  7. zoṛt el-gŏbǟb waεyīt feğğdǟwel naṛṣam * lǟ bǟ-yṭīε-lī ğenn sǟbġet lešfäṛ

Hedda

  1. el-ḥobb yā ṣḥāb al-ġṛām maḍḍānī [34]
  2. ĕmnīn rāḥĕt en-nǟs ğīt waḥdī εāgeb * baεt eš-šnä̂͡ wlā ṣobt men šrǟ mennī
  3. ĕs-serr ẖoft nurīh yefṭṛag fel maḍrab * welbǟdεīn fel εašq lä̂͡ yəlūmūnī
  4. lǟ men yəğīb liyyā ẖbāṛ kaḥl elḥāğeb * belgūl naṛfεah fūk-kull sīsānī
  5. yoġdā-l-ṛōbt eddâ͡yẖāt εong elhǟreb *ellī ġṛāmhā baεd tubt nekkednī
  6. ensīt ben Ɛmaṛ sīd ẖymtī yā ṭāleb * weẖyǟl Fāṭmā mǟ bġâ͡-yfǟregnī

Poème II

Hedda

  1. Après avoir connu le calme pendant plusieurs années consacrées aux exercices de la piété, voilà que ton amour s’est emparé de moi et m’a tourmenté.
  2. Pourquoi t’es-tu dressée sur mon chemin, Ô (beauté) richement parée ?
  3. Je te conjure, au nom de Dieu, de me dire à quelle famille appartiens-tu, ô éclat de la lune. Cette toilette et cette grâce sont une fortune pour celui qui les possède.
  4. Es-tu de descendance maraboutique ou issue de haute noblesse arabe ; de quelle famille es-tu réponds-moi ?
  5. Pourquoi t’esquives-tu ? La personne honorable doit répondre, car celui qui cache son origine est de basse extraction. [30]
  6. Ô (celle dont la) taille (rappelle) l’étendard du bey ou le pavillon du navire, ma raison s’est égarée, tu me l’as ravie ; elle a pris les devants et s’est séparée de moi.

Fṛāš

  1. Après avoir joui de la tranquillité durant de nombreuses années, me détachant du monde, à ta vue, la blessure de l’amour s’est ravivée.
  2. La passion a surgi. Son goum, alerté, est venu nombreux ; un roi avec tambour et drapeau m’a attaqué.
  3. Ô (belle à la) taille de palme, aie quelque égard pour moi. Les rigueurs de la coquette ne lui servent à rien.
  4. Si Dieu l’a prévu, bientôt, tu m’appartiendras, lors même que [31] tu te réfugieras au sein des ogres.
  5. Le démon qui possède mon être ne veut d’autre que toi. Je ne te quitterai, ô toi qui m’as fasciné,
  6. Que lorsque j’habiterai la tombe dans un cimetière, à moins que tu ne rejoignes, avant moi, ta dernière demeure.

Hedda

  1. Tes yeux, ô (belle au) regard de gazelle m’ont tourmenté.
  2. Ils sont les causes de mon mal. C’est à eux que je dois cette blessure mortelle. Aucun médecin autre que toi ne me guérira.
  3. Jusqu’à quand, ô reine des femmes te supplierai-je de mes yeux ? Tu sais bien que le poète dompta (même) le chrétien. [32]
  4. Les nobles sont immanquablement généreux, et grâce à eux, ce qui est difficile devient aisé. Le mal, dit-on, est un hôte d’origine étrangère.

17.Ô beauté éclatante, phare éblouissant, dis au fils de Gennūn « sois sans inquiétude ».

Fṛāš

  1. Gloire à Celui qui a déterminé cette femelle de faucon à parler. Elle a dévoilé son origine. Elle est belle et fille de notables.
  2. Gens opiniâtres, ils se dressent avec énergie contre l’injustice. Ils sont toujours ceints d’armes blanches et à feu.
  3. Faucons de la lutte, ils mettent en déroute l’homme intrépide. Aucun oiseau ne vaut le faucon. [33]
  4. Tels sont les gens du faon, ô toi qui devines (l’allusion), gens de la plus belle des femmes tant citadines que nomades.
  5. Son génie revêche ne s’est pas laissé dompter par les magiciens. Il n’a été corrompu ni par des ṭolbas ni par de grands cheikhs.
  6. Elle m’a brûlé avec le feu du fer. Que de marques ne m’a-t-elle pas laissées ! Mon étoile ne m’a pas destiné (celle qui a) la clarté de Vénus.
  7. J’ai visité les sanctuaires et tracé, au point d’en être las, des carrés cabalistiques. Mais l’esprit qui possède la belle aux cils noirs n’a pas voulu céder.

Hedda

  1. La passion, ô amants, m’a consumé. [34]
  2. Lorsque les gens (de valeur) sont partis, je suis venu seul en arrière saison ; j’ai mis à prix la gloire et ne lui ai point trouvé d’amateurs.
  3. Je crains, si je confie mon secret, qu’il ne soit divulgué sur le champ et que les faux amoureux ne me trahissent.
  4. Je n’ai pas de messager-pour m’apporter-les nouvelles de la belle aux noirs sourcils ; avec mon talent poétique je l’aurais élevé au-dessus de tout diplomate.
  5. Il serait allé trouver la belle au col de gazelle, celle dont la passion m’a fait souffrir après ma pénitence.
  6. J’ai oublié Ben Ɛmaṛ, le patron de ma famille, ô ṭaleb. L’image de Fâṭma n’a pas voulu me quitter. [35]

القصيدة الثالثة

هدّة

1.جاني خبر امّ دلال يا الفصحاء رضات * غير البارح ڤلبي ارتاح مضمان

2.بايت زاهي بخليلتي و فرحان[7]

3.كنت أنا تاهمها نڤول ألفي جفات * وثرن رمڤات الطّير غير غيظان

4.صبحت عاصي بمحالها ڤبالي بنات * طبل يزعل صوته غزير رنّان

5.لمّت ڤوم قويّة فزوع لِيَ الفات * آويح الّي كيفي جفاه سُلطان [35]

6.ساڤت مالي و اخذَتني اِمام البنات * راني باقي بين النّجوع ڤيطان

فراش

7.رسلت لي برضاها الرّيم جدي الغزال * و اعطات العاهد ما بقَت دورة

8.من اين انصاغت يا ملاح ضي الهلال * نعطي الاكحل في طوعها بشارة

9.نسمح فيه هديّة يروح سكمة حلال * الولد[8] بلا بها الاّ خسارة

10.وحش اختي مضّاني و زاد ڤلبي هبال * راني عاطب مكوي بغير جمرة

11.نار الحبّ قويّة اكلَت عيطة رجال * من لا زاروه امحان ذاك عرّة

هدّة

12.أنا سرڤت عقلي علَم الافتان

13.غالية السوم الفايزة على الشايفات * يرهب من صِفتها الانس والجان

14.اذا تمشي ڤرمي من الكبار القنات * خارج من المحكمة يروج سكران

15.واذا تجلس عرمة من التّبر و التّقات * يسطع نور بهاءها سراب الاعيان

16.لوما خايف نعصي نڤول من الحور جاءت * ما شي آدمية رعَت الاكوان [37]

17.الله يستر من العين روبة الدّايخات * من لا سعفت فيَ حديث شيطان

فراش

18.يا ستار استرها * و زيّن أيّامها

19.دُم الستر عليها * حمامة الدار

20.تهدي من حجروها * يساعفوا رايها

21.سخّر الاعداء لِها * غزال الاقفار

22.و طَيّع محاجرها * يفارق خيالها

23.تتعَفّى خيمتها * تبان من الدّار

24.بان الشّرّ عليها * و ليس حافيتها

25.ربّي يتوَلاّها * قضى الّي صار

  1. بالخير نكافيها * ندمّر حسودها

27.مشغول الاّ بها * نڤول الاشعار

28.ڤلبي زاهي بها * و لا رضى غيرها

29.متولّع بغناها * نبات ڤصّار

هدّة

30.ما نرڤد طول اللّيل غير سهران[39]

31.نجوّد في الميرة الّي عليّ غنات * قادر تصغى لِيَ علَم الافتان

32.نلبَس قفطان العزّ فيه نفسي دفات * تبرد الشّعّالة تزول الامحان

33.الاّ سمعت خبري الجافيتني بكات * و ڤالت راك مهنّي كثير الاحسان

34.ما نفترڤوا ما دام روحنا في الحياة * واذا متنا ربّي كريم رحمان

35.تبقَى شيعتنا للملاح و الشايفات * تهدَر بخصايلنا نجوع عربان

36.و يڤولوا ابن ڤنّون كان في دهر فات * هو و اختُه خيرة كبار ديوان

37.احياوا العشق الّي ڤبيل ناسه فنات * و الاّ ماتوا بار الغرام وانهان.

 

 

Poème III

Hedda

    1.ğǟnī  ẖabṛ umm ĕdlǟl yǟ-l-foṣḥā ṛḍāt * ġǟr el-bǟräḥ gaḷbī  rtǟḥ moḍmān

  1. bǟyet zǟhī băẖlīltī͡-wfarḥān
  2. kunt ānātǟhemhā-ngūl welfī ğfǟt * waṯran ṛamgǟt eṭ-ṭyr ġǟr ġe͡yẓān

     4.ṣabḥet εāṣī  bemḥālhā gōbǟlī  bnǟt * ṭbal-izaεεl ṣawtū  ġzīr ṛannān

  1. lemmet gūm ăqwiyyā ğǟt liyyā lfǟt * yǟ we͡yḥ allī kīfī  ğfāh ṣolṭān [36]

    6.ṣāget mǟlī  waẖḍātnī-mǟm al-bnǟt * ṛānī  bāqī  bīn ennğūε ge͡yṭān

Fṛāš

  1. reslet-lī baṛḍāhā-ĕr-rīm ğedy-elġzǟl * waεṭāt elεāhed mǟ bqāt da͡wra
  2. ĕmnīn ensǟġet yǟ mlǟḥ ḍayy el-hlǟl * naεṭī lekḥal fī ṭōεhā-bšāra
  3. nesmaḥ fīh ĕhdiyyā-yṛōḥ sekmā ḥlāl * el-εa͡wd ĕblā bīhā llā ẖṣāra
  4. waḥš-uẖtī maḍḍānī͡-wzǟd gaḷbī hbǟl *ṛānī  εāṭeb mekwī  bġǟr ğamṛa
  5. nāṛ el-ḥobb ăqwiyyā klǟt εa͡yṭā rğǟl * mel-lā zārūh ĕmḥān ḏǟk εoṛṛa

Hedda

  1. ānā ṣarget εaqlī εlǟm leftǟn
  2. ġalyet es-sūm elfǟyzǟ εəlā-š-šǟ͡yfāt * yarhab men ṣīfethǟ lens welğǟn
  3. ’īḏā temšī goṛmī mel-kbāṛ elqnǟt * ẖāreğ mel-maḥḥakmā͡-yrōğ sekrǟn
  4. wīḏā teğles εormā met-tebr wettqāt * yaṣṭaε nōṛ ĕbhǟhā ṣrāb leεyǟn
  5. lūmā ẖāyef naεṣī-ngūl mel-ḥōr ğǟt * mǟšī yādǟmiyyā ṛεāt lekwǟn [38]
  6. aḷḷāh yestoṛ mel-εyn ṛobt-ed-dǟ͡yẖāt * mellā saεfet fiyyā ḥdīṯ šiṭān

Fṛāš

  1. yǟ settāṛ estoṛhā * ĕwzeyyen eyyǟmhā
  2. dūm es-setr eεlīhā * ḥmǟmĕt ed-dāṛ
  3. tehdī men ḥağrōhā * ĭsāεfū ṛā͡yhā
  4. saẖẖar laεdā līhā * oġzāl laqfāṛ
  5. wəṭayyaε-emḥağerhā * yəfǟraq ăẖyǟlhā
  6. tetεaffā ẖa͡ymathā * et-bǟn med-dāṛ
  7. bǟn eš-šaṛṛ eεəlīhā * ŭlīs ḥāfīthā
  8. rabbī yetwellāhā * qəḍā-llī ṣāṛ
  9. belẖa͡yr enkǟfīhā * endammaṛ ăḥsūdhā
  10. mešġūl ellā bīhā * engūl lešεāṛ
  11. gaḷbī zǟhī bīhā * ū lā ṛḍā ġǟrhā
  12. metwellaε beġnǟha * enbǟt gaṣṣāṛ

Hedda

  1. mǟ nergod ṭōl el-le͡yl ġǟr ṣahṛān [40]
  2. enğewwed felmīrā-llī εəliyyā-ġnǟt * qāder tesġǟ liyyā εəlǟm leftǟn
  3. nelbes qofṭān el-εäzz fīh nefsī dfǟt * tebred eš-šaεεälā-tzūl lemḥān
  4. ellā semεet ẖabrī-l-ğǟfyetnī-bkǟt * ŭgǟlet ṛāh emhennī kṯīr leḥsǟn
  5. mǟ nefṭaṛgō mǟ dǟm ṛoḥnā felḥyǟt * wīḏā metnā ṛabbī krīm ṛaḥmǟn
  6. tebqā šīεetnā lelmlǟḥ weš-šä̂͡yfǟt * tahdaṛ beẖṣāyen-nāūε εorbǟn
  7. weygū lū Bengennūn kǟn fī dahṛ fǟt * huwwâ͡ weẖtū  Heyṛā kbāṛ dīwǟn
  8. ăḥyä̂͡w el-εošq ellī gŏbīl nǟsū fnǟt * wellǟ mǟtū  bāṛ el-εošq wenhǟn [42]

Poème III

Hedda

  1. J’ai reçu des nouvelles de l’objet de mon amour. Ô poètes, elle a donné son consentement. Hier seulement, mon cœur rassuré, a connu le calme.
  2. J’ai passé la nuit réjoui et satisfait de ma bien-aimée.
  3. J’avais porté sur elle des accusations. J’avais dit : « ma bien-aimée m’a délaissé ». En réalité, la belle aux regards de faucon s’était simplement irritée.
  4. Elle s’était révoltée et avait dressé ses troupes en face de moi. Un tambour d’une intense sonorité grondait.
  5. Elle avait rassemblé un goum nombreux qui s’était dirigé sur moi. Qu’il est à plaindre celui qui, comme moi, a encouru la disgrâce du sultan![36]
  6. La reine des filles a épuisé ma fortune et m’a ruiné. Je suis réduit à vagabonder d’une tribu à l’autre.

Fṛāš

  1. Le faon blanc de la gazelle m’a fait parvenir son consentement. Il a prêté serment. Aucun revirement n’est possible.
  2. Ô braves gens, maintenant que l’éclat de la lune a cédé, je donnerai en son honneur Lekḥal à titre de cadeau.
  3. J’en ferai, de bon cœur et sans regret, un présent licite ; le fils[9] sans elle n’est qu’une bagatelle.
  4. L’ardent désir de ma bien-aimée m’a consumé et a aggravé la folie de mon cœur. Je suis blessé à mort et brûlé sans feu.[37]
  5. La flamme de la passion est intense. Elle a dévoré nombre d’hommes. Celui qui n’a pas été éprouvé par les tourments (de l’amour) n’est qu’un déchet (humain).

Hedda

  1. L’étendard des tourments m’a ravi la raison.
  2. Précieuse, elle éclipse les belles. Elle trouble par ses charmes les êtres humains et les génies.
  3. Elle a la démarche du turc notable, de marque, qui titube d’ivresse à sa sortie du siège de son pouvoir.
  4. Assise, elle ressemble à une masse d’or et de pierres précieuses. L’éclat resplendissant de sa beauté éblouit les yeux.
  5. Si je ne craignais de commettre un péché, je dirais qu’elle est plutôt qu’une fille d’Adam, une houri qui s’est repue (de délices) au paradis.[38]
  6. Que Dieu préserve du mauvais œil la reine des belles, elle qui n’a écouté les propos (malveillant) d’aucun détracteur.

Fṛāš

  1. Ô Protecteur, protège-la; rends ses jours heureux
  2. Que ta protection ne fasse défaut à aucun moment à la colombe domestique.
  3. Décide son tuteur à suivre sa volonté.
  4. Soumets à la gazelle des lieux déserts, ses ennemis.
  5. Réduis celui qui l’entrave à quitter son ombre[39]
  6. Sa demeure connaîtra le calme et elle pourra sortir de la maison.
  7. Elle a été méchante, et pourtant, je ne lui en ai point tenu rigueur.
  8. Dieu se chargera de l’en punir. Ce qui s’est accompli est déjà passé.
  9. Je lui rendrai le bien pour le mal ; je déconcerterai ses jalouses.
  10. Elle est, seule, l’objet de mes soins. Je compose des poèmes.
  11. Mon cœur est réjoui d’elle et ne veut d’autre.
  12. La chanter est pour moi une passion à laquelle je consacre mes nuits.

Hedda

  1. Je ne dors pas durant toute la nuit, je ne fais que veiller.[40]
  2. Je chante la beauté de la princesse qui n’a pas répondu à mon amour. Elle peut m’écouter, la belle, étendard des tourments.
  3. Je revêtirai la robe de la gloire où mon âme a coutume de se sentir à l’aise. La flamme s’éteindra et les tourments disparaî tront.
  4. La cruelle a pleuré dès qu’elle a su mes nouvelles. « Sois rassuré, a-t-elle dit, ô source de bonté infinie ».
  5. Nous ne nous séparerons pas tant que nous vivrons et si nous mourons, Dieu est généreux et clément.
  6. Notre célébrité passera aux braves et aux belles femmes. Nos exploits seront un sujet de conversation pour de nobles tribus arabes.
  7. Elles diront : « dans les temps révolus Bengennūn a mené avec sa bien-aimée Heyrā une vie de grands seigneurs ».[41]
  8. Ils ont ressuscité l’amour (véritable) privé d’adeptes depuis longtemps. A leur mort, la passion a perdu de son prix et encouru le dédain.


القصيدة الرابعة

هدّة

1.يا عذاب ڤلبي ما نصبر * كلّ ما تودّرلي بان

2.حين شفت رمڤات القصوَر * هيّضوا لڤلبي الامحان

3.زخرف الجنان رجع ثامر * بعد كان يابس عيدان

4.تحت الارض ويدان تهرهر * شاوها دعب في البستان[41]

5.ظهرت العيون الناغر * و انسڤات الارض العطشان

6.كل ما يبس راه يخَضَّر * ساعد ايّام الجنان

7.الازار فوڤ اللوز نشر * ثقلت السّجور بالاغصان

8.ناكر الندى في الغرس ظهر * المرشّقة و السّيسان

9.و المخَلّجي علّق الاصفر * ڤابله نوار الرمّان

10.فرّع البنفسج و تشهّر * و الذمام شعشع و ازيان

11.فتحت الورود ابيض و احمر * كل زهر دعاه الاوان

12.خرج النحل جنده غازر * يلقط العسل من الاكوان

13.من يجيه يبقى يتفهّر * حدّ ما كسب ذا البستان

فراش

14.ذا الجنان كان الا مُفرط * غار ماه و هفات العين

15.لا طيور في الوقت تعيّط * صوتها على الوتر حنين

16.اليمام و العارم الارقط * و المضايقة و البقنين

17.صمصمو على الفرڤ تجّمط * غرّد الحمام مسيكين[43]

18.برج عسّته من الفوڤ هبط * طاح لُه البنيان الزّين

19.بعد كان بالصّور محوّط * و البساكرة بوّابين

هدّة

20.جاد و استوى كيف زمان

21.جاب لُه الميّاز العنصر*في السّدود دار البنيان

22.ركّب القواديس و عبّر*جاز ماءه فوڤ الكيفان

23.الفياض ولّت ڤناطر * بالاقواس في الارض متان

24.ظهرت المعاطن للخاطر * ما يروح ظامي عطشان

25.يعّرفوك ميّاز و شاطر * ڤُل يا الفاهم غيوان

26.ذا زمان في الفي نشكر * نقسم الليالي سهران

27.ننسج التقات مع الجوهر * و الكنوز خالفت الوان

28.الفصوص و المصيوغ حجر * نخدم الذهب للسلطان

29.بنت رايس النجع الغازر * جاءبها العبد بالامان

فراش

30.ما نجحت ما راني تايب * خاطري مهوّل مشطون[45]

31.ما ظفرت برماڤ الهارب * ما تركت راي الملعون

32.نارها قوي شاعل تلهب * في غميق ڤلبي مسجون

33.غير دايخ بحال الشارب * عدت كقيس المجنون

34.لا طبيب يبري لا طالب * ودّر العقل ابن ڤنّون

35.ذا الغزال جاء في يدي و هرب * ما يشدّ صيني معفون

36.جفّلوه ترّاك المذهب * صاش و ارتحل كالطرشون

37.عمّد الوعر للجوّ ثغب * جبت غير خرصة مرهون

هدّة

38.كُن يا العاشق فطّان

39.ذيك تاج خودات معسكر * زينها كسر من تزيان

40.شايفة و معطوف و ضامر * تقتل العشيق بالاعيان

41.ما اطوالت علات مسرسر * ما هوات شي للنقصان

42.مَرمَر مسبوك منجّر * فصّلوه كعود الزّان

43.تلبس الحلول المتعزّر * جدّها و بوها سلطان

44.غير في المنازه تتبختر * غانجة على ذا العربان[47]

45..........................*ساكنة الدروج تعلاّت[10]

46.شافت الرقيب حمَل فينا * قاست الوثيقة و مشات

47.نقّر الخصيم لفرقتنا * زادني لڤلبي كيّات

48.بعد ما سعاوا ڤمحت انا * ليعتي اعتى من الليعات

49.عوض من خدم على مانة * ظهّر الغنيمة و هفات

هدّة

50.ما جبرت لها صدڤان

51.صاعبة على الّي يتصعّر * دونها قفال و بيبان

52.من يحوم ذا الكنز موعّر * مانعه نمر و ثعبان

53.الوصيف متعبّس ينظر * ينكر الذّكَر من الذّبّان

54.الرسول جاءني ڤال اصبُر * يفتح العزيز الرحمان

55.كان كتب الله و قدّر * ما تفيد حيرة انسان

56.ما بغَى شي ڤلبي يستاخر * ركّب العلام للافتان[49]

57.ما اعطى حزارة متعاسر * صادّ بالتريس و ڤومان

58.للعدو انفاضه متشبّر * طبجيه رامي مكّان

59.يرسل المقصّ حامي يزبر * يطعن الابل و الفرسان

60.فرّق النميلي للعسكر * و السجيع في الحرب يبان

61.يا غنمت يا رحت ميسّر * كان متّ بردت الامحان

فراش

62.خانني الدهر اصله عادم * ينكرُه المرو الطّرمول

63.حدّ ما مشى منهم سالم * ذا بذا مكلّف مشغول

64.واين ناس بكري يا فاهم * دايرين بالعرض المول

65.ما بقى فصيح ان يتنظّم * غيّبوا فراسين الڤول

66.البياض في اللحية علّم * كِندير كيفاش نڤول

67.الصغار في القوت تخمّم * لا اعراس بڤصب و طبول

68.ارتمى على الباز السُّطعم * كيف عادم الجهد يصول[51]

هدّة

69.نطلب العفو و الغفران

70.يا الدايم بجودك دبّر * ينتفى عليّ الشيطان

71.ما بقى الاّ المشي نسافر * نلحڤ الاحباب و الاخوان

72.خفت لا نوَلّي نتدمّر * ندخل القبر بالاحزان

73.اعتق الحبيب و يتحرّر * ما يشوف صهد النّيران.

 

 

Poème IV[11]

Hedda

  1. yǟ εəḏǟb gaḷbī mǟ noṣboṛ * koll mā-twedder lī bǟn
  2. ḥīn šett ṛamgǟt el-qaṣwaṛ * hayyḍō l-gaḷbī lemḥǟn
  3. zaẖṛaf elğnǟn erğaε ṯāmaṛ * baεd kǟn yǟbes εīdǟn
  4. taḥt laṛḍ wīdǟn ethaṛhaṛ * šǟ͡wha dεab fel bustǟn[42]
  5. ẓahret el-εyūn en-nāġaṛ * wensget laṛḍ al-εaṭšǟn
  6. koll mǟ͡ ybes ṛāh- īẖaḍḍaṛ * säεăd eyyǟm elğenǟn
  7. elyəzāṛ fōq ellūz enšaṛ * ṯoqlet es-ğoṛ eblaġṣān
  8. nākr en-ndā felġaṛs ăẓhaṛ * el-mreššqā wes-sīsǟn
  9. el-mḥallğī εallag laṣfaṛ * gǟblū nwār er-rommǟn
  10. faṛṛaε el-benfseğ weṣṣahhaṛ * weḏḏmǟm šaεšaε wezyǟn
  11. fetḥat el-wṛōd ebyaḍ waḥmaṛ * koll zahr edεǟh elwǟn
  12. ẖreğ en-nḥal ğendū ġǟzaṛ * yelqaṭ alεsel mel-lekwǟn
  13. men-yğīh yebqā yetfahhar * ḥadd mǟ kseb ḏel-bustǟn

Fṛāš

  1. ḏelğnǟn kǟn ellǟ mofṛaṭ * ġāṛ mǟh wehfǟt elεa͡yn
  2. ḷāṭyōṛ fel waqt etεayyaṭ * ṣa͡wthā εəlā-lwtar ăḥnīn
  3. elymām welεǟrem laṛqaṭ * welmḏā͡yqā wel baqnīn
  4. ṣamṣmū εəlā-l-faṛg eğğammaṭ *ġarred el-ḥmām emsīkīn[44]
  5. borğ εasstū melfūg ăhbaṭ * ṭāḥ lū-l-benyǟn ezzīn
  6. baεd kǟn baṣ-ṣōṛ emḥawaṭ * welbsǟkrā bewwǟbīn

Hedda

  1. ğǟd westwā kīf ĕzmǟn
  2. ğǟb lū-l-meyyǟz el-εonṣoṛ * fessdūd dǟr elbenyǟn
  3. rekkeb el-qwǟdīs ū εabbaṛ * ğǟz mǟh fūg elkīfǟn
  4. el-fyāḍ wellet egnātaṛ * ĕblaqwǟs fī laṛḍ emtǟn
  5. ẓahret el-mεāṭan lelẖāṭaṛ * mǟ͡-yṛōḥ ẓamī εaṭšǟn
  6. yaεεarfūk meyyǟz-ū šāṭaṛ * gūl yǟ-l-fǟhem ġe͡ywǟn
  7. ḏǟ zmǟn fī welfī neškoṛ * naqsem el-lyǟlī  ṣahṛān
  8. nenseğ et-tqāt emεǟ-lğa͡whaṛ * welknūz ẖāleft elwǟn
  9. elfṣōṣ wel maṣyūġ ăḥğaṛ * naẖdem eḏḏheb leṣṣolṭān
  10. bent ṛāyəṣ enneğε elġāzaṛ * ğǟbhā-l-εabd eb-lǟmǟn

Fṛāš

  1. mǟ nğaḥt mā ṛānī tǟyeb * ẖāṭrī-mhewwel mešṭōn[46]
  2. mā ẓfaṛt bormāg el-hǟreb * mǟ tṛakt rā͡y elmelεūn
  3. nāṛhā qwī šaεel telheb * fī ġmīq gaḷbī  mesğūn
  4. ġǟr dǟyeẖ ĕbḥāl eššǟreb * εott kī Qa͡ys-el-meğnūn
  5. lā ṭbīb yebrī ḷā ṭāleb * wedder el-εqal Bengennūn

    35.ḏäl ŏġzǟl ğǟ fīdī  wahrab * mǟ͡-yššed ṣa͡ynī  maεfūn

    36.ğefflūh toṛṛāk el-meḏhab * ṣāš waṛtḥal keṭṭaṛšūn

    37.εammed el-wəεṛ lelğeww eṯġab * ğebt ġǟr ẖorṣa marhūn

Hedda

  1. kūn yǟ-l-εǟšaq faṭṭān
  2. ḏīk tǟğ ẖa͡wdǟt emεaṣkaṛ * zīnhǟ kṣaṛ men tezyǟn
  3. šǟ͡yfā-wmaεṭōf ū ḍāmaṛ * toqtel el-εšīq ĕblaεyǟn
  4. mā ṭwālet εlǟt mserser * mǟ hwǟt šī len-noqṣān
  5. maṛmaṛ mesbūk emnağğaṛ * faṣṣlōh kī εūd ez-zǟn
  6. telbes el-ḥlūl el-metεazzaṛ * ğeddhā͡ wbūhā ṣolṭān
  7. ġǟr felmnǟzeh tetbaẖṭaṛ * ġānğā εəlā ḏel εorbǟn[48]

Fṛāš

45…………………………* sǟknet[12] ed-dṛoğ etεällǟt[13]

  1. šǟfĕt er-rqīb ăḥmel fīnā * qāset elwṯīqā wemšǟt
  2. naqqaṛ el-ẖṣīm el-foṛqatnā * zǟdnī -l-gaḷbī keyyǟt
  3. baεd mǟ sεǟ͡w ĕgmäḥt-ānǟ * le͡yεtī-ḥtǟ mel-leyεǟt
  4. εawḍ men ẖdem εəlǟ mǟnā * ẓahhaṛ elġnīmā wehfǟt

Hedda

  1. mǟ ğbaṛt līhā ṣodgǟn
  2. ṣāεbā εəlā-llī yeṣṣaεεaṛ * dūnhā qfǟl ū bībǟn
  3. men-yḥūm ḏäl kenz emwaεεaṛ * mǟnεū nmer ū ṯaεbǟn
  4. elwṣīf metεabbes yenẓoṛ * yenkoṛ eḏ-ḏkaṛ meḏ-ḏebbǟn
  5. errsūl ğǟnī gǟl ŏṣboṛ * yeftaḥ el-εzīz eṛ-ṛaḥmǟn
  6. kǟn ekteb eḷḷāh-ū qaddaṛ * mǟ-tfīd ḥa͡yret ensǟn
  7. mǟ bġāš gaḷbī yestāẖaṛ * rekkeb el-εəlǟm el-leftǟn[50]
  8. mā εṭā ḥzāṛā metεǟser * ṣadd bettrīs ū gūmǟn
  9. lelεdū nfāḍah meššabbaṛ * ṭōbğīh rāmī mekkǟn
  10. yersel el-mqaṣ ḥāmī yezboṛ * yeṭεan el-yəbel welfoṛsǟn
  11. ferraq en-nmīlī lel εaṣkaṛ * weššğīε felḥarb ibǟn
  12. yǟ ġnemt yǟ roḥt emyaṣṣaṛ * kǟn mott berdet lemḥǟn

Fṛāš

  1. ẖānnī eḍ-ḍahṛ aṣlō εǟdem * yenkṛō l-maṛw eṭ-ṭaṛmūl
  2. ḥadd mǟ mšǟ menhum sǟlem * ḏǟ bḏǟ mkellef mešġūl
  3. wīn nǟs bekrī yǟ fǟhem * dǟ͡yrīn bel εaṛḍ el-mūl
  4. mǟ bqā fṣīḥ enyetnaẓẓam * ġäyybū frǟsīn el-gūl
  5. el-byāḍ fel-laḥyā εallem * kī ndīr kīfǟš engūl
  6. aṣṣŏġāṛ fel-qa͡wt etẖammem * lǟ εərǟs begṣab waṭbūl
  7. aṛtmā εəlā-l-bǟz eṣṣoṭεom * kīf εadĕm el-ğehd īṣōl[52]

Hedda

  1. noṭḷob el-εəfū welġofṛān
  2. yǟ-ddǟyem ebğūdek dabbaṛ * yentfǟ εəliyyā-ššīṭān
  3. mǟ bqā ellǟ-l-mešy enṣāfaṛ * nelḥag leḥbǟb-ū leẖwǟn
  4. ẖoft-lǟ-nwellī neddammaṛ * nedẖol el-qbaṛ eblaḥzǟn
  5. aεtaq el-Ḥbīb-ū yetḥaṛṛaṛ * mǟ͡-yšūf ṣahd en-nīrǟn

Poème IV

Hedda

    1.Ô tourment de mon cœur, je suis inconsolable. Tout ce que j’ai perdu a réapparu.

