Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

 « Pour nous, militants syndicalistes, le combat ne fait que commencer. La révolution armée se termine, la révolution sociale commence ! Qu’est-ce que la révolution sociale ? La révolution sociale c’est le véritable objectif du Peuple algérien ! C'est ce pourquoi tous les fils d’Algérie se sont levés contre le colonialisme français ! La révolution sociale c'est le combat pour la liberté dans son pays : la liberté de réunion, la liberté d’expression, la liberté de gagner son pain, et de le manger en paix. Et ce combat, il commence aujourd'hui ! Nous n’avons rien, nous voulons tout !... » (Abdaoui, lors du meeting de l’USTA à Longwy, le 1er mai 1962)

 Introduction : l’indépendance vue par des indépendantistes

Comment s’est opérée la transition vers l’indépendance pour les membres du MNA dont la figure tutélaire était Messali Hadj ? Profondément marquée par la répression coloniale, sa rivalité violente avec le FLN et la défection de nombreux cadres entre 1954 et 1962, l’organisation messaliste va toutefois opérer une double mutation, à savoir : l’abandon de la violence politique comme moyen d’action et le passage de la revendication indépendantiste à celle de la démocratie. La période étudiée qui s’étend du cessez-le-feu à la proclamation de l’indépendance (Stora, 2004, 277-281) se caractérisait, pour les messalistes, moins par l’échec d’une prophétie (à savoir l’accession de l’Algérie à l’indépendance) que par la disqualification de Messali en tant que prophète (Lacouture, 1974) de ce combat. Par ailleurs, cette disqualification, loin d’être unanime, permet de nous pencher sur les possibilités de remise en cause du charisme messalien qui se caractérise par sa mixité en étant à la fois indirect (Dobry, 1986, 233) et direct (Weber, 1995, 320-325), en fonction des contextes et des fractions de sa base charismatique. Dans cet article, nous étudierons, dans un premier temps, la réorientation de la propagande messaliste et la résurgence du PPA. Dans un second temps, nous analyserons le démantèlement de l’organisation et les dissensions à son sommet. Sur le plan des sources, la présente étude s’appuie essentiellement sur des documents produits par le MNA (tracts, journaux, correspondance, rapports, etc.), consultés dans les archives de Messali.

La réussite d’une prophétie : l’avènement de l’indépendance algérienne

La réconciliation avec le FLN et la lutte contre l’OAS

Lors d’une réunion du Bureau politique du MNA[1], Messali rappela son action en vue de l’union et de la réconciliation des nationalistes algériens, notamment par son appel contre les luttes fratricides[2]. Moulay Merbah abonda dans son sens et proposa d’écrire au FLN avec des propositions concrètes, tandis que Mohammed Mamchaoui affirma avoir toujours été favorable au rapprochement des indépendantistes. Cette volonté d’union s’était auparavant exprimée dans un tract[3] qui saluait le cessez-le-feu. Il y était proposé de prendre contact avec le FLN pour une action commune, en évitant de « parler de tout ce qui divise »[4] comme les « concessions à propos des accords franco-FLN », tout en rappelant la position exprimée par le MNA, le 6 juin 1961. À cette date, la direction messaliste exprima par un communiqué (Joxe, 1961) son refus de poursuivre les discussions parallèles avec le Gouvernement français, afin de ne pas « porter atteinte à la dignité du MNA et aux intérêts supérieurs du peuple algérien », et préféra suivre avec vigilance l’évolution de la Conférence d’Évian. Le parti, en rappelant son attachement aux principes de l’autodétermination, a refusé de reconnaître les « accords politiques franco-FLN »[5]. Pour Messali, c’était surtout « une belle affaire pour le capitalisme français »[6]. Selon l’Union syndicale des travailleurs algériens (USTA), ces accords « portent atteinte aux intérêts de la classe ouvrière algérienne et compromettent l'application de la réforme agraire »[7]. À l’occasion d’une conférence d’information réunissant les cadres messalistes, le 22 avril 1962, le mot d’ordre « union et réconciliation des nationalistes algériens »[8] avait été rappelé. C’est encore cette volonté de réconciliation entre Algériens qui avait été défendue par l’USTA[9]. Certains titres de presse relayèrent dans leurs colonnes cette orientation qui tranchait avec un passé aussi récent que conflictuel : « Messali Hadj tend la main au FLN » (La Révolution prolétarienne, mai 1962) ou encore « Le MNA lance un nouvel appel au FLN en faveur de la réconciliation » (Oran Républicain, 3-4 juin 1962).

