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Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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L’intervention de l’État dans l’espace oasien a entraîné de nombreuses mutations tant sociales, économiques que spatiales. Depuis trente ans, l’initiation d’un nouveau type d’organisation spatiale a totalement bouleversé les composantes de cet espace, essentiellement rural à l’origine. La promotion administrative d’Adrar, de chef-lieu de daïra au rang de chef-lieu de wilaya, lui a permis d’acquérir de nouvelles fonctions, typiquement urbaines. Celles-ci vont donner un nouveau visage aux ksour d’Adrar tant sur le plan social que spatial : une croissance spatiale rapide accompagnée d’un déclin fonctionnel et structurel initial des ksour et une immigration intense.

1. Un développement urbain manifeste

Une extension urbaine rapide et très étalée

La ville d’Adrar ne connaîtra de véritable développement urbain qu’à la fin des années 1970. Le nouveau découpage administratif des wilayas en 1975 va donner l’occasion à cet espace oasien de connaître de grands bouleversements. En effet, sa promotion administrative au rang de chef-lieu de wilaya - cet espace était rattaché à la wilaya de Béchar - va impliquer l’implantation massive d’équipements collectifs et de nouvelles structures d’encadrement des populations locales. On assiste, alors à un boom spatial ; la ville s’étendra et multipliera sa surface par plus de dix fois en une vingtaine d’années : Adrar sort des ksour vers une ville nouvelle, créée de toute pièce (figure 1).  L’essentiel de cette extension se fera à partir des années 1980.  Cette urbanisation accélérée est intimement liée à ses nouvelles fonctions de commandement et de gestion d’un espace wilayal qui, lui-même, est très étendu. Les grands programmes d’habitat social et les lotissements vont se succéder aux vastes équipements tertiaires : wilaya, mairie, banques et assurances… auxquelles s’ajoutent de manière ponctuelle des équipements sociaux (lycées, collèges et écoles, nouvel hôpital et centres de santé…).

 

 Ce développement urbain s’est très vite accompagné de la création d’emplois en tout genre, et en particulier d’emplois qualifiés non disponibles localement. Adrar, comme beaucoup d’autres villes algériennes, va donc puiser cette main d’œuvre jusque dans les villes les plus éloignées : l’immigration apparaît donc inéluctable pour l’encadrement administratif et technique dans la ville. Cette politique sera soutenue et le restera de nos jours par des motivations financières et matérielles qui constitueront un élément fondamental d’attraction des populations qualifiées du Nord du pays. Ceci entraînera une croissance démographique sans précédent.

Une croissance démographique des plus fortes au niveau national

Parallèlement à cette extension démesurée, la ville a connu, ainsi que l’ensemble de sa wilaya, une croissance démographique intense : de 4468 habitants en 1966 la population passe à près de 29000 habitants en 1987 et à 42500 en 1998.

Tableau n° 1 : Evolution de la population à Adrar.

 

POPULATION (*)

TAUX D’ACCROISSEMENT

Années

1966

1977

1987

1998

66 - 77

77 - 87

87 - 98

ville

4468

7057

28580

42532

4.2

13.8

3.65 %

wilaya

106527

137491

217678

311635

2.34 %

4.70 %

3.31 %

(*) Sources : Données des différents recensements de population consignées dans les collections de statistiques, armature urbaine de 1987 (n°4) et de 1998 (n°97).

 A la lumière du tableau, deux observations essentielles sont à noter :

  • le plus important de la croissance démographique s’est réalisé durant la seconde période intercensitaire : 1977 - 1987.
  • La ville d’Adrar continue, malgré un léger fléchissement entre 1987 - 1998, de s’accroître et surtout de polariser davantage les flux migratoires orientés vers la wilaya.

D’une bourgade rurale de près de 5000 habitants, Adrar devient, ainsi, une véritable ville - certes artificielle comme beaucoup d’autres villes sahariennes telles que Béchar et Tamanrasset par exemple – concentrant l’essentiel de la population et des activités tertiaires tant de commandement que d’encadrement.

 Par conséquent, cette urbanisation nécessitera un recrutement supplémentaire et sélectif des populations immigrantes : Adrar fera appel aux cadres administratifs et à un personnel d’encadrement technique provenant de divers horizons, mais essentiellement du Nord du pays.

