Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Au lendemain du 1er novembre 1954, les réactions françaises ont été multiples. Dans l’immédiat, les premières mesures visent à rétablir l’ordre par un important déploiement de forces armées dans les zones insurrectionnelles tandis que les déclarations émanant de la presse sont unanimes à condamner les actes commis par les « hors la loi ». Elles sont relayées par celles des autorités françaises tant en Algérie qu’en France. Toutes écartent l’idée d’une guerre d’indépendance et réaffirment le rattachement des départements de l’Algérie à la France. Dès lors, les arrestations s’abattent sur les militants du MTLD le 2 novembre tandis que de vastes opérations militaires sont lancées sans ménagement, d’abord contre les populations de l’Aurès, où plusieurs douars ont rallié la cause du FLN. A la fin de l’année 1954, l’Algérie s’installe dans la guerre qui oppose un millier de maquisards contre une armée française dont le nombre atteignait quelques 80 000 hommes[1].  

Arrestations et Répression

Les premières mesures conjuguent la mobilisation de toutes les forces de sécurité (police, gendarmerie, armée) d’une part et leur intervention immédiate dans les zones sensibles d’autre part. Pour les autorités françaises, il s’agit de circonscrire le plus rapidement possible la « rébellion ». Pour en venir à bout, elles ont recours à différentes formes de répression.

Dès le 2 novembre 1954, les autorités françaises procèdent à l’arrestation de nombreux nationalistes algériens, pour la plupart des Centralistes et des Messalistes, sur l’ensemble du territoire algérien. Le 4 novembre, la dissolution du MTLD donne lieu à des perquisitions dans les locaux du parti, à Alger, Constantine, Oran, Blida, Batna, Mostaganem, Philippeville/Skikda…Le même jour, les locaux du MTLD, situés au 22 rue Xavier Privat à Paris, connaissent le même sort. Elles sont suivies de nouvelles arrestations de militants tant en Algérie qu’en France. Pour le seul département de Constantine, La Dépêche de Constantine du 7-8 novembre signale 111 individus appréhendés…Trois semaines après le 1er novembre, les arrestations ont touché quelques 650 militants[2] dont la plupart seront écroués selon le communiqué du cabinet civil du gouverneur général.

Ils feront l’objet d’interrogatoires musclés que l’envoyée spéciale de l’Humanité à Batna, Marie Perrot dénonce dès le 8 novembre, sous le titre : « Des tortures dignes de la Gestapo (lavages d’estomac, supplices électriques,…) sont infligées à des Algériens détenus à Batna par la police.[3] »

Pourtant les services des renseignements généraux disposaient d’informations suffisantes qui impliquaient d’autres groupes[4]. Si les différentes opérations armées programmées par les groupes du FLN ont surpris l’opinion publique, les autorités françaises étaient en alerte depuis que plusieurs sources fournies par les nombreux informateurs (dont le plus connu est Belhadj Djilali[5] alias André, alias Kobus) à Jean Vaujour avaient révélé la fabrication de bombes artisanales par des anciens de l’Organisation secrète. Mais ce qui a aggravé l’inquiétude des autorités françaises, c’était l’énorme retentissement de la défaite de Dien Bien Phu, de l’action des « Fellagas tunisiens » et de l’armée de libération marocaine dont l’évolution était suivie avec attention par les nationalistes  algériens. La rumeur ne disait-elle pas « qu’il n’y avait plus d’armée française, qu’elle avait été détruite en Indochine ? »

Le 23 octobre 1954, le gouverneur général Roger Léonard instruisait François Mitterrand, ministre de l’Intérieur[6] du gouvernement de Mendès France[7], de l’imminence d’un soulèvement. Le même gouverneur général n’avait-il pas nommé le général Paul Cherrière, commandant en chef des forces armées en Algérie à quelques jours de l’insurrection, dans le but de parer à une éventuelle répression ? De son côté, Jacques Chevalier[8], secrétaire d’État au ministère de la guerre avait alerté la 25ème D.I.A.P[9] dès la réception du rapport du gouverneur général.

Enfin, à la préfecture de Constantine, le 29 octobre 1954, Jean Vaujour convoque en urgence les principaux responsables du département et de la sous préfecture de Batna. Il venait d’apprendre la présence d’une centaine de «  fellaghas » disséminés dans l’Aurès[10]. L’une des recommandations de cette réunion consistait à renforcer la surveillance du massif de l’Aurès.  