Plusieurs éléments permettent de comprendre cette mise à l’agenda, dans la continuité des appels de 1957 ou de 1959[10]. Un correspondant de Messali au Caire indiqua avoir été en contact téléphonique avec Mohammed Khider et Ahmed Ben Bella qui, d’après Jean Rous, était favorable à un rapprochement. À Piennes, 200 militants FLN proposèrent aux messalistes un front uni autour de Ben Bella, en reconnaissant le rôle pionnier de Messali[11]. À la prison de Fresnes, Mohammed Zerouali était en contact avec Mohammed Boudiaf[12]. La récente exclusion de dirigeants favorables au dialogue avec le Gouvernement français et hostiles au rapprochement avec le FLN, dont certains rejoignirent le FAAD (Faivre, 1998), offrait une nouvelle marge de manœuvre à la direction messaliste. Par ailleurs, les violences commises par l’OAS étaient perçues comme une menace contre l’accession de l’Algérie à l’indépendance. Les militants du MNA étaient ainsi appelés à faire bloc pour « barrer la route au fascisme »[13], tout comme leur représentation algéroise[14]. Si les messalistes espéraient réaliser l’union avec le FLN contre l’OAS, ils durent à plusieurs reprises rejeter les accusations de collusion avec les partisans de l’Algérie française (Dard, 2005, 193-194), notamment pour leurs maquis du Sud[15] dont certains échappaient à leur contrôle[16]. Selon le MNA, cette campagne de dénigrement avait pour but de « provoquer la répression contre ses militants »[17] ou encore « de dresser les Algériens les uns contre les autres »[18]. Le parti messaliste rappela également qu'il était toujours resté fidèle à la démocratie depuis l’ENA[19]. C’est par un retour à l’histoire du mouvement indépendantiste que le leader démonta ce qu'il qualifiait de « comble » : « Quand en 1936, nous avions lutté contre le projet Blum-Viollette, tous les adversaires de l’Étoile Nord-Africaine nous ont accusé d’être de connivence avec la grosse colonisation dirigée par Froger »[20]. L’urgence pour Messali devenait la « liquidation de l’OAS »[21], d’autant plus que cette organisation avait déjà assassiné 26 de ses militants à Alger[22]. Par ailleurs, quoique inexistant en Algérie, le Front algérien d’action démocratique (FAAD) avait pris des contacts avec l’OAS au nom du MNA, ce qui peut permettre de comprendre pour partie les accusations visant les messalistes. C’est par l’intermédiaire de cette organisation « fantomatique » (Melnik, 1996, 186) que l’arrestation du général Salan a pu être réalisée. Cette collusion FAAD-OAS s’est notamment illustrée avec l’attentat du 28 février 1962 à Oran (Benaboura, 2005, 199). Dans la Casbah, des inscriptions murales menaçaient les messalistes assimilés à l’OAS[23]. La direction messaliste, visiblement affectée par cette stigmatisation persistante, redoubla d’efforts pour se démarquer des ultras. La presse relata les slogans hostiles à l’OAS repris par les militants de l’USTA (Nord-Matin, 2 mai 1962) à l’occasion des traditionnels rassemblements du 1er mai dans l’émigration. Messali riposta également en écrivant au directeur de Minute (6 mai 1962) qui, dans son édition du 6 avril 1962, l’accusa d’être au courant de contacts entre le MNA et l’OAS. Il déclara que son parti, présenté comme « plébéien » quand plus tôt il était décrit comme « d’essence prolétarienne » (La Voix du Peuple, n° 10, 2 mai 1955), n’avait rien à voir avec l’OAS et « ses mœurs totalitaires »[24]. Il réaffirma cette position dans une interview (Gazet Van Antpwerpen, 3 mai 1962) et lors d’une conférence de presse, le 4 mai, prévue initialement avec Yves Dechézelles, Auguste Lecoeur, Fred Zeller et Marcel Baufrère[25]. Messali exprima enfin son refus de témoigner à l’occasion du procès Salan[26], non seulement parce qu’il ne connaissait pas cette personne mais aussi parce que les objectifs du MNA se situaient à l’opposé de ceux de l’OAS.

La « reconversion » du MNA et la résurgence du PPA

À la même période, une nouvelle expression émergea dans la littérature du parti : la « reconversion politique ». C’est d'ailleurs le premier point qui figurait à l’ordre du jour de la réunion du Bureau politique, le 16 avril 1962, qui devait aussi discuter de l’officialisation du PPA et du projet de publication intitulée L' Algérie Libre. Cet hebdomadaire qui ne verra finalement pas le jour, devait paraître sous la responsabilité d’un proche de Lecoeur, Henri Duclos, qui avait rendu visite à Messali le 2 mai (ANOM, 1962). En faisant remarquer la faiblesse du MNA par rapport au FLN, Merbah s’interrogea sur l’opportunité de cette reconversion et demanda si elle devait s’effectuer également sur le plan militaire[27]. Selon lui, il fallait toutefois aller vers l’action légale. Pour sa part, Mamchaoui était convaincu de trouver dans le peuple une minorité considérable pour défendre le programme du MNA. Messali préconisa alors une « reconversion par étape ». Ce processus était ainsi défini :

« La reconversion politique d’un parti est l’opération par laquelle ce parti transforme son activité révolutionnaire clandestine en une activité politique légale »[28].