  1. Dès que j’ai aperçu (la belle aux) regards de panthère, ma passion s’est ravivée.
  2. Le verger s’est embelli et a produit des fruits (ses arbres) étaient auparavant secs comme des bâtons.
  3. Des cours d’eau murmurent sous terre et surgissent capricieusement dans le jardin.[42]
  4. 5. Les sources taries ont rejailli et la terre, altérée, a étanché sa soif.
  5. Tout ce qui était sec reverdit. Que les jours du verger sont heureux !
  6. Le voile s’est déployé sur les amandes. Les arbres portent de lourdes branches.
  7. Dans le jardin la fleur d’amandier a apparu ainsi que le romarin et le lys.
  8. L’arum s’est paré d’or en regard des fleurs de grenadiers.
  9. La violette s’est développée et embellie. L’aubépine a acquis de la vigueur et de l’éclat.
  10. Les roses rouges et blanches sont épanouies. Chaque fleur s’est montrée à sa saison.[43]
  11. Un abondant essaim d’abeilles est sorti. Il butine le nectar dans les jardins paradisiaques.
  12. Celui qui vient le visiter demeure émerveillé. Personne n’a possédé ce jardin.

Fṛāš

  1. Ce verger était abandonné. Ses eaux avaient disparu et la source avait tari.
  2. Il n’y avait plus à ce moment d’oiseaux pour moduler des chants plus tendres que (la musique) du luth.
  3. (Ni) la tourterelle, (ni) la femelle truitée du faucon, (ni) la palombe et le chardonneret.
  4. Ils (les oiseaux) ont assourdi de leurs cris la volée d’oiseaux. Celle-ci se dispersa. Le malheureux pigeon exhala de douces plaintes.[44]
  5. 1 La tour de garde du jardin tomba à terre. Ses belles constructions s’écroulèrent.
  6. Il était, auparavant, entouré de murailles et gardé par des Biskris.

Hedda

  1. (Ce jardin) a prospéré et revêtu son agrément d’autrefois.
  2. L’ingénieur lui a aménagé la source. Il a remplacé les murs en pierres sèches par de la maçonnerie.
  3. Il a placé les tuyaux et les a nivelés. L’eau de la source a (alors) gravi les rochers.
  4. Les ravins sont devenus des ponts reposant sur de solides arcades.
  5. Les réservoirs d’eau ont apparu au voyageur. Aucun passant altéré ne [45] s’éloigne sans étancher sa soif.
  6. On te connait sagace et fin; achève ton symbole, ô (homme perspicace).
  7. Il y a longtemps que j’exalte les mérites de ma bien-aimée ; je compte, éveillé, les heures de mes nuits.
  8. J’enchâsse des pierreries avec des perles et des trésors (sic) en combinant diverses nuances.
  9. Les châtons et les bijoux sont en pierres fines. Je cisèle l’or pour la reine.
  10. La fille du chef de la puissante tribu. L’esclave l’a amenée en sécurité.

Fṛāš

  1. Je ne suis arrivé à mes fins ni revenu à Dieu. Mon âme inquiète est en émoi.[46]

     31.Je n’ai ni pris dans mes rets la belle aux yeux de gazelle, ni évité les suggestions du Maudit.

  1. La flamme intense et ardente (de ma bien-aimée) flamboie, emprisonnée, au fond de mon cœur.
  2. Etourdi comme un ivrogne, je suis devenu semblable à Qays le fou (d’amour).
  3. Les soins d’aucun médecin ni ṭaleb ne sont efficaces. Bengennūn a perdu la raison.
  4. Cette gazelle est tombée entre mes mains, puis elle a pris la fuite. Une gazelle ne saurait être retenue par un être vil.
  5. Elle a été traquée par des hérétiques. Elle a poussé un cri sauvage et s’est éloignée comme le faucon.
  6. Elle a bravé l’obstacle et dévoré l’espace. Je n’ai rapporté qu’une paire de boucles d’oreilles donnée en nantissement [47].

Hedda

  1. Sois perspicace, ô amoureux.
  2. C’est elle la reine des beautés de Mascara ; elle a éclipsé les autres beautés par son éclat.
  3. Belle, elle a les hanches bien cambrées et la taille pincée ; ses regards sont mortels pour l’amoureux.
  4. Sa taille n’est pas exagérément haute au point d’être fade ; elle ne pèche pas (non plus) par petitesse.
  5. C’est du marbre coulé et poli. On dirait une tige de jonc.
  6. Elle revêt des robes élégantes. Elle est fille et petite-fille de rois.
  7. Elle passe son temps à se pavaner dans les parcs. Elle est inabordable à ces Arabes [48].

Fṛāš

45………………………….* Celle qui loge au premier étage est montée.[14]

  1. Ayant vu surgir l’espion, elle a jeté le signe de reconnaissance et s’est esquivée.
  2. Les anneaux de pied ont retenti au moment de notre séparation. Mon cœur en a emporté de nouvelles brûlures.
  3. Pendant que l’on fait du butin, moi, je rentre les mains vides. Ma douleur est sans pareille.
  4. Je suis semblable à celui qui cherche un trésor, le découvre, et le voit aussitôt disparaître.

Hedda

  1. Je ne lui ai point trouvé d’amis sincères [49].
  2. Elle est inaccessible à celui qui se targue de bravoure ; des serrures et des portes nombreuses se dressent devant elle.
  3. Celui qui rode autour de ce trésor est perdu. Il est défendu par un tigre et un dragon.
  4. L’esclave noir au visage renfrogné veille sur elle. Il a horreur du mâle (même) parmi les mouches.
  5. Le messager est venu. « Aie de la patience, m’a-t-il dit ; le Puissant et le Clément te ménagera une meilleure fortune ».
  6. Si Dieu décide et prévoit quelque chose, l’anxiété humaine demeure sans effet.
  7. Mon cœur n’a pas voulu y renoncer. Il a arboré l’étendard en vue de la lutte [50].
  8. Intraitable et opiniâtre, il est parti escorté de fantassins et de cavaliers.
  9. Il a son canon braqué sur l’ennemi. Son artilleur est un bon et habile tireur.
  10. Il lance le boulet brûlant et tranchant qui transperce chameaux et cavaliers.
  11. Il a distribué de la poudre de chasse aux soldats. C’est au combat qu’on reconnaît le brave.
  12. « Ou je ferai du butin, me suis-je dit, ou je serai capturé. Si je meurs ma passion s’éteindra. »

Fṛāš

  1. Le temps m’a trahi. Il est, par nature, infructueux. L’homme courageux ne doit pas s’y fier [51].
  2. Personne n’est parti sain et sauf ; l’un suscite des ennuis à l’autre et s’acharne après lui.
  3. Où sont les gens d’autrefois, ô intelligent ? Ils faisaient de l’honneur (toute) leur fortune.
  4. Il ne reste plus de poète pour rythmer ses stances. Les génies poétiques ont disparu.
  5. Les poils blancs ont envahi ma barbe ; que faire et que dire !
  6. Les jeunes gens pensent à leur pitance. On ne voit plus de noces avec flûtes et timbales.
  7. Le vautour s’est abattu sur le faucon. Comment le faible peut-il triompher ? [52].

Hedda

  1. J’implore la clémence et le pardon (de Dieu).

     70.Ô Eternel, que ta bonté se charge d’éloigner de moi le Maudit.

  1. Il ne me reste plus qu’à partir pour le (long) voyage ; je rejoindrai les amis et les confrères.
  2. Je crains de devenir méprisable et de regagner ma tombe avec tristesse.
  3. Assure le bonheur d’el-Ḥăbīb et il s’affranchira. Il ne connaîtra pas le feu ardent des Enfers [53].

 

القصيدة الخامسة

هدّة

1.طال الضّرّ عليّ و زاد ثاني غرامك *عذّبتِ ڤلبي فنيت و النّاس سالمة

2.ما سرّحتِني نروح نهدى بلادك * واك المنفي ما يريد قلبُه مڤامة

3.ما شدِّتِني بخير ظهرُه احسانك * ڤدام المولى نحاسبك يا الظالمة

4.يا جاهلة العين واش ذا الكيد شادّك * حاش الله ماكِش بنت زين العمامة

5.واك انت باباك بطل معدوم تايك * متمحلي صنديد فايتة لُه قيامة[53]

6.ما هم شي كالناس يا امّ وليد ناسَك * في الرجلة و الجود و الحياء و الزعامة

7.هنّي ابن ڤَنّون شانڤ على خيالك * يا بنت الّي يوكدوا نهار المخاصمة

فراش

8.عذّبتي ڤلبي فنيت كثروا اهوالي * طول اللّيل نبات كالمجروح عاطب

9.خسّرت التّوبة درعت و اشيان حالي * يا سابغة الدور و الرّمڤ والحواجب

10.معطوف صرندي بحال فرس الهلالي * فيك تحير الناظرين ماني ش كاذب

11.و خدودك رنجات في غصون العلالي * و الخال يدربي جميع من كان تايب

12.نور جبينك كالبدر صافي يلالي * بين شفافك كنز رحت من الكون راهب

13.ذاك الخشم الزين زاد ليَ هبالي * من لا يعذرني يغرّقه في المصايب

هدّة

14.رشمتِ ڤلبي تليّع بلا خدامى

15.ڤوم العشق الفات بالزڤاء و الوكاوك * وانيَ ماني ش قادر على المزادمة

16.مسلّم مغلوب طايع النايبين لك * عبدك و مربّيك هنت لُه بالغرامة[55]

17.عدوك نعاديه ليس نرضى مكارهك * واذا صادك ضرّ عاد جسدي رمامة

18.مشغول بالانظام محترز في اشكارك * كلّ ليلة سهران و الجوارين نايمة

19.ماني بِك و لا نجيت من بغض راجلك * ما تبت لربّي نفوز يوم القيامة

20.واك النّيف يجيب يا الحرّة امثالك * و بنات الأصول يوكدوا نهار المشاومة

21.دار العام و زاد اخوه وانا مساعفك * و ابقي يا شفّاية العدو بالسّلامة

فراش

22.الّي روّح للحجاز ولّى لداره * أدّى الفرض و جاء لاولادُه سالم

23.من لقّم بستان خرّف على اثمارُه * و الفلاّح أدّى من البلاد الغنايم

24.و القارىء ربّي أعطاه صفّى اسوارُه * شرَى في الجنّة المنزلة و النعايم

25.مولى الورد قطّر الزّهر من انوارُه * و الوالع بالتّبر صاب كنزُه ملايم

26.ماذا من واجي برا و ذهبوا اضرارُه * غيرانايَ من هوايتك صرت عادم[57]

هدّة

27.ڤلبي ما يصحى ش كاسيتُه غمامة

28.جاحد ضرّي على المكاره و اقراب لك*ما درى بيَ الاّ كريم الكراماء

29.غير مقرنص شادّ الرماية ڤبالك*بعد يبان رضاك ترجعي بالندامة

30.اڤعدي متهوم غير بيَ يعايرك*ما تنجي شي من حديث شين الملامة

31.خافي من ربّي و دعوتي لا تحاسبك*غادي تبّخسي و لا تصيبي مساومة

فراش

32.الاشحان يزيدوا الشايفات العناية * و الخصلة هي كمال وصف الحرايم

33.شوفي لعوالي من اين معدوم ساجية * بها يلغى كل شيخ مذكور دايم

34.فازت فوڤ جميع من يڤولوا حنايَ * شدّت تاج العشق رايس على العوارم

35.كسرت غيد سويد بلغت مقام جازية * بِها كورة يضهد العدو كيف هاشم

36.وانتيَ مفروغ من الذّهب يا غالية * حوريّة في الدنيا منسّلة من ابن آدم

هدّة

37.ديري مرضى من رضاك ڤالوا العامّة[59]

38.خان الدهر رداح طايغة كطياغتك * الّي منزلها اعلى بسبعين قامة

39.في ظلّ قصرها العاشق فنى نعيد لك * حتى ضاع خلاص كلّماتُه الآمة

40.ڤالت له طمّاع جئت قصروا ايّامك * هذي الرنجيّة على المرايل حارمة

41.كذا من سخّاف عدّماتُه بحالك * شهدة بين نمور في قصر من رخامة

42.ڤال لها ماني ش رايد انا وجابك * انتيَ مملوك جريتك غير عادمة

43.رڤّبت عين الطير شافها راح هالك * نَبّل شابيرُه على سريع الحمامة

44.واعد عرب هلال بوه في الصّحراء مالك * يدوِّى في الصيد والڤطا و النعامة

45.سيرة ستة شهور الجمال المزادك * بلياليها ما تكون فيها مڤامة

46.الصّوّان يعدّم الحصان كالسبايك * لا مجبد مخدوم لا اشجار لا علامة

47.الاطيار يبانوا على حساب الفلايك * و بحور الرّملة تغرّق سفون عايمة

48.وصل زملُه طاح ڤال له ابوه مالك * عليك نخلّي اولاد عربي يتامى

49.نجمَع لك ڤومي تروح لعدوك حارك * ما نقصّر شي للبعيد حرج الاقامة[61]

50.ألف ناڤة ترفد الڤطف و الف زادك * والف للماء والفين حاملين المسامى

51.وانتيَ في الشاو زايج على نصالك * تكسر صاع جميع من دعا بالقيامة

52.توصل الّي منها درعت و اشيان حالك * ثامن سبعة اخُوةْ دارڤة بالغمامة

فراش

53.دايخ ما انباه شي احمَد الهلالي * بعد فرح بمجيه دمّرتُه الجافية

54.نادى لاهل العشق ڤال فكّوا خبالي*ولدي بِه الزّين سرڤَتُه الضاوية

55.نطڤ ڤال رداح فضحت لي هبالي * ما نهنا غيرا ظفرت بها سعاية

56.شهّبتي صبّار للعطش و الرمالي * سيرة يوم مقدّرة لغيري ثمانية

57.اخَفّ من الّي سابڤ الرعد يشالي*وانا بطل سجيع نهزم اهل العناية

58.نلحڤ بالّي صاعبة في برج العلالي* يقوتة البنات ڤسمت لي حجايَ

هدّة

59.ودّع ابوه و صدّ ما غبط شي المڤامة

60.ركَب شاو الليل عارف ضيّ الفالَك * قارىء علم النجم شيخ مولى فهامة[63]

61.واذا جرّد للبراز و بدا يعارك * تجفل من حربه الڤوم سبع المزادمة

62.من جاء ڤطرُه وتاه ما راح سالك * قرصان رڤب يا الريم كم من قطار ما

63.و معه فراسين كالبرانى تشابك * ذياب و صافي الجبين و ابن المتاومة

64.المصعور انبا هلال ڤالوا مبارك * زڤلم فحل ابلها صدر للمشاومة

65.احمد شدّ على ذياب ممكون هالك * مدڤوڤ برمحين ما طمع بالسلامة

66.جاب رداح الصاعبة على كُلّ تايك * واخذ قرن النجع زاد غادي تطامى

67.مسعود المصعور ساڤ بها البارك * و رفد المجروح حمله في المسامى

68.عطّوش الاميرة على ظهور الدّكادك *و الهجني دوّى الثلب و ادّى القايمة.

Poème V

Hedda

  1. ṭāl aḍḍoṛ ĕεəliyyā͡ wzǟd ṯǟnī ŏġrāmek * εḏḏebtī gaḷbī  fnīt wennǟs sǟlmā
  2. mä serraḥtīnī nṛōḥ nehdā blǟdek * wǟk el-menfī mǟ͡ yrīd gaḷbū  mgǟ
  3. mǟ šeddītīnī bẖe͡yr ẓahrū -ḥsǟnek * goddǟm el-mūlǟ-nḥǟsbek yā ẓāḷmā
  4. yǟ ğǟhlet el-εyn weš men kīd šǟddek * ḥǟšeḷḷah mǟ kīš bent zīn el-εəmǟ
  5. wāk entī bǟbǟk ĕbṭal maεdūm tǟyek * metmaḥlī ṣandīd fǟ͡ytā lū  qyǟmā[54]
  6. mǟ hum šī kennǟs yǟ ŏmm ūlīd nǟsek * feṛṛoğlā welğūd welḥyā wezzeεā
  7. hennī Bengennūn šǟneg eεəlā ẖyǟlek * yǟ bent ellī yūkdū  nhāṛ el-mẖāṣmā

Fṛǟš

  1. εaḏḏebtī gaḷbī fnīt keṯrū  hwǟlī  * ṭōḷ ellīl enbǟt kel mağṛōḥ εāṭab
  2. ẖaṣṣaṛt et-tūbā draεt wešyǟn ḥālī * yǟ sǟbġet eddwr woṛṛmag wel ḥwǟğeb
  3. maεṭōf ăṣṛandī bḥǟl faṛṣ al-hlǟlī * fīk etḥīr ennāẓrīn mǟnīš kǟḏeb
  4. weẖdū dek ṛanğǟt fī ġṣōn el-εəlǟlī * welẖāl īderbī  ğmīε men kǟn tǟyeb
  5. nōṛ eğbīnek kelbadṛ ṣāfī ylǟlī * bīn ešfǟfek kenz roḥt melkūn ṛāheb
  6. dǟk el-ẖašm ezzīn zǟd liyyā hbǟlī * mellǟ yeεḏernī yġaṛṛqō felmṣāyeb

Hedda

  1. ṛašmet gaḷbī tleyyaε eblǟ ẖdǟ
  2. gūm el-εošq elfǟt bezzgǟ welwkǟwek * wānǟyā mā nīš qader εəlā-l-mzādmā
  3. emsellem maġlūb ṭāyeε ennǟ͡ybīn lek * εabdek wemrabbīk hent lū belġṛāmā[56]
  4. aεdūk enεǟdīh le͡ys naṛḍā mkǟrhek * wīḏǟ ṣādek ḍoṛṛ εǟd ğesdī ṛmā
  5. mešġūl eblenẓām maḥtṛaz fī škārek * koll le͡ylā ṣahṛān welğwǟrīn nǟ͡ymā
  6. mǟnī bīk ū lǟ-nğīt men boġḍ ṛāğlek * mǟ tubt eṛṛabbī nfūz yūm el-qyǟ
  7. wǟk ennīf īğīb yǟ-l-ḥoṛṛā mṯǟlek * webnǟt elwəṣōḷ yūkdū nhāṛ el-mšǟ͡wmā
  8. dāṛ el-εǟm ū zǟd ẖūh wǟnā msāεfek * webqī yǟ šeffǟyet el-εədū besslǟ

Fṛǟš

  1. ellī ṛawwaḥ lel-ḥğǟz wellǟ-l-dāṛo * weddǟ-l-faṛḍ ū ğǟ le͡wlǟdū sǟlem
  2. mel-laqqam bustǟn ẖaṛṛef εəlā ṯmāṛo * welfellǟḥ eddǟ melblǟd elġnǟyem
  3. welqāṛī ṛabbī-εṭāh ṣaffā-ṣwāṛo * ešrǟ felğennǟ-l-menzlā wennεǟyem
  4. mūl el-waṛd qaṭṭaṛ ezzahṛ men-nwāṛo * welwǟlaε bettebr ṣāb kenzū mlǟyem
  5. mǟḏǟ men wǟğī bṛā͡-wḏehbū-ḍṛāṛô * ġǟr-ānǟyā men hwǟytek ṣoṛt εādem[58]

Hedda

  1. gaḷbī mǟ yaṣḥāš kǟsyǟtū ġmǟ
  2. ğǟḥed ḍoṛṛī εəlǟ-l-mkǟreh waqrāb lek * mǟ drǟ biyyā-llǟ krīm el-kūrā
  3. ġǟr emqaṛnaṣ šǟdd eṛṛmāyā gbǟlek * baεd-ībǟn aṛḍāk terğεī benndǟ
  4. eggoεdī methūm ġǟr biyyā͡-yεǟ͡yrek * mǟ tenğīšī men ḥdīṯ šīn el-mlǟ
  5. ẖāfī meṛ-ṛabbī͡-wdaεεawtī lǟ tḥǟsbek * ġādī  tebbaẖsī -wlā  tṣībī  msǟwmā

Fṛǟš

  1. lešḥǟn-īzīdū eš-šǟ͡yfät el-εənǟyā * wel ẖaṣlā hiyyā kmǟl waṣf el-ḥrǟyem
  2. šūfī le-Ɛwǟlī mnīn maεdūm sǟğyā * bīhā yelġā koll šīẖ maḏkōṛ dǟyem
  3. fǟzet fūg eğmīε men ygūlū ăḥnǟyā * šeddet tǟğ el-εošq ṛāyeṣ εəlā-l-εwǟrem
  4. kaṣṛet ġe͡yd eSwīd belġet emqām Ǧǟzyā * bīhā Kōrā yeḍhad el-εədū kīf Hǟšem
  5. wentiyyā mefrūġ meḏḏhab yǟ ġǟlyā * ḥūriyyā fed-denyā mnesslǟ men bnǟdem

Hedda

  1. dīrī maṛḍā maṛ-ṛḍāk gǟlū-l-εāmmā[60]
  2. ẖān eddahṛ eRdǟḥ ṭā͡yġā kī ṭyāġtek * ellī menzelhā εəlā-bsebεīn gǟ
  3. fī ẓall aqṣaṛhā l-εāšeq ĕfnǟ nεīd lek * ḥettā ḍāε ŏẖḷāṣ kellmǟtū-l-ā
  4. gǟlet lū ṭammāε ğīt qaṣṛō-yyēmek * hǟḏ eṛṛanğiyyā εəlā-l-mrǟyel ḥǟrmā
  5. kǟḏǟ men seẖẖāf εaddmǟtū bḥǟlek * šahdā bīn en-mūr fī qṣaṛ meṛ-ṛŏẖā
  6. gǟl elhǟ mǟnīš rǟyĕd ǟnā-wğǟbek * entiyyǟ memlūk ğerytek ġǟr εǟdmā
  7. reggbet εāyn eṭ-ṭyr šǟfhā ṛāḥ hǟlek * nebbel šǟbīrū εəlā srīε el-ḥmǟ
  8. wăεed εaṛb eHlǟl būh feṣṣaḥṛā mālek * īdewwī feṣ-ṣyd welgṭa wen-nεǟ
  9. sīret sett ešhōṛ lelğmǟl el-mżādek * belyǟlīhā mǟ-tkūn fīhā mgǟ
  10. aṣṣawwān yəεaddem el-ḥṣān kessbǟyek * lǟ meğbed maẖdūm lǟ-sğār lǟ-εəlǟ
  11. laṭyāṛ ībǟnū εəlā ḥsǟb el-flǟyek * webḥōṛ eṛ-ṛamlā tġaṛṛaq sfūn εǟ͡ymā
  12. ūṣal zemlū ṭāḥ gǟl lū būh mǟlek * eεəlīk enẖallī͡-wlǟd εarbī  ytǟ
  13. neğmaε lek gūmī tṛōḥ leεdūk ḥǟrek * mǟ nqaṣṣaṛšī lel-bεīd ḥarğ elyqāmā[62]
  14. ’elf nǟgā terfed el-gṭaf welf zǟdek * welf lelmā welfīn ḥǟmlīn el-msǟ
  15. wentǟyā feššǟ͡w zǟyeğ eεəlā nṣālek * tekṣaṛ ṣāε eğmīε men dεā belqyǟ
  16. te͡wṣal-elmenhǟ dräεt wešyǟn ḥǟlek * ṯamen sebε ŏẖẖūt dǟrgā belġmǟ

Fṛǟš

  1. dǟyeẖ mǟ nbǟh šī Ḥmed el-Hlǟlī * baεd efṛaḥ bemğīh dammṛātū-l-ğǟfyā
  2. nǟdā-l-ahl el-εošq gǟl fekkū ẖbǟlī * weldī  bīh ezzīn ṣaṛgǟtū  eḍḍā͡wyā
  3. enṭag gǟl eRdǟḥ faḍḥat lī hbǟlī * mǟ nehnǟ ġǟrā ẓfaṛt bīhā sεǟ
  4. šehhebtī ṣabbāṛ lel-εəṭaš werrmǟlī * sīret yūm emqeddṛā-l-ġǟrī  ṯmǟnyā
  5. ẖaff mellī sǟbeg errεad īšǟlī  * wǟnā baṭl esğīε nehzem ăhl-el-εnǟ
  6. nelḥag bellī ṣāεәbā fī borğ el-εəlǟlī  * yǟqūtet lebnǟt gesmet lī-ḥğǟ

Hedda

  1. weddaε būh-ū ṣadd mǟ ġbaṭšī-l-mgǟ
  2. erkeb šǟ͡w el-lyl εāref ḍayy el-fǟlek * qārī εalm en-neğm šīẖ mūlā fhǟmā[64]
  3. wīḏǟ ğaṛṛad lel-brǟz webdǟ͡ yεārek *teğfel men ḥarbū-lgūm sebε el-mzǟdmā
  4. men ğǟ gaṭṛō͡ wtǟh mǟ rāḥ sǟlek * qoṛṣān ergeb yǟ-rrīm kem men qṭāṛ mǟ
  5. wemεǟh efrǟsīn kel bṛānā tšǟbek * eḎyêb-ū-Ṣāfī-lğbīn weBn el-Mtǟwmā
  6. el-maṣεōṛ enbǟ Hlǟl gǟlū mbārek * zeglem faḥl ībīlhā ṣdaṛ lel-mšǟwmā
  7. Aḥmed šedd eεəlǟ Ḏyēb memkūn hǟlek * medgūg ebṛomḥīn mǟ ṭmaε besslǟ
  8. ğǟb eRdǟḥ aṣṣāεbā εəlǟ koll tǟyek * waẖḏā gaṛn en-neğε-ū zǟd ġādī-ṭṭā
  9. Mesεūd el-masεōṛ ṣāg bīhä-l-bǟrek * werfed el-mağṛōḥ ḥamlū fel-msǟ
  10. εaṭṭōš el-mīrā-εəlā ẓhōṛ eddkǟdek * wel-hǟğnī dewwǟ-ṯṯelb weddǟ-l-qā͡ymā.

Poème V

Hedda

  1. A ma maladie chronique s’est ajouté le mal de ton amour. Tu as torturé mon cœur. Je suis anéanti pendant que tout le monde jouit de sa santé.
  2. Tu ne m’as ni permis de partir et m’éloigner de ton pays,-tu sais bien que le cœur de l’amant rebuté n’éprouve aucun désir à prolonger son séjour-,
  3. Ni retenu par ta sollicitude se traduisant par des bienfaits. Je te citerai, ô cruelle, devant le tribunal du Seigneur.
  4. Ô belle à l’œil provocant, pourquoi cette résistance opiniâtre ? Tu es loin d’être la fille de l’homme au beau turban.
  5. Ton père n’est-ce pas un brave, un héros intrépide ? Chevaleresque et vaillant n’a-t-il pas connu jadis le pouvoir ?[54]
  6. Tes parents, ô mère, ne sont pas comparables aux (autres) gens, en vaillance, générosité, pudeur et gloire.
  7. Rassure Bengennūn qui soupire après ton ombre, ô fille des guerriers qui luttent âprement le jour du combat.