 De fait, la veille du 1er novembre, les principaux axes routiers de l’Aurès étaient sous haute surveillance. Alger Républicain[11] est pratiquement le seul journal à évoquer «  un vaste déploiement de forces répressives dans le Sud et Sud-Est constantinois » et la  présence de plusieurs points de contrôle sur la route Batna-Biskra, Batna-Constantine, Batna-Khenchela, accompagnés de la fouille des véhicules et de la vérification minutieuse des papiers d’identité des voyageurs.

Ce qui a donc paru, comme un « coup de tonnerre », ce sont moins les attentats et les actes de sabotage que les groupes du FLN ont programmés dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 (et dont beaucoup se sont soldés par un échec) que la rupture sans appel avec la domination coloniale, qu’ils signifient dans la proclamation[12], diffusée le même jour, en Algérie et par la radio du Caire.

Dès lors, le 1er novembre 1954 ouvrait la voie à une véritable révolution issue d’une longue gestation à laquelle ont participé les différentes tendances du mouvement national chacune à sa façon. La coordination des actions armées et leur généralisation sur l’ensemble du territoire de l’Algérie confirmait la détermination des responsables de l’embrasement du 1er novembre 1954. Si rien ne justifiait le déploiement de la force brutale au service de la répression des insurgés de novembre, les autorités françaises avaient néanmoins perçu la signification symbolique du 1er novembre.

« Tout pour l’Aurès »

Telle est la conclusion à laquelle se rallièrent Jacques Chevalier secrétaire d’Etat à la Guerre, René Mayer, le puissant député de Constantine, le général Cherrière  commandant en chef de l’armée, le général Spillmann commandant l’Est algérien et Pierre Dupuch préfet de Constantine, réunis en urgence le 2 novembre 1954 à Batna en  présence de son sous-préfet Jean Deleplanque et du colonel Blanche commandant du secteur de Batna. Tous s’accordent pour user de tous les moyens pour mettre fin aux troubles. Tous les espoirs sont suspendus à l’arrivée des parachutistes du colonel Ducourneau placé à la tête du 18ème Régiment d’infanterie dont la mission immédiate est d’abord de rassurer les centres harcelés par les hommes de Mostefa Ben Boulaïd (1917-1956), chef du FLN pour la zone de l’Aurès, puis d’entamer « le nettoyage » de la région. Dès lors, le cycle infernal de la répression est enclenché, modulé par les ratissages et les représailles de toutes sortes dont les populations civiles souffriront beaucoup.

« Le feu du ciel »

Le 19 novembre 1954, 50 000 tracts, rédigés en français, arabe et berbère, sont diffusés par l’aviation au dessus des douars perchés dans les montagnes de l’Aurès. Sont visées principalement les populations des deux principales vallées,  l’Oued Labiod et de l’Oued Abdi qui sont sommées de quitter leur douar. L’ordre est clair :

Musulmans 

« Vous ne les suivrez pas (les agitateurs) et vous rallierez immédiatement et avant le dimanche 21 novembre à 18 heures, les zones de sécurité avec vos familles et vos biens. L’emplacement des zones de sécurité vous sera indiqué par les troupes françaises stationnées dans votre région et par les Autorités administratives des douars.

Hommes qui vous êtes engagés sans réfléchir ! Si vous n’avez aucun crime à vous reprocher, rejoignez immédiatement les zones de sécurité avec vos armes et il ne vous sera fait aucun mal. Bientôt un malheur terrifiant s’abattra sur la tête des rebelles.

Après quoi, règnera à nouveau la paix française !

Cette décision inaugure la politique de regroupements forcés des populations d’Ichmoul, Yabous, Oued Taga, Ghassira, Zellatou, Kimmel…qui sera poursuivie, à une plus grande échelle, dès l’arrivée du général Parlange[13] dans l’Aurès et au reste du pays, au printemps de l’année 1955.

Le repli des populations, claironné par la presse, n’eut pas lieu à la date fixée. Interpellé sur ce point, le gouverneur général Léonard dut préciser que le délai imparti était « un délai de forme et non un délai absolu », craignant en fait le bombardement des populations civiles. 