Cela s’expliquait par la perspective pacifique, mettant un terme à l’exception de la clandestinité. Malgré des éléments encourageants rapportés par Lecoeur[29], celle-ci se trouva entravée par l’action du FLN soutenu par l’administration[30]. La direction messaliste se plaça dans une perspective résolument optimiste. La reconversion du MNA avait pour objectif sa participation au référendum d’autodétermination mais aussi à l’élection d’une Assemblée constituante puis à des législatives pour « mettre sur pied le futur État algérien »[31]. Cette démarche était présentée comme étant « absolument indispensable »[32]. Les maquis devaient « progressivement faire leur reconversion tout en conservant leurs apparences de moudjahidines et les moyens de maintenir dans leur région respective la sécurité générale ». L’USTA n’était pas en reste. La situation du syndicat messaliste, touché au sommet lors de la crise du FAAD, nécessitait une transformation et un redressement[33]. Des directives furent données à la représentation algéroise[34] ainsi qu’aux rédacteurs de Réalités algériennes, bulletin édité en Belgique, afin de tenir compte de la nouvelle orientation[35]. Messali rappela que cette dynamique répondait au souhait du parti de « participer activement à l’édification du futur État algérien conformément aux principes de l’autodétermination »[36].

En formulant la demande d’agrément pour le nouveau PPA (issu du MNA clandestin), Messali informa que le but de son parti était « l’indépendance nationale, l’édification d’une République algérienne souveraine, démocratique et sociale »[37]. Le PPA fut écarté de la campagne référendaire et exprima son indignation[38]. Il lui était reproché de ne pas avoir effectué les démarches à temps, ce qui ne convainc pas Messali qui produisit des éléments[39]. En plus du PPA, la commission de contrôle avait jugé irrecevables les demandes présentées par le Comité pour l’Algérie nouvelle et les fédérations d’Algérie de la SFIO (La Dépêche de Constantine, 10-11 juin 1962). C’est un vieux militant, Mohammed Zerouali, tout juste libéré de 17 années de détention, qui fut désigné par le Bureau Politique, président de la Commission politique et du Comité électoral pour le référendum[40]. Avec l’aide d’anciens dirigeants, il avait pour mission d’animer la campagne électorale à Alger, de contrôler la situation du parti et de compléter sa reconversion. Mohammed Zerouali représentait le PPA auprès de la Commission centrale de contrôle des élections et pouvait prendre toutes les mesures nécessaires au nom du parti[41]. Tandis qu’à Paris une délégation du PPA avait déposé un dossier complet pour sa demande d’agrément le 12 juin, une autre délégation, présidée par Mohammed Zerouali effectua le même dépôt à Rocher-Noir le 13 juin[42]. À compter de cette date, le PPA se retrouva sans nouvelle de lui et de ses compagnons qui se trouvaient « enfermés dans une cave de la Casbah où ils seraient soumis à la question »[43]. Un dirigeant lyonnais, exprimant l’inquiétude des militants, suggéra à Messali de porter plainte devant la justice internationale[44]. Le Bureau Politique du PPA dénonça le mode de scrutin puisque les électeurs avaient à choisir sur des options prédéterminées par les accords d’Évian qui confondaient indépendance et coopération, ce qui était contraire à l’autodétermination. Le parti messaliste appela à voter pour l’indépendance[45]. Après le rejet de sa demande d’admission, le Bureau Politique déclara que l’appellation de son parti aurait été reprochée par le FLN. L’élimination du PPA instaurait « purement et simplement le système du Parti unique »[46]. Ceci au moment où la SFIO et le Comité pour l’Algérie nouvelle obtenaient leur agrément (Le Figaro, 16-17 juin 1962). L'organe dirigé par Lecoeur vit dans l’exclusion du PPA une « trahison » : « Son extermination a été avec l’arrangement sur le Sahara, l’une des conditions principales du marché » entre le gouvernement français et le FLN (La Nation socialiste, juillet-août 1962). En des termes plus diplomatiques, le PPA précisa sa position sur le référendum et la coopération pour laquelle il était favorable mais qui devait, selon lui, être négociée après l’indépendance par un gouvernement issu de la Constituante :

Les accords d’Évian ne répondant pas entièrement aux objectifs de la Révolution algérienne, il appartient donc au peuple algérien de la parfaire par ses efforts, son union et sa réconciliation[47].

Après la tenue du référendum, le Bureau Politique du PPA constata avec plaisir le résultat massif en faveur de l’indépendance, et souhaita encore l’union avec le FLN, tout comme l’instauration d’une véritable démocratie[48]. À la lumière des dissensions au sein du FLN, le PPA pointa le risque de « congolisation » de l’Algérie et proposa la tenue d’une conférence de la Table ronde en présence de tous les courants politiques algériens[49].