2. Typologie de l’immigration

Trois approches ont été utilisées pour cerner avec rigueur le phénomène migratoire à Adrar[1] : une enquête par sondage faite auprès des ménages dans les espaces nouvellement urbanisés, une enquête sur les activités commerciales et les commerçants, et une troisième plus ponctuelle au sein des équipements collectifs et la Direction de la planification et de l’aménagement du territoire. L’objet de ces enquêtes était de qualifier l’immigration, d’en déterminer les caractères essentiels afin de situer le rôle joué par l’immigration dans le développement de la ville saharienne d’Adrar. Ces trois approches nous ont permis d’abord de toucher différents types de population, ensuite de recouper nos différentes sources d’information, enfin de comparer avec une certaine aisance les résultats obtenus.

Une immigration majoritairement issue du Nord 

La ville d’Adrar, ville la plus importante dans le Touat par sa taille et par ses fonctions, compte dans sa composante migratoire des populations très diversifiées avec cependant, une attraction particulière sur les populations du Nord du pays. Au sein même de celles-ci, cette composante est nuancée selon les origines géographiques et le type d’immigrants. Ainsi, les grandes villes algériennes du Nord sont les principales sources d’envoi de la main d’œuvre vers Adrar.

En effet, parmi les 171 ménages immigrants enquêtés, plus de la moitié sont originaires du Nord (93 ménages, soit 55 %) dont 22 ménages du Centre, 52 de l’Ouest et 19 de l'Est du pays (Tableau n°2) ; les populations du Sud contribuent avec 76 ménages. L’analyse de l’immigration à travers les commerçants (voir plus loin) donne grossièrement des résultats, néanmoins nuancés entre les grandes régions du Nord où l’Algérois (Kabylie comprise) représente l’essentiel de la mobilité.

Les régions de l’Ouest et du Centre fournissent l’essentiel de l’encadrement à la ville d’Adrar

L’encadrement dans les structures tertiaires d’Adrar relève essentiellement de la région Ouest et secondairement du Centre du pays. Des résultats similaires ont été enregistrés à l’occasion de l’enquête réalisée à l’hôpital et à la DPAT d’Adrar (voir tableaux en annexes). En effet, les personnels administratifs et spécialisés proviennent principalement du Nord – notamment des grandes villes- et en particulier de l’Ouest Algérien (notamment Oran et Tlemcen). L’emploi non ou peu qualifié (agents, chauffeurs, gardiens,…) relève de la population locale. L’Ouest d’abord, le Centre du pays ensuite sont les principaux fournisseurs de la qualification.

Les wilayas du Sud fournissent, par contre, une diversité de population allant du simple commerçant au cadre administratif. La figure 2 montre bien cette diversité géographique dont le bassin migratoire s’individualise nettement au Nord du pays et dans les wilayas limitrophes du Sud (Béchar en particulier).

Tableau n°2 : Origine géographique des ménages immigrants à Adrar

Origine géographique

Nombre 

Origine géographique

Nombre 

Béchar

49

Alger

08

Ghardaia

7

Ain Defla

4

Tamanrasset

6

Bouira

3

Ouargla

4

Tizi Ouzou

3

El Bayadh

4

Blida

2

Laghouat

1

Chlef

1

Naama

2

Médéa

1

El Oued

1

S/Total (Centre)

22

Illizi

1

Jijel

4

Biskra

1

Tébessa

3

S/Total (Sud)

76

Béjaia

2

Oran

20

Mila

2

Sidi Bel Abbés

7

Constantine

2

Tlemcen

6

Annaba

2

Mascara

5

Skikda

1

Tiaret

5

Guelma

1

Aïn-Témouchent

3

Sétif

1

Relizane

2

Msila

1

Saïda

2

S/Total

19

Mostaganem

2

Afrique

1

S/Total (Ouest)

52

Indéterminé

1

 

 

Ensemble

171

Source : Enquête partielle de terrain, Avril 2002.

 L’activité commerciale est dominée par la région Centre

Les commerçants immigrants qui exercent une activité commerciale représentent près de la moitié des commerçants d’Adrar : 294 sur un total de 708, soit 41.5 %.

Trois entités géographiques migratoires apparaissent à travers la lecture de ces deux documents : la région algéroise se distingue avec Alger, Tizi Ouzou et Bouira qui détiennent l’essentiel du commerce d’Adrar ; vient ensuite la région oranaise et enfin la troisième entité, le Sud est représentée par Béchar et Ghardaïa.

 

Tableau n°3 : Origine géographique des commerçants immigrants selon l’activité exercée.