Par ailleurs, les autorités militaires et administratives avaient éludé complètement les aspects pratiques que devait poser l’exode de milliers de personnes. Rien n’avait été prévu en effet pour l’hébergement des familles[14]. Au jour du 26 novembre, à Touffana, un des points de ralliement fixé aux populations aurésiennes, le sous-préfet Deleplanque se contente de rejeter « toute la responsabilité de ce retard » sur les présidents des djemaâs qui n’ont pas manqué d’attirer son attention sur cette épineuse question.

Devant les bombardements intensifs effectués par la ronde des escadrilles, les populations sont mises devant le fait accompli et dès le 27 novembre, elles abandonnent leur dechra où il est interdit désormais de s’y rendre sans autorisation. Cet exode forcé des « populations loyales » comprenait essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards. Aucun fusil ne fut récupéré ! Le même jour, François Mitterrand effectuant une tournée dans l’Aurès, rendit visite aux quelques chantiers de travail ouverts dans la hâte, à l’intention des « populations ralliées ». La célérité avec laquelle les autorités françaises ont agi, pour tenter de rétablir l’ordre, fut fortement saluée par la presse qui rendait compte, au jour le jour, de l’évolution de la situation. Mais il n’y eut aucun article pour relater le mitraillage à bout portant de quatre femmes habitant les hameaux de Hambla, Akriche et Boucetta T’kout, Aurès le 19 novembre 1954. Il s’agit de Mansourah Boucetta née en 1890, de Djemaâ Boucetta née en1922, Fatma Djeghrouri née en 1927 et Fatma Berahail née en 1938 qui se sont opposées, les mains nues aux parachutistes. Ceux ci avaient donné l’ordre aux habitants de mettre le feu à leurs demeures…

Le Leit-motiv de la presse : « l’Algérie c’est la France » 

La presse coloniale, unanime a condamné les actes de violence qui ont ébranlé plusieurs localités de l’Algérie. Les manchettes de l’Écho d’Alger, du Journal d’Alger, de la Dépêche de Constantine sont toutes consacrées « aux évènements de la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 ». Henri Borgeaud[15], René Mayer  multiplient les déclarations accusatrices, exigeant des mesures de sécurité urgentes et le châtiment des coupables…Pour les milieux ultras, les évènements de Novembre sont une véritable aubaine : ils pointent le doigt sur les nationalistes du MTLD dont ils demandent l’interdiction. Ils voudraient lever des milices d’auto-défense devant l’incapacité des autorités à préserver le calme. Enfin, l’opinion publique européenne était confortée par les discours des autorités françaises de Paris et d’Alger. Le gouverneur général d’Algérie développe dans son allocution radio-diffusée du 5 novembre, la thèse du complot étranger, que reprendra Mendès France, le 12 novembre devant l’Assemblée Nationale. L’Égypte et son président le colonel Nasser sont sommés de cesser toute aide aux dirigeants du FLN.

D’autre part, dans le même discours, Mendès France écartait toute idée de sécession entre l’Algérie et la France[16] tandis que son ministre de l’Intérieur  réitérait que « l’Algérie c’est la France ». Le mythe de l’Algérie française ne pouvait mieux espérer. Nul ne prêta attention aux avertissements des députés musulmans du second collège qui rappelaient la nécessité de « reconnaître au peuple algérien, ses droits à côté de ses devoirs » et de lever les obstacles qui bloquaient les réformes attendues si l’on voulait mettre fin aux troubles. Entre réformes et répression, le choix est vite fait et la répression s’imposa comme une priorité au gouvernement de l’heure.

« Violette », « Verveine », « Orange amère », « Aloès », « Véronique »

Pour réduire « la rébellion », une contre offensive était nécessaire. Responsables militaires et civils étaient d’accord pour frapper un grand coup. Outre les expéditions punitives menées dans l’Aurès, dans la région de Soumaâ (Blida)… de grandes opérations de ratissage systématique, au nom fleuri, étaient lancées dans les régions considérées comme « contaminées » par le FLN.

L’opération « Verveine » est menée dans l’Ouenza, le 19 décembre 1954, dans la mechta de Bayad (douar El Meridj) avec l’aide de 3000 hommes ! Elle aboutit à l’arrestation de plus de 600 suspects.

 Le 22 décembre1954 est déclenchée l’opération « Orange amère » contre les principaux responsables du MTLD[17].

 Le 23 décembre, l’opération « Violette » est lancée à l’assaut du versant sud de l’Aurès. Quelques semaines après, l’opération « Véronique » revient à la charge dans le Djebel Ahmar Khadou. Elles seront complétées par un terrible blocus alimentaire dans tout l’Aurès.