Fṛǟš

  1. Tu as torturé mon cœur ; je suis anéanti. Je passe la nuit entière meurtri comme un blessé.
  2. J’ai perdu (le bénéfice de) ma pénitence ; j’ai maigri et suis devenu laid, ô belle aux cheveux, yeux et sourcils noirs.
  3. Tu as les hanches bien cambrées, les yeux noirs et (le cou semblable à) l’encolure de la cavale d’el-Hlǟlī. Tu laisses ébahis, je n’exagère pas, les gens qui te regardent.[55]
  4. Tes joues sont deux oranges suspendues aux hautes branches et ta mouche de beauté incline à la débauche tous les pénitents.
  5. L’éclat de ton front serein reluit comme la lune. Tes lèvres renferment un trésor dont le charme paradisiaque m’a frappé.
  6. Ce beau nez a accentué ma folie. Celui qui ne m’excuse pas, (Dieu) le noiera dans les malheurs.

Hedda

  1. Elle a meurtri mon cœur ; il s’est déchiré sans couteaux.
  2. Le goum de l’amour, face à moi, clame et vocifère, et moi, je ne suis pas en mesure de soutenir la lutte.
  3. Je me rends, vaincu, soumis à tes serviteurs. Je suis ton esclave. Je m’incline (jusqu’) à payer tribut à ton valet.[56]

     17.Je suis hostile à ton ennemi et n’ai point de sympathie pour ceux qui te détestent. Si un mal t’affecte mon corps se réduit en poussière.

  1. Adonné à la poésie, je ne manque pas de faire ta louange. Je veille chaque nuit pendant que les voisins dorment.
  2. Je n’ai pas été ton homme et cependant, la haine de ton époux ne m’a point épargné. Je ne suis pas, non plus, revenu à Dieu pour mériter le salut, le jour de la Résurrection.
  3. N’est-il pas vrai, noble créature, que l’amour-propre (froissé) désarme tes semblables ? Les filles de haut lignage s’acharnent davantage le jour où l’on fait opposition (à leur amour).
  4. L’année a achevé son cycle ; une autre l’a suivie, et moi me soumettant toujours à tes décisions. Adieu, ô toi qui réjouit l’adversaire![57]

Fṛǟš

  1. Celui qui s’est rendu au Hedjāz est rentré chez lui. Il a accompli son devoir et est revenu sain et sauf auprès de ses enfants.
  2. Celui qui a pratiqué des greffes dans son verger a mangé de ses fruits. Le cultivateur a recueilli des richesses de son champ.
  3. L’étudiant favorisé par Dieu, a achevé ses études coraniques. Il a acquis un séjour et des délices au Paradis.
  4. Le fleuriste a extrait l’essence de ses fleurs. Le chercheur d’or a trouvé son trésor amassé.
  5. Combien de malades d’amour sont guéris et ont vu leurs maux s’évanouir ! Seul, je suis anéanti par ton amour.[58]

Hedda

  1. Mon cœur ne connaîtra pas la sérénité ; un nuage l’enveloppe.
  2. J’ai dissimulé ma souffrance aux ennemis et à tes parents. Le Généreux Suprême en a connaissance.
  3. J’ai constamment l’arme en joue, braquée sur toi. Dès que tu consentiras tu regretteras (tes rigueurs).
  4. Reste suspecte, continuellement injuriée par les soupçons que ton mari porte sur toi. Tu n’échapperas pas aux scènes de ton détestable accusateur.
  5. Aie crainte de Dieu et redoute qu’il ne te châtie pour mon cas. Tu es appelée à perdre de la valeur et à manquer d’amateurs.

Fṛǟš

  1. Les brouilles stimulent le zèle des belles et l’action d’éclat (est le trait qui) achève le portrait des épouses.[59]
  2. Tu as l’exemple de Ɛwǟlī, incomparable et parfaite, son nom est constamment sur les lèvres de tout poète au renom durable.
  3. Elle a éclipsé toutes celles qui clamaient leur supériorité. Elle s’est coiffée du diadème de l’amour et s’est placé à la tête des belles.
  4. Elle a détrôné les beautés des Swīd ; elle est parvenue au rang de Ğǟzyā. Grāce à elle, Kōṛā, comme Hǟšem réduisait l’ennemi.
  5. Et toi, ô beauté précieuse, tu es coulée d’or ; tu es une houri, issue d’un être humain.

Hedda

  1. « Donne satisfaction, a-t-on dit, à celui qui t’aime ».[60]
  2. Le temps a trahi l’arrogante Rdǟḥ dont la tyrannie rappelle la tienne et dont le rang est à soixante dix brasses au-dessus du tien.
  3. A l’ombre de son palais, l’amoureux languit, te dis-je. Lorsqu’il fut sur le point de mourir, la servante lui adressa la parole.
  4. « Soupirant, lui dit-elle, tu es venu pour abréger ta vie ; cette belle au teint orangé est inaccessible aux séducteurs.
  5. Elle a mutilé nombre d’ambitieux tel que toi. C’est une tigresse entourée de tigres dans un palais (taillé) dans un bloc de marbre ».
  6. « Je n’ai point sollicité ta réponse, lui dit-il, tu n’es qu’une esclave et tes démarches sont vaines ».
  7. La belle a l’œil de faucon s’étant montrée furtivement, il l’aperçut et partit, le cœur meurtri, en éperonnant son coursier agile comme la colombe.[61]
  8. Il alla chez les Arabes hilaliens. Son père, roi au Sahara, chassait le lion, le ganga-cata et l’autruche.
  9. (Il faut) six mois de marche aux chameaux vigoureux, les nuits comprises, sans étape (pour couvrir cette distance).
  10. Les cailloux semblables à des morceaux de métal fondu y blessent le coursier. Il n’y a ni chemin frayé, ni arbres, ni signes indicateurs.
  11. Les oiseaux y prennent des formes de barques et les mers de sable engloutissent des navires flottants.
  12. Arrivé à sa smalah, il se laissa choir. « Qu’as-tu, lui dit son père ; pour toi je laisserai orphelins les enfants de mes sujets. 
  13. « Je mobiliserai, pour toi, mon goum qui marchera sur ton ennemi. Je ne négligerai rien pour vous équiper en vue de ce long voyage.[62]
  14. « Mille chamelles porteront des tapis, mille autres, les vivres, mille porteront des provisions d’eau et deux mille enfin, des litières.
  15. Et toi, depuis ton jeune âge, tu triomphes des obstacles grâce à ton courage. Tu désarmes tous ceux qui ont des prétentions à la bravoure.
  16. Tu parviendras à celle qui est la cause de ta souffrance et ton enlaidissement, la huitième sœur de sept frères que les nuages dissimulent.»

Fṛǟš

  1. Etourdi, Aḥmed el-Hlǟlī ne répondit pas à son père qui fut tout d’abord réjoui de sa visite. La cruelle l’avait éconduit.
  2. (Le père) convoqua les gens (versés en matière) d’amour et leur dit : « dissipez mon trouble ; mon fils est épris de la belle ; l’astre l’a séduit ».
  3. Aḥmed parla enfin et dit : « Rdǟḥ a fait éclater ma folie. Je ne connaîtrai la félicité qu’après l’avoir capturée.[63]
  4. « Ma cavale blanche résiste à la soif et au sable. Je fais en « une journée de marche, ce que d’autres font en huit jours.
  5. « Elle est plus rapide que l’éclair qui fulgure et moi je suis « un vaillant preux ; je défais les guerriers tenaces.
  6. « Je rejoindrai la cruelle qui habite au premier étage. Celle « qui, parmi les filles, est un rubis, m’a brisé le cœur ».

Hedda

  1. Il fit ses adieux à son père et partit. Le séjour ne lui agréa pas.
  2. Il monta à cheval, à la tombée de la nuit. Il connaissait les astres du firmament. Il avait étudié l’astronomie. C’est un maître perspicace (dans cette science).[64]
  3. Lorsqu’il dégaîne en vue d’un duel et se met à combattre, le goum fuit sa rencontre, c’est le roi de la lutte.
  4. Celui qui s’exhibe devant lui ne s’en va pas sain et sauf. (On dirait) Ô antilope, un croiseur apparaissant à une distance de plusieurs hectares d’eau (sic).
  5. Il a, à sa suite des cavaliers qui luttent comme des faucons, Ḏyēb, Ṣāfī-l-ğbīn et Ben el-Mtǟwmā.
  6. Le héros adressa aux Hilaliens un appel auquel ils firent bon accueil.L’étalon des chamelles gronda et alla à la charge.
  7. Aḥmed se porta au secours de Ḏyēb blessé grièvement. Il a été percé de deux coups de lance et perdait tout espoir au salut.
  8. Il prit Rdǟḥ qu’aucun brave ne put aborder, passa par l’extrémité du territoire de la tribu et, continuant sa course, disparut au-delà.[65]
  9. Le brave Mesεūd conduisit le chameau qui la portait et mit le blessé dans la litière.
  10. Le palanquin de la princesse reposait sur les bosses de robustes chameaux. Le chamelier harcela la caravane et emporta l’irréductible femme.

 

Poème VI

هدّة

1.ڤُل لسي مُحمّد لا يغيظك حالك * قادر تلڤى عين الطير كيف زمان[65]

2.تنصاغ بلا كتبة نارڤ الرمان[15]

3.اصبُر كيف صبرت انا و راعِ فصلَك * ما يڤطع الايآس الاّ الّي شيطان

4.كان اختُك حرّة يا صاحبي ترجع لك * الاحسان يرضّوا من طار بالجنحان

5.لكن مولى العشق هبيل يحسن عونك * جاءت قريبة لِكم فاطمة جيران

6.عارم محجورة في بيت غير ڤبالك * بالسّور محصّن عسّاسها قنطان

7.كان كتب ربّي راها تجي في وعدك * تسلك بين اظفار الغول والثعبان

8.و تولّي كيف ڤبيلة مع محنتك * تشرب من كاس البلاّر ريق لسان

فراش

9.تنصَاغ بلا كتْبة نارڤ المنير

10.هذي ما هي جافي ناسها حجروها * ما صابت طاڤة لمجيك عين الطير

11.ما يغفل حتّى ساعة الّي خاذيها * خايف منّك ماشي خايف من الغير

12.كنت غدرتُه شاو الحال بكري فيها * جاءت فزوعك عازم في هواه تغير

13.حارك بسناجق و طبول صلت عليها * ما جاء يتكاكا حتّى وقع في بئر[67]

هدّة

14.صاب الكنز مشى ميده بقى حيران

15.ثقّف مالُه و رسَم فيه زعما يسلك * راه يڤول منع رزقي من الخيان

16.وانتيَ ربّي في الصّاعبة سهّل لك * تلحڤها لوكان تطير في الامزان

17.متمحلي صنديد على يدي ربّيتك * نضت انا والع بصيادة الغزلان

18.في قصّة بوڤصرية صرى لي كيفك * عامين و طبلي يلغى الاّ رنّان

19.كل نهار زڤاء و مشالية و وكاوك * حتى راد الله و اخلاهم الرحمان

20.جيش كبير ڤطّعته كيف جيش حسودك * وادّيت ڤليعة مبرومة الذرعان

فراش

21.اصبر يا ڤندوز الصابرين تنال

22.هذا شان الدنيا ريحها يتقلّب * نوبة صاحي نوبة غيمها يكحال

23.يوم مطرّح مولاها و يوم مشغّب * بحر العشق كلا عيطة سفُن اغوال

24.وانت من حقّك في سانجاق الڤارب * بخّاسة من ركبوا في احراج طوال

25.شهبة مولاي اسماعيل عنڤ الهارب * الفك حجروها يا صاحبي الابطال[69]

هدّة

26.ما يعبوا شي ينتخذوا على الامان

27.غير تهمدن و تهنّا و وسّع بالك * راه خبرها عندي راية السلطان

28.ڤالت ما ننسى اخويَ الّي سرڤاتك * و بنات الناس يموتوا على الاشحان

29.هذي أميرة بنت ڤبيل ابوها تايك * كانت به تسير عساكر و ڤومان

30.عيب ندير على الّي راه منّي هالك * غيرا داروا فوڤي شاهد و مدران

31.انهلاّ قِس الخلطة و شدّ لسانك * و اعرف كِتمشي تَنْجَ من العديان

32.لا تامن ابنآدم كان جاء يضحك لك * و تحذرى بالاك تريع للكهّان

33.احفر في حجرة صمّاء قبر لسرّك * وادفنه في الارض و زِد بالبنيان

34.تتمتّع بالّي نيرانها حرڤاتك * تاكل و تدخّر و تعيش في الامان

فراش

35.استر عَرضك و عرضي الله يهديك

36.خفت يڤولوا ابن ڤنّون غرسُه رادي * ما تبكيني بكّاية و لا تبكيك[71]

37.شُف انا في فم الغول دخّلت يدي * كم من برني في وكرُه اضحيت شريك

38.نسعَى و نسعّي الاحباب واڤف سعدي * نضت مع ناس خيارات ودكاديك

39.قدّور و عدّة و الصادق و حمّادي * جبنا خيرة من البنيان ننعت لِيك

40.بنت ڤبيل و راجلها بطل متعدّي * ابوها تَخدمُه الاجواد كالمليك

هدّة

41.ما نڤطع غير المزّوج من الكيفان

42.الڤلّيل نجا منّي سليم و سالك * مولى العرض اعطيته يا ابني الآمان

43.و الظالم خلّيتُه كيف الارمد هالك * ما يرڤد شي كلّ ليلة الاّ سهران

44.كان انت ڤندوز صحيح تبّع شيخك * لا تسعف راي الّي ما ادركهم شان

45.ما سافر قبطان كبير فوڤ فلايك * مولى الصندل ماشي حاكم الديوان

46.واك انتَيَ ديدي فايت بني عمّك * في الرُّجلة و الجود و حافظ القرآن

47.هذا العارم ما تغدى ش وانا عندك * حاش الله نخلّي صاحبي ينهان[73]

Poème VI

Hedda

  1. gūl-el-sī Mōḥammed lǟ͡-yġǟẓek ḥǟlek * qāder telgā εa͡yn eṭṭyr kīf ezmǟn[66]
  2. tensǟġ eblǟ ketbā nǟrg eṛṛommǟn[16]
  3. aṣboṛ kīf aṣbaṛt-ānǟ͡ wṛāεī faṣlek * mǟ yegṭaε līyyēs ellā-llī šīṭān
  4. kǟn ohtek ḥoṛṛā-yā ṣāḥbī terğaε lek * laḥsǟn-īraḍḍō men ṭāṛ belğenḥǟn
  5. lǟken mūlā-l-εošq ahbīl yeḥsen εāwnek * ğǟt egrībā līkum Fāṭmā ğīrǟn
  6. εārem maḥğôṛā fī bīt ġǟr ogbǟlek * baṣṣōṛ͡ emḥaṣṣan εassǟshā qanṭān
  7. kǟn ektab rabbī ṛāhā tğī fī  waεdek * teslek bīn aẓfāṛ el-ġūl weṯṯaεbǟn
  8. wetwellī kīf ogbīlā mεā maḥḥantek * tešṛob men kǟs el-beḷḷāṛ rīq elsǟn

Fṛǟš

  1. tensǟġ eblǟ ketbā nǟrg el-mūnīr
  2. hǟḏī mǟhī ğǟfī  nǟshā ḥağṛôhā * mā ṣābeṭ-ṭāgā lemğīk εa͡yn eṭṭa͡yṛ
  3. mǟ yeġfel ḥattā sǟεā-llī ẖāḏīhā * ẖāyef mennek mǟ šī ẖāyef melġǟr
  4. kunt aġdaṛtū šǟ͡w el-ḥāl bekrī fīhā * ğät efzūεek εǟzem fī-hwǟh etġǟr
  5. ḥǟrek besnǟğaq waṭbūl ṣoḷt eεəlīhā * mǟ ğǟ yetkäkä ḥettā͡-wqaε fī bīr[68]

Hedda

  1. ṣāb el-kenz emšā mīdū bqā ḥa͡yṛān
  2. ṯaqqaf mǟlū warṣam fīh zaεmā yeslek * ṛāh-īgūl emnaε rezqī melẖiyyǟn
  3. wentǟyā rabbī faṣṣāεbā sehhel lek * telḥaghā lū kǟn eṭṭīṛ fī lemzǟn
  4. metmäḥlī ṣandīd eεəlǟ͡ ydī ṛabbytek * nott-ānā wǟlaε baṣyātt el-ġozlǟn
  5. fī qaṣṣat-Būgaṣriyyā-ṣṛā lī kīfek * εǟmīn-ū ṭablī  yelġā-llā ṛannǟn
  6. koll enhāṛ ezgā wemšǟlyā wewkǟwek * ḥetta rǟd eḷḷah weẖlǟhum eṛṛaḥmǟn
  7. ğe͡yš ekbīr gaṭṭaεtū kīf ğeyš aḥsūdek * weddīt aglīεā mebṛōmt eḏḏerεān

Fṛǟš

  1. aṣboṛ yǟ gendūz aṣṣābrīn etnǟl
  2. hǟḏa šǟn eddenyā rīḥḥā yetqallab * nūbā ṣāḥī nūbā ġymhā yekḥǟl
  3. yūm emṭaṛṛaḥ mūlāhā͡ wyūm emšaġġab * baḥṛ el-εošq eklā εāyṭā sfūn aġwǟl
  4. wentā men ḥaqqek fī sēnğaq el-gǟreb * baẖẖāset men rekbū fī  ḥṛāğ aṭwāl
  5. šahbet mūlǟ͡y eSmǟεīl εong el-hǟreb * welfek ḥağrōha yā ṣāḥbī lebṭāl[70]

Hedda

  1. mǟ yeεbū šī yentaẖḏū  εəlǟ lǟmān
  2. ġǟr ethamden wethennā͡ wwessaε bǟlek * ṛāh aẖbaṛha εandī rāyĕt aṣṣolṭān
  3. gǟlet mǟ nensā ẖūyǟ-llī ṣaṛgǟtek * webnǟt ennǟs-īmūtū εəlǟ lešḥǟn
  4. hǟḏī mīrā bent ogbīl būhā tǟyek * kǟnet bīh etsīr aεṣākĕr-ūgūm
  5. εa͡yb endīr aεəllī ṛāh mennī hǟlek * ġǟra dǟrū  fūgī  šǟhd-ū mädrǟn
  6. enhaḷḷā qīṣ elẖoḷṭā-wšedd elsǟnek * waεṛaf kī temšī tenğā melεedyǟn
  7. lä tǟmen būnādem kǟn ğǟ yaḍḥak lek * wetḥaḏrǟ bǟlǟk etrīε lelkähhǟn
  8. aḥfaṛ fī ḥağṛā ṣammā qbaṛ elserrek * weddefnah fī laṛḍ-ū zīd belbenyǟn
  9. tetmettaε bellī nīrǟnhā ḥaṛgǟtek * tǟkūl weddaẖẖaṛ wetεīš fī lǟmǟn

Fṛǟš

  1. aṣṭoṛ εaṛḍak kū εaṛḍī-llah yähdīk
  2. ẖoft-īgūlū Bengennūn ġaṛsū ṛādī  * mǟ tebkīnī  bekkǟyǟ͡-wlǟ tebkīk[72]
  3. šūf ǟnā fī fumm el-ġūl daẖẖalt īdī  * kem men boṛnī  fī  wakṛō ḍḥa͡yt ešrīk
  4. nesεā wensäεεī leḥbǟb wāqef säεədī * nott emεā nǟs aẖyāṛāt wedkǟdīk
  5. Qaddūr-ū Ɛddā weṣ-Ṣādĕq-ū Ḥammǟdī  * ğebnǟ Hyṛa melbenyǟn nenεät līk
  6. bent ogbīl-ū ṛāğelhā bṭal metεaddī * būhā taẖẖadmū leğwǟd kel mǟlīk

Hedda

  1. mǟ negṭaε ġǟr el-mażżōğ mel-kīfǟn
  2. el-gellīl enğā mennī slīm-ū sǟlek * mūlǟ-l-εaṛḍ ăεṭaytū yǟ bnī  lǟmǟn
  3. weẓẓāḷem ẖalleytū kīf laṛmed hǟlek * mǟ yergod šī koll lē͡ylā-llā ṣahṛān
  4. kǟn entǟ gendūz aṣḥīḥ tebbaε šīẖek * lǟ tesεaf ṛā͡y-ellī mǟ dṛakhum šǟn
  5. mā ṣāfaṛ qobṭān akbīr fūg aflǟyek * mūlā-ṣṣandal mǟ šī ḥākm eddīwǟn
  6. wǟk entǟyā dīdī fǟ͡yt ebnī-εammek * faṛṛoğlā welğūd-ū ḥāfẓ el-Qor’ǟn
  7. hǟḏel εǟrem mǟ toġdǟš wǟnǟ εandek * ḥāš-aḷḷah enẖallī ṣāḥbī yenhǟn[74]

Poème VI

Hedda

  1. Dis à sī Môḥammed : « Ne déplore pas ton sort ; tu pourras, comme par le passé, revoir la belle à l’œil de faucon.[66]
  2. 2. « Elle cèdera sans talisman, elle qui rappelle la grenade[17] par « (l’éclat de) son front.
  3. « Aie de la patience ; suis mon exemple en cela, et attends le « moment propice. Seul, l’impie, s’abandonne au désespoir.
  4. « Si ta bien-aimée est d’un noble naturel, elle reviendra « auprès de toi. Les bienfaits apprivoisent l’oiseau.
  5. « Mais l’amoureux est un fou,-Que Dieu le soutienne !-Faṭma « habite tout près de vous ; elle est votre voisine.
  6. « C’est une femelle de faucon emprisonnée dans une chambre « en face de toi, dans l’étreinte d’une muraille, gardée par une « vigilante sentinelle.  
  7. « Si la volonté de Dieu en a décidé, ta bien-aimée t’écherra en « partage. Elle échappera aux griffes de l’ogre et du dragon.
  8. « Tu seras, comme autrefois, aux côtés de l’objet de ta « passion. Tu savoureras le nectar de sa bouche dans une coupe « de cristal.[67]

Fṛǟš

  1. « Elle cèdera sans amulette, elle qui rappelle la lune par « (l’éclat de) son front.
  2. « Cette femme n’est pas cruelle. Ses parents l’ont « séquestrée. La belle à l’œil de faucon n’a pas eu la possibilité « de venir te voir. 
  3. « Son mari ne se laisse pas distraire un seul instant. C’est toi « et non un autre qui l’inquiètes.
  4. « Tu l’en avais déjà privé autrefois. Tes cavaliers s’étaient « dirigés sur lui pour l’assaillir.
  5. « Tu t’étais mis en marche sur lui, suivi d’étendards et de timbales. Tu avais triomphé de sa résistance. (Quant à lui) il ne se rendit compte de sa situation qu’une fois dans le piège.[68]

Hedda

  1. « S’étant aperçu de la disparition de son trésor, il resta « stupéfait.
  2. « Il assura son bien et le garnit de talismans, pensant le « mettre ainsi en sécurité. « Ma fortune, dit-il, est à l’abri des « voleurs ».
  3. « Et toi, Dieu t’a donné le pouvoir de désarmer la femme « irréductible. Tu arrives à l’avoir même si elle vole aux nues.
  4. « Chevaleresque et intrépide, tu as été élevé par mes soins. « Je suis venu au monde épris de la chasse aux gazelles.
  5. « Lors de l’aventure de Būgaṣriyyā, j’ai souffert comme toi. « Ma timbale ne cessa de retentir, durant deux ans.
  6. « Chaque jour surgissaient des discussions orageuses, des « querelles, des criailleries, jusqu’au moment où Dieu, Clément, « se décida à les anéantir.
  7. « J’ai taillé en pièces une armée aussi nombreuse que celle « des gens qui te [69] portent envie et j’ai capturé (la belle) aux bras potelés.

Fṛǟš

  1. « Arme-toi de patience, tu parviendras à ton but, ô disciple « de patients maîtres.
  2. « C’est là le propre de cette vie : ses vents sont changeants ; « tantôt son ciel est serein et tantôt chargé de noirs nuages.
  3. « Celui qui est de ce monde connaît, tour à tour, la gaieté et « la tristesse. Le gouffre de la passion a englouti nombre de « vaisseaux géants.
  4. « J’approuve tes tourments pour (celle qui rappelle) le « pavillon de la gabare, l’étoile de celles qui voyagent en altiers « palanquins.
  5. « Semblable à la cavale de mūlǟy Ismāεīl, au col de gazelle, « ton amour a été enfermé par les preux.[70]

Hedda

  1. « Ils ne se douteront de rien. Le désastre les surprendra.
  2. « Tu peux te calmer, te rassurer et faire preuve de patience. « J’ai des nouvelles de la belle (dont la taille rappelle) le « drapeau du roi.
  3. « Je n’oublierai pas mon bien-aimé, a dit celle qui t’a « fasciné ». Les filles de notables contrariées ne reculent pas « devant la mort.
  4. « Celle dont il s’agit est une princesse de vieille souche, fille « de despote. Son père avait sous ses ordres des fantassins et des « goums.
  5. « J’aurais tort, (a-t-elle ajouté) de garder rancune à celui que « mon amour torture ; (je lui resterai fidèle) jusqu’au jour où « l’on mettra sur moi des pierres tumulaires et des dalles.
  6. « Prends garde, évite la fréquentation des gens, surveille tes « propos et sache comment te conduire, tu échapperas à tes « ennemis [71].
  7. « Ne te fie pas au fils d’Adam quand il vient te trouver avec « le sourire aux lèvres et garde-toi de te laisser séduire par le « sorcier.
  8. « Creuse dans un roc dur une tombe pour ton secret ; « enterre-le et recouvre-le de maçonnerie.
  9. « Tu jouiras (ainsi) de celle dont la flamme t’a consumé, tu « consommeras, tu feras des provisions et tu vivras en sécurité.

Fṛǟš

  1. « Ménage ton honneur et le mien — Que Dieu te guide!—
  2. « Je crains que l’on ne dise : « Bengennūn forme de « mauvais élèves » et qu’aucune pleureuse ne se lamente lors de « ton trépas et du mien [72].
  3. « Tu as mon exemple devant toi. J’ai introduit ma main dans « la gueule de l’ogre. Je suis devenu l’associé de nombreux « faucons dans leur (propre) nid.
  4. « Je fais des captures et en procure aux amis. Je suis né sous « une heureuse étoile. J’ai grandi avec des notables et des « preux ;
  5. « Qaddūr, Ɛadda, Ṣadaq et Hammādī. Nous avons amené « Heyra de Benyǟne, te dirai-je,
  6. « fille de vieille souche. Son époux est un vaillant agresseur. « Son père est servi comme un roi par les Ğwǟd.

Hedda

  1. « Je ne cueille que le miel de rocher des pointes escarpées.
  2. « L’être inoffensif, je le laisse partir sain et sauf ; l’homme « d’honneur, je lui accorde le salut; [73]
  3. « Le coupable, je le laisse souffrir comme celui qui est « atteint d’ophtalmie. Il ne ferme pas les yeux. Il veille toutes « ses nuits.
  4. « Si tu es un disciple véritable, suis les recommandations de « ton maître. N’écoute pas les conseils des personnes « dépourvues de considération,
  5. « Tel que celui qui n’a pas voyagé à bord des vaisseaux en « qualité de grand capitaine, qui n’a piloté qu’un petit navire ou « qui n’a pas été chef de service.
  6. « N’est-il pas vrai, ô Dīdī, que tu surpasses tous tes « compatriotes en bravoure et en générosité et que tu sais par « cœur le Coran ?
  7. « Cette femelle de faucon ne (t) échappera pas alors que tu « disposes d’un homme comme moi. A Dieu ne plaise ! Que je « laisse mon ami encourir le mépris ».[74]

القصيدة السّابعة

هدّة

1.ربّي قضى عليّ و ابليس اعماني * يا ناس درت سيّة تهزم الاحباب

2.عاديت صاحبي و رجعنا طلاّب

3.و حرَكت له جاءت مشالي ڤوماني * عمّدت للبلاء ناقوسي ضرّاب

4.غيظان ڤلت نقتل بيدي و لساني * حزّاج ما اعطيته يا ناس حراب

5.فرحوا مكارهُه و انشرحوا عدياني * ڤالوا طرات بين جماعة الاحباب

فراش

6.ما شفت من يعدم يا ناس شمالُه * وانا جرحت الايمن بالجلطية

7.ندمت بعد جرحه ما صبت دواء لُه * لاكن خالقي راه لطف بيَّ

8.شفّيت في حرير السادات امثالُه * قوم الحسود درت لهم ڤطاية

9.لوكان بالوجاب انا نتخطّالُه * هو صغير و اللّوم الاّ فيَّ[75]

10.هذي أُتات من عندُه نغفرها لُه * و الحرّ ما يحافي اخوه بسيّة

11.اذا يزيد الاخرى ثم خسر حالُه * ابكوا عليه مات بلا عزّايه

هدّة

12.ذا الهول ڤاع ناض على فرس ذياب

13.من اين جاءبها واستنكب و هداني * ڤلبي بقَى على مسبوغة الاهداب

14.ما جبت لُه خبَر غير رفيڤُه جاءني * صحيح عارفُه ما هوشي كذّاب

15.ڤال العبيد جاءب غزالة و ادّاني * بتنا البارح بغنّاي و ڤصّاب

16.لغدا من اين جالستُه ما انباني * سرّه عليه دار قفل و بواب

فراش

17.انا و صاحبي ولّينا متشادّين * ربعين يوم ما بردت زازتنا

18.اهل البنات فرحوا و اضحاوا مهنّيين * كانوا مهوّلين يخافوا منّا

19.اشحال من ڤليعة جبناها ساعيين * عيطة ابطال زارتهم محنتنا[77]

20.دمّي و صاحبي دمّيته للعاصيين * يطوي علام الاعداء غير خيانة

21.خودات جابهم ما جابوهم زانيين * تحت الجناح دكّس كم من هنا

هدّة

22.ميّاز في الهواء ما يرجى ضرّاب

23.حذري عڤاب يتقلّب كالروحاني * لابدا مخالبه تهتك في الارقاب

24.غرسي مليح ساجي تفّاح جناني * عيطة رجال ورثوا منّي الاحراب

25.خرجوا ابطال بهم البنات تعاني * دايما على الشنا سابڤهم خبّاب

فراش

26.ربّي على الملاح يدبّر سبحانه * نادى بصلحنا و انڤلعت الاغيار

27.ابليس دارها و تفلّس قنجارُه * ما شي محابّة آخرها تقصار

28.من باع اخوه بالالف خسر ديوانُه * عند الملاح ما يسوى شي دينار

29.اذا يكون هابل يفطن بهبالُه * و هو على عيوبُه يبقى ستّار

30.يحاسنُه و يرعى للخير افصالُه * واذا انضام راه يصيبه نعّار[79]

هدّة

31.ڤاف الكلام سايڤ لكل احباب

32.من لا يكون ساخي ما هو سيساني * الجود و الحياء مولاهم جلاب

33.اهل الشنا انڤطعوا راحوا فرساني * وانا عڤبت نضت مع ناس ذياب

34.الّي نصادقه يرجع من عدياني * لابدا بدرڤتُه نلقى في النشّاب

35.احسنت ما نفعني ڤولي و احساني * ذا الجيل شاعره قصوَر بين كلاب

36.يهلّكوا الهامد الڤلب الهاني * كيف البلايسة غرزتهم عطّاب

37.يفركتوا الوالد و الولد الداني * بيني و بين اخوي ثڤبوا مشهاب

38.مولى الكلام ابن ڤنّون البراني * الّي الفى غرامُه بعدان ما تاب.