Régions

Catégories

Béchar

Biskra

Centre

Est

Etranger

Grande

Kabylie

Ghardaïa

Ouest

Steppe

Total

Alimentation

8

-

7

12

10

9

2

11

2

62

Habillement

2

-

6

5

-

23

4

4

2

46

Equipements

6

-

1

4

-

2

10

5

-

28

Entretien de la personne

1

-

3

3

-

5

1

6

-

19

Articles de luxe

1

4

-

6

-

3

1

-

1

16

Loisirs et culture

2

-

1

-

-

-

2

8

-

13

Services

13

1

9

4

1

13

4

9

2

56

Cafés- Restaurants

8

1

-

8

-

7

-

8

-

32

Services de réparation

2

-

1

-

5

2

2

3

1

15

Artisanat

1

-

1

-

-

-

-

-

-

4

Autres

-

-

1

-

1

-

-

-

-

2

Total

44

6

30

42

17

65

26

55

8

294

 

Source : Enquête de terrain, Avril 2002.

 


  L’immigration du Centre et du Sud alimente l’essentiel de l’activité commerciale à Adrar. Celle qui concerne l’encadrement provient essentiellement de l’Ouest et secondairement du Centre. Il s’agit notamment des fonctionnaires et des cadres administratifs qui sont recrutés pour leur premier emploi, mais le plus souvent, venus dans le cadre d’une mutation volontaire dans la ville, ou encore d’enseignants et de médecins dont la motivation essentielle est d’ordre matériel. Par ailleurs, les populations non qualifiées représentent deux cas de figure : elles sont soit recrutées sur place et il s’agit à ce moment là de populations locales jeunes très souvent utilisées dans les services et la restauration, ou alors elles proviennent directement du bled où résident les commerçants propriétaires comme on l’a constaté, en particulier chez les commerçants kabyles et mozabites. Ceci a été vérifié aussi bien dans les commerces de service que dans ceux de l’habillement. En règle générale, chaque commerçant immigrant recrute ses ouvriers de son bled d’origine avant même d’engager son activité.

3. Le développement de l’activité commerciale.

Une des conséquences fondamentales de l’intervention de l’État dans l’espace d’Adrar, liée à l’immigration aussi bien interne qu’externe, est l’important développement de l’activité commerciale et de services enregistré au sein de la ville en quelques années seulement. Son développement s’est manifesté de la façon la plus naturelle pour répondre aux besoins d’une demande locale en constante croissance. Les besoins en consommation ne concernent pas uniquement les populations locales, mais aussi celles des ksour et parfois des plus éloignés de la ville d’Adrar, faute de disponibilités sur place.

La ville d’Adrar concentre l’essentiel de cet équipement et accentue donc la centralité déjà très marquée de la ville par rapport à sa wilaya comme le montrent les figures suivantes 4 et 5. La ville d’Adrar est considérée d’ailleurs, à juste titre, comme le centre-ville par l’ensemble de la population autochtone, même si l’espace – temps saharien diffère du nôtre.


 


Une structure commerciale diversifiée et relativement bien structurée

Une étude comparative des structures commerciales et actuelle et antérieure de la ville d’Adrar nous aurait sûrement permis de voir que l’appareil commercial d’Adrar a énormément changé, du moins pendant les deux dernières décennies. Mais l’absence de sources liées aux activités commerciales anciennes et fiables n’a pas permis cette comparaison. Toutefois, nos passages réguliers à Adrar depuis 1999 jusqu’en 2005 nous ont permis d’observer d’importants changements. En effet, l’équipement commercial de la ville d’Adrar a évolué très rapidement d’une année à l’autre, tant sur le plan de la quantité que sur le plan de la qualité.

Sur le plan quantitatif, l’apparition de plusieurs activités commerciales nouvelles était visible tant au centre-ville aux abords de Souk Bouda (principal centre commercial) qu’au niveau des pénétrantes péri-centrales accumulant divers commerces, et en particulier ceux liés aux prestations de services (Tableau n° 4). Cette poussée numériquement importante des services s’explique aisément par la présence, d’une part d’une population active de passage quotidiennement à Adrar provenant des autres ksour de la wilaya, et d’autre part d’une population active relativement jeune, en grande partie célibataire provenant du Nord du pays et installée à Adrar, sollicitant ces types d’activités : restauration, cafés, blanchisserie, etc.…

La structure commerciale d’Adrar semble équilibrée comparée à celle d’autres villes de taille différente, mais géographiquement très éloignées de celle-ci (Tableaux n° 4 et n° 5). Néanmoins, elle accuse un léger déficit en matière d’équipement individuel (habillement surtout) et une prolifération des activités de service.

Tableau n° 4 : Les activités commerciales à Adrar.

 Catégories commerciales

Ensemble

Part (%)

 Alimentation générale

186

26.3

 Habillement

72

10.2

 Equipements

90

12.7

 Articles de luxe

18

2.5

 Entretien de la personne

28

4

 Loisirs - culture

42

5.9

 HO.RE.CA

56

8

 Services

116

16.4

 Services à caractère commercial

5

0.7

 Artisanat (de réparation compris)

84

11.9

 Autres

10

1.4

 Ensemble

707

100

Source : Enquête de terrain ; Avril 2003.