La Kabylie est ratissée à son tour le 30 décembre 1954 par l’opération « Aloès ».

 Les comptes rendus rapportés par la presse à grands cris semblent être la solution idoine à l’insurrection politique. De fait, ces mesures exceptionnelles ont entraîné la mort de Grine Belkacem[18], abattu au cours d’un accrochage au douar Taga, fin novembre 1954,  celle de Sbaïhi Mohamed[19] tué à la mi-décembre et de bien d’autres maquisards…

La Révolution algérienne enregistrait ses premiers martyrs : Ramdane Benabdelmalek[20] tombe au matin du 1er novembre à Sidi Ali (Cassaigne), Badji Mokhar le 21 novembre, lors d’un accrochage dans la région de Souk Ahras…

L’énorme machine de guerre (soutenue par l’artillerie, les blindés et l’aviation) commençait à engranger des résultats, secondée par les services de renseignements qui identifient, au fur et à mesure des arrestations et interrogatoires, les responsables de l’organisation FLN : pour la zone algéroise Zoubir Bouadjadj, pour le Khroubs Hadjdadj Bachir Ben Chérif[21], pour l’Oranie Ahmed Zabana[22]. Les noms des autres responsables circulent dans la presse comme ceux des frères Mostefa Ben Boulaïd et Omar Ben Boulaïd… De véritables campagnes d’intoxication sont orchestrées : ainsi, Bachir Chihani, le second de Mostefa Ben Boulaïd est donné comme arrêté selon la Dépêche de Constantine datée du 23 décembre.

A la fin de l’année 1954, l’Algérie ne retrouve pas le calme[23] et s’installe réellement, et pour sept longues années, dans la guerre. En deux mois, les principales lignes de forces qui caractériseront la période de la guerre de libération nationale sont mises en place : la militarisation du pays avec la mobilisation des forces armées, l’arrivée incessante de renforts, le recrutement des harkis, les mesures d’exception comme le couvre feu (il est effectif dans l’Aurès dès le 1er novembre 1954), les regroupements des populations civiles, le quadrillage militaire, les arrestations massives, la pratique de la torture, la parodie de la « drôle de justice » qui se joue dans les tribunaux[24] pour atteinte à la « sûreté extérieure de l’Etat », les restrictions appliquées à la liberté de la presse[25], à la circulation des hommes (assignation à résidence surveillée), l’internement dans les camps, les exécutions sommaires…tout est prêt pour le rétablissement de l’ordre et l’élimination des noyaux de la résistance algérienne. Pourtant, ce plan sera contrarié par l’adhésion progressive de la population algérienne d’une manière générale et le ralliement final de nombreux segments politiques à la cause nationale. Ce sont précisément toutes ces mesures et leurs conséquences barbares qui radicalisent la lutte de libération nationale déclenchée par le FLN, la nuit du 1er novembre 1954.

Notes

[1] A la veille du 1er novembre, l’armée française était composée de « deux bataillons de paras, trois bataillons de la 11er Division d’infanterie et un bataillon de légionnaires » comprenant au total pas moins de 57 784 hommes.

[2] Ce chiffre est avancé par le gouverneur général Roger Léonard dans Souvenirs du pays perdu, Algérie, 1951-1955 ; il atteindra 749 au mois de décembre.

[3] Plus tard, alertés par Maître Stibbe, Claude Bourdet et François Mauriac informeront, à leur tour, l’opinion publique dans deux articles, intitulés respectivement « Votre Gestapo d’Algérie » dans France-Observateur du 13 janvier 1955 et « La question » dans l’Express du 15 janvier 1955.

[4] Cf. les déclarations de Jean Vaujour, directeur des Renseignements Généraux en Algérie, dans son ouvrage De la révolte à la révolution, aux premiers jours de la guerre d’Algérie, Paris, Albin Michel, 1985.

[5] Stora, Benjamin, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, Paris, L’Harmattan, 1985

[6] Le Ministre de l’Intérieur était à ce titre responsable des Affaires algériennes.

[7] Pierre Mendès France est président du conseil en 1954-1955.

[8] Jacques Chevalier fut maire d’Alger, lors des élections municipales d’octobre 1947. Libéral, il tenta de composer  avec les élus du second collège, appartenant tous au MTLD. Cf. Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, Alger, S.N.E.D, 1980, tome II.