Poème VII

Hedda

  1. ṛabbī qḍā εəliyyā weblīs aεmǟnī * yǟ nǟs dert siyyā tehzem laḥbǟb
  2. εādīt ṣāḥbī werğaεnā ṭoḷḷāb
  3. waḥrakt līh ğǟt emšǟlī gumǟnī * εmmett lel blā nāqūsī  ḍaṛṛāb
  4. ġeyẓān gult noqtel bīdī welsānī * ḥazzǟğ mā εəṭe͡ytū  yǟ nās aḥrāb
  5. faṛḥo mkǟrhū wenšaṛḥō εadyǟnī * gǟlū  ṭṛǟt bīn eğmǟεet laḥbǟb

Fṛǟš

  1. mǟ šett men-yεaddem yǟ nǟs ešmǟlū * wǟnā ğṛaḥt līmen belğalṭiyyā
  2. endemt baεəd ğoṛḥo mā ṣobt edwä lū * lǟkīn ẖālqī ṛāh alṭaf biyyā
  3. šeffīt fī ḥrīr essǟdet emṯǟlū * qa͡wm el-ḥsūd dert elhum ogṭāyā
  4. lūkǟn belwğǟb-ǟnā netẖaṭṭā lū * huwwǟ ṣġīr wellūm ellǟ fiyyā[76]
  5. hǟḏī-wtǟt men εandū naġfärhǟ lū * welḥoṛṛ mǟ-yḥāfī  ẖūh ebsiyyǟ

11.’īḏǟ͡-yzīd loẖṛa temmā ẖser ḥǟlū  * ebkū  εəlīh mǟt eblā εazzǟyǟ

Hedda

  1. ḏäl ha͡wl gǟε nāḍ aεəlǟ faṛṣ eḎyēb
  2. emnīn ğǟbhā westenkeb weḥdǟnī * gaḷbī bqā εalǟ mesbūġet lehdǟb
  3. mǟ ğebt lū ẖbaṛ ġǟr erfīgū ğǟnī  * aṣḥīḥ εǟrfū  mǟ hū  šī  keḏḏǟb
  4. gǟl el-Ɛəbīd ğǟb oġzǟlā weddǟnī * betnǟ-l-bǟraḥ ebġannǟ͡y ūgaṣṣāb
  5. loġdā mnīn ğǟlestū mǟ-nbǟnī * serrū  εəlīh dǟr ăqfel-u-buwwǟb

Fṛǟš

  1. ’ǟnǟ͡-w-ṣāḥbī wellīnǟ meššǟddīn * ṛabεīn yūm mǟ berdet żāżetnā
  2. ahl-el-bnǟt faṛḥô waḍḥǟ͡w emhennyīn * kǟnū mhä͡wwlīnī ẖāfū mennā
  3. ešḥǟl men glīεā ğebnǟhā sǟεyīn * εa͡yṭā bṭāḷ zāṛat hum maḥnetnā[78]
  4. demmī͡ wṣāḥbī demmītū lel-εāṣyīn * yaṭwī  εəlǟm leεədā ġǟr aḥyǟnā
  5. ḥa͡wdǟt ğǟbhum mǟ ğǟbūhum zǟnyīn * taḥt el-ğnǟḥ dekkes kem men hänā

Hedda

  1. mäyyǟz fel hwā mǟ yaṛğā ḍaṛṛāb
  2. ḥoḏrī εogǟb yetqalleb kerrōḥānī * lebdǟ mẖālbū  tehtek fī  lerqāb
  3. ġaṛsī mlīḥ sǟğī teffǟḥ eğnǟnī  * εa͡yṭā rğǟl werṯū  mennī  laḥrāb
  4. ḥarğū bṭāḷ bīhum lebnǟt etεǟnī * dīmā εəlā-ššna sǟbaghum ẖabbǟb

Fṛǟš

  1. rabbī εəlǟ-l-mlǟḥ-īdabbaṛ ṣobḥǟnū * nǟdā bṣolḥnā wengelεat laġyāṛ
  2. eblīs dǟrhā wetfelles qonğārō* mǟ šī mḥābbā āẖarhā taqṣāṛ
  3. men bǟε ẖūh bel’alf aẖser dīwǟnū * εand el-mlǟḥ mǟ yeswǟ šī dīnāṛ
  4. īḏā-ykūn hǟbel yefṭan behbǟlū * huwwā εəlā εyūbū  yebqā ṣattāṛ
  5. īḥǟsnū͡-wyaṛεā lelẖä͡yr efṣālō * wīḏā nḍām rāh īṣībō naεεāṛ [80]

Hedda

  1. gǟf el-klǟm ṣāyeg elkoll aḥbǟb
  2. mellǟ͡ yk˿ūn sǟẖī mǟ hū sīsǟnī  * el-ğūd wel-ḥyā mūlāhum ğellǟb
  3. ahl eššnǟ-ngaṭεō ṛāḥō fursǟnī * wǟnā εəgebt nott emεā nǟs eḏyǟb
  4. ellī-nṣādqō yerğaε men εadyǟnī * lebdā bdergtū nelqā fenneššǟb
  5. aḥsent mǟ nfaεnī gūlī waḥsǟnī  * ḏelğīl šǟεərô qaṣwaṛ bīn eklǟb
  6. īhhelkū-l-hǟmed el-gaḷb el-hǟnī * kīf el-blǟ͡ysā ġarzethum εaṭṭāb
  7. īferktū-l-wǟled wel weld eddǟnī * bīnī͡-wbīn ḥūyā ṯegbū  mešhǟb
  8. mūlǟ-l-klǟm Bengennūn el-baṛṛānī * ellī lfǟ ġṛamū  baεəd emmǟ tǟb.

Poème  VII

Hedda

  1. Mon destin s’est accompli. Satan m’a égaré. J’ai commis une faute qui afflige les amis.
  2. J’ai rompu avec mon ami et nous sommes devenus des rivaux.
  3. Je l’ai chargé avec des goums rangés par groupes ; j’ai affronté le combat au son retentissant de ma cloche.
  4. J’ai dit sous l’emprise de la colère : « Je porterai de la main et de la langue des coups mortels (à mon ami). En brave (que je suis) je ne lui ai pas donné le temps de combattre.
  5. Ses ennemis y ont applaudi et mes adversaires s’en sont réjouis. « (Un [75] grave conflit), a-t-on dit, a surgi dans le cercle des amis ».

Fṛǟš

     6.Ô gens, je n’ai vu personne mutiler son bras gauche. Moi, j’ai blessé le bras droit à l’aide du gauche.

  1. Saisi de repentir après l’avoir blessé, je ne lui ai point trouvé de remède. Mais Dieu m’a épargné.
  2. J’ai exposé le plus doux des notables à la risée de ses semblables. J’ai fourni une distraction au monde des envieux.
  3. A en juger équitablement, c’est moi qui dois être mis à l’amende. Il est jeune. C’est à moi que l’on doit adresser des blâmes [76].
  4. Cette faute a été commise par lui. Je devais la lui pardonner. L’être noble ne garde pas rancune à un ami pour une faute.
  5. S’il récidive, là c’est son caractère qui se dénature. Qu’on le pleure. Il quitte la vie sans qu’on le regrette.

Hedda

  1. Tout ce conflit a pour cause la cavale de Ḏyēb.
  2. Lorsqu’il l’a amenée, s’est esquivé et m’a laissé. Je lui ai gardé rancune pour (la belle aux) cils noirs.
  3. Je ne m’en étais pas aperçu. C’est son compagnon qui est venu me voir ; il est sincère, je le connais ; il ne dit pas des mensonges.
  4. « El-Ɛəbīd, m’a-t-il dit, a amené Ġŏzälā et m’a entraîné avec lui. Nous avons passé cette nuit avec chanteur et flûtiste [77].
  5. Le lendemain, quand je l’ai rencontré, il ne m’a rien dit. Sur son secret, il a placé une serrure et un gardien.

Fṛǟš

  1. Mon ami et moi sommes devenus des rivaux. (Nous avons connu) quarante jours de querelle sans trêve.
  2. Les parents des jeunes filles se sont réjouis et ont connu la tranquillité. Ils étaient inquiets et nous craignaient.
  3. Combien de captures n’avons-nous pas faites ! Nous avons tourmenté de nombreux braves.[78]
  4. C’est, pour moi, un parent et un ami. Je l’ai dressé à l’intention des rebelles. Il ploie le drapeau des ennemis à la dérobée.
  5. Il a amené de jolies femmes qui ont résisté aux proxénètes. Sous le pan de son burnous, il a caché de nombreuses bonnes fortunes.

Hedda

  1. Prompt à saisir le vent, il est invulnérable.
  2. Aigle prudent, il s’agite comme le cheval d’Ali. Ses serres déchiquettent constamment (l’honneur) des braves.
  3. Mon élève est bon. Il est excellent. C’est l’éclat de ma pépinière. J’ai enseigné à nombre d’hommes l’art de guerroyer.
  4. Ils sont devenus des braves, que les jeunes filles citent en exemple. Je les précède toujours, à vive allure, dans le chemin de la gloire [79].

Fṛǟš

  1. Dieu — Que sa gloire soit proclamée!— inspire les braves gens. Il nous a conviés à la réconciliation et les rancœurs se sont évanouies.
  2. C’est Satan qui a suscité ce conflit. Son projet a avorté. Ce n’est pas une amitié vouée à une courte durée.
  3. Celui qui aliène son ami pour mille (dinars) désorganise sa société. Dans l’estime des notables, il ne vaut pas un dinar.
  4. S’il déraisonne, c’est lui qui doit s’en apercevoir. C’est lui qui dissimulera sans cesse ses défauts.
  5. Il le traitera avec bienveillance et attendra des moments meilleurs ; et quand on l’opprime, il trouvera en lui un défenseur [80].

Hedda

  1. Le sens de ces paroles est applicable à tous les amis.
  2. Qui n’est généreux, ne saurait être affable. La générosité et la pudeur attirent à l’homme l’estime des gens.
  3. Les amateurs de gloire ont disparu ; mes cavaliers sont partis. Moi seul, leur ai survécu ; je suis de la génération de Ḏyēb.
  4. Celui dont je fais un confident devient mon ennemi. Toujours, dès qu’il est hors de ma présence, je reçois ses flèches.
  5. Ai-je fait du bien ? Mes paroles et mes bienfaits ne m’ont procuré aucun avantage. Le poète de cette génération est une panthère entourée de chiens [81].
  6. Les hommes (de cette génération) inquiètent l’être tranquille au cœur dispos. Tels les satans, ils blessent mortellement.
  7. Ils séparent le père de l’enfant indigne. Entre mon frère et moi, ils ont enflammé un tison.
  8. L’auteur de ces vers est Bengennūn, l’étranger, qui est devenu amoureux après avoir fait pénitence.

القصيدة الثامنة

هدّة

1.هذا الصيد ختلتُه صبت حرجُه بعيد * ما مكنُّه رامي ما اخطاوه طيور[81]

2.يتزرّى من الغاشي تڤول مذعور

3.عياوا الميلوعين دايرين الڤعيد * واهل الحكمة ما فلّسوه ببخور

4.و من اين الفصل اعطى و كان يومي سعيد * خرج يتبرّد للهواء المصعور

5.شارب كيسان الغيّ كيف من بِه ميد * قرصان رڤب على سراب البحور

6.وانا بين الروضات شادّ خيط الوڤيد * والاّ بان ضربته التاح مكسور

7.هربوا عُمّاله سلموا اكلاوا الحديد * الا هو باقي عديم مضرور

8.دنيت شوارُه صبتُ قاط حرجُه جديد * حلوله فاحوا بمسوك و عطور

9.قلاعات الرهدان كيف نسج الجريد * و الديدي الابيض خالفوه بسطور

10.كنت غنمتُه في النوم راه ربّي شهيد * بين ارياح و بين امواج وجزور

11.و خرج في اليقظة هكذاك كِمَا نعيد * بين الشارع و الحاسدين والسور

فراش

12.استثنيت على العشق شاو وانا صغير * قبل امّا نبلغ يا ملاح للصوم

13.نقرا و نقرّي في الغرام بحرُه غزير * ناكل و الحامق بالكذوب متهوم[83]

14.الزّهر الّي رعيته ما رعى فيه طير * كدست محاجرها الا بلا ڤوم

15.و من اين هلك رايه رماه في وسط بير * كان موقّر من جهتي ومحروم

16.حرمي بانيه عليه ما نفوت لُه ڤمير * و من اين كبر لابدّ لنا من الشوم.

هدّة

17.من مالُه ما يدّي الظّالم عشور

18.بالعزل حكمت عليه كاتبه شيخ سيد * ما تتقطّع وثيقتُه على الزور

19.ما نكذب شي و لا على خصيمي نزيد * و الواقع ذا هو صحيح مشهور

20.في اليوم التالي من الصيام و غدا العيد * كنت انا قادم للمرابط نزور

21.رمڤت نمور يدَهّشوا المرو الوكيد * ڤلت غدرت اولادي مشيت ميسور

22.وسط السور تلاقيت ڤوم قاوي شديد * و هجمت عليهم بالرّصاص

و الكور

23.ما نقصت لي الرجلة و لا خذلني الكيد * مضاري بالغمرات حافظ الشور

فراش

24.العيد الاّ سبّة الوعد جاب امّ دور * نارڤ من يشعل في سماءه مثقوب

25.ما شيّب ابن ڤنّون غير حرب النمور * مرّة غالب مرّة يروح مغلوب[85]

26.الغالب نرجع لُه غدا لقتلُه ندور * نصبح بعلامي للطراد منصوب

27.يدعي للصلح يجيب لي الثقة سرور * بعدان ما كان عدو يعود محبوب

28.هذي مدّة وانا مفارڤ امّ الغرور * وثرَن ذي المنية في الجبين مكتوب

29.عڤبت السوڤ من اين فات وقت الظهور * و الّي جاء شاوه ذا وفى المرغوب

هدّة

30.يربح من يلقَى في نجوع و دشور

31.بقيت انا عادم يا ملاح وحدي وحيد * راني خايف بعد الخصايل نبور

32.شيخ بلا مستحيين ينقص و لا يزيد * يبقَى سهم الغمزة غريب محڤور

33.انظر للعام اذا يكون فيه الجليد * ما تحمل الارض و لا حيات الشجور

34.مرّة نهمل مرّة يكون عقلي رشيد * نبني و نهدّم ما متعت بسرور

35.روّح ميعادي يا ملاح راني فريد * ڤالوا لي تُب ازّاك يا المغرور

36.ادعوا للناظم بالعفو و لامّ الوليد * لا يحرم مومن من الجنان والحور

37.وفيت العاهد جبت يا حبيبي الصيد * و طلڤت سراحه بعد كان محجور[87]

Poème VIII

Hedda

  1. hǟḏ aṣṣa͡yd aẖteltū ṣobt ḥaṛğō bεīd * mǟ mekknū ṛāmī  mǟ ẖṭāwah aṭyōṛ[82]
  2. yezzaṛṛā mel-ġǟšī tgūl maḍεōṛ
  3. ăεyǟ͡w el-meylūεīn dǟyrīn el-gεūd * wahl el-ḥakmā mǟ fellsūh bebẖōṛ
  4. wemnīn el-faṣl aεəṭā͡ wkǟn yūmī sεīd * aẖreğ yetberred lel-hwǟ l-maṣεōṛ
  5. šǟreb kīsǟn el-ġayy kellī bīh mīd * qorṣān ergeb εəlā ṣṛāb labẖōṛ
  6. wǟnā bīn aṛṛa͡wḍǟt šēdd ẖa͡yṭ el-wgīd * wellā bǟn aḍṛabtū-ltǟḥ makṣōṛ
  7. harbū εommǟlū selmū  klǟ͡w elḥdīd * ellā huwwǟ bǟqī  εədīm maḍṛōṛ
  8. ednīt ešwāṛō ṣobt qāṭ ḥaṛğū ğdīd * aḥlūlū fǟḥū  bemsuk waεṭōṛ
  9. ăqlǟεǟt aṛṛahdǟn kīf nesğ el-ğrīd * weddīdī laby͡aḍ ẖalfūh baṣṭōṛ
  10. kunt aġnemtū fennūm ṛāh rabbī šhīd * bīn ăryǟḥ ū bīn emwǟğ wedzōṛ
  11. waẖreğ fel-yaqẓā hakḏǟk kīmā nεīd * bīn eššǟräε welḥǟsdīn waṣṣōṛ

Fṛǟš

  1. esteṯnīt ăεəlǟ-l-εošq šǟ͡w-wǟnā ṣġǟr * qabl emmā neblaġ yä mlǟḥ laṣṣūm
  2. naqṛā wenqaṛṛī fel-ġṛām baḥṛo ġzīr * nǟkul wel-ḥāmaq bel-kḏūb methūm[84]
  3. ezzahṛ-ellī rεā͡ytū mā rεā fīh ṭa͡yṛ * keddest emḥāğerhā-llā blā gūm
  4. wemnīn ahlek rāyū rmāh fī woṣt bīr * kǟn emwaqqaṛ men ğīhtī͡ wmaḥrūm
  5. ḥaṛmī bǟnīh aεəlīh mǟ nfūt lū gmīr * wemnīn ekber lǟ buddnǟ mneššūm

Hedda

  1. men mǟlū mǟ yeddī ẓẓālem ăεšōṛ
  2. bel-εazl ăḥkemt aεəlīh kǟtbū šīẖ sīd * mā teṭqaṭṭaε wṯīqtū εəlā–zzōṛ
  3. mǟ nekḏeb šī wlǟ εəlā ẖṣīmī-nzīd * el-wāqaε ḏǟ huwwā ṣḥīḥ mašhōṛ
  4. fel-yūm ettǟlī maṣṣyām woġdā-l-εīd * kūnt ǟnā qādem lel-mṛābṭ enzōṛ
  5. aṛmagt enmūr ī dehhšū -l-maṛw el-wkīd * gult aġdaṛt ūlǟdī mšīt meyṣōṛ
  6. woṣṭ-aṣṣōṛ etlǟqīt gūm qāwī šdīd * wehğemt aεəlīhum beṛṛṣāṣ wel-kōṛ
  7. mǟ naqṣat lī roğlā͡ wlā-ẖḏelnī-l-kīd * emḍārī belġamṛǟt ḥāfẓ eššōṛ

Fṛǟš

  1. el-εīd ellā sebbā-l waεd ğǟb umm do͡wṛ * nǟreg men yešεal fī smǟh meṯgūb
  2. mǟ šeyyeb Bengennūn ġǟr ḥaṛb ennmūr *maṛṛā ġǟleb maṛṛā͡-yṛōḥ maġlūb [86]
  3. el-ġāleb nerğaε lū ŏġdä-lqatlū ndôṛ * naṣbaḥ baεlǟmī  laṭṭṛād manṣōb
  4. yedεī laṣṣolḥ īğīb lī -ṯṯīqā ṣṛōṛ * baεd emmǟ kǟn aεdū   īεūd maḥbūb
  5. hǟḏī muddā-wǟnā mfǟrĕg umm el-ġṛōṛ * waṯṛan ḏel menyā fel-ğbīn mektūb
  6. ăεgebt aṣṣōg emnīn fǟt waqt aẓẓhōṛ * wellī ğǟ šǟwäh ḏä͡-wfā-l-märġūb

Hedda

  1. yerbaḥ men yelqā fī -nğūε wedšōṛ
  2. bqīt ǟnā εǟdem yǟ mlǟḥ waḥdī͡ wḥīd * ṛānī ẖāyef baεd al-ẖṣāyel enbōṛ
  3. šīẖ eblǟ mestaḥyīn yenqŏṣ ū lǟ͡ yzīd * yebqā sähm el-ġamzā ġrīb maḥgōṛ
  4. onẓoṛ lel-εǟm īḏā͡ ykūn fīh el-ğlīd * mǟtäḥmel laṛḍ ū lā ḥyǟt essğōṛ
  5. maṛṛā nehbel maṛṛā͡ ykūn εaqlī ršīd * nebnī wenheddem mǟ mtäεt besṛōṛ
  6. rawwaḥ mīεǟdī yǟ mlǟḥ ṛānī frīd * gǟlū  lī  tūb ezzǟk yǟ-l-maġṛōṛ
  7. edεū lennaẓem bel-εəfū͡ wlumm el-wlīd * lǟ yaḥṛam mūmen mel-ğnǟn wel-ḥōṛ
  8. wfīt el-εāhed ğebt yǟ ḥbībī-ṣṣayd * waṭlagt esrǟḥō baεd kǟn maḥğōṛ.[88]

Poème VIII

Hedda

  1. Ce gibier, je lui ai tendu des pièges. J’ai constaté que son gîte est loin de ma portée. Aucun bon tireur ne l’a atteint. Les faucons le poursuivent assidument.[82]
  2. Il fuit les gens, on dirait qu’il a été (déjà) éprouvé (par leur méchanceté).
  3. Les soupirants se sont mis à son affût jusqu’à la lassitude. Les charmeurs ne l’ont point dépravé par leurs aromates.
  4. La fortune m’ayant favorisé, le cruel est sorti par bonheur prendre l’air frais,
  5. Grisé par les coupes de coquetterie qu’il a absorbées, comme une personne qui a le vertige ou tel un croiseur apparaissant à l’horizon des mers.
  6. 6. Je me trouvais entre les cimetières, l’arme en joue. Dès qu’il a apparu, j’ai fait feu sur lui. Il est tombé raide, blessé.
  7. Ses serviteurs ont pris la fuite, sains et saufs — que le diable les emporte !— Il est resté, seul, épuisé, souffrant.
  8. M’étant approché de lui, j’ai aperçu un costume aux fraîches broderies. Les vêtements (dont il est composé) ont répandu un arôme de musc et d’essence de parfum.[83]
  9. Son étoffe est (d’une blancheur) de neige et rappelle les tissus du Djerīd. Le drap blanc a été garni de fil d’or.
  10. Je l’avais capturé en songe,-Dieu m’est témoin,-au milieu des vents, des vagues et des îles.
  11. Et je l’ai vu à l’état de veille, comme je vous le décris, au milieu de la rue, entre les jaloux et les remparts (sic).

Fṛǟš

  1. Autrefois je m’étais consacré exclusivement à l’amour. J’étais tout jeune et n’avait atteint, ô bonnes gens, l’âge requis pour jeûner.
  2. J’étudiais et enseignais l’amour qui est une mer immense. Je ne jeûnais pas encore, mais le fou (d’amour) est suspecté d’insincérité.[84]
  3. J’ai butiné une fleur qu’aucun oiseau n’a flétrie. J’ai triomphé, sans goum, de son mari.
  4. Celui-ci est devenu dangereux, ses mauvaises intentions l’ont jeté au fond d’un puits ; il jouissait de mon respect et de ma considération.
  5. Je me tenais à distance de lui et ne franchissais pas l’enceinte de sa demeure. Maintenant qu’il s’est montré arrogant, la lutte entre nous est inévitable.

Hedda

  1. Le coupable ne prélèvera (même) pas le dixième de son (propre) bien.
  2. J’ai obtenu contre lui un jugement de séparation de corps rédigé par un cheikh distingué. L’acte que celui-ci dresse n’est jamais déchiré pour faux.
  3. Je ne mens pas et ne charge point mon adversaire. Telle est exactement la réalité. Elle est notoire [85].
  4. Le dernier jour du jeûne, la veille de la fête, alors que j’allais rendre une visite pieuse au Saint,
  5. J’ai aperçu des tigres qui effraient l’homme intrépide. Je me suis alors dit : « Je suis perdu pour mes enfants, je suis fait prisonnier ».
  6. A l’intérieur des fortifications, je me suis heurté à un goum nombreux et puissant. Je l’ai attaqué avec des balles et des obus.
  7. Je n’ai pas perdu courage et la bravoure ne m’a point fait défaut. Je suis habitué aux aventures périlleuses. J’ai de l’expérience.

Fṛǟš

  1. La fête n’est qu’un prétexte. Le rendez-vous a fait venir la belle à l’abondante chevelure, au front éclatant comme l’astre qui reluit au firmament.
  2. La lutte contre les tigres a, seule, fait blanchir les cheveux de Bengennūn. Tantôt il triomphe et tantôt il s’en va vaincu [86].

    26 .Le vainqueur, je retourne le lendemain avec l’intention de le tuer. De bon matin, je brandis mon drapeau en vue du combat.

  1. Il fait ses propositions de paix et me confie un gage avec joie. D’adversaire qu’il était, il devint ami.
  2. Il y a longtemps que je suis séparé de l’infidèle, alors, qu’en réalité, cet objet de mes désirs m’est destiné.
  3. Je suis arrivé trop tard au marché, après l’heure du ẓohṛ. Qui vient de bonne heure, celui-là satisfait son désir.

Hedda

  1. Le gain est réservé à celui qui (y) rencontre les gens des tribus et des villages.
  2. Ô braves gens, je suis resté anéanti, seul, isolé. Je crains de déchoir après (tant) d’exploits.
  3. Un poète sans auditeurs courtois perd de sa réputation et ne fait pas de progrès. Il devient l’objet des sarcasmes, isolé et méprisé.
  4. Observe l’année où il gèle ; la terre est sans fruits, les arbres [87] sans vie.
  5. Tantôt ma raison s’égare et tantôt elle se retrouve. Je construis puis je détruis ; je n’ai point joui du bonheur.
  6. Ma génération a disparu, ô braves gens ; je suis resté seul. « Reviens à Dieu, m’a-t-on dit, c’est assez, ô égaré ».
  7. Implorez le pardon (de Dieu) pour le poète et la mère de l’enfant. Que Dieu ne prive aucun croyant du Paradis et des houris.
  8. J’ai tenu ma promesse, ami, et apporté le gibier. Je l’ai délivré des liens qui l’entravaient [88].


Notes de l’introduction

Note 1 : un fragment de chanson de Bengennūn a été publié avec une traduction in « Cours pratique et théorique de langue arabe » par M.Bresnier, 1ère édition, Alger, 1855, pp.626-627 ; 2ème édition, Alger, 1914, pp.636-637.

Note 2 : Sīdī  Laẖḍaṛ (saint qui vivait au IXè s.de l’hégire ; cf. Traditions indigènes sur Mostaganem par Marcel Bodin, nouvelle édition sans date ni lieu, pp.165-176) a dit dans un panégyrique du Prophète :

يا محمّد بغيت يا سيدي تشفى * وجهك هذا العيال يا سيدي منّه

حتّى تنظر صِفتك حسن الصفة * و تراك امّ الصغار الحرّة ﭭنّو

« Ô Mohammed, je désire, ô seigneur que tu te montres à cette épouse, afin qu’elle voit ta gracieuse personne et que la mère de mes enfants, la noble Gennū, te contemple ».

Note 3 : on prête au poète, lui-même, ce vers où il se donne comme descendant du saint personnage Sīdī  Mḥammed ben Yaḥyā (de Thiersville, arrt de Mascara, qui vivait au IX-Xè s.H. et mourut au XIè s.H. Cf. Guin, Le collier de pierres précieuses ou mention des principaux personnages d’origine noble (de la contrée) du R’eris, par Sid Abderrahman ben Abdallah ben Ahmed et-Tedjani, R.Afr.35ème année, n°203, 4ème trimestre 1891) :

انا في النسبة نولّي ليك * من مغراوى بلا تشكيك

« Je suis ton parent, par l’origine ; je suis meġräwī, c’est incontestable ».

Note 4 : Je n’ai pu établir l’époque à laquelle il cessa ce métier.

Note 5 :

دبلوني يا صاحبي الارسام * جيت نزور مقام سعدية

هي شاو العشق في الاريام * قبل الاّ تتزوّج صبيّة

حتّى انا بڤّعت ذاك العام * صومي الاوّل واجب عليّ[18]

Note 6  : tribu qui occupait l’emplacement actuel du cimetière arabe de Mascara et son prolongement vers le Sud-Ouest.