L'échec d'un prophète : la critique du leadership messalien

Le démantèlement de l’organisation messaliste

Selon Merbah, le MNA subit un isolement diplomatique en raison de l’affaire Bellounis (Valette, 2001, 302) et de la situation de Messali[50], installé à Gouvieux depuis 1959 et libre de circuler seulement à partir de mai 1962[51]. Le parti messaliste tenta aussi de récupérer d’importantes sommes disparues avec la défection de son trésorier résidant en Suisse, El-Abdli Aïssa. Sur un autre plan, Messali constata que sa « poignée de la Baraka », surnom donné à ses soutiens français, était efficace bien que réduite[52]. Par ailleurs, l’ancien correspondant algérois de Messali impliqué dans le FAAD, Laïd Kheffache, n’informait pas sincèrement la direction sur la situation en Algérie[53] qui était jugée « critique ». Les cotisations ne rentraient pas, les militants étaient kidnappés, se cachaient ou fuyaient le pays. Certains étaient retrouvés en pleine rue, étranglés. La représentation algéroise souhaitait renforcer en urgence ses maquis et s’était dite prête à respecter le cessez-le-feu avec l’armée française mais pas avec « les tueurs du FLN ». Si la situation n’était pas renversée, alors « point d’autodétermination, point d’élections libres et d’ici deux mois nos éléments nous aurons tous abandonnés »[54]. La désorganisation s'installa à Alger. Des militants se firent égorger comme à Sidi Aïch ou Philippeville[55]. En France, les agressions se multipliaient, notamment à l’occasion de distributions de tracts. Des militants étaient rackettés, enlevés, violentés. Leurs cafés ou hôtels subissaient des assauts mais les messalistes résistaient[56]. Ces « abus de pouvoir » étaient dénoncés par l’USTA[57], la presse du parti (La Voix du Peuple, mai 1962), lors de la conférence de presse de Messali puis par un tract du MNA[58]. Les syndicalistes se démarquèrent toutefois d’éventuelles actions violentes commises au nom du parti[59]. La presse française rapporta ces affrontements : « Dans la région du Nord. Nouvelles bagarres entre éléments FLN et MNA. Un mort, de nombreux blessés » (Le Figaro, 2 mai 1962). Le traitement médiatique était parfois perçu comme une « manipulation » quand il présentait le FLN dans le rôle de l’agressé et le MNA dans celui de l’agresseur : « Il est ridicule de vouloir faire passer comme des moutons inoffensifs ceux-là même qui, hier encore, assassinaient et égorgeaient des hommes en raison d’une divergence d’opinion »[60]. La collusion du FLN avec la force locale surnommée « force FLN »[61] fut dénoncée tout comme l’attitude hostile de la police française, accusée d’agir de concert avec les frontistes dans certaines régions[62] : « Dans le Nord et dans l’Est la police fait équipe avec le FLN dans sa lutte contre nous, en arrêtant celui qui échappe à leur mort »[63]. Quelques familles de messalistes ont toutefois réussi à obtenir le « pardon » auprès de dirigeants FLN en Algérie, ce qui provoqua l’hésitation de certains militants. Au Clos-Salembier, après l’assassinat de 4 frontistes par des messalistes, plus de 150 familles avaient été expulsées à Bou-Saada le 27 mars, avec l’aide de l’armée française[64]. Ceci, deux jours avant l’arrestation de 30 militants à Alger et de 26 en Kabylie[65]. Les messalistes, pris en étau entre le FLN et l’OAS, perdaient constamment du terrain et n’étaient « pas loin de la débandade »[66]. Ils expliquaient leurs persécutions par leur statut de « témoins gênants » :

Une sorte de Maffia s’est installée dans presque tous les quartiers et s’applique à faire saigner (au propre et au figuré) et plus spécialement nos frères, nos enfants, nos cousins, etc.

50 militants furent arrêtés à Alger, 30 à Bouira, ainsi qu’à Bou-Saada, Chellala, Djelfa, avec la connivence de l’armée française et des sous-préfets (Gaillard, 2009, 206-209). Les militants étaient « insultés et enfermés dans des caves secrètes », tandis que le FLN exigeait « une capitulation suivie d’amendes très sévères ou de peine de mort »[67].

La violence exercée à l’encontre du MNA était aussi le fait d’anciens messalistes. C’était le cas notamment dans le Nord de la France où près d’une cinquantaine de ralliés au FLN « ont participé à une expédition à coups de gourdins, couteaux, barres de fer »[68]. En région parisienne, où le MNA ne subsistait que dans quelques localités, des militants disparaissaient ou échappaient à leurs ravisseurs[69]. À Tlemcen, l’heure était à la délation et aux enlèvements : « le FLN a créé une brigade anti-messaliste. Tous les anciens militants y participent »[70]. Si la foi des militants était jugée « inébranlable »[71], cela ne les empêchait pas d'interroger leurs dirigeants[72], le MNA constatait en effet que la peur s’était installée chez les sympathisants « au moment où le FLN a[vait] commencé par exercer un contrôle sur la population ». Un rapport fédéral distinguait les 4 catégories regroupées au sein du parti messaliste : commerçants, sympathisants, adhérents et militants[73] :

Pour les trois premiers leur sympathie au MNA n’était que sous la contrainte du pistolet puisqu’ils disparaissent actuellement de leur résidence connue, ralliant le FLN. D’autres ont contribué ou contribueront encore sans aucun doute aux enlèvements de nos militants actifs, déjà fait dans le Nord et l’Est par l’adversaire, soit parce qu’ils étaient ses adhérents en même temps que nos sympathisants, soit pour se racheter.