Tableau n° 5 : Distribution des catégories commerciales à Oran, à Tlemcen et à Adrar.

  Catégories Commerciales

Alimentation

Equipement

 individuel 

Equipements

Loisirs

culture

Services

Artisanat

Ensemble

Oran

26.2 %

17.2 %

12.1 %

6.2 %

28.5 %

9.1 %

100 %

Tlemcen

28.8 %

14.8 %

11.5 %

8.6 %

15.9 %

19.5 %

100 %

Adrar

26.3 %

12.7 %

12.7 %

5.9 %

25.1 %

11.9 %

100 %

Source : Enquêtes de terrain.

Par ailleurs, la qualité des activités commerciales est en constante amélioration. Les activités de services notamment se modernisent très vite ; l’assortiment et l’achalandage des commerces d’articles ménagers et électroménagers sont de plus en plus riches et variés; le niveau de standing reste la composante essentielle des équipements à améliorer et en particulier ceux liés à l’équipement individuel qui manifeste un certain retard et affiche encore certains aspects de ruralité.

4. Immigration et consommation.

L’immigration à Adrar constitue pour de nombreux migrants du Nord une simple étape, mais combien intéressante, dans leur cheminement professionnel et dans leur vie. Cette migration est essentiellement motivée par un aspect d’ordre matériel. Elle constitue alors pour beaucoup d’entre eux une source d’enrichissement intéressante et d’autant plus motivante pour un retour en force au « Tell ». Avec cet à priori, la consommation locale des immigrants ne peut être que limitée, étant donné que leur souci majeur est d’économiser au maximum...

Même si la modernisation des activités commerciales enregistrée lors de nos passages successifs à Adrar, en particulier de certains services, est sensible, le standing accuse encore un retard certain dans l’équipement individuel pour pouvoir subtiliser une part intéressante des dépenses des ménages immigrants. En effet, 85 % des immigrants y achètent rarement leurs effets vestimentaires et jamais les articles de luxe. Les dépenses vont plutôt occasionnellement au petit appareillage et ustensiles ménagers, donc de produits nécessaires à la quotidienneté.

Le plus intéressant à noter est que les dépenses réalisées par la population immigrante, en particulier par celle du Nord, n’excède que rarement les 50 % de son budget mensuel. Celle qui dépasse ce seuil regroupe le plus souvent des immigrants de longue date, dont l’intention de s’installer définitivement à Adrar est quasi certaine. Par conséquent, une partie des revenus distribués dans la ville s’évapore ailleurs et constitue pour celle-ci un manque à gagner. Les mêmes observations ont été enregistrées lors de notre enquête sur les commerçants immigrants. Sur 269 commerçants enquêtés, la moitié d’entre eux dépensent moins de 50% et le tiers seulement consomment moins de 70 % de leurs revenus. Il est évident, dès lors, que l’équipement commercial soit encore en deçà des attentes de consommateurs de plus en plus exigeants en matière de qualité ; ce qui poussera certainement les commerçants locaux à améliorer leur assortiment et à s’adapter à une demande potentielle, aussi réticente soit-elle mais, non négligeable.

5. Caractères de l’immigration et devenir d’Adrar.

Le taux de retour au lieu d’origine est élevé pour la population originaire du Nord : 60 % des ménages déclarent leur séjour temporaire à Adrar. Par contre, les ménages du Sud (Béchar en particulier) s’adaptent mieux au contexte oasien et affichent une stabilité de l’ordre de 70 %. En définitive, 40 % des immigrants d’Adrar ont une intention de retour, et au lieu d’origine.

Les plus anciennement installés et les plus âgés considèrent une vie plus agréable dans cet espace qu’ailleurs. En effet, au-delà de la cinquantaine, la tendance est plutôt pour une installation définitive. Il y a alors une adaptation réelle, voire un attachement de cette population à un espace qui au départ leur paraissait hostile. Parmi les plus jeunes, l’intention du retour est certaine. Elle est manifeste chez les fonctionnaires, les cadres de l’administration et chez ceux qui exercent dans le secteur tertiaire. L’exemple des médecins est très significatif à ce propos ; la totalité manifeste un retour incontournable après un séjour de quelques années, dix années au plus.

Ceux qui décident d’émigrer restent en moyenne entre 5 et 10 ans. Au-delà de 10 ans, la probabilité d’un séjour définitif  est plus grande.