Note 7 : saint qui s’est éteint au cours du XIè siècle de l’H.(cf.[89]Guin, loc.cit.in R.Afr.n°203, 4ème trimestre, 1891)

Note 8 :

الڤصايرية شينين الحالة * الّي بغاوا ابن ڤنون يعادوه

ڤالوا يڤعّدوه ڤبال النيّالة * و لاغا يڤول للقايد ابّطحو

و اين ابن عمر و اسياد الفُضالا * يتلايموا على نادرهم يڤضوه

تخلى خيامهم يا رحل العجّالة * تخلى خيامهم لا ولد يربُّوه

Note 9 : ces teinturiers occupaient les baraques voisines de celle où Bengennūn exerçait son métier de boucher.

Note 10 : mot à mot : leur meule de grain[19].

Note 11 : surnom du saint.

Note 12 : cf.P.VI.v.18.

Note 13 : c’est lors de son séjour à Tlemcen qu’il eut une petite aventure amusante avec un maître tisserand de cette ville. Bengennūn passait devant l’atelier lorsqu’il entendit ses vers déclamés d’une façon lamentable. Il pénétra alors dans l’atelier et se mit à déchirer la trame du tissu au métier, à la stupeur des ouvriers et de leur patron. Le tisserand, furieux, prit les mains de Bengennūn et lui demanda le motif de cet acte barbare. « Vous brisiez, répondit-il, le cadre de mes poèmes. J’ai déchiré la trame de vos tissus ».

Note 14 : toutes les recherches que j’ai faites pour trouver le nom de ce fils de Bengennūn sont demeurées vaines.

Note 15 : il dit :

كي نڤول للناس يا البطل المتمحلي * بعد ما تقدّمت ناخذ الغفر للزيارة

« Que dire aux gens, ô galant preux, après avoir été moqaddem, et recueilli les offrandes pour le pèlerinage ».

Note 16 :

بن ڤنّون ولّى كالنّعام * يعطي بيضة كلّ عام

Cf. les حوليّات de Zohäyr

Note 17 : cf.les مُمَحّصَات d’Ibn Ɛabd Rabbīh (voir notice in Rawā’iε, fascicule 3, p.3, Beyrout, s.date).

Note 18 : la date de sa mort est certaine. Celle de sa naissance, [90]par contre, bien qu’affirmée par son petit-fils, me laisse sceptique. Je l’ai adoptée à défaut d’autre, en laissant, au lecteur, le soin de faire la part de la tendance des Indigènes à accorder une longévité biblique à tous les personnages en vue, et de se mettre en garde contre les écarts chronologiques qui en résultent.

Note 19 : on dit «الشيخ الفلاني ما فداشي كلامه ». « Tel poète n’a pas racheté ses poèmes ».

Note 20 : sur l’origine de la dénomination « Ġrīs » voir : Guin, Le collier de pierres précieuses, etc. Loc.cit. « R’eris que domine Mascara a été ainsi désigné autrefois ou parce qu’il était complanté en arbres fruitiers ou, au contraire, parce qu’il était couvert de palmiers nains ».

Note 21 : il lui arriva une fois de faire allusion aux faiblesses amoureuses de la fille du Bey, Yamina, pour se venger des propos blessants qu’elle teint sur son compte. Menacé du gibet, il ne dut son salut qu’à l’intervention du grand compilateur, Mohammed Abū  Rās.

Note 22 : les documents écrits manquent sur la vie sociale et intellectuelle à Mascara pendant la dernière moitié du XVIIIè siècle et le premier tiers du XIXè. La plupart des historiens de cette époque que j’ai consultés, se bornent à donner la liste des beys qui se sont succédé dans cette ville et les événements importants. J’ai puisé cependant de précieux renseignements dans les ouvrages suivants :

-Walsin Esterhazy, De la domination turque dans l’ancienne Régence d’Alger, Paris, 1840.

-Lapène, Tableau historique de la province d’Oran de 1792 à l’élévation d’Abdelkader, Metz, 1842.

-Léon Fey, Histoire d’Oran, Oran, 1859.

Mazouna qui fut avec Mascara, la capitale des beys de la province Ouest de la Régence d’Alger, a été dotée d’une monographie par Loukil Youcef (Monographie de Mazouna, Alger, 1912). J’ai mis[91] à contribution, pour l’élaboration de ce chapitre, la tradition orale confirmée en de nombreux points de la province d’Oran par les témoignages de personnes âgées dignes de foi.

Note 23 : Mohammed Abū  Rās en-Naṣṛī  de Mascara, né en 1751, mort en 1822. Orphelin de bonne heure, il ne se mit à l’étude que très tard. Il apprit le droit et la littérature. Ayant acquis des connaissances suffisantes pour pouvoir enseigner, il ouvrit un cours de jurisprudence à Mascara qui lui attira des auditeurs, dit-on, de tous les coins de la Régence d’Alger. A son retour du pèlerinage qu’il effectua aux lieux saints de l’Islam en l’année 1790, il assura les fonctions de cadi. Trop bon juriste, pour être bon poète, il se distingua surtout dans la science des généalogies. Ses ouvrages historiques remarquables par l’érudition manquent de méthode. Parmi ses œuvres connues citons : «عجائب الأسفار » : « Les voyages extraordinaires » traduits par M.Arnaud et son poème « Les vêtements de soie » sur la prise d’Oran par le bey Mohammed el-Kb ī r (الحلل السّندسية)  traduit par le Général C.Faure Biguet (Alger, 1903). Voir Notice sur le Cheikh Mohammed Abū  Rās en-Naṣṛī  de Mascara par le Gal C.Faure Biguet ; Cl.Huart : Littérature arabe, Paris, 1823, p.423.

Note 24 : voir plus haut p.4.

Note 24 bis : surnom donné à Mascara emprunté aux Beni  Rāched qui s’étaient établis sur son territoire au XIVè s. de l’ère chrétienne. Voir Guin : Le collier de pierres précieuses, etc.loc.cit.pp.245-246.

Note 25 :

أنا في المشالية حرّ البيزان

Note 26 :

كذا من عڤاب فسّدوا عود استوعر* و خرج ڤلبُه من الڤفا بين الجنحان

Note 26bis :

و مرجاجو كان بالمدافع و العسكر*و تايڤ فوڤ البراج من ڤرسيف يبان

و هدّوه التاغيين و ولّى كاف حجر*..................................

Note 27 : Palahwān, mot d’origine turc qui veut dire : champion, grand ; [92] voici le vers :

ما اهبل سي العربي على الشّوم يدور*حسبني كنجي و هو پلهوان

Note 28 :

آودّي راني نوريك ماني نهجيك *..........................

Note 30 :

ابن ڤنّون الّي بعشرتُه معَسكَر*فايض بحرُه على شيوخةْ كل اوطان

Note 31 : surnom du poète Moṣṭfā ben Bṛāhīm.

Note 32 : voir plus haut page 2.

Note 33 : beaucoup de poèmes populaires font allusion à l’ivrognerie et au libertinage des Turcs (voir P.III.v.14 de Bengennūn). Cf.Desparmet : l’entrée des Français à Alger par Cheikh Abdelkader in R.Afr. 3è et 4è trimestres, 1930, n° 344-345 p.227.

Note 34 :

بعد غزالي فاطمة * نتوب و ننسى الابنات

 

Note 35 : P.I.v.23 « Bengennūn, dit-on, a composé un « poème. Il a vêtu son cheval d’un manteau couvert de broderie de soie ».

Note 36 : cf.ce vers d’Ilyās Fayyāḍ :

وُجد الشعر حينما وُجد السِّحر * شقيقين ليس يفترقان

« La poésie a connu le jour au même moment que la magie. Ce « sont deux sœurs germaines inséparables ».

Note 37 : tome IV, p.396, le Caire, 3è édition, 1928(1346 H.).

Note 38 :

طايرة بلا جنحة تعلا * في السماء تفرّخ الاغوال

يابسة و تلقّح بالغلّة * تدير الثمار و يكحال

نُض يا فصيح الفلفلة * جيت في عراض المشعال

Note 39 :

طايرة بلا جنحة تعلا * كورة المدفع غلغال

يابسة و تلقّح بالغلّة * قرن و يدير كبال

Note 40 : selon une croyance populaire, une corne plantée dans le sol donne des asperges ou des férules.

Note 41 : [93]

كانك انت شيخ مولى معنى*ورّي لي راس الطير من رجليه

هو في البيضة و لحمة حيّة * واش من جهة فيها هوى عينه

Note 42 :

ادّيه لامّك ذيك فلانة * هي مضارية تحضّنه وانت تڤميه

Note 43 :

الارض صبّت و السماء روَى * الذيب زهر و السبع عوَى

الڤطران جرب ما صبناله دواء

Note 44 : le goudron est, lui-même, le remède que les Arabes préconisent pour soigner la gale. Cf. ce vers de Nābīġa aḏ-Ḏubyānī :

فلا تتركنّي بالوعيد كأنّني*الى الناس مطليّ به القار أجربُ

Note 45 :

الشّمس طلعت و ضيّها قوَى * الشّمايت ولاّو امّاس والرقبة جوَى

الغرام تفركت ما ڤبضناله هوَى

Note 46 :

تورّيني الجامع الّي بلا قبلة * و تورّيني المراة الّي بلا ترّاس

و تورّيني العود الّي بلا عودة

Note 47 : sans qibla c'est-à-dire où l’on prie sans s’inquiéter de la direction à donner à sa face. Il s’agit de la mosquée de la Kaεba, de la vie ici-bas (eddunya) et du Serḥǟn ou cheval surnaturel d’Ali, gendre et cousin du Prophète.

Note 48 :

ما فڤّس من بيضة ما زاد من الارحام*و شرب الماء و كلا الطعام

Note 49 :

عندي سكّة ما حرثوها مضامد*ما ذرّوها مداري و لا ميّار

مطمورة للّي مشرار والّي غاني*طول الدهر ما ترشى و لا تمرار

المذبوح بلا خدمي ذبيح لساني*دمّه ما يلطم كسوة و لا يحمار

و العريان بلا كسوة يظلّ يدنّي*يهفَى في الظلمة و يبان في الاقمار

نوبة يطوال نوبة ابني يقصار

Note 50 : étendue de vingt hectares, environ, de terrain de culture.

Note 51 : c’est le chapelet sur lequel on dit des litanies et qui sont des provisions [94] pour l’au-delà.

Note 52 : l’escargot qui devient licite au musulman par le seul fait de prononcer sur lui, avant de le faire cuire, la formule sacramentelle : بسم الله الله أكبر « au nom de Dieu, Dieu est le plus grand ! » formule qu’on récite sur la bête qu’on égorge.

Note 53 : on a deviné les caractéristiques de l’ombre.

Note 54 : inspiré d’Ibn Haldūn (Muqaddima, page 312, Le Caire, 1322 de l’H.)

Note 55 : édition du Caire, 1322 de l’H., pp.332-339.

Note 56 : dialecte arabe des Ūlǟd Bṛāhīm de Saïda (note 1, p.53)

Note 57 : M.J.Cantineau consacra un chapitre à l’élimination des syllabes brèves dans deux autres langues sémitiques, l’hébreu et l’araméen biblique, in Institut français de Damas.B.E.O. 1932-1933.

Note 58 : considérons les deux vers suivants qui ouvrent, le premier, un poème de Moṣṭfa ben Bṛāhīm et le second, un poème d’el-Ḥǟğ Hāled ben Ḥmed :

انت عند حمامتك زاهي تنڤمر*ما دركك ما زار ڤلبي يا ورشان   : 1

 10 syll. : en-tā-εan-daḥ-mǟm-tek-zǟ-hī-tneg-mer

 10 syll. : mā-daṛ-kek-mā-zār-gaḷ-bī-yǟ-woṛ-šǟn

لو صبت القدرة نطير بغير جناح * نهدى وطن الجافلين بلا جفلة2 :

10 syll. : low-ṣob-tel-qod-ṛān-ṭē-ṛeb-ġǟ-reğ-nǟḥ

10 syll.: nāh-dä-waṭ-nel-ğǟf-lī-neb-lǟ-ğef-lā

 Ce sont des vers à hémistiches décasyllabiques à 5è et 8è syllabes accentuées. L’identité de ces vers quant au nombre de syllabes et d’accents ne suffit pas pour les apparenter au même mètre. La qāfiya joue elle aussi un rôle important dans la détermination du rythme. Ainsi le premier hémistiche du premier vers est-il, à la rime près, superposable au deuxième hémistiche du deuxième vers, parce qu’ayant une même accentuation et une qāfiya, comme lui, dépourvue de « ridf ». Le deuxième hémistiche du premier vers est — toujours à la rime près — superposable au premier hémistiche du deuxième vers, les accents tombant sur les mêmes syllabes (5è et 8è) et les deux qāfiyas présentant un « ridf ». Mais les hémistiches aux qāfiyas différentes n’ont pas le même rythme. Par contre, [95] le deuxième vers est du même mètre que celui-ci : (début d’un poème de Būεəläm baṭ-Ṭayyeb es-Seğṛāṛī )

يا فصحاء لوتساعفوني يا عرّاف* بالنّظم تكلّموا على الوقت تبدّل

10 syll.: yǟ-foṣ-ḥā-lū t-sǟε-fū-nī-yǟ-εoṛ-ṛāf

10 syll.: ben-naẓ-met-kel-lmū-εəlal-waq-tet-bed-del

Les hémistiches ont, en effet, deux à deux et dans l’ordre, mêmes accents et même qāfiya.

Note 59 : šīẖ Mnawwaṛ dit dans un vers :

و اشتدّيت على قوافيها بالجزم* و جنيت نواويرها مثل المشموم

Note 60 : sur l’influence de ces dispositions rythmiques sur la littérature européenne, cf. Angel Gonzalez Palencia, in Historia de la litteratura arabigo-española, Barcelona, 1928 (p.329).

Note 61 : تصريع

Note 62 : نظرات في تاريخ الأدب الأندلسي لكامل الكيلاني،

Le Caire, 1924, p.233 et s.q.

Note 63 : j’entends par strophe une période rythmique de dimensions plus grandes que celles d’une stance.

Note 64 : Notes sur la poésie et la musique arabes, Paris, 1885.

Note 65 : cf. les exemples de azğāl populaires cités par Ibn Haldūn (Muqaddima, p.344, Le Caire, 1322 de l’H.) ; le fac-similé du Diwān d’Ibn Quzmān à la Bibliothèque Universitaire d’Alger ; Nayl al-arab  fī  muwwaššaḥāt al-’Arab de Hasan Qwīdar, Le Caire, 1302 ; La littérature arabe au XIXè s. par le Père L.Cheikho (pièce vulgaire citée dans le tome I, p.32).

Note 66 : Bengennūn P.III.

Note 67 : le poète Ɛoṯmǟn el-Mendǟsī [20] ouvre un de ses poèmes par ce vers :

بمحبتها القلوب تسلى*تسقي للعاشقين خمر ختيم حلال

Cité par Me Qāḍī Moḥammed in al-kanz al-meknūn, p.43.

Note 68 : cf.Me Qāḍī  Moḥammed, loc.cit.pp.1-19-24-27-29-31.

Note 69 : P.IV.[96]

Note 70 : P.V.

Note 71 : P.III.

Note 72 : les accents tombent sur les troisième et sixième syllabes de chaque hémistiche du P.II., avec une pause après la neuvième du premier ; — sur les sixièmes syllabes, la neuvième du premier et la septième du second du P.III ; — sur les septièmes syllabes et la neuvième du premier du P.VIII ; — sur les troisièmes syllabes et la septième du premier du P.VII.

Note 73 : P.V.

Note 74 : P.VI.

Note 75 : P.I.

Note 76 : P.IV.

Note 77 : des fragments du poème VI ont été enregistrés sur disque Pathé n°55.049 et sur disque Columbia n°316. — Une partie de poème I a été enregistrée sur disque Polydor n°45.612 — Un fragment du poème IV a été enregistré sur disque Pathé n°55.076.

Note 78 : cf. Les deux vers d’A.de Musset (Don Paez) cités par Sonneck (Chants arabes du Maghreb) :

Près d’elle, son amant, d’un œil plein de tristesse

Cherchant l’œil de faucon de sa jeune maîtresse

Note 79 :

متحيطم خاطري على جدي غزال*راني هسّيت والعقل مرّ عليّ

« Mon esprit est brisé (par suite des sentiments que j’éprouve) « pour un chevreau de gazelle ; je suis accablé, ma raison « s’égare ».

 (Vers extraits d’une pièce anonyme traduite par A.Joly in R.Afr.1901, tome 44, page 310).

Note 80 : cf. P.VI.v.12 — Cf.aussi:Daumas in « Chevaux arabes du Sahara », Paris, 1858, p.328. « Meryem, c’est le bey Osman lui-même quand il paraît avec ses étendards, les tambours qui mugissent et ses goums qui le suivent ».

Note 81 :[97]

الوصيف متعبّس ينظر * ينكر الذكَر من الذبّان

Note 82 :

........................*ينكر الذكر من الّي كان

Note 83 : (vers déjà cité)

دبلوني يا صاحبي الارسام * جيت نزور مقام سعدية

Note 84 :

ينبت الورد بغرسي كُلّما * لاحظته مقلتي في الخلس

Note 85 : (Muεallaqa, v.100, in Ğawāhir el adab de Aḥmed al-Hāšimī, le Caire, 1928, p.429)

اذا ما رحنا يمشين الهوينا * كما اضطربت متون الشاربينا

Note 86 :

هيفاء مقبلة عجزاء مدبرة * لا يشتكي قِصَرٌ منها و لا طول

Note 87 : cf. ce vers d’une pièce anonyme traduite par A.Joly (in R.Afr.1901, tome 45) :

كل واحد عن اخته ديما عطشان * يعود مدانب كي ما راني

« Chacun est toujours avide de posséder son amante (m.à.m : sa « sœur). Il tombe gravement malade comme je le suis ».

Note 88 :

يا فاطم لو شهدت ببطن خبت * و قد لاقى الهزبر اخاك بشرا[98]

Variantes

Poème I

 V.1, 2ème hémistiche :

واش يلَحّڤني بعين الطير

V.14, 1er  hémistiche :

و خيالك يا ذا المراة لبد اڤبالي

Poème II

V.4, 1er  hémistiche :

من قرغلان و لا اجواد طياڤ عرب

V.9, 2ème hémistiche :

العود بلا بها الا خسارة

Poème III

V.15, 2ème hémistiche :

يسطع نور بهاءها سراب ثعبان

Poème IV

V.45,  le 1er hémistiche de ce vers est demeuré introuvable[21].

Poème V

V.14 :

خلّيتي ڤلبي مجرّح بلا خدامى

V.25, 2ème hémistiche :

فاح الورد تنسّم الزهر من نواره

V.53, 2ème hémistiche :

يقوتة البنات سرڤت لي حجايَ

Poème VI

V.6, 2ème hémistiche :

بالصّور محصّن عسّاسها قبطان

V.25, 2ème hémistiche :

[98 bis]ألفك حجروها يا صاحبي الارذال

 

Notes de phonétique, de morphologie et de syntaxe

sur la langue de Bengennūn

Phonétique

_____

Consonantisme

 _ ء La hamza ou attaque vocalique forte est traitée comme dans la plupart des dialectes de l’Ouest algérien.

On enregistre :

1) sa chute :

Ḥadd < أحد (P.IV.v.15) avec compensation de la hamza par le redoublement de la lettre finale par respect de la trilittérarité.

Rǟyed < مريد (P.V.v.42) est une conséquence de la perte de la hamza par le verbe de la IVè forme : أراد

Mīr <  أمير(P.I.v.19)

2) son remplacement par une semi-voyelle :

Wtä < أتى (P.VII.v.10)

Yädämī  < أدميّ (P.III.v.16)

Būnǟdem <ابن آدم  (P.VI.v.32)

Mayṣōṛ <مأسور (P.VIII.v.21)

Wkīd < أكيد (P.VIII.v.21)

Maṛw < du classique déterminé par l’article المَرْء (P.II.v.20)

 Dans le mot (الأنس = lens ou əl’ens) la hamza se maintient sous l’influence des demi-lettrés mais elle sonne ’a au lieu de ’i (comme dans le classique).

3) son remplacement par une voyelle longue correspondant à la voyelle brève qu’elle portait dans le classique ou à la voyelle de la lettre précédente dans le cas d’une hamza quiescente :

Wīḏā <وإذا (P.III.v.15)

Ṛāy <رأي (P.IV.v.31)

Šǟw <شأو (P.V.v.51)

Lǟbā < du classique أبى (par adjonction de la particule négative لا) (P.II.v.24)[99]

ت_ 1)La dentale t préfixe de l’inaccompli :

Elle s’assimile à d, 1ère radicale dans les verbes à la 2ème forme, et entraîne le développement d’un a furtif initial :

Ăddaẖẖar < تدخّر (P.VI.v.14)

Elle s’emphatise en ṭ devant un ṭ 1ère radicale et fait surgir également un ă furtif initial :

Ăṭṭer < تطير

2) La lettre t préformative de la 5ème et de la 6ème formes s’assimile à la chuintante š 1ère radicale avec développement d’un ă furtif initial à l’accompli :

Meššahra < متشهّرة (P.II.v.2)

Elle s’emphatise en ṭ devant une 1ère radicale ṭ et donne lieu à l’apparition d’un ă furtif initial à l’accompli :

Ăṭṭāmā < تطامى (P.V.v.66)

3) La dentale t de la VIIIème forme s’emphatise en ṭ devant un r subséquent :

Yĕfṭṛag < يفترڤ (P.II.v.27,-P.III.v.34)

4) Une dentale t avant dernière radicale précédant une sonnante r dans un verbe quadrilatère s’emphatise en ṭ :

Tetbaẖṭar < تتبختر (P.IV.v.44)

5) Le suffixe t des 1ère et 2ème personnes du singulier et du pluriel entraîne les assimilations suivantes :

Ɛott < عدت (P.IV.v.33)

Ɛammett < عمّدت (P.VII.v.3)

Nott < نضت (P.VI.v.38)

Šettek < شفتك (P.II.v.7-P.VII.v.6)

ج- Cette consonne devient d devant une sifflante z subséquente:  

Dzōṛ < جزور (P.VIII.v.10)

Elle s’assimile à z :

Azzǟk < اجزاك (P.VIII.v.35)

 — Elle s'assimile à la dentale t subséquente:د

Syǟtt < صيادة (P.VI.v.17)[100]

Cette consonne s'emphatise parfois en ḏ:_ذ

Maḏεōṛ < مذعور (P.VIII.v.2)

Maḏkōṛ < مذكور (P.V.v.33)

Hḏā < خذا < أخد (P.III.v.6)

Hāḏī  < خادي < آخد

س_Elle se transforme parfois en z :

Ḥräztek < حرستك (P.I.v.2)

Elle s’emphatise souvent en ṣ, au commencement, au milieu ou à la fin des mots :

  • En initiale :

Ṣobḥǟn < سُبحان (P.II.v.13,-P.VII.v.26)

Ṣattāṛ < ستّار (P.VII.v.27)

Ṣaẖẖaṛ < سخّر (P.III.v.23)

Ṣdōd < سدود (P.IV.v.21)

Ṣṛāb < سراب (P.III.v.15.-P.VIII.v.5)

Ṣṛōṛ < سرور (P.VIII.v.27.-P.VIII.v.34)

Ṣaṛget < سَرڤت (P.VI.v.28)

Taṣṣaεεaṛ < تتسعّر (P.IV.v.51)

Ṣāfaṛ < سافر (P.IV.v.71), à noter l’existance de sāfer avec un sens différent: tirer le blé d’un silo.

Ṣolṭān < سلطان (P.IV.v.28)

Ṣahṛān < سهران (P.III.v.30)

Ănṣāġ  < انساغ (P.II.v.35)

Ṣāg < ساڤ (P.III.v.6)

Ṣāyeg < سايـﭪ (P.VII.v.31)

Ṣōg < سوڤ (P.VIII.v.29)

  • En médiale :

Hṣāṛa < خصارة (P.III.v.9-P.VII.v.23) pourtant le verbe est ẖsär yäẖsär.

Mεaṣkaṛ < معسكر (P.IV.v.39)

Tkaṣṣaṛ < تكسّر (P.V.v.50)

Waṣṭ < وسط (P.VIII.v.42)

  • En finale:[101]

Rāyäṣ < رايس (P.IV.v.29 ;-P.V.v.34)

Faṛṣ < فرس (P.V.v.10)

 ش_Cette chuintante précédent ğ se transforme en s :

Sğīε < شجيع (P.V.v.57)

ص –Il arrive à cette sifflante de perdre son emphase :

Sġīr < صغير (P.VII.v.9)

-ع Cette faucale au contact d’une dentale t subséquente se transforme en ḥ :

Ăḥtā < اعتى (P.IV.v.48)

ل – Dans l’article cette liquide s’assimile quelquefois à la chuintante ğ qui remplit alors l’office de lettre solaire :

Ağğdǟwel < الجداول (P.II.v.24)

Elle s’assimile à la nasale n devant le suffixe pronominal nī :

Waṣṣannī  < وصّلني (P.I.v.9)

ه — Elle s’assimile à la gutturale ḥ subséquente :

Rīḥḥa < ريحها (P.V.v.22)

 Cas de métathèse

Ḥazzǟğ < حجّاز (P.VII.v.4)

Zǟyeğ < جايز (P.V.v.51)

Ṭyǟġa < طغاية  (P.V.v.38)

Ṭāyġa < طاغية (P.V.v.38)

Wğǟb < جواب (P.V.v.42)

Wǟğī  < جاوي (P.V.v.26)[102]

Morphologie

Le nom

Le nombre : le pluriel ğwǟrīn (P.V.v.18) de ğwāṛ (voisinage) employé pour ğirān et concurremment avec lui (P.VI.v.5) rappelle « mäšǟyeẖ » pluriel de mešyǟẖa employé au lieu et place de šyūẖ.

Le pluriel ğenḥǟn du singulier ğnǟḥ est peu usité dans le langage. On lui préfère ğenḥa < جنحة (P.VI.v.4)

On rencontre souvent le pluriel frāsīn de fursǟn, lui-même pluriel de fǟres (P.IV.v.65)

Le pronom

Le pronom relatif ellī  se trouve ramené à la forme plus simple de el (P.V.v.52). Faut-il identifier cette forme avec le relatif « al » (ال)  signalé dans le classique, dans ce vers témoin (Alfarazdaq) :

ما أنت بالحكم الترض حكومته*ولا الأصيل و لا ذي الرأي والجدل

Le verbe

A noter la combinaison curieuse des racines « hmed » et « hden » pour donner hämden (همدن), verbe quadrilatère (P.VI.v.27).

L’adjectif de relation ḥäḍri a servi à former le verbe quadrilatère tḥaḍrā (P.VI.v.32)

Le participe

Le participe passif « mufṛaṭ » (P.IV.v.14) a été littéralement transcrit du classique.

On rencontre des exemples de participes actifs en fāεal et fεīl avec le sens du participe passif en mafεūl :

Wǟšma < mäyšūma < mawšūma (P.I.v.10)

Ḍnīn < maḍnūn (P.I.v.13)

Hbīl < mähbūl (P.VI.v.5)

Les particules

Prépositions : la préposition men (من)  perd la nasale n (P.I.v.3). Elle la perdait déjà dans le classique chez les Banū  Haṯεam et les Banū  Zuba͡yd.[103]

(لي et ل) ‘lī ’ et ‘l’- M.Sonneck (Chants arabes du Maghreb, p.113, note a) en fait un dérivé du classique li (لِ). M.Bel (Djāzia, note 3 du texte arabe p.74) y voit un produit de ’ilā (إلى). Dans le parler de la plaine de Ġrīs ‘lī ’ représente une forme évoluée de l’une ou de l’autre préposition (P.I.v.2). Quelquefois, cependant, l’emploi de ‘l’ (ل) pour la préposition classique (لِ) s’impose. Les deux exemples suivants donneront une idée de la différence de sens qui résulterait de l’emploi de l’une des deux orthographes pour l’autre :

Hrabt ĕlhā : (هربت لها) je lui ai échappé ;

Hrabt līhā : (هربت ليها) je me suis réfugié auprès d’elle ;

La préposition lī  (لي) mise pour ’ilā (إلى) combinée avec l’adverbe matā (مَتَى) qui ne s’emploie jamais seul dans le dialecte, a donné līmtā (ليمتى) (P.II.v.15).

 Conjonctions : la conjonction « en » (أن) d’un emploi très rare dans le langage parlé, est, au contraire, d’un usage très courant dans la poésie populaire (P.II.v.1, v.7).

(بعد) baεd. Bengennūn nous offre un exemple de cette préposition jouant le rôle des locutions conjonctives « baεəd en » (بعدان) ou « baεədmā » (بعدما) (P.II.v.29).

Adverbe : la locution adverbiale « ăbḥǟl » (بحال) du parler sédentaire a été employée une fois par notre poète (P.V.v.10) au lieu de « kīf »(كيف).