Les commerçants refusaient désormais de cotiser. Quant aux militants, ils voulaient « vaincre coûte que coûte ». Cette volonté allait rapidement s’éroder. Les hésitations de la direction et le contre-ordre sur le départ de volontaires pour l’Algérie avaient « convaincu les militants de leur perte, c’est pourquoi des désobéissances collectives commen[çai]ent à se faire jour »[74]. La direction avait envisagée un temps la mobilisation de 500 volontaires pour renforcer l'organisation en Algérie[75]. À Saint-Ouen, localité composée pourtant de militants des plus disciplinés, les refus de recevoir et de diffuser le journal du parti s’exprimaient. Certains demandaient à ne plus être contactés après le 1er juillet. « Se voyant perdus, ils nous ont fait entendre leurs intentions de liquider physiquement les responsables et s’entretuer par la suite pour ne pas se laisser prendre, condamner et exécuter en public en Algérie par le FLN, maître de la situation actuelle ». Dans certaines régions comme dans le Puy-de-Dôme ou le Sud, la désorganisation devenait complète[76]. Un rapporteur prévoyait « des soulèvements de base à conséquence très grave (effusion de sang) ». Une partie des militants n’étaient plus que des « désobéissants et des débauchés », quand d’autres espéraient pouvoir retourner en Algérie. Certains cadres de base avaient déjà pris contact avec le FLN pour leur ralliement, d’autres avaient démissionné dans le Centre. Des militants se trouvaient dans un « état de révolte » et critiquaient ouvertement leurs dirigeants, dont Messali[77]. Les effectifs, déjà modestes et concentrés sur quelques bastions industriels (Nord, Est et Centre), se réduisaient. En juillet, si le parti comptabilisait encore 4 051 militants, ils n’étaient que 2 010 cotisants. Les finances du parti étaient en régression comme l’atteste l’évolution du solde mensuel. De plus, 650 réfugiés d’Algérie étaient pris en charge par le parti qui avait dépensé 9 255 707 Francs. Une commission spéciale, dirigée par Saïd Boudjeroudi (Djidel, 2007, 14), était chargée de ce dossier. À Valenciennes, 10 familles (36 adultes et 78 enfants) avaient été ainsi secourues par le parti qui leur assurait loyers, nourriture et biens de première nécessité.

Tableau 1 : comptabilité du parti messaliste en 1962

 

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Militants

5226

5173

5216

4766

4051

Permanents

Inconnu

21

19

18

Inconnu

Solde (francs)

Inconnu

9 121 062

4 349 762

2 651 308

Inconnu

Source : Archives Messali

« Doit-on poursuivre ou arrêter la révolution ? »

La rupture du consentement chez les militants et les cadres de base, se retrouva occasionnellement au sein d’un Bureau politique réduit à Mamchaoui, Merbah et Messali. Durant cette période, le parti messaliste connut une pénurie de cadres en raison de leur disparition, de leur ralliement au FLN ou de leur emprisonnement. Malgré ses tentatives, l’organisation ne parvint pas à surmonter cet obstacle et se retrouva à gérer de nouvelles tensions à son sommet. Informé d’un discours tenu par Merbah devant des militants le 7 mars[78], Messali accusa le Secrétaire général de « travail fractionnel » qui « relève de l’indiscipline »[79] et lui adressa un rappel à l’ordre. En étalant « des affaires qui ne regardent que la haute direction du parti », il aurait planté un poignard « dans le dos du MNA ». Dans sa réponse, Merbah parla de « complot » et déclara être surveillé depuis l’été « pour tenter de [l]'éliminer de [sa] responsabilité dans le Parti, sinon du Parti même »[80]. Des directives auraient été données aux militants pour l’éviter, ce qui suscita le mécontentement de responsables. Il exigea la convocation d’un congrès extraordinaire pour trancher un différend politique qui courrait depuis une année. Après cet échange virulent, Messali invita « fraternellement »[81] Merbah à venir le rejoindre à Gouvieux. Cette proposition fut acceptée après une mission de Mamchaoui auprès du Secrétaire général pour l’informer de la situation difficile du parti[82]. Par la suite, Merbah participa aux diverses réunions du Bureau politique tenues à Gouvieux. Messali critiqua toutefois son attitude et s’opposa à son retour en Allemagne : « il semble ne pas goûter à nos activités puisque, en dehors de quelques réunions du BP, il ne se livre à aucun travail d’études et de préparation »[83]. Les procès-verbaux consultés ne permettent pas d'indiquer les points de désaccords entre le Président du parti et le Secrétaire général. À l’instar de Messali, Merbah dénonça les accords d’Évian qui constituaient « une capitulation pure et simple »[84]. Il proposa de ne pas reconnaître le cessez-le-feu, ce qui constituerait un atout entre les mains du MNA. Il fallait, selon lui, déclarer que « la Révolution continuera ». Mamchaoui rendit compte de la faiblesse du parti, disparu d’Algérie depuis 1958. Pour le neveu de Messali, « la Révolution [était] terminée ». Merbah se reprit. Il ne fallait plus