[9] Cette mobilisation explique le débarquement express,  dès le 2 novembre 1954 au port de Bône/ Annaba de la Division d’Infanterie aéroportée. Un véritable pont aérien est établi entre Mont Marsan, Perpignan, Biarritz…et l’aérodrome des Salines à Bône/Annaba. Son commandant le général Gilles arrive le 4 novembre 1954.

[10] Sur cette rencontre, Yves Courrière en donne une version romancée et contradictoire, in Les fils de la Toussaint, Fayard, Paris, 1968.

[11] Alger Républicain du 30 octobre 1954.

[12] Cf. Mandouze, André, La révolution algérienne par les textes, Paris, Maspéro, 1961.

[13] Le général Parlange assume dès le mois d’avril 1955, le commandement unifié de toutes les forces de sécurité et des services administratifs, pour la zone de l’Aurès & Nemenchas. Son nom est lié à la mise en place des Sections Administratives Spécialisées (SAS) et à la formation des Harkas (supplétifs algériens, appelés Goumiers ou Harkis).

[14] Il était conseillé aux populations déplacées de trouver refuge chez des parents, ou d’installer une tente à l’emplacement prévu. Pour ceux qui n’avaient ni famille, ni tente, les hommes devaient se rendre seuls, à Touffana avec leurs armes, abandonnant femmes et enfants sous la surveillance de gardes désignés par l’autorité. Dans le même temps, deux autres points de regroupements étaient fixés à Lambèse pour accueillir une centaine de familles provenant de l’Oued Miriel et Bir Boussaha où durent se réfugier 1600 personnes du village Yabous de la commune de Khenchela….

[15] Barbier, Michèle, Le mythe Borgeaud, Henri Borgeaud, 1895-1964. Trente ans d’histoire de l’Algérie française à travers un symbole, Chateauneuf-Les- Martigues, Wallada, 1995.

[16] Discours à l’Assemblée Nationale, le 12 novembre 1954.

[17] Sur la question, cf. Jean Vaujour, op.cit. pp. 336-338. 

[18] Grine Belkacem (1927-1954), figure légendaire de bandit d’honneur, condamné plusieurs fois par la justice, avant de se mettre au service de la résistance algérienne, au début des années cinquante. Cf. La Dépêche de Constantine du 1er décembre 1954.

[19] Mohamed Sbaïhi (1918-1954) a tiré sur le Caïd Hadj Ben Saddok, lors de l’embuscade de Tighanimine. L’instituteur Guy Monnerot sera touché mortellement lors de cet échange de tirs.

[20] In L’Écho d’Oran, du dimanche 7 novembre. Parmi les documents récupérés figure l’appel de l’A.L.N en langue arabe cité par Fouad Soufi, Un événement fondateur, le 1er novembre 1954, Colloque de l’Institut du Mouvement National, Tunis, 1993. Sur Ramdane Benabdelmalek (1928-1954), cf. Benjamin Stora, Dictionnaire…, op.cit.,

[21] Sa  photo paraît dans la Dépêche de Constantine du 9 décembre 1954, Bachir Hadjadj, ancien membre du CRUA, puis du FLN est arrêté au cours d’un ratissage dans la région d’El Aria.

[22] Ahmed Zabana (1926-1956) est arrêté au cours d’un accrochage au douar El Gada, commune Saint Lucien/Zahana au cours duquel est tué Brahim Abdelkader, membre du groupe qui a tué le chauffeur de taxi Azoulay la nuit du 1er novembre 1954. Ahmed Zabana sera le premier condamné à mort, exécuté le 19 juin 1956. Cf. Fouad Soufi, op. cit.

[23] Dans son discours d’adieu,  le gouverneur général Léonard déclare sans ambages « Près de 80 % des auteurs des attentats terroristes sont maintenant tombés entre nos mains…Presque partout en Algérie, le calme est revenu… », le 28 janvier 1955.

[24] Dès le début du mois de décembre, les tribunaux d’Algérie (en particulier celui de Batna, Bône/Annaba, Philippeville/Skikda…) commencent à juger les Algériens arrêtés et suspectés à un titre ou un autre d’être en rapport avec le FLN.

[25] Alger Républicain, Liberté, l’Algérie, Libre, La Nation Algérienne font l’objet de plusieurs saisies en novembre et décembre 1954.