Nous y trouvons enfin un exemple de l’emploi de la négation explétive la (لا) (P.II.v.27).[104]

Syntaxe

  • Accord de l’adjectif avec le nom :

 Il y a lieu de noter les exemples suivants d’adjectifs à la forme masculine se rapportant à des féminins :

Ɛāṣī  (عاصي) (P.III.v.4)

Qwī   (قوي) (P.IV.v.32)

Mesğūn (مسجون) (P.IV.v.32)

Maṛhūn (مرهون) (P.IV.v.37)

Mefrūġ (مفروغ) (P.V.v.36)

Šǟεəl (شاعل) (P.IV.v.32)

  • Accord du verbe avec le sujet :

 On rencontre le verbe au féminin singulier, non seulement avec un sujet, pluriel interne d’êtres doués de raison comme dans l’exemple :

Taẖẖädmū  leğwǟd (تخدمه الاجواد) (P.VI.v.40), mais même avec un sujet pluriel externe de personnes du sexe masculin :

Etḥīr ennāẓrīn (تحير الناظرين) (P.VIII.v.10)

L’auteur s’abrite-t-il sous l’autorité de Zamaẖšarī  qui dans les deux vers spirituels suivant affirme que tout pluriel est féminin :

إن قومي تجمَّعوا * و بقتلي تحدّثوا

لا أبالي بجمعهم * كل جمع مُؤَنّث

  • Rapport d’annexion :

 Un exemple du maintien de l’article à l’adjectif suivi d’un complément déterminatif nous est fourni dans l’expression :

Elğǟfyetnī (الجافيتني) (P.III.v.33)

Ce cas est-il une extension de la tolérance énoncée par Ibn Mālik dans ce vers de l’Alfiyya :

و وصلْ الْ بذا المضافِ مغتفر * إن وصلت بالثاني كالجعد

On pourrait voir aussi dans le pronom affixe « nī  » un complément d’objet du participe actif « əlğǟfyat » (الجافية). D’ailleurs « nī  » est la forme que revêt le pronom affixe après un verbe et non après le nom [105].

Scansion

Poème I

hedda

  1. el-lī-biy-yā-ğǟt-nī-kow-dāb-εī-da = 10 syllabes

   wāšī-laḥ-ḥag-nīb-εa͡y-näṭ-ṭa͡yṛ                               = 8 syllabes

  1. ăḥ-räz-tek-lē-hā͡y-ḏā-läb-b˿ä͡yt-noġ-da = 10 syllabes

   yǟ-εa͡w-dī-lel-lǟh-biy-yā-sīr                                    = 8 syllabes

  1. ḥẓä-tek-mel-gä̂͡y-lā-wes-mū-mel-ber-da = 10 syllabes

   mǟ-εal-lef-tek-bǟ-lyā-meš-εēr                                = 8 syllabes

  1. wtes-ḥā-mek-leb-dā-wel-məḥak-käğ-dī–da = 10 syllabes

   mǟ-šaṛ-ṛab-tek-yǟl-ḥor-rĕġ-dīr                             = 8 syllabes

  1. wĕğ-lǟ-lek-ẖam-lā͡wĕ-ser-ğek-kel-war-da = 10 syllabes

   ḥat-tăḥ-ğū-bek-yǟl-εǟ-găḥ-rīr                                = 8 syllabes

  1. ret-taε-tek-maṣ-ṣōf-mā-ḷaẓ-ẓōk-ḥad-da = 10 syllabes

   kī-ẖu-yā-wel-lān-tǟ-yā ẖä͡yr                                   = 8 syllabes

  1. naẖ-lǟ-tek-ze͡y-nīn-mǟ-tel-qāk-šed-da = 10 syllabes

   waṣ-ba-ḥäk-yeġ-nīl-lī-fā-qīr                                   = 8 syllabes

  1. zaw-waṛ-tek-leš-šīẖ-Lek-ḥal-le͡ys-tar-da = 10 syllabes

   kǟ-năε-nī-tĕb-lāğ-nǟ-ḥăṭ-ṭēr                                   = 8 syllabes

Fṛāš

  1. waṣ-ṣan-nī-led-dǟr-gā-taṛ-εāğ-mī-lī = 10 syllabes

   el-lĭ-isem-mū-hāb-ḥaṛ-fĕz-zīn                                = 8 syllabes

  1. ṛab-εăḥ-rô-fw-yeng-ṭo-fa͡w-qī͡w-sef-lī = 10 syllabes

     mǟ-neğ-ḥad-šī-wǟš-met-lī-dīn                              = 8 syllabes

  1. Zī-neb-fī-leb-nǟt-faḍ-ḥat-līh-bǟ-lī = 10 syllabes

     ges-met-lī-gal-bīε-lā-naṣ-fīn                                 = 8 syllabes

  1. εā-rem-fī-ṛaf-rāf-boṛ-ğăṭ-wīl-εā-lī = 10 syllabes

     be͡y-năẓ-fā-ṛăṭ-yōr-qat-tǟ-līn                             =8 syllabes[106]

  1. mǟ-res-let-lī-mǟm-šā-lī-hār-sū-lī = 10 syllabes

     mǟ-ğǟ-băẖ-baṛ-hāṣ-dī-qăḍ-nīn                            = 8 syllabes

  1. ṛā-hăẖ-yǟ-lek-yām-ṛā-dī-māg-bā-lī = 10 syllabes

     mǟ-yaε-ṭī-εəf-fāb-ṛam-šet-ε͡ayn                           = 8 syllabes

  1. ḥa-rez-nī-fen-nūm-wel-yaq-ẓāy-šǟ-lī = 10 syllabes

     εaq-lī-ṭā-ṛel-hāb-lā-ğen-ḥīn                                  = 8 syllabes

Hedda

  1. yā-qob-ṭā-nel-ẖā͡yl-waṣ-ṣan-nīl-Ɛad-da = 10 syllabes

     εaš-šī-biy-yā-dūn-ḏē-ked-dīr                                                = 8 syllabes

  1. el-lā-huw-wā-dä͡y-rū-fel-gōṛ-εom-da = 10 syllabes

     hā-yeğ-le͡y-lū-ḥāf-ẓet-ted-bīr                                                = 8 syllabes

  1. noġ-dū-lum-mū-līd-ben-tam-ṛāṛ-leε-da = 10 syllabes

     kǟ-nět-lǟ-qē-nān-εū-deb-ẖēyr                                              = 8 syllabes

  1. neš-fā-mar-ġū-bī-mel-lī-ğǟt-kow-da = 10 syllabes

    εa͡y-nel-boṛ-nī-sēn-ğā-qal-mīr                                               = 8 syllabes

  1. naε-mel-lek-yā-ġā͡y-tī-šoh-ṛāğ-dī-da = 10 syllabes

     kī-led-häm-ĕm-z͡eyy-ẖōl-Bǟ-šīr                                           = 8 syllabes

  1. ḥaṛ-ṛā-ğū-daṛ-ṛāğ-mā-taḍ-nēh-εaw-da = 10 syllabes

     ṯem-nū-yef-dī-ğyš-bet-tey-sīr                                            = 8 syllabes

  1. ḥet-ten-tā-maḏ-kōr-mel-geb-lāl-Weğ-da = 10 syllabes

     ẖab-ṛak-feṣ-ṣaḥ-ṛā͡w-bel-del-ğīr                                          = 8 syllabes

  1. gǟ-lū-Ben-gen-nūn-ṛā-hen-šāq-ṣē-da = 10 syllabes

     leb-bes-εa͡w-dū-qāṭ-ḥaṛ-ğăḥ-rīr                             =8 syllabes[107]

Poème II

hedda

  1. baε-denh-nīt-hǟ-ḏūs-nīn-wā-nā-tǟ-yeb = 10 syllabes

   ḥet-tāl-fāε-liy-yaġ-ṛā-mek-(kă)h-lek-nī                 = 10 syllabes ?

  1. waε-lǟh-yǟl-meš-šah-hṛāl-qī-tī-nī = 9 syllabes
  2. lel-lǟh-nǟ-s(e)k-mnīn-yǟš-εā-εer-rǟ-geb = 11 syllabes ?

   hǟ-ḏel-lbǟs-wez-zīn-kǟs-bū-ġā-nī                          = 9 syllabes

  1. mem-ṛāb-ṭīn-wel-lǟğ-wǟ-dǎṭ-yǟ-gεa-ṛab = 10 syllabes

   yā-men-drǟh-lek-kem-nīn-nǟ-bī-nī                       = 9 syllabes

  1. εlǟh-ṣād-dā-lǟ-bud-delm-lī-ḥī-wǟ-ğeb = 10 syllabes

   wel-liẖ-fāṣ-lah-ḏǟk-fen-nseb-dū-nī                       = 9 syllabes

  1. yǟ-ṭōl-ṛāyĕ-tel-bä̂͡y-sē͡n-ğā-qel-gǟ-reb = 10 syllabes

   εaq-līm-šād-de͡y-tīh-ṣadd-fǟ-reg-nī                       = 9 syllabes

Fṛāš

  1. baε-den-nsīt-leb-nǟt-qest-hem-med-den-ya = 10 syllabes

   wem-nīn-šet-tek-kel-ḥobb-ṛāh-hey-yaḍ-lī            = 10 syllabes ?

  1. heb-belġ-ṛām-gū-mūf-zūε-ğā-tăq-wiy-ya = 10 syllabes

   ṣolṭān-baṭ-ṭbal-welεə-lǟm-εam-med-lī                  = 9 syllabes

  1. yā-ṭōl-telğ-rī-dāt-baṛ-mī-leh-wǟ-ya = 10 syllabes

   al-ġayy-māq-ḍā-ṣāl-ḥāl-met-maḥ-lī                       = 9 syllabes

10.’ ī-ḏāk-tǟb-ṛab-bīs-sǟε-taḍ-ḥī-liy-ya                    = 10 syllabes

      lū-kǟn-fīb-ṭūn-leġ-wǟl-ted-doẖ-lī                        = 9 syllabes

  1. εaq-qāṛ-ğäṯ-ṯtī-māṛ-ḍāk-ġǟ-ren-tiy-ya = 10 syllabes

     mǟ-nīš-qā͡y-lek-yāl-ğǟl-bā-εaq-lī                          = 9 syllabes

  1. ġǟ-rās-kent-lel-ḥād-εott-fī-mem-siy-ya = 10 syllabes

     wel-lān-tīs-baq-tī-lǟẖ-rā-qab-lī                            = 9 syllabes

Hedda

  1. εa͡y-nk-yāṛ-mā-gelġ-zǟl-deb-lū-nī = 9 syllabes
  2. hū-mǟs-bǟb-ḍoṛ-ṛīm-šīt-men-hom-εā-ṭab = 10 syllabes

     waḷ-ḷah-ġǟr-kăṭ-bīb-mä̂͡y-dǟ-wī-nī                = 9 syllabes[108]

  1. yā-ṛōb-ten-nsā-līm-tāb-εa͡y-nī-noṭ-lob = 10 syllabes

     wā-kelf-ṣīẖ-yen-sǟġ-lūn-naṣ-ṛā-nī                       = 9 syllabes

  1. leğ-wǟd-lǟ-bud-değ-ğūd-yens-häl-eṣṣā-εb = 10 syllabes

     weš-šaṛṛ-gǟ-lĕt-ĕnnǟs-ḍyf-baṛ-ṛā-nī                 = 9 syllabes

  1. yǟ-zīnĕ-telb-hā-ṣīf-tĕlf-nā-ṛeṯ-ṯǟ-geb = 10 syllabes

     gū-līl-weld-Gen-nūn-ṛāk-met-hen-ni                   = 9 syllabes

Fṛāš

  1. ṣob-ḥān-menh-dǟ-hāt-kel-lmet-ḏel-εǟ-rem = 10 syllabes

     wer-rǟt-nesb-hā-šä̂͡y-fā͡w-ben-tek-bāṛ                = 9 syllabes

  1. ăh-lelε-nǟd-yet-εǟs-rūm-εāl-lī-ẓā-lem = 10 syllabes

     met-ḥaz-zmīn-dī-māε-lǟl-ḥdī-dū-nāṛ                   = 9 syllabes

  1. ṭṛāš-nelb-lā-yeh-häz-mūl-maṛ-wel-qā-yem = 10 syllabes

     el-bǟz-mǟ͡y-lǟ-ďīh-ţyr-mel-laţ-yāṛ                     = 9 syllabes

  1. hǟ-ďūk-nǟs-ğed-yelġ-zǟl-yǟ-men-tef-hem = 10 syllabes

     el-fä̂͡y-zāε-lez-zīn-fīm-dun-wäg-wāṛ                    = 9 syllabes

  1. εaq-qāṛ-hāṣ-εīb-mǟn-ṣǟġ-šī -lel-ḥā-kem = 10 syllabes

     mǟ-fell-sūh-ṭol-b-wəlā-šyū-ẖăk-bāṛ

  1. ĕk-wǟt-nīb-käy-yelḥ-dīd-kem-mem-maε-lam = 10 syllabes

     es-saεd-mǟ͡w-qaf-fīṣ-fāwe-tel-ġaṛ-ṛāṛ                 = 10 syllabes

  1. zoṛ-telg-bǟb-waε-yīt-feğ-ğdǟ-wel-naṛ-ṣam = 10 syllabes

     lǟ-bǟy-ṭīε-lī-ğenn-sǟb-ġet-leš-fäṛ                         = 9 syllabes

Hedda

  1. el-ḥob-byāṣ-ḥā-belġ-ṛām-maḍ-ḍā-nī = 9 syllabes
  2. ĕm-nīn-rāḥĕ-ten-nǟs-ğīt-waḥ-dī-εā-geb = 10 syllabes

     baε-teš-šnǟ͡w-lā-ṣobt-menš-rǟ-men-nī               = 9 syllabes

  1. ĕs-serr-ẖoft-nu-rīh-yefṭ-ṛag-fel-maḍ-rab = 10 syllabes

     wel-bǟd-εīn-fel-εašq-lä̂͡y-lū-mū-nī                       = 9 syllabes

  1. lǟ-meny-ğīb-liy-yāẖ-bāṛ-kaḥ-lel-ḥā-ğeb = 10 syllabes

     bel-gūl-naṛf-εah-fūk-kull-sī-sā-nī                        = 9 syllabes

  1. yoġ-dāl-ṛōb-ted-dā͡y-ẖāt-εon-gel-hǟ-reb = 10 syllabes

     el-līġ-ṛām-hā-baεd-tubt-nek-ked-nī                    = 9 syllabes

  1. en-sīt-Benε-maṛ-sīd-ẖym-tī-yā-ṭā-leb = 10 syllabes

     wäẖ-yǟl-Fāṭ-mā-mǟb-ġā͡y-fǟ-reg-nī                   =9 syllabes[109]

Glossaire

(ب)

بڤع Beggaε (بڤّع) (note 5) : 1) Au sens propre : barioler de blanc et de noir, rendre « ăbgaε » (ابڤع) ; ăbgaε (ابڤع) : noir taché de blanc, pie.

محاجية : فردي الابڤع * خاضي الوطا و يتڤرڤع

Devinette : « Mon bœuf noir et blanc qui parcourt la plaine en mugissant ». Le mot est tonnerre.

2) Au sens figuré : jeûner un jour sur deux, pendant le mois de Ramaḍān.

زوّج ولده و هو صغير يبڤّع رمضان

« Il a marié son fils, tout jeune, ne jeûnant (encore) qu’un jour sur deux du mois de Ramaḍān ».

Etymologie — Du classique : بَقَعٌ (taches blanches sur fond noir en parlant de chiens et d’oiseaux) qui a donné أَبْقَعُ : bariolé de blanc et de noir.

 ظَعَن الّذين فِراقَهُمْ أتوَقَّعُ * وَجَرَى بِبَيْنِهِمُ الْغُرَابُ الأبْقَعُ

« Ceux dont j’appréhendais le départ sont partis, et le corbeau tacheté de blanc a parcouru (les lieux) après leur déménagement » (΄Antar, The divans of the six Ancient Arabic poets, par W. Ahlwarst, Paris, 1918)

بلهوان — Palahwān (پلهوان) (note 27) : champion, grand, dignitaire.

Etymologie : mot d’origine turque.

(ت)

تقتTqāt (تقات) (P.III.v.19,-P.IV.v.27) : pierres précieuses, rubis.

هذا الرّجل يوزن الحطَب ميزان الصّيّاغ للتّقات

« Cet homme vous pèse le bois comme un bijoutier qui vous pèserait des pierres précieuses » [110].

Le poète Weld Gṛāda a dit :

في الحلول و حلي و تفصيل * و التقات و حبّ الجوهر

« (Parée) de vêtements, de bijoux et de fraîches étoffes, de « pierres précieuses et de perles ».

Etymologie : forme abrégée du pluriel féminin interne du classique يقوت par suppression de la syllabe initiale du mot et par progrès de l’accent.

 

تيك Tǟyek (تايك)(P.V, v.5-P.VI, v.29), pluriel : täykīn (تايكين)= tyran, despote, brave, intrépide, courageux.

تايك عند امراته و عند الناس خلا

« Brave aux yeux de sa femme, mais poltron aux yeux des gens ». Le poète Ben Ḥaṛṛāṯ de la région de Sidi Bel‘Abbès (XX è s.) a dit :

(Vers 109, 3ème avant dernier de la pièce en ورْ, cf. Qāḍī, p.219, in al-kanz)

أهل العدّة و اهل اسلاح زين معزّر * بِهُم ينطح جوفر التايك المذكور

« Hommes bien équipés, portant avec grâces de jolies armes. C’est à leur tête que Joffre affronte le tyran dont j’ai parlé ».

Etymologie : de la racine classique تَاكَ (être fou, insensé, et par extension, être imprudent, ne pas mesurer le danger qu’on court).

(ث)

ثغبṮġab (P.IV, v.37) = crier, retentir, résonner.

من اين الواحد يكون بعيد بالزّاف يثغبوا عليه

« Lorsqu’une personne se trouve très éloignée on l’appelle par des cris ».

Le poète Moẖtāṛ bel-Laḥmaṛ a dit (1er hémistiche du 17ème vers d’une pièce en اش de 41 vers ; cf.Qāḍī, p.127, in al-kanz) :

و يريّشوا البوجات و النواقس تثغب

« Les yeux reluisent et les grelots retentissent ».

Un autre poète, Ṭahar ben Ḥawwā a dit :

لباسهم غير الذّهب * خلخال و رديفه يثغب

« Parées uniquement d’or ; anneau de pied surmonté d’un autre qui résonne ».[111]

Etymologie : du classique ضَغِبَ (glapir, faire du bruit).

ثڤبṮgeb(ثڤب) (P.II, v.17 ; P.VII, v.37 ; P.VIII, v.24) = briller (étoile), brûler (feu), allumer, éblouir, resplendir.

جاءت عندي رباعة و كانوا بردانين بالزّاف ثڤبت لهم النار باش يتسخنوا

« J’ai reçu la visite d’un groupe de personnes, glacées de froid. Je leur ai fait du feu pour se réchauffer ».

Le poète Abū  Ɛoṯmān al-Mendǟsī  a dit (46ème vers d’un poème en ال ; cf. Qāḍī, p.48 in al-kanz) :

قوّيت الزيت للفتيلة * ثڤبت نار المنى بدا يڤدي مشعال

« J’ai ajouté, à la mèche, de l’huile en abondance ; le feu de l’espoir s’est, alors, déclaré et a donné naissance à une grande flamme ».

Etymologie : du classique ثَقَبَ (briller (étoile)), (brûler (feu)).

ثقفṮaqqaf (ثقّف) (P.VI, v.15) : mettre en sûreté, pourvoir d’un talisman protecteur, saisir, séquestrer, immobiliser, ensorceler.

بالعزيمة و الخفيف * ينڤلع التثقيف

« Avec des paroles magiques et le plomb, on neutralise l’effet d’un sortilège ».

بالزاف المسلمين الّي يقراوا في الليل آية الكرسي سبع مرّات باش يثقفوا ديارهم على الخيان

« Beaucoup de musulmans récitent, le soir, sept fois, le verset du  « Trône » (Qor’ān, chap. II, verset 256) pour protéger leurs demeures contre les voleurs ».

Etymologie : du classique ثقَّفَ (redresser).

(ج)

 جمط Eğğammaṭ (تجَمّط) (P.IV, v.17) = s’envoler, se disperser, s’éparpiller.

Le poète Sī  Moḥammed ben el-Ɛarbī  eṣ-Ṣeğṛāṛī  a dit (4ème vers d’un poème de 56 vers en اد) :

حال الڤمري الّي بقى و الفرڤ تجمّط * بالدوح ينادي مكسّر من الاعضاد

« Tel le ramier, qui, demeuré seul, ses compagnons s’étant dispersés, gémit sur les hauts arbres, les membres brisés ».

Etymologie : la racine de ce mot est inconnue du classique, du moins sous cette forme. Peut-être provient-elle de la racine قمّط  (emmailloter un bébé, en rassembler les langes) avec substitution du  جau ق, l’inverse du pro [112] cédé très courant dans les dialectes de l’Est et notamment en Egypte. (Les oiseaux, au moment où ils prennent leur vol, se groupent d’abord pour se disperser ensuite).

(ح)

حربĂḥrāb (حراب)(P.VII, v.4-P.VII, v.14) = lutte, combat, art militaire, tactique, précautions.

إذا راك تحوّس على حرابي راني واجد

« Si tu veux lutter contre moi, je suis à ta disposition ».

من بكري قاري حرابه من جاره

« Depuis fort longtemps, il prenait ses précautions de son voisin ».

Le poète Moṣṭfa ben Brāhīm (du XIX è s.) a dit :

ما هابت شي منّي و عمّدت للحراب * تاهت و بغات نڤاري

« Elle ne me craignit pas et affronta le combat. Elle se grisa d’orgueil et voulut rivaliser avec moi ».

Etymologie : nom d’action de la IIIème forme de la racine classique  حَرَبَ (combattre à la IIIème forme).

 حرج — Ḥarğ (حرج) (P.V, v.49 –P.VII, v.1-P.VIII, v.3) pluriel : ăḥṛāğ (احراج) (P.VI, v.24) et ḥarğǟn (حرجان) = appareil, attirail, chamarrure, accessoires, nécessaire, harnachement, baudrier, lieu, litière, rang, prestige.

بني عبّاس صانعين في حرج البرانيس ما ينجّمهم احدّ

« Les Beni ‛Abbās sont d’habiles brodeurs de burnous. Personne ne peut rivaliser avec eux dans cet art ».

Le poète Qaddūr weld Mḥammed d’El-Bordj (contemporain de l’émir Abdelkader) a dit :

تجلب الطير الحسنى ڤالت الرجال * نسى احراج اوكاره ما ادراك

« Les bienfaits, a-t-on dit, apprivoisent l’oiseau et lui font oublier les lieux où il niche. Ne le sais-tu pas ? »

Moṣṭfa ben Bṛāhīm a dit (14ème vers d’un poème de 45 vers ; cf. Qāḍī, page 21, in al-kanz) : [113]

ارعيّتي و الفرسان * خودات في احراج تميل

« …Mes administrés et mes cavaliers, des belles dans des palanquins qui se balancent ».

Le poète El-Ɛărūsī  a dit (vers 7ème d’une pièce en يڤ  citée par Qāḍī  in al-kanz p.20) :

و ماذا عشقوا فيه ميرات الحرجان * و ماذا شدّوا في الرّكاب علجات زرابيڤ

« Combien de princesses (portées dans) des palanquins ne se sont-elles pas éprises de lui ? Combien de belles prisonnières ne se sont-elles pas accrochées, les unes à la suite des autres, à ses étriers ? »

Ḥaṛṛāğ (حرّاج) (P.I, v.21) : vif, fougueux, ardent.

الولد من اين يبدا يردح بالزّاف يڤولواله بركة ما تحرّج

« On dit à l’enfant qui se fait turbulent : assez de t’agiter ! »

Etymologie : du classique حَرَجٌ (exiguïté, lieu étroit, litière à bras, brancard à porter un malade ou un mort).

Ɛantara al-Ɛabsī  dans sa Muεallaqa (in Ğawāhir al’adab, p.406, ligne 6) :

يَتْبَعْنَ قُلََّةَ رَأْسِهِ وَ كَأَنَّهُ * حَرَجٌ عَلَى نَعْشٍ لَهُنَّ مُخَيَّمِ

« …Elles suivent le sommet de sa tête. Il ressemble à un palanquin dressé sur un lieu élevé et leur servant d’abri ».

حزج — Ḥazzǟğ (حزّاج) (P.VII, v.4) : qui dresse des obstacles, qui s’interpose entre deux combattants, arbitre, brave.

Le poète Ben Ḥaṛṛāṯ a dit (vers 30ème du poème en ورْ,  cf. Qāḍī, page 213, in al-kanz) :

لا فكَّك لا حزّاج لا من ينعر * الغالب فارح و الّي خسر مقهور

« Point d’arbitre et personne pour séparer ou rappeler à la sagesse. Le vainqueur est réjoui et le vaincu, mortifié ».

Le poète Ben Eḏ-Ḏebbǟḥ a dit:

حتَّى جاء حزّاج تايك عمدة * و تكلّم في الصّلح كلام بالمعدول

« Jusqu’au moment où vint un preux de haut étage, un despote obéi, qui prêcha la réconciliation par de sages paroles ».

يڤولوا الناس الحزّاج دايم يلقاها  [114]

« On dit : celui qui sépare les antagonistes (aux prises) reçoit toujours des coups ».

Etymologie : issu par métathèse de la racine classiqueحجز (empêcher).

حزر Ḥzāṛa (حزارة) (P.IV, v.57) : 1) démarches faites auprès de quelqu’un.

Le poète El-Ḥäğ Hāled ben Ḥmed a dit (3ème vers d’une pièce de 68 vers en لة) :

ما تنفع حتّى حزارة في الجيّاح * واش تنال إذا تلقّم الدّفلة

« Les démarches sont vaines auprès des dégénérés. Que gagnerais-tu à greffer le laurier-rose ? »

يڤولوا بالتحزار باش كرى له داره

« Il lui a fallu faire des démarches pour qu’il lui loue sa maison ».

2) Conseil, rappel à la sagesse.

Le poète Moṣṭfa ben Bṛāhīm a dit :

حازرته يا خاوتي و لا سعفني * طاب طياب على امراة عزباء

« Ô frères, je lui ai donné des conseils qu’il n’a pas écoutés. Il éprouve une cuisante flamme pour une femme vierge ».

Etymologie : du classique عزر (blâmer, réprimander) par substitution de la faucale ε à l’aspirée forte (ح) ḥ.

حكم — Ḥekma (حكمة)(P.VIII, v.3) : sagesse, science magique, art de rédiger des amulettes, pouvoir sur les génies.

Ḥākem (حاكم), mūlā ḥekma (مولى حكمة) (P.II, v.22) pluriel : ahl el-ḥekma (أهل الحكمة) : personne qui s’adonne à la rédaction des amulettes, qui fait des charmes, des enchantements.

أهل الحكمة هُمَا طلبة يحكموا في الجنون يعرفوا يرسموا الجداول ويعزّموا

« Ahl el-ḥekma sont des talebs qui ont du pouvoir sur les génies. Ils savent tracer des carrés cabalistiques et réciter des incantations magiques ».

Etymologie : du classique حِكْمَةٌ (science, sagesse, science médicale).

حيي — Mestaḥyi (مستحيي) pluriel : mestaḥyīn (مستحيين) [115](P.VIII, v.32) = auditeur complaisant, personne polie, thuriféraire, admirateur.

يڤولوا فلان من مستحيين الشاعر الفلاني يعني ڤندوز يتصنّت لكلّ ما يڤول

« On dit : un tel est au nombre des mestaḥyīn de tel poète, c'est-à-dire son satellite qui prête son attention à tout ce qu’il dit ».

Etymologie : du classique (ستحيا) : avoir honte, éprouver de la pudeur.

(خ)

خبب Habbǟb (خبّاب) (P.VII, v.25) : habile au trot, rapide dans la course, habile.

الناس يربطوا العود الخبّاب في الكروسة و ما يربطوا شي العود الي يدَنّى

« On attelle le cheval trotteur à la voiture et non le cheval qui va au grand galop ».

Etymologie : du classique خبّاب : qui va au trot.

خصمHṣīm (خصيم) (P.IV, v.47) : adversaire, rival, contempteur ; anneau de pied.

الخصيم هو الخلخال وسمّوه الخصيم على خاطر فردة تنقر اختها كالّي يتخاصموا

من اين تتمَشّى المراة و يسمّوه ثاني الرديف و من اين يكون ذهب يسمّوه بريم

« «El-hṣīm » : ce sont les anneaux de pieds, ainsi appelés parce qu’un anneau choque l’autre, comme s’ils se querellaient, au moment où la femme se met à marcher. On l’appelle aussi « rdīf ». C’est le « brīm » quand il est en or ».  

Etymologie : du classique خصيم (adversaire).

خلج Mẖallğī (مخلّجي) (P.IV, v.9) : arum.

المخلّجي هو نوار ابيض كبير فيه خليج في الجنب و في وسطه زريعة صفراء

« « Mẖallğī  » : c’est une grande fleur à la corolle fendue et pourvue, au milieu, d’étamines jaunes ».

Terme inusité dans le langage courant.

Etymologie : du classique خليج (golfe, baie) [116].  

(د)

دبلDbel (دبَل) (P.II, v.13-Note 5, p.89) = troubler, tourmenter, accabler.

المراة من اين ما يكون شي عندها الشي و يكثروا عليها الاولاد تڤول ربّي دبّر على هذا الجرى الي دبلتني به

« Lorsqu’une femme sans ressources arrive à avoir beaucoup d’enfants, elle s’écrie : « Mon Dieu, que votre Providence se charge de cette marmaille dont vous m’avez tourmentée ! ».

Un poète a dit :

دبلت ڤلبي عييت صابر يا الطاير * هي محنة الفي الفات في هذو الايّام

« Elle a troublé mon cœur. Elle a lassé ma patience, ô pigeon. C’est elle l’objet de ma passion. Elle est revenue ces jours-ci ».

Etymologie : du classique (دبل) : atteindre quelqu’un (malheur).