continuer la Révolution mais le combat : « La guerre est terminée pour moi. Il faut continuer la lutte pour défendre les principes du Parti ».

Cet échange renseigne sur la polysémie du terme « révolution », ici associé à la « guerre ». L’ordre du jour de cette réunion du Bureau politique était alors : « Doit-on poursuivre ou arrêter la révolution ? » La réponse à cette question fut recherchée dès la proclamation des accords d’Évian. La direction messaliste hésita entre la poursuite de la révolution et l’autodétermination associée au cessez-le-feu[85]. Pour la participation au référendum, la direction comptait faire campagne afin de « compléter la Révolution Algérienne qui [venait] de marquer un temps d’arrêt à la suite des accords Franco-FLN d’Évian »[86]. En effet, le Bureau politique décida de « poursuivre la lutte pour la réalisation d’une véritable indépendance sur les plans politique, économique, social, culturel, technique et militaire »[87]. Dans une déclaration, le PPA invita les Algériens à « parfaire » la révolution et l’indépendance tout en critiquant la forme du référendum qui proposait de répondre à la question : « Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par les déclarations du 19 mars 1962 ? »[88]. Pour l’USTA, l’heure était désormais à la « révolution sociale », voire au « socialisme » [Tabl. 2] qui était l’orientation alors revendiquée par le PPA dont le Bureau politique ne semblait pas forcément partager l’enthousiasme des syndicalistes. Si Messali recevait encore des marques de respect et d’allégeance à l’occasion de fêtes religieuses ou d’anniversaires[89], Mokhtar Zitouni, ancien trésorier pour le MNA en Algérie, lui adressait une critique aussi virulente que radicale. Libéré le 15 mai du camp de Berrouaghia après 77 mois de détention, replié en France depuis une semaine, Zitouni fit part de sa tristesse, dressa un bilan catastrophique de l’activité en Algérie et s’ériga en porte-parole des militants mécontents vis-à-vis de l’organisation et de Messali :

« Au lieu d’un président qui a droit à tous les honneurs, il y a le journaliste, le rédacteur de tracts et de bulletins intérieurs, le chef de willaya, de daïra, de section, de cellule, il y a le membre du conseil de discipline et Dieu sait toutes les besognes qu’il accomplit qui ne sont pas de son ressort. Dans toute cela, je n’ai pas retrouvé le penseur, le Leader national, l’entraîneur des masses que nous aurions voulu que Messali reste »[90].

Tableau 2 : Slogans de l’USTA pour le 1er mai 1962

Proposition du secrétaire fédéral

Réponse des militants de Lille

1) Vive l’USTA - Vive le 1er mai.

2) Union - Fraternité - Lutte.
3) Luttons tous pour l'instauration des libertés syndicales en Algérie.
4) Œuvrons tous pour la révolution sociale en Algérie.
5) Vive la solidarité des prolétaires de tous les pays.

1) Unité - Fraternité - Lutte.
2) Vive l’USTA - Vive le 1er mai.
3) Tous pour l’instauration des libertés syndicales en Algérie.
4) Tous unis pour la révolution sociale en Algérie.
5) Œuvrons pour le socialisme en Algérie.
6) Vive la solidarité prolétarienne.

Sources : Proposition du secrétaire fédéral d’après une lettre de Mohammed Oussadou (Paris, 17 avril 1962) et réponse des militants d’après une lettre de Mohammed Guers à Oussadou (Lille, 17 avril 1962) ; archives Messali.