درجDaṛṛāğ (دَرّاج) (P.I, v.21) : qui marche vite, ardent, vif, rapide, infatigable, impétueux.

يڤولوا العرب : الله يجعلك كالواد الدرّاج * و الريح العجّاج * الحسّ بالزّاف * و الفايدة بخلاف

« Les Arabes disent : « Dieu fasse que tu sois pareil au cours d’eau impétueux et au vent violent : beaucoup de bruit et pas d’utilité ».

Etymologie : du classique درج (aller, s’avancer, marcher).

 دزر Dzīra (دزيرة) (P.VIII, v.10) pluriel dzōṛ (دزور) : île, presqu’île.

العروڤ في الصحراء يبانوا كالدزور في بحر الرمالي

« Les ergs sahariens semblent des  îles dans une mer de sable ».

Etymologie : du classique  جزيرة (île) par substitution de la dentale (d) à la chuintante (ğ).

دكدك Dekdūk (دكدوك), pluriel : dkǟdek (دكادك) (P.V, v.68) et dkǟdīk (دكاديك) (P.VI, v.32) : robuste, puissant, brave, intrépide.

السيد علي هو الدكدوك في جميع الصّحابة

« Sīd Ɛālī  est le plus brave de tous les compagnons du Prophète » [117].

Le poète Ɛadda et-Taḥalläytī  (de la région de Sig. Cf. Qāḍī, al- kanz, p.78) a dit (1er hémistiche du dernier vers d’une pièce en يد cf. Qāḍī, al-kanz, p.92) :

تستعجب في خلص الثار ناس دكادك

« Des gens d’un courage éprouvé seront étonnés par cette revanche ».

Le poète d’El-Borğ[22], Ṭahar ben Ḥawwa a dit (17ème vers d’un poème de 32 vers en وك cf. Qāḍī, in al-kanz, p.53) :

عمّرت دار الاشراف و العرب بافضالك * عفريت مول زَدمة على العدو دكدوك

« Tu as illustré la famille de Mahomet et la (grande) famille arabe, par tes armes. Tu es un génie, plein d’audace contre l’ennemi, tu es un brave ».

Etymologie : du classique دكداك (dur, épais (sol))

دوخ Dǟyeẖ (دايخ) (P.IV, v.33-P.V, v.53), pluriel däyẖǟt (دايخات) (P.II, v.29-P.III, v.17) : étourdi, abasourdi, ahuri, grisé, belle (femme).

Un poète a dit :

دايخات بالغيّ سكارى * ما يفيد فيهم تلحاح

« Etourdies, grisées par la coquetterie. Il est inutile d’insister « auprès d’elles ».

On emploie souvent le mot mdewwaẖ (مدوّخ) à la place de dǟyeẖ.

Le poète Ṭahar ben Ḥawwa a dit :

ايّم علجات مدوّخات ضُمّر طوال * بروامڤ شهل اذبالوا

« Il rendit veuves de blanches européennes sveltes et élancées aux regards d’un noir qui bleuit ».

كاين الرّوايح الّي يدوّخوا كالمدام

« Il y a des parfums qui grisent comme le vin ».

Etymologie : du classique داخ (avoir le vertige, être étourdi).

ديد Dīdī  (ديدي) (P.VIII, v.9) : couleur amarante, pourpre, géranium, drap pourpre ou de tout autre couleur.

قيّاد بكري كانوا يلبسوا البرانيس و القاط ديدي

« Les caïds d’autrefois revêtaient des burnous et des complets de drap pourpre » [118].

Le poète Moṣṭfa ben Brāhīm a dit (Qāḍī  donne une autre version de ce vers p.210 in al-kanz) :

سروج من البعد تبان شعّالة * و القاط ديدي و الحرج فِلالي

« …Des selles qui lancent des reflets à distance, le costume de drap pourpre et le baudrier en cuir de Tafilalet ».

Etymologie : ce mot ne rappelle aucune racine classique et semble d’origine étrangère (probablement turque).

 (ذ)

ذممḎmǟm (ذمام) (P.IV, v.10) : aubépine.

Un poète a dit :

اسنانها نعنيهم كزهر الذمام * يضووا ضيّ المصباح في الظلام

« Ses dents, je les compare aux fleurs d’aubépine. Elles reluisent comme un flambeau dans l’obscurité ».

يڤولوا الناس: بياض الذمام * و مشية الحمام * تڤول شفتها في المنام

« Les gens disent : « blancheur de fleur d’aubépine, démarche de colombe, on dirait une apparition de rêve » ».

Ḥabb eḏḏmǟm (حبّ الذّمام) : ce sont les baies rouges de l’aubépine. Il est une pratique superstitieuse (dans la région de Tlemcen) qui veut que les gens atteint de furonculose aillent danser devant l’aubépine en lui adressant l’invocation suivante :

يا ذمام جيتك نتذمّم * هم الدمامل هوّسني

« Ô aubépine, je viens m’humilier devant toi. La douleur que j’éprouve des furoncles égare ma raison ».

Etymologie : du berbère يذميم (aubépine)

ذيق — Mḏǟyqa (مذايقة) (P.IV, v.16) : 1) adj. : ennuyée, oppressée, qui éprouve de la nostalgie.

2) subs. : espèce de tourterelle blanche, palombe :

المذايقة يسمّوها ثاني ضيقة الرّوح. العرب يڤولوا بالّي الانثى تڤول في غناها: ضيقة الروح ، و الذكر يڤول: يفرّج الله.

« mḏǟyqa : elle s’appelle aussi « ḍīqt eṛṛōḥ ». Les Arabes disent qu’en roucoulant, la femelle dit : « ḍīqt eṛṛōḥ » (j’ai l’âme oppressée), et le [119] mâle, « ifarrăğ Aḷḷah » (Dieu te réservera (bientôt) un meilleur sort).

Le poète el-ḥǟğ Hāled ben Ḥmed a dit (59ème  vers d’une pièce en ها de 102 vers. Cf. Qāḍī  Moḥammed in al-kanz, p.126) :

نعني عذراء و بضيقة الرّوح محيّر*من الحبّ و بالعشق ضاعت بشوق اضماها

« On dirait une vierge. J’étais troublé par la palombe torturée par la passion amoureuse et tiraillée par un ardent désir ».

Etymologie : du classique ضاق par substitution de la dentale d à la dentale emphatique ḍ.

(ر)

رحل Ṛaḥl (رَحْل) (Note 8, p.90) : selle, effets de voyage, bagages. Ṛaḥl el-εağğǟla (رحل العجّالة), cavalier de l’alerte jument, surnom donné à Sīdī  Mūḥammed ben Ɛmaṛ le saint patron de Mascara.

سمّوا سيدي محمّد بن عمر رحل العجّالة على خاطر يلبّي صاحبه بالخفّ

« On a surnommé Sīdī  Mūḥammed ben Ɛmaṛ « ṛaḥl el- εağğǟla », parce qu’il accourt sans tarder au secours de celui qui l’invoque ».

Le poète Weld Belẖayr de Rezaygǟt (Geryville) a dit :

نستانّى فارس الخصايل * رحل البيضاء امام الاقطاب الزينين

« J’attends le chevalier aux (nombreux) exploits, l’homme à la cavale blanche, le chef des saints (ayant le titre de Qoṭb « pôle ») bienfaisants ». 

Etymologie : du classique رَحْلْ (selle de chameau).

رشقMreššqa (مرشّقة) (P.IV, v.8) adj. : hérissée, semée de clous, d’épines, d’aiguilles ; subst. : romarin.

المرشّقة: ورق الحلحال سمّوها هكذا على خاطر مرشوقين كاليباري في العرش

« Mreššqa : ce sont les feuilles du romarin ainsi appelés parce qu’elles s’insèrent comme des aiguilles dans les branches ».

Etymologie : du classique رَشْقٌ (action de décocher des flèches).

رعى Rεā (رعى) (P.III, v.16-P.VIII, v.1-P.VIII, v.1) inaccompli : yarεa (يَرعى) (P.I, v.9-P.VII, v.30) : paître, faire paître, [120] butiner, observer, attendre, garder.

Rεā et rāεā-l ğmīl (رعى و راعى الجميل) : être reconnaissant, garder le souvenir du bienfait.

الرجل الجايح ما يرعى جميل والديه و لا الناس الّي داروا فيه الخير

« Le lâche se montre ingrat aussi bien envers ses parents que vis-à-vis des êtres bienfaisants ».

Etymologie : de la racine classique رعى (garder, observer)

رفرف — Ṛafṛāf (P.I, v.12) (رفراف) : étendard, étoffe, soie, haute cabine, auvent.

عرب هلال كانوا يڤدوا مشعال في الليل في راس الجبل تلهب في العلالي كالرفراف ينقاد لها البعيد

« Les Arabes hilaliens allumaient, la nuit, sur le faîte des montagnes, une grande flamme qui flottait sur les hauteurs comme un étendard et servait de guide à (l’hôte) éloigné ».

كل سفينة من اين تدخل في مرسى برّانية تعلّي رفراف بلادها

« Tout bateau qui aborde dans un port étranger, arbore le pavillon du pays d’origine ».

Etymologie : du classique رفرف (déployer ses ailes et les agiter).

رڤب Ӗrgeb (رڤَب) et reggeb (رڤّب) (P.V, v.43) : regarder, observer, guetter, épier ; rǟgeb (راڤب) (P.V, v.3) et mreggeb (مرڤّب) : qui épie, guetteur, lune.

Le poète Ben Ḥammǟdī  a dit :

ڤمحتني البارح منها* كيف جيت يا هلال مرڤّب

« Tu m’as privé, cette nuit, ô lune, quand tu es venue nous épier ».

رقب Rqīb (رقيب) (P.IV, v.40) : observateur, censeur, mari, inspecteur, Dieu.

رقيب زوليخاء حمَل فيها مع رجل برّاني

« Le mari de Zūlīẖa l’a surprise avec un étranger ».

Etymologie : du classique رقب (observer, regarder).

رهدن Rahdǟn (رهدان) (P.VIII, v.9) subst. : neige ; adj. : très blanc.[121]

في المشتى يبان الرهدان في الجبال

« En hiver, on voit de la neige sur les montagnes ».

العرب يڤولوا: ابيض رهدان

« Les Arabes disent : blancheur de neige ».

De ce mot dérive l’adjectif  ṛahdi (رهدي), pluriel ṛhāda (رهادى): « très blanc, d’une blancheur de neige » (c’est aussi le pluriel de ṛahdǟn).

Le poète Sī  Ɛadda et-Taḥalläytī  a dit : (3ème avant-dernier distique d’une pièce donnée par Qāḍī  in al-kanz, page 91)

الابدان رهادى * و الخدود مثل الوردة

« Les corps d’une blancheur de neige et les joues pareilles à des roses »

Etymologie : peut-être dérive-t-il de la racine classique رهدن (agir avec lenteur), la neige tombant très lentement.

روب Rōba (روبة) (P.II, v.15-PII, v.29-PIII, v.17) : princesse, reine de beauté.

زوجت ولدي بروبة نساء معسكر

« J’ai marié mon fils avec la plus belle femme de Mascara ».

Le poète Ɛәlī  Kūra a dit :

نجوّد روبة الفريڤ * طبع علام الڤصايرية[23]

« Je chante la reine de la tribu, celle dont le port rappelle l’étendard des Gṣāyriyya ».

Etymologie : nom d’une femme célèbre par sa beauté, devenu plus tard un nom commun. 

روح Rawhānī (PVII, v.23) :1) adj : incorporel, spirituel 2) subst. : cheval surnaturel ; esprit généralement bienfaisant.

سرحان السيد علي روحاني

« Serḥān de Sīd Ɛālī  est un cheval surnaturel ».

Etymologie : du classique روحاني (spirituel).

ريل Meryūl (مريول), pluriel : mrāyel (مرايل) (PV, v.40) : séducteur, bel esprit, bellâtre, muguet, fat, présomptueux.

Le poète Ben eḏ-Ḏebbǟḥ a dit :

ما طاعت لي و لا اعطات البعدة * و تلاڤينا مريولة مع مريول[122]

« Elle n’a pas cédé (à mes instances) et ne s’est pas non plus éloignée de moi. Nous nous sommes trouvés, en présence l’un

de l’autre, séductrice et séducteur. »

فلان راه يتمريل و الريلة نوع من الرڤص تهزّ فيه المراة من عند الحزام لتحت

Un tel fait le mariol : la rīla est une sorte de danse où la femme balance (harmonieusement) la partie du corps située au-dessous de la taille.

Etymologie : le sens de la racine classique رأل (grandir, petit de l’autruche) semble trop éloigné. Ne serait-ce pas un mot emprunté à l’italien où Mariola est le nom d’une servante effrontée dans une pièce de théâtre ?

(ز)

زرى Ezzaṛṛā (تزّرّى) inacc.yezzarrā (يتزَرّى) (P.VIII, v.2) : éviter, fuir, esquiver.

ما يتزرّى من الحبيب غير الجايح من اين يرزقه ربّي

Il n’y a que l’être vil qui fuit son ami lorsqu’il parvient à l’aisance.

Le poète el-Mendǟsī  a dit :

تزرّى من اعراب كل دولة * سلطانة كل من تحلاّت بخلخال

« Elle fuit les sujets de toute nation. Elle est la reine de toutes celles qui portent des anneaux de pieds »

Etymologie : du classique تَزَرَّى (mépriser, dédaigner).

زعل Zaɛɛal (زَعّل) (P.III, v.4) et zɛal (زعَل) : s’ennuyer, être mal disposé ; chanter, roucouler, résonner, retentir.

Le poète Moṣṭfa ben Brāhīm a dit (11ème vers d’une pièce de 45 vers donnée par Qāḍī  dans son anthologie al-kanz p.211) :

اعييت قايد بطبول زعّالة * و الحكم يظلم ما درت بافعالي

« J’ai été longtemps caïd avec tambours battants. Mais le pouvoir rend injuste. Que d’abus n’ai-je commis ? »

Le même poète a dit dans une autre pièce (174ème, 175ème et 176ème  vers d’une pièce de 236 vers) :

 بن دلّة معشوق ڤلبي فيه * حين يكون يسوج في الهالات[123]

منّه ما باقي شيوخ تتيه * منّه راح الزهو لا تلفات

يزعل ولد الحمام من ڤرزيه * واذا حوّس يردف القطعات

« Mon cœur se passionne pour Bendellā, lorsqu’il se livre à ses flâneries musicales. Après lui, les Šīẖ ont perdu leur prestige ; avec lui, les réjouissances ont disparu sans esprit de retour. Il chante comme roucoule un pigeonneau et coupe ses roulades « par de multiples accents. »

يڤولوا كَحّ  البارود و زعّل الطبل في الوعدة

On dit : dans la fête patronale on a fait parler (m. à. m. tousser) la poudre et résonner le tambour.

Etymologie : de la racine classique زَعِل (être actif, dispos) ou de سَعَل (tousser) par adoucissement de la sifflante s en z.

زهر Zahṛ (P.V, v.25 ; -P.VIII, v.14) : fleurs, fleurs d’oranger, eau de fleurs d’oranger, essence de fleurs.

الناس يڤولوا : رايحة الزهر تعطي من كسوته

On dit : un parfum de fleurs s’exhale de ses habits.

Etymologie : du classique زَهْرُ (fleurs).

ازى Ezzā (ازّى) (P.VIII, v.35) inacc. yezzī  (يزّي) : suffire, en avoir assez, s’arrêter, cesser.

من اين واحد الخَصم يكثّر الهدرة على القاضي يڤول له يزّيك

Lorsqu’un plaideur se montre loquace devant le cadi, celui-ci lui dit : « cela suffit !».

Un poète a dit :

ڤالت خويَ ڤبيل * و اليوم ازّاني

« Il fut, dit-elle, mon amant ; il ne l’est plus, aujourd’hui ».

Etymologie : du classique اجزأ (contenter, suffire) par substitution de la sifflante z à la chuintante ğ.

(س)

سَرسَر Mserser (مسَرسَر) (P.IV, v.41) : mince, étiré, fade, inélégant.[124]

يڤولوا على المراة طويلة مسرسرة اذا كانت فايتة الحدادة

On dit d’une femme qu’elle est d’une taille inélégante, lorsqu’elle est démesurément grande.

Etymologie : du classique سرسور (écheveau de laine filée et par extension fil dévidé).

ساع Essāɛ (السّاع) (P.II, v.10) : d’ici peu, bientôt, tout à l’heure.

Un poète a dit :

ما يطمع فيك غير عادم التمييز * الساع يبلّنا الّي بلّك و اعطاك

« Il faut être insensé pour solliciter ta générosité. Bientôt nous serons arrosés (à notre tour) par Celui qui t’a arrosé et comblé (de faveurs) ».

الساع يجي

Il viendra incessamment.

Etymologie : du classique ساعة (heure).

سمو Msāma (مسامى) pluriel défectif du singulier : palanquins, litières.

نساء سلافنا كانوا يسافروا بكري في المسامى

Les femmes de nos ancêtres voyageaient autrefois dans des palanquins.

Etymologie : du classique سما (être haut, s’élever).

سوغ Ensāġ (P.II, v.15 ;-P.II, v.22 ; -P.III, v.2) inacc. yensāġ (P.VI, v.2) : se soumettre, céder, capituler.

الجنون ما ينساغوا غير للطلبة الصّحاح

Les génies ne sont domptés que par les véritables talebs.

Le poète El-ḥāğ Hāled ben Ḥmed a dit (25ème  vers d’une pièce de 33 vers donnée par Qāḍī  dans son anthologie al-kanz p.115)

يا من ينساغوا لك اقنات * في الليالي بالصهر تبات...

« Ô toi qui domptes les notables, tu passes tes nuits dans l’insomnie ».

Etymologie : du classique انصاغ (être façonné).

(ش)

شبر Meššabbar (متشبّر) (P.IV, v.58) : dirigé, braqué, fixé.[125]

لابدا عينيه في جاره متشبرين

Il a, sans cesse, les yeux braqués sur son voisin.

Etymologie : du classique تشابر (s’approcher dans le combat).

 شنا Šnā (شنا) (P.II, v.26 ; PVII, v.25 ; PVII, v.33) : gloire, honneurs, réputation, vanité.

يحوّس على الشنا بالزّاف و لو يشريه بالدراهم

Il recherche beaucoup les honneurs. Ils les achèteraient à prix d’argent.

الشنا اصله من شان داروا النون في رحبة الألف

Šnā provient de šān par permutation entre le nūn et l’alif.

(cf. W. Marçais, le dialecte des Ūlād Bṛāhīm, p.87).

Etymologie : du classique شأن (rang, dignité).

شهد — Šahda (شهدة) (P.V, v.41) : gâteau, rayon de miel, anthrax, tigresse.

انثى النمر يسمّوها الشّهدة على خاطر منمّشة كالشّهدة ببيوت العسل

La tigresse[24] est appelée « Šahda » parce qu’elle présente des taches qui rappellent les alvéoles du gâteau de miel.

Etymologie : du classique شهدة (rayon de miel).

شوف — Šǟyfa (شايفة) pluriel šǟyfǟt (شايفات) (P.II, v.18) (P.III, v.13 ; P.III, v.35 ; P.IV, v.40 ; P.V, v.32) : belle, éminemment belle.

على كبره و ما زال يدوّر على الشايفات

Malgré son âge avancé, il ne cesse de rôder autour des belles.

 Le poète Sī  Ɛadda et-Taḥalläytī  a dit (42è vers d’une pièce de 59 vers donnée par Qāḍī  dans son anthologie al-kanz p.81) :

يا شايفة بكاك يوالم وابكي حلال * على الرجال عاد خبرهم مفقود

« Ô belle, tes larmes sont versées à propos. Il est légitime que tu pleures les braves dont on n’a plus de nouvelles ».

Etymologie : peut-être vient-il de شفت الدينار (polir le dinar, lui restituer son éclat) ou de تشوّف (faire sa toilette, se parer) [126]

(ص)

صطعم Ṣoṭεom (صُطعُم) (P.IV, v.68.) : surnom du vautour.

يڤولوا العرب : فلان مكراش كالصطعم

Les Arabes disent : un tel est glouton comme un vautour.

Etymologie : ce mot me semble d’origine étrangère à la langue arabe.

صعر — Eṣṣεεar (تصعّر) inacc. yeṣṣaεεar (يتصعّر) (P.IV, v.51) : être courageux, faire montre de courage, manifester sa valeur guerrière ; se prétendre courageux, faire le rodomont, le faux brave.

في الحرب يبان الجبّان من الّي يتصعّر

Au combat se distingue le poltron du brave.

Maṣεōṛ (مصعور) (P.V, v.64 ; P.V, v.67 ; P.VIII, v.4) : brave, courageux, intrépide.

Le poète Qaddūr weld Mḥammed a dit :

ما هو ذا الشي حقّك يا فارس الوجاب * ما يفوت المصعور الي حذاه طاح

« Tu ne devrais pas agir de la sorte, ô chevalier accompli. Le brave n’abandonne pas celui qui tombe à côté de lui (au combat). »

Etymologie : du classique صعّر (se renfrogner, faire mauvaise mine).

 صوغ voir in سوغ

صون — Ṣawwǟn (صوّان)(P.V, v.46) : silex, pierre à fusil, cailloux.

صفايح ڤوايم العود من اين يعّفسوا في أرض الصوّان تقرع النار

Le choc des pieds ferrés du cheval sur un sol rocailleux fait jaillir des étincelles.

Le poète Sī  Moḥammed ben el-Ɛarbi es-Seğṛāṛī a dit (4ème vers d’une pièce en يڤ) :

إذا ضربت تقرع نار الصّوّانة * واذا بڤيت نضحى بالغيظ شنيڤ

« Si je frappe, le feu jaillit du silex et si je m’arrête, la colère m’étouffe » [127].

Etymologie : du classique صوّان (silex, caillou)

Le poète Šanfarā (dans sa lāmiyya, in Ğawāhir al-‘adab, p.646) a dit :

إذا الامعز الصّوّان لاقى مناسمي * تطاير منه قادح و مفلّل

« Le sol dur et rocailleux, au choc des pieds de mon chameau, laisse échapper des étincelles et des éclairs. »

(ط)

طرمول — Ṭaṛmūl (طَرمول) (P.IV, v.62) pluriel : ṭṛāmīl (طراميل) : maître, brave, courageux.

الطرمول يغيث حبيبه و لوكان في غمرات فيهم الخوف

Le brave se porte au secours de son ami même dans aventures périlleuses.

Le poète Qaddūr weld Mḥammed a dit :

ما لي رفيڤ غير انتيَ ولد بلادي * ڤولوا لصاحبي يا ودّي طرمول

« Je n’ai point, concitoyen, d’autre compagnon que toi. Informez mon ami, je vous en prie ; c’est un brave ».

Etymologie : origine obscure. Aucune racine de l’arabe classique ne rappelle ce mot.

طرى Ṭṛā (طرَى) (P.VII, v.5) inacc. : yeṭṛā (يطرى) : survenir (malheur), arriver inopinément.

الندابات من اين يندبوا يڤولوا : ما طراني! ما طراني!

Les pleureuses disent dans leurs lamentations : mā ṭṛānī ! Mā ṭṛānī !

Le poète Qaddūr weld Mḥammed a dit (8ème avant-dernier distique d’un poème donné par Qāḍī  in al-kanz, page 96) :

مطروح تحت النظرة * شُف ماذا يطرا

« Je suis mis en surveillance, voilà mon (triste) sort ».

Etymologie : du classique طَرأ (survenir).

طمو — Eṭṭāmā (تطامى) (P.V, v.66) : s’entrechoquer, s’enfler (vagues), déborder, aller au-delà.

Le šīẖ Saīd el-Mendǟsī  a dit (22è vers d’un long poème donné par [128] Qāḍī  in al-kanz, page 32)

تحملني من منزلي الارياح الهوج * و تدير كما البحر يتطامى بامواج

« Les vents violents m’emportent de ma demeure et font comme la mer enflée par les vagues ».

Le vocable eṭṭāmā (تطامى) s’emploie, dans certaines régions de l’Oranie, au lieu de tmāṭā pour signifier : se jeter, se précipiter ; et l’on dit :

تماطى عليها كالعڤاب

Il s’est précipité sur elle comme un aigle.

Etymologie : du classique طما (déborder).

(ع)

عدم — Ɛǟdem (عادم) (P.IV, v.62 ; P.IV, v.68 ; P.V, v.26 ; P.VIII, v.31) pluriel : εǟdmīn (عادمين) : privé de, pauvre, anéanti, inutile, vain.

الصوفية يڤولوا: أمور الدنيا كُلّها عادمة إلا خدمة ربّي

Les Ṣōfīs (mystiques) disent que toutes les choses de ce monde sont vaines hormis le culte de Dieu.

Maεdūm (معدوم) (P.V, v.7) pluriel : maεdūmīn (معدومين) : inexistant, introuvable, sans égal, brave.

Le poète el-ḥǟğ el-Mnawwaṛ a dit :

معدوم ما نفعني * يمشي لقرّة عيني * باخبارها يجيني * الڤلب يتهنّا

« Aucun brave ne m’a rendu le service d’aller voir celle qui réjouit ma vue, pour m’apporter ses nouvelles et rassurer mon cœur ».

Etymologie : de la racine classique عَدِمَ (être privé de).

 عربƐarbī  (عربي) (P.V, v.48) pluriel ăεrāb (اعراب) : tribu, sujets, ressortissants du pouvoir d’un caïd, d’un chef.

يوم العسكريّة كل قايد يجيب صغار عربه لدار الحاكم

Le jour du conseil de révision, chaque caïd amène les jeunes gens de sa tribu au siège de la commune mixte.

Etymologie : du classique عُرْبٌ (Arabes) [129].

 عزرMetεazzar (متعزّر)(P.IV, v.43) : serrant le corps, seyant, élégant, impeccable.

Un poète a dit :

غزل شغله رڤيڤ و نسيجه متعزّر * جات ايام الخير نغنموا فرجة ونزاهة

« Le fil de sa poésie est fin et le tissu, d’une facture impeccable. Les jours de félicité sont arrivés. Nous connaîtrons la joie et les distractions ».

Etymologie : du classique تأزّر (ceindre) par substitution de la faucale ε à la détente vocalique forte.

عطن — Maεṭan (مَعطن) pluriel mεāṭan (معاطِن)(P.IV, v.24) : endroit où les chameaux ont passé la nuit, source, réservoir d’eau à fleur du sol, abreuvoir, pièce d’eau.

Le poète Ben Msǟyeb a dit (49ème vers (d’un poème en ون de 70 vers donné par Qāḍī dans son anthologie al-kanz, p.141) 2ème  hémistiche):

و المعاطن هذا بارد و ذا سخون

« …..et les pièces d’eau, les unes froides et les autres chaudes ».

العذّار يدي الزوايل للمعطن جوايه الظهر

Le pâtre mène les bêtes à l'abreuvoir vers midi.

Etymologie : du classique معطن (lieu où se reposent les troupeaux, près de l’abreuvoir).

عقق — El-εǟg (العاڤ) : ne s’emploie qu’au vocatif avec le sens de : Ô ami ! Il est toujours précédé de l’article (P.I, v.5).

Etymologie : ce terme caritatif vient sans doute du classique : العاق (ingrat vis-à-vis de ses parents).

عقر Ɛaqqāṛ (عقّار) (P.II, v.11 ; P.II, v.22) pluriel : εqāqīṛ (عقاقير) : drogue, ingrédient, épice, génie, démon, diable.

العقاقير هما البخور الّي يستعملوهم أهل الحكمة باش يطوّعوا الجنون وهما ثاني راس الحانوت

Ɛqāqīṛ : ce sont les drogues aromatiques dont se servent les magiciens pour dompter les génies. Ce sont aussi les ingrédients.

Le poète Sī  el-ḥäğ Hāled ben Ḥmed a dit (21ème vers d’une pièce en ار de 33 vers, donnée par Qāḍī  dans son anthologie al-kanz, p.115) : [130]

ما يدّخلوا عديان * كل كنز مع عقّار

« Les ennemis n’y auront pas accès. Chaque trésor est gardé par un génie ».

Etymologie : du classique عقّار (drogue, racine).

عفن Maεfūn (معفون)(P.IV, v.35) : dégoûtant, sale, vil, lâche.

يڤولوا مكّحلة المعفون ما هي رامي

On dit : « le fusil du lâche est d’une portée insignifiante ».

Etymologie : du classique معفون (moisi, pourri).

 علو— Ɛәlǟlī  (علالي) (P.V, v.II ; P.V, v.58) : hauteurs, éminence, chambre haute, maison haute.

راني نسكن في العلالي- راه حاطّ في العلالي

J’habite une chambre haute.- Il s’est installé sur les hauteurs.

Etymologie : du classique علا (s’élever).

(غ)

غرر — Ġaṛṛār (غرّار) (P.II, v.28) : trompeur, étoile qui se lève avant l’aube, Procyon (Cf. « Mots usuels de la langue arabe », par Eidenschenk et Solal, Alger, 1897, p.159, en note), Vénus.

Etymologie : du classique غرّار (trompeur).

 غلغل— Ġalġāl (غلغال) (Page 93, note 39) : 1) adj. : perçant, pénétrant, perforant ; 2) subst. : forte chaleur.

يڤولوا راه الغلغال من اين يكون الحمّان بالزّاف على خاطر الحرّ كيف يكون قوي يوصل للعظم

On dit : « ṛāh el-ġalġāl » (il fait une chaleur brûlante) lorsqu’il fait excessivement chaud, parce que la chaleur, quand elle est très forte, pénètre jusqu’à l’os.

Etymologie : de la racine classique غلغل (pénétrer).

غمر — Ġamṛa (غمرة) pluriel : ġamṛāt (غمرات)(P.VIII, v.39) : danger, malheur, aventure périlleuse, situation difficile.

Un poète a dit : [131]

هذا اليتيم تلحڤه غمرات كبار

« Cet orphelin connaîtra de grands malheurs ».

هذا الغمرة فاتت جميع الغمرات تشيّب راس الّي يشير شباب

Ce malheur dépasse tous les autres ; il fait blanchir les cheveux du jeune adolescent.

Etymologie : du classique غمرة (adversité, malheur).

غوى — Ġayy (غيّ) (P.VIII, v.5) : égarement, résistance, coquetterie.

العشّاق يڤولوا: كيّ الجمرة و لا غيّ المراة

Les amoureux disent : « La brûlure de la braise, plutôt que les rigueurs de la femme ».

Le poète Moṣṭfa ben Brāhīm a dit :

بالغيّ سكارى * لهواهم شبا عقلي

« …Grisées par la coquetterie ; ma pensée a volé vers elles ».

Etymologie : du classique غَوَى (s’égarer).

غوى — Ġeywǟn (غيوان) (P.IV, v.25) : idée, pensée, esprit, imagination, symbole, muse ; poésie, chant.

بحر غيواني راه فايض من شوق البلاد

La nostalgie a fait déborder (la mer de) mon imagination.

غيوان الشاعر

La muse du poète, son inspiratrice.

Le poète Moṣṭfa ben Brāhīm a dit (17ème vers d’un poème de 45 vers, donné par Qāḍī  in al-kanz, p.211) :

تڤاصر و الغيوان * و فرايح عڤب اللّيل

« …Les joyeuses veillées et le chant, et les réjouissances au déclin de la nuit ».

Etymologie : du classique غيّان (qui se livre à ses passions).

غيي — Ġāya (غاية)(P.I, v.20) : fin, objet, but, terme, extrême, cher.

Ġāytī  (غايتي) : mon meilleur (ami), mon (ami) intime.

Un poète a dit :

كثرت الامحان و الاحوال * راني يا غايتي نودّي

« …Mes tourments et mes malheurs sont devenus nombreux. J’acquitte, cher ami, le prix (des jours de joie que j’ai connus) ».[132]

الشعراء يڤولوا يا غايتي و المعنى يا حبيبي

Les poètes emploient l’expression « ya ġāytī  » avec le sens de « Ô mon cher ami ».

Etymologie : du classique غاية (fin extrême).

(ف)

فلس Felles (فلّس) (P.II, v.22 ; P.VIII, v.3) : déclarer quelqu’un en état de faillite (cadi), ruiner quelqu’un. Au sens figuré : débaucher quelqu’un, le dépraver, lui égarer l’esprit par des amulettes, par la magie, le corrompre.

يا ولدي ما تتمشَّى شي مع ولد جارنا راه يفلّسك

Mon fils, ne fréquente pas le fils de notre voisin, il te débauchera.

Etymologie : du classique فلّس (réduire quelqu’un à l’indigence).

فهر — Tfahhar (تفهّر)(P.IV, v.15) : s’étonner, s’émerveiller, être stupéfait, être ahuri.

Le poète el-ḥǟğ Hāled ben Ḥmed a dit (58ème vers d’une pièce rimant en ها de 102 vers, cf. Qāḍī  in al-kanz, p.126) :

ذاك يجاوب ذا الڤلب منهم يتفهّر * و تخبّل العقل امّ الاحسن بلغاها

« …L’un répond à l’autre. Le cœur en est émerveillé. Le rossignol trouble l’esprit par son chant ».

Etymologie : de la racine classique فهر (être essoufflé, haletant, perdre le souffle).

(ڤو (ق)

ڤرب Gǟreb(ڤارب) (P.II, v.4 ; P.VI, v.24) pluriel : gwǟreb (ڤوارب) : navire, bâtiment, grande barque, embarcation à voiles, bâtiment de charge et de transport, gabare.

المهري يسمّوه اصحاب الصحراء ڤارب البرّ

Le méhari est appelé par les gens du Sahara : « le vaisseau du continent ».

Un poète a dit (vers cité par Abderrahman Mohammed, in Lectures choisies, 3ème période, 3ème édition, Alger, 1932, page 53) : [133]

ساعة ولّت توتزن في رجح كفاف * من برّ لبرّ في الڤوارب تتحوّل

« Mais voici qu’actuellement (l’alfa) est pesé dans les balances et transporté, d’un pays à l’autre, dans des gabares ».

Etymologie : du classique قارب (barque) qui par métathèse a donné l’italien gabara (gabare en français et gabarra en espagnol).

قسم — Qsem (قسم)(P.IV, v.26) inacc. (يقسَم) yeqsem : diviser, partager ; (قسم الوقت) qsem el-waqt : compter les heures.

نقسم ليلي بالساعة * حارم نومي ضايق وسعي

« Je compte, une à une, les heures de ma nuit, en proie à « l’insomnie et en mauvaise humeur » (anonyme).

العسكري يقسم الايّام الّي تبقى له باش يرجع لبلاده

Le soldat compte les heures des jours qu’il lui reste pour sa libération.

Etymologie : du classique قسم (partager).

قصص Mqaṣṣ (مقصّ) (P.IV, v.59) pluriel : mqāṣṣ (مقاصّ) : paire de ciseaux, boulet, obus.

كورة المدفع يسمّوها المقصّ على خاطر تڤطع كل ما يجي في طريڤها كالمقصّ

Etymologie : du classique مِقصّ (ciseaux).

ڤطر Gaṭṛ (ڤَطر) (P.V, v.62) : devant, voisinage, approche, présence, chemin.

وخّر من ڤطري

Retire-toi de ma présence.

الواد الحامل يدّي كل ما كان في ڤطره

La rivière en crue emporte tout sur son passage.

Etymologie : du classique قُطْرٌ (côté, région).

ڤعد — Gεīd (ڤعيد) (P.VIII, v.3) : affût, guet, embuscade, piège.

ما يدير الڤعيد غير الّي ما عنده رجلة باش يلقى عدوه

Ne se met à l’affût que celui qui manque de courage pour affronter son ennemi.

Etymologie : du classique قَعد (s’asseoir).

قلع — Ăqlāε (اقلاع) pluriel ăqlāεāt (اقلاعات) (P.VIII, v.9) :[134] voile de navire, toile, étoffe, vêtement.

يڤولوا للواحد من اين يبغوا يطرّدوه: دِر اقلاعك

Quand on veut chasser quelqu’un on lui dit : « dīr ăqlāεäk! » (mets tes voiles, décampe !).

Moṣṭfa ben Brāhīm a dit :

مسافر قرصانك * باقلاعات يشالوا

« Tu navigues à bord de ton corsaire aux flottantes voiles ».

Etymologie: du classique قِلْعٌ pl. قِلاع (voile).

ڤلع — Glīεa (ڤليعة) (P.VII, v.19) pluriel : glǟyeε (ڤلايع): butin, proie, capture ; mets fait de farine d’orge grillée arrosée d’eau.

الڤليعة هي الحاجة الّي يدّوها للعدوّ في وقت الحرب

Glīεa : c’est ce qu’on prend à l’ennemi en temps de guerre.

في ساعة الخلفاء رايس الجيش كان يدّي الخمس من الڤلايع

Sous les califes, le chef des troupes prélevait le 1/5 du butin.

Etymologie : du classique قَلَع (arracher quelque chose de sa place).

ڤمر — Gmīr (ڤمير) : limite, enceinte infranchissable, haie qui entoure une demeure, femme, honneur.

ما حق شي عليك تكسر الحرم على ڤمير جارك

Tu ne devrais pas manquer de respect à la femme de ton voisin.

Etymologie : du classique قَميرٌ (partenaire) ou de قَمَر آمْرأة (épouser une femme).

قنجر — Qonğāṛ (قُنجار) (P.VII, v.29) pluriel : qnāğoṛ (قناجر) : société, conseil, cercle, ménage, projet.

يڤولوا تفركت قنجار العديان

On dit : « Le cercle des ennemis s’est disloqué ».

القنجار الّي يحضر فيه الفاسق ما يسجى شي

Le projet fait en présence d’un impie ne se réalise pas.

Etymologie : origine obscure.

 (ل)

لَبَى — Lǟbā (لابى) (P.II, v.34) verbe défectif des autres temps: [135] s’abstenir de, refuser.

لغيت له و لابى يجي

Je l’ai appelé mais il a refusé de venir.

Un poète[25] a dit :

طال هذا الليل لابى يلوح فجره * ضاق صبري و عيوني نومها مشرّد

« Cette nuit a duré et son aube n’a pas voulu apparaître. Ma patience est à bout et le sommeil a déserté mes yeux ».

Etymologie : du classique أبى (refuser) par évanouissement de la détente vocalique forte et addition de la particule négative لا pour sauvegarder la trilittérarité.

لذى — Lǟḏa (لاذى) inacc.  īlǟḏī  (يلاذي) (P.II, v.20) : ressembler, valoir, avoir les mêmes mérites que quelqu’un ; surpasser, être supérieur.

Un poète a dit :

ڤال لها باش تلاذيني * يا جاهلة العين

« En quoi me surpasses-tu, ô belle à l’œil provocant ».

(īlǟdī  forme citadine de  īlǟḏī)

يڤولوا فلان ما كان شي الداه

On dit : « un tel est hors pair ».

Le poète Qaddūr weld Mḥammed Beššīẖ a dit (19ème vers d’une pièce de 52 vers donnée par Qāḍī  in al-kanz, p.135) :

هو سجيع و الّي معه غير الناجم * لاغى الشادلي حدّ ما يكون الداه

« C’est un brave n’ayant à ses côtés que des gens puissants. L’agha Šǟdlī  est sans pareil ».

Le poète Aḥmed al-Hannūs a dit (9ème vers d’un poème de 36 vers, in Qāḍī, al-kanz, p.188) :

محال ما نظنّ الريح يلاديك * فتّ الهبوب و احمايم تتربّى

« Il m’est impossible de supposer que le vent l’emporte sur toi. Tu as battu la vitesse de la brise et des pigeons voyageurs ».

Le poète Ben el-Ḥaṛṛāṯ a dit (69ème vers d’une pièce en ور de 113 vers donnée par Qāḍī  in al-kanz, p.217) :

عمري ما شفت الإنسان طير و طاير * و بلا جنحة يتلادى امع الطيور

« Je n’ai jamais vu l’homme, semblable à l’oiseau, voler sans ailes [136] et rivaliser avec les volatiles ».

Un autre poète a dit :

ننظر في زينك صبت ما يلاذيه زين * ازليّة و الملوك صنعوك

« J’admire ta beauté à laquelle je ne trouve point de pareille ; tu es une créature céleste que les anges ont façonnée ».

Etymologie : du classique لدا (être né en même temps que plusieurs autres).

(م)

مان — Mǟna (مانة) (P.IV, v.49) pluriel mǟnǟt (مانات) : dépôt, trésor.

بالزاف المغاربة الي يجوا من بلادهم باش يجبدوا المانات من الارض يصيبوا موضعهم بالعزيمة

Beaucoup de Marocains viennent de leur pays pour déterrer des trésors qu’ils décèlent, croit-on, grâce à des procédés magiques.

Etymologie : du classique أمانة (dépôt) par aphérèse de la détente vocalique forte.

محلىMetmaḥlī  (متمحلي) (P.V, v.5) : qui fait le doux, coquet.

Etymologie : participe actif de la IIème forme du verbe quadrilatère تمحلى obtenu avec l’expression exclamative :!ما احلى (qu’il est doux !).

مزج — Mażżōğ (مَزّوج) (P.VI, v.41) : gâteau de miel, miel naturel, miel que certaines abeilles déposent dans les creux des pierres, et par extension les abeilles elles-mêmes.

Un poète a dit :

المسك خرج من ريقها صافي يمجّ * شهد باهج مزّوج من الكيفان

« Le musc s’exhala de sa salive limpide qui perlait. (On dirait) du miel pur et clair, du miel de rocher (extrait) des hauteurs escarpées ».

بعض الناس يڤولوا بالّي المزّوج هو عسل النحلة العمياء

Certaines personnes prétendent que le « mazzōğ » est le miel de l’abeille aveugle.

Etymologie : du classique مِزجٌ (miel).

مسى — Memsiyya (ممسيّة) (P.II, v.12) pluriel (externe) : dernier [137] refuge, cimetière.

ابن آدم و لو تطول عمره كسيدنا نوح لا بُدّ واحد النهار يضيف الممسيّة

L’être humain, vivrait-il aussi longtemps qu’a vécu notre Seigneur Noé, sera inévitablement, un jour, l’hôte du cimetière.

Etymologie : du classique أمسى (se trouver au soir).

(ن)

 نبا Nbǟ (نبا) (P.V, v.53): répondre.

Nǟbā (نابا) inacc.  īnǟbī  (ينابي) : répondre, écouter (P.V, v.53).

Le poète Sī  Ṭāhar ben Ḥawwa a dit (6ème vers d’une pièce en يك de 37 vers, donnée par Qāḍī  dans son anthologie al-kanz, p.61) :

تنقلب من بعد الحرمة الوجه يصفار * الجماعة تبطل ما كان من ينابيك

« Elle (la fortune) fait volte-face. Après les honneurs, ton prestige pâlira, tu n’auras plus de société et personne ne (daignera) te répondre ».

Etymologie : du classique أنبأ (informer).

نبل — Nebbel (نبّل) (P.V, v.43) : abattre avec ses flèches, percer ; accabler de traits satiriques.

لو كان تنبّلوه ما يسكت شي

Même si vous le transpercez de flèches, il ne se taira pas.

Nebbel eššǟbīr (نبّل الشابير) : appliquer l’éperon sur, éperonner ; se hâter.

نبّل شابيرك باش ترجع قبل ما يطيح الليل

Hâte-toi afin de rentrer avant la tombée de la nuit.

Etymologie : du classique نبّل (lancer des flèches à quelqu’un).

نرڤ — Nǟreg (نارڤ) (P.VI, v.6, v.9 ; P.VIII, v.16) : front, face, visage.

Un poète a dit :

نارڤها ضاوي على مصباح الليل * من الّي شفتها راه ڤلبي متهوّل

« Son front est plus éclatant que le flambeau de la nuit. Depuis que je l’ai vue, mon cœur est en émoi ».

Etymologie : M. Bel (dans la Djazya, chanson arabe) rattache ce [138] mot à نارج (donné par Dozy dans ses suppléments aux dictionnaires arabes) par permutation du gaf avec le jīm et traduit zīnt en-näreg (زينة النارڤ) par belle charmeuse. Je signalerais le vocable classique مارج (feu sans fumée) qui pourrait avoir contribué à la formation de (نارڤ -nǟreg) par la double substitution de la consonne g à la chuintante ğ et de la nasale n à la labiale m[26].

 نفض — Nafḍ (نفض) et nfāḍ (نفاض) (P.IV, v.52) : canon.

هذا الرعاد راه يتڤرّع كي كورة النفاض

Ce tonnerre éclate comme un boulet à canon.

Le poète sīd el-Ɛrūsī  a dit (12ème vers d’un poème dont un fragment est donné par Qāḍī  dans son anthologie al-kanz, p.20) :

يتمغّط لن تڤول ذا ما هوش احصان * و يتطرطڤ كيف كورة النفض الطّرطيڤ

« Il s’élance avec une force telle que tu dis : « Ce n’est pas un « cheval ». Il fait autant de bruit que le boulet à canon ».

Etymologie : du classique نفض (secouer, agiter)[27].

نكب — Ӗstenkeb (استنكب) (P.VII, v.13) : se détourner d’un chemin, éviter la rencontre de quelqu’un, se soustraire à sa vue.

صاحبك الّي سلّفت له الدراهم راه من اين ما يشوفك جاي يستنكب

Ton ami à qui tu as prêté de l’argent, chaque fois qu’il te voit venir, il évite ta rencontre.

كيفاش تستنكب من حكم ربّي يا المغرور

« Comment pourras-tu te soustraire aux décrets divins, ô égaré ! ».

Etymologie : du classique نَكِبَ (dévier, s’écarter du chemin).

نكر — Nākr enndā (ناكر الندى ) (P.IV, v.8) : ennemi de l’humidité, hydrophobe, fleur d’amandier, papier.

ناكر الندى هو الكاغط على خاطر ما يحمل شي الندى و هو ثاني نوار اللوز تحتته النوء

Nākr enndā : c’est le papier parce qu’il ne supporte pas l’humidité. Ce sont aussi les fleurs d’amandier que la pluie fait tomber.

Etymologie : des mots classiques ناكر et ندى

نهل — Ӗnhaḷḷā (انهَلاّ) (P.VI, v.31) inacc. Yenhaḷḷā (ينهلاّ) et enthaḷḷā (انتهلاّ) inacc. Yenthaḷḷā (ينتهلاَّ) : entourer de soins, [139] s’occuper de, porter son attention sur ; être prudent, se garder de, veiller sur.

Un poète a dit :

انهلاّ نوصيك و احرز الوصاية * اذا ادركك غيظ زارك من حبيب

« Sois attentif à la recommandation que je vais te faire et prends en soin : « si un chagrin t’affecte, c’est un ami qui en est la cause » ».

انتهلاَّ في ولد بلادك راك تصيبه

Prends soin de ton compatriote. Il te sera utile.

Etymologie : de l’expression classique انتهى إلى ou de cette autre     أنت أهلٌ ألاّ (tu es homme à ne pas…).

(ه)

هجن — häğnī (هَجني) (P.V, v.68) pluriel hğǟna (هجانى) : chamelier, mulâtre, personne issue d’un père arabe et d’une négresse.

Un poète a dit :

رڤدت الهجانى و الصامت و الذنايبي * و الرقيب و مكاره وزرا

روبة الغزيزات الزهرا

« Le sommeil gagna les chameliers, le bétail et le chien, le mari et les puissants adversaires. La reine des jouvencelles est Zohṛa ».

الهجني كبوشعرة يڤول للاحرار انتما اعمامي و للعبيد انتما اخوالي

Le mulâtre est comme la chauve-souris : il dit aux blancs vous êtes mes oncles paternels et aux noirs vous êtes mes oncles maternels.

Etymologie : du classique هجان (excellentes chamelles).

الواهب المائة الهجان و عبدها * عوذا تُزَجّى بينها اطفالها

« …Faisant don de cent excellentes chamelles avec leur conducteur, chamelles aux jeunes petits qu’on mène à leur suite » (vers cité par Sibawayh p.94, t.1, Boulaq, 1316 de l’H.).

هرب  — Hǟreb (هارب) (P.II, v.29 ; P.IV, v.35 ; P.VI, v.25) pluriel externe : fugitif, fuyard ; gazelle.

هذا المهرة صفة الهارب

Cette pouliche ressemble à une gazelle.[140]

Etymologie : du classique هارب (fuyard).

(و)

وثرن — Waṯṛan (وثرن) (P.III, v.3) et waṯṛant (وثرنت) : c'est-à-dire que, en vérité, en réalité, au fond, c’est vrai que.

وثرنتك كنت مغدور– وثرن عندك الحقّ

C’est donc que j’étais trahi – En vérité tu as raison.

Un poète a dit :

نحساب الدنيا الفانية عليّ تدوم * وثرنها غَدّارة و لا تخلّي لحباب

« Je m’imaginais que cette vie éphémère serait sans terme pour moi, alors qu’en réalité, elle est inconstante et ne laisse point d’amis ».

Etymologie : peut-être vient-il de l’expression classique و ترى أن (et tu constates que) (Cf. W. Marçais, Le dialecte arabe parlé à Tlemcen, Paris, 1902, p.186).

وثق — Wṯīqa (وثيقة) (P.IV, v.46 ; P.VIII, v.18) pluriel wṯǟyaq (وثايق) : acte, pièce, titre, contrat, signe de reconnaissance, mot d’ordre, preuve, mot de passe, gage.

الوثيقة هي الحاجة (خاتم ولا محّرمة) الّي تعطيها المراة لحبيبها باش يتعارفوا في الموعد و يسمّوها ثاني المارة

Wṯīqa: c’est l’objet (bague ou mouchoir) que la femme remet à son amant pour faciliter la reconnaissance au rendez-vous. On l’appelle aussi « māra ».

اش هي وثيقتك على ما تقول؟– السبحة

Quelle preuve as-tu pour étayer ce que tu avances ?- Le chapelet.

Un poète a dit :

الاّ مشى لوكره زيفط الخيل * جابوا وثيقته في الحين غنمته

« Dès qu’il s’est rendu chez lui, je lui ai dépêché des cavaliers. Ils m’apportèrent son gage et je l’eus aussitôt ».

Etymologie : du classique وثيقة (engagement, billet) 

واك — Wǟk (واك) (P.II, v.15 ; P.V, v.2 ; P.V, v.5 ; P.V, v.20) : n’est-ce pas que… ? Tu sais bien que… ; C’est bien… [141]

واك انت الّي لغيت لي

C’est bien toi qui m’as appelé ?

التلمسانيين يقولوا اياك في موضع واك

Les Tlemcéniens disent « ăyyǟk » au lieu de « wǟk ».

Etymologie : du classique إيّاك (attention !).

وكوك — Wekwǟk (وكواك), pluriel wkǟwek (PV, v.15) (P.VI, v.19) : discussion orageuse, tumulte, cris de guerre, alarme.

Le poète Aḥmed ben Ḥṣīnī  a dit (15ème vers d’une pièce en اك de 84 vers citée par Qāḍī  in al-kanz, p.200) :

واين ذياب سجيع متمحلي و فطين * دبّاب نجوع خايفة يوم الوكواك

« Où est donc le courageux Ḏyǟb, chevaleresque et intelligent, l’entraîneur des hommes effrayés, le jour de l’alarme ».

On dit aussi « twäkwīk » (توكويك)

ما كان شي الوعدة الّي ما وقع فيها توكويك

Il n’est pas de fête patronale où n’ait surgi une discussion orageuse.

Etymologie : de l’interjection classique : ! إيّاك ! إيّاك (gare! gare!). [142]

 

Index des noms propres (cités par Bengennūn)

أ

      Page                                                     Ligne 

 إبن عمر- Benεmar...................... 61...........................   30

إبن المتاومة – Ĕbn el-Mṯǟwma............ 94................................... 63............................................  

(مولاي)إسماعيل – (Mulǟy) Ĕsmǟεīl... 107................................... 25

ب

بساكرة – Bsǟkra.................................... 76................................... 19

البشيرEl-Bäšīr................................. 54................................... 20

بوڤصريةBūgaṣrīyya...................... 107................................... 18

البنيانEl-Benyǟn............................. 76................................... 18

البنيانEl-Benyǟn............................. 77................................... 21

البنيانEl-Benyǟn........................... 108................................... 33

البنيانEl-Benyǟn........................... 108................................... 39

ج

- الجازية El-Ğǟzya................................. 92................................... 35

الاجواد – Leğwǟd............................................ 60.............................................. 16

الاجواد – Leğwǟd............................... 108................................... 40

ح

الحبيب – El-Ḥbīb............................................ 79.............................................. 73

الحجاز – El-Ḥğǟz............................................ 91.............................................. 22

 أحمد(الهلالي) – Aḥmed (el-Hlǟlī)....... 93.............................................. 53

(سي)محمد(ديدي) – Mūḥammed (Dīdī) 106.............................................. 1

حَمّادي - Ḥammǟdī...................................... 108.............................................. 39

خ

خيرة – Heyra..................................................... 69.............................................. 36

خيرة – Heyra.................................................. 108.............................................. 39

د

الادهم – Ledham............................................. 54.............................................. 20

ديدي – Dīdī..................................................... 109.............................................. 46

ذ

ذياب – Ḏyǟb...................................................... 94.............................................. 63

ذياب – Ḏyǟb...................................................... 94.............................................. 65

ذياب – Ḏyǟb................................................... 118.............................................. 12

ذياب – Ḏyǟb................................................... 119.............................................. 33

ر

رداح - Ĕrdǟḥ........................................ 92................................... 38

رداح - Ĕrdǟḥ..................................................... 94.............................................. 55

رداح - Ĕrdǟḥ..................................................... 94.............................................. 66

ز

زينب – Zīneb....................................... 53................................... 11[143]

س

سويد – Swīd......................................... 92................................... 35

مسعود – Mesεūd.................................. 94................................... 67

ص

 الصادق- eṣ-Ṣādäq............................ 108................................... 39

صافي الجبين – Ṣāfī –leğbīn................. 94................................... 63

ع

العبيد – El-Ɛbīd.................................. 118................................... 15

عدّة – Ɛadda......................................... 54................................... 16

عدّة – Ɛadda...................................... 108................................... 39

معسكر – Mεaṣkar............................... 77................................... 39

عواليƐwǟlī...................................... 92................................... 33

 

غ

الغرّار – El-ġarrār................................. 60................................... 23

غزالةĠzǟlā..................................... 118................................... 15

ف

فاطمة – Fāṭma....................................... 61................................... 30

فاطمة – Fāṭma..................................... 106..................................... 5

ق و ڤ

ڤبلة – Gebla.......................................... 54................................... 22

قدّور – Qaddūr................................... 108................................... 39

(مجنون ليلى) قيس – Qays (Meğnūn Leylā) 77.................................. 33

ك

(سيدي الاخضر) الاكحل – Lekḥal (Sīdī  Laẖḍaṛ) 53.............................. 8

(سيدي الاخضر) الاكحل – Lekḥal (Sīdī  Laẖḍaṛ) 67.............................. 8

كورة – Kūra (Ɛәlī )............................... 92................................... 35

ه

 -  هاشمHǟšem...................................... 92................................... 35

هلال – Hlǟl.................................. 67............................. 8

هلال – Hlǟl.................................. 93........................... 44

هلال – Hlǟl.................................. 94........................... 64

الهلالي – El-Hlǟlī  (Aḥmed)............. 90........................... 10

و

وجدة – Weğda.............................. 54........................... 22[144]

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Arrêté d’attribution du prix à Ahmed Tahar

 

  Lettre de candidature accompagnant l’envoi des exemplaires

NOTES

[1] Actuellement appelé Sidi Ali. Mais Sīdī Laẖḍaṛ Beẖẖlūf est enterré à environ 10 km de là, au village qui porte son nom (note de l’éditeur).

[2] Aujourd’hui Sfisef.

[3] Voir note 48.

[4] Il s’agirait du poète Ɛadda Belbašīr de la tribu des Hachem de Mascara, 18è/19è. Installé à Cristel, près d’Oran (note de l’éditeur).

[5] Il faudrait plutôt lire ici « Blād el-ǧīr » (la ville de la chaux) qui est un surnom, chez les poètes, de la ville d’Alger dont la signification se retrouve dans la dénomination moderne  « Alger la blanche » (note de l’éditeur).

[6] Cet hémistiche ne doit pas être comptabilisé comme un vers à part entière. Il constitue en réalité le 3è hémistiche du vers initial, et, est conçu, dans cette forme de qacida, comme un redoublement rythmique et rimique du 2è hémistiche.

[7] Voir  supra note 5.

[8] و في أغلب الروايات: العود(الناشر)

[9] En fait, il s’agit, dans toutes les versions connues, du cheval et non du fils, ce qui est moralement plus acceptable. D’ailleurs, dans la transcription phonétique de ce texte et comme variante, Tahar a bien cheval.

[10] Ici, normalement, débute un fṛâš (vers 46 à 49). Et, par conséquent, le vers 45 n’est donc pas incomplet car cet hémistiche isolé constitue la  « teriǟša » (hémistiche isolé placé en fin de strophe pour annoncer la strophe suivante) qui introduit le fṛāš  manquant (voir la transcription et la traduction) (note de l’éditeur).

[11] L’emplacement de l’accent  rythmique n’a pas été signalé par l’auteur dans ce texte.

[12] Le texte arabe exige : sǟkna.

[13] Voir note 3 page 54.

[14] Voir note 3.

[15]  الصواب: نارڤ الومّان(الناشر).

[16] Remplacer par : wŭmmä̂n (voir note 6).

[17] Remplacer ici grenade par : étoile du matin (voir note 6).

[18] Contrairement à ce qu’affirme ici Ahmed Tahar, ce texte n’est pas de Bengennûn. Il est le plus souvent attribué à un poète postérieur appelé El-Qâïd Bouẖorṣ, mais même cette attribution reste sujette à caution, certains cheikhs soutenant que la Saadia chantée ici et celle que chante El-Qâïd Bouẖors sont deux personnages différents (voir notre « Chants bédouins de l’Oranie » (Enag, 2006), pp.255-258. (note de l’éditeur).

[19] Plutôt : meule de foin.

[20] Plutôt : Abū Ɛoṯmǟn Səɛīd L-Mendǟsī.

[21] Voir note 1, page 53 (note de l’éditeur).

[22] Le poète Ṭahar ben Ḥawwa est connu pour être originaire des Ouled Sīdī Būzīd de la région de Relizane (note de l’éditeur).

[23]  الصواب: الڤشايرية (les janissaires) (الناشر).

[24] Il s’agirait plutôt de la panthère tachetée connue en Afrique du Nord (note de l’éditeur).

[25] El-Mendǟsī selon toute probabilité (note de l’éditeur).

[26] En fait, nǟreg (نارڤ) est tout simplement obtenu par métathèse de رونق auquel il emprunte le même sens d’éclat, de splendeur, de beauté (note de l’éditeur).

[27] Il faudrait, à notre avis, chercher plutôt du côté de نفط et نفّاط : sorte de brûlot, de machine de guerre à l’aide de laquelle on lance la naphte ardent (Kazimirski) (note de l’éditeur).