Conclusion : la disqualification d’un prophète et de ses fidèles

Le retour aux schémas antérieurs, aux sigles ou aux titres du passé, correspond à une régression vers l’époque glorieuse du mouvement messaliste au moment où il se voit écarté du nouveau champ politique algérien. En effet, le PPA avait été proclamé par Filali et Messali le 11 mars 1937 à Nanterre après la dissolution de l’ENA, tandis que L’Algérie libre était l’organe du MTLD messaliste jusqu’à la dissolution de novembre 1954. La résurgence de cette période pré-révolutionnaire, à travers la mission confiée à Mohammed Zerouali, le souvenir de Filali[91] ou la nostalgie du local parisien où se retrouvaient « tous les opprimés de l’Empire français »[92], confirme la dimension triplement « historique » du messalisme. Historique dans son rapport singulier au récit du mouvement indépendantiste, notamment par la commémoration ininterrompue du 11 mars. Historique par la présence à son sommet du représentant vivant de plusieurs générations du combat indépendantiste en la personne de Messali. Historique, enfin, dans le décalage entre le messalisme triomphant et le messalisme décadent qui vit ses derniers partisans souffrir parce que condamnés « à l’exil au moment où tous les Algériens vont fêter l’Indépendance »[93]. Ce contexte singulier permit la « levée d’un indicible », à savoir la critique de Messali par des messalistes, accompagnée d’une érosion de « l’attestation de qualification charismatique » (Gaïti, 1990, 121). Au sortir d’une situation révolutionnaire aussi longue que violente, le leader n’était plus « perçu comme porteur du ''sens collectif'' » (Lagroye, 1985, 416), sauf pour une communauté charismatique progressivement réduite. La critique de Zitouni, outre son caractère informatif, permet d’illustrer un « débat de trajectoire » (Strauss, 1992, 172), en exprimant haut et fort ses divergences, dans une phase des plus critiques. Elle constitue par ailleurs une description des « caractéristiques attendues du dirigeant » (Lagroye, 1994, 7), particulièrement dans un contexte de crise. Enfin, elle représente un cas de « dissonance cognitive » qui apparaît difficilement réductible par la difficulté de rationalisation et le manque de soutien. La période traitée correspond, chez de nombreux messalistes, au franchissement d’un seuil qualitatif et quantitatif (Festinger, Reicken, Schachter, 1993, 10) qui a conduit à l’abandon d’une prophétie : celle de l’accession à l’indépendance grâce au leadership victorieux de Messali.

Bibliographie

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FESTINGER Léon, Reicken Hank, Schachter Stanley 1993, L’Échec d’une prophétie, Psychologie sociale d’un groupe de fidèles qui prédisaient la fin du monde, Paris, PUF.

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Sources imprimées

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Journal La Voix du Nord.

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Journal Le Figaro.

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Journal Minute.

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Journal Oran républicain.

Documents d’archives

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Archives de Messali Hadj de de son mouvement, 1962, mars-juillet, Paris, Centre d’études et de recherches sur les mouvements trotskistes et révolutionnaires internationaux (CERMTRI).

 Notes

[1] Procès-verbal de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 18 avril 1962).

[2] « Appel de Messali Hadj au peuple algérien » (Belle-Ile-en-mer, 1er septembre 1957).

[3] Tract ALN-MNA : « Cessez-feu » (Alger, 18 mars 1962).

[4] Citation d’après une note interne (Gouvieux, 21 avril 1962).

[5] Communiqué du BP du MNA (18 mars 1962).

[6] Procès-verbal de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 11 avril 1962).

[7] Communiqué du 21 mars 1962.

[8] Bulletin intérieur du MNA, avril-mai 1962.

[9] Tract de la Fédération de France de l’USTA (1er mai 1962).

[10] « Appel de Messali Hadj pour la réconciliation entre les Algériens et pour des rapports amicaux avec le peuple français » (Gouvieux, 11 juin 1959).

[11] Rapport du 25 avril 1962.

[12] Lettre de Messali (Gouvieux, 2 avril 1962).

[13] Bulletin intérieur du MNA, avril-mai 1962.

[14] « Directives » (Gouvieux, 16 mai 1962).

[15] Lettre du BP à Belamari (Gouvieux, 24 mai 1962).

[16] « Directives » (Gouvieux, 16 mai 1962).

[17] Communiqué du 21 mars 1962.

[18] Communiqué du 6 avril 1962.

[19] Bulletin d’information du MNA, mars 1962.

[20] PV de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 11 avril 1962).

[21] PV de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 18 avril 1962).

[22] « Rapport sur la situation du parti » (19 avril 1962).

[23] Lettre non signée (Alger, 23 avril 1962).

[24] Lettre de Messali à Jean-François Devay (Gouvieux, 2 mai 1962).

[25] Lettre de Messali à Baufrère (Gouvieux, 1er mai 1962).

[26] Lettre de Messali au président du Haut Tribunal Militaire (Gouvieux, 14 mai 1962). Voir aussi : Nord Éclair, 16 mai 1962.

[27] Procès-verbal de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 17 avril 1962).

[28] Bulletin intérieur du MNA, avril-mai 1962.

[29] Lettre de Messali à Brutelle (Gouvieux, 17 avril 1962).

[30] Lettre de Messali à Zeller (Gouvieux, 17 avril 1962).

[31] « La reconversion politique du parti » (Gouvieux, 21 avril 1962).

[32] Note interne (Gouvieux, 21 avril 1962).

[33] « Ordre du jour » (Gouvieux, 23 avril 1962).

[34] Lettre de Bouméddine (Gouvieux, 5 juin 1962).

[35] Lettre de Messali (Gouvieux, 30 avril 1962).

[36] « Conférence de presse du président Messali Hadj tenue le 4 mai 1962 à Gouvieux-Chantilly ».

[37] Lettre de Messali pour le BP du PPA au président de la commission centrale de contrôle (Gouvieux, 4 juin 1962).

[38] Communiqué du BP du PPA (Gouvieux, 9 juin 1962).

[39] Lettre de Messali pour le BP du PPA au président de la Commission centrale de contrôle (Gouvieux, 9 juin 1962).

[40] « La mission de Zerouali Mohammed » (Gouvieux, 12 juin 1962).

[41] Procuration de Messali pour le BP du PPA (Gouvieux, 12 juin 1962).

[42] Communiqué du BP du PPA (Gouvieux, 13 juin 1962).

[43] Communiqué du PPA (18 juin 1962).

[44] Lettre d’Aksas à Messali (Lyon, 18 juin 1962).

[45] Communiqué du BP du PPA (Gouvieux, 15 juin 1962).

[46] Déclaration du BP du PPA (Paris, 16 juin 1962).

[47] « Manifeste du PPA sur le scrutin d'autodétermination du 1er juillet 1962 » (Paris, 19 juin 1962).

[48] Communiqué du PPA, 5 juillet 1962.

[49] Bulletin d'informations du PPA, n° 1, juillet 1962.

[50] Lettre de Tebache Amar à Mamchaoui (Bexbahr, 20 mars 1962).

[51] Communiqué de la Fédération de France du MNA (28 mai 1962).

[52] Lettre de Messali à Dechézelles (Gouvieux, 9 avril 1962).

[53] PV de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 11 avril 1962).

[54] Lettre de Kodja (Alger, 4 avril 1962).

[55] Lettre de Yahia à Messali (Blida, 27 mai 1962).

[56] Rapport du 25 avril 1962.

[57] Tract du 1er mai 1962.

[58] Tract de la Fédération de France du MNA, « Assez de provocations, de sang et de crimes ! » (2 juin 1962).

[59] Mise au point faite par l’USTA au journal La Voix du Nord (Lille, 4 mai 1962).

[60] Lettre d'un militant au journal Le Monde (3 mai 1962).

[61] Lettre de Kodja (Alger, 4 avril 1962).

[62] Fédération de France du MNA, « Rapport moral sur la situation organique » (10 avril 1962).

[63] Rapport moral et financier (avril 1962).

[64] Procès-verbal de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 11 avril 1962).

[65] « Rapport sur la situation du parti » (19 avril 1962).

[66] Lettre de Mansour à Messali (Alger, 21 avril 1962).

[67] Lettre (Alger, 23 avril 1962).

[68] Rapport moral et financier (avril 1962).

[69] Note du 15 avril 1962 au Raincy.

[70] Lettre à Mamchaoui (Tlemcen, 8 mai 1962).

[71] « Rapport sur la situation du parti » (19 avril 1962).

[72] Lettre de Chekmane Abdelaziz à Oussadou (Bollène, 15 avril 1962).

[73] Fédération de France du MNA, « Rapport moral sur la situation organique » (10 avril 1962).

[74] Rapport organique et financier (mai 1962.

[75] « Directives exceptionnelles » (mai 1962).

[76] Rapport moral et financier (juin 1962).

[77] « Visite de Gasmi Sahraoui, domicilié 12 rue de Meaux » (Gouvieux, 23 juin 1962).

[78] Lettre de Tebache Amar à Mamchaoui (Bexbahr, 20 mars 1962).

[79] Lettre de Messali à Merbah (Gouvieux, 1er avril 1962).

[80] Lettre de « Sahraoui » (Cologne, 4 avril 1962).

[81] Télégramme de Messali à Merbah (Gouvieux, 7 avril 1962).

[82] Procès-verbal de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 11 avril 1962).

[83] « Un rappel de la situation » (Gouvieux, 24 avril 1962).

[84] Procès-verbal de la réunion du BP du MNA (Gouvieux, 11 avril 1962).

[85] Note (Gouvieux, 19 mars 1962).

[86] « Analyse de la situation après la désignation de l'Exécutif algérien » (Gouvieux, 2 avril 1962).

[87] « Révolution » (Gouvieux, 11 avril 1962).

[88] « Manifeste du Parti du peuple algérien sur le scrutin d'autodétermination du 1er juillet 1962 » (Paris, 19 juin 1962).

[89] Lettre de Hocine Hadjiat pour les détenus MNA à Messali (Loos, 11 mai 1962).

[90] Lettre de Zitouni à Messali (Paris, 25 juin 1962).

[91] Lettre de Messali à Mme Cardinal (Gouvieux, 25 avril 1962).

[92] Lettre de Messali à Mme Martinet (Gouvieux, 30 avril 1962).

[93] Lettre de Zitouni à Messali (Paris, 25 juin 1962).