Adrar constitue un véritable marché de l’emploi dans la mesure où la ville a absorbé les surplus de la main d’œuvre, parfois la plus qualifiée qui était en attente d’être employée dans le marché du travail. C’est là le cas de nombreux médecins immigrants, d’enseignants de l’éducation et même d’enseignants universitaires qui exercent et rentrent pour la première fois dans la vie active dans la ville d’Adrar.

Cette observation est valable pour les employés et les travailleurs non qualifiés qui activent dans les services. Il s’agit de populations relativement jeunes dépassant rarement la trentaine que la situation initiale de chômeurs (dans le Tell en particulier) a poussé à ‘‘tenter leur chance’’ dans un espace qui, au départ était prometteur en matière d’emploi et de gains rapides.

Il est cependant important de noter que de nos jours, le recrutement dans les villes du Sud ne se fait plus dans les mêmes conditions qu’auparavant. Au vu du chômage grandissant dans le Nord du pays, les populations jeunes en âge d’activité ne disposent plus de la même facilité pour trouver un emploi. A titre d’exemple, les médecins et autres employés sont recrutés depuis peu sur des postes de pré emploi. Cela changera peut être certaines données concernant la stabilisation des populations immigrantes !

Conclusion

L’intervention de l’État a entraîné une immigration importante dont les apports en matière de santé, de scolarisation et de technologies nouvelles pour les populations locales sont indéniables. Paradoxalement, d’importantes ressources locales tant naturelles que matérielles de cet espace, déjà fragile, sont consommées par cette même population. Quel bilan faudrait-il dresser ?

Parallèlement à cela, la rotation importante des populations du Nord dans la ville d’Adrar donne naissance à un nouveau type de villes; s’agit-il d’un nouveau modèle de développement urbain ? Quelle est sa portée sur la population locale et quel est son niveau de pérennité ?  Ce sont des questions qui méritent d’être posées pour approfondir une réflexion qui doit être plus globale sur le devenir des espaces sahariens.

Bibliographie

  • Bailly, S., Images de l'espace et pratiques commerciales : l'apport de la géographie de la perception, Annales de géographie, Paris, 1984.
  • Bendaba, M., Etude des activités commerciales dans le quartier central d’Adrar ; Mémoire d’ingénieur en géographie, Oran, 2002.
  • Kouidri, M., Les mouvements résidentiels dans la ville d’Adrar, Mémoire d’ingénieur en Géographie, Oran, 1998.
  • Office national des statistiques, Armature urbaine 1987, Collections statistiques, n° 4, RGPH 1987 ; n° 97, RGPH 1998.
  • Trache, S.M., Méthodes d’approche des structures commerciales et de la hiérarchie urbaine. L’exemple du Tlemçenois ; Cahiers du GREMAMO, n°14, laboratoire SEDET, Paris VII, 1997.
  • Trache, S.M. et Bendjelid, A., Les structures commerciales et les dysfonctionnements intra urbains dans la ville d’Oran; Revue de géographie et d’aménagement d’Oran, n°12, Oran, EGEAT.
  • Yousfi, B., Analyse des mouvements résidentiels dans une ville moyenne (Tlemcen) : le cas de Kiffane, Mémoire d’ingénieur en géographie, Oran, 1997

Annexes

                       Fonction

 

Résidence antérieure                                         

Médecin

Spécialiste

Médecin

Généraliste

Sage – Femme

Infirmier et technicien de la santé

Ouvrier, Femme de

ménage

Ensemble

Adrar

-

-

-

09

05

14

Aïn Defla

-

-

-

-

01

01

Alger

02

-

-

-

-

02

Béchar

-

-

02

01

-

03

Biskra

-

-

01

-

-

01

Illizi

-

-

01

-

-

01

Oran

01

01

02

02

-

06

Relizane

-

-

-

01

-

01

Sidi Bel Abbès

-

01

01

-

-

02

Saïda

-

-

-

01

-

01

Tamanrasset

-

01

-

01

01

03

Aïn Témouchent

-

-

-

02

-

02

Tiaret

-

-

-

-

01

01

Autres

-

01

01

10

02

14

Ensemble

03

04

08

27

10

51

  1. Répartition des travailleurs de la santé de l’hôpital d’Adrar selon leur origine géographique (échantillon).

 

  1. Répartition des employés de la DPAT d’Adrar selon leur activité antérieure.

Résidence antérieure

 

Activité antérieure                                         

Adrar

Alger

Béchar

Sidi Bel Abbès

Tizi Ouzou

Tlemcen

Autres

Total

Architecte

-

01

-

-

-

-

-

01

Chauffeur

01

-

-

-

-

-

-

01

Technicien

02

-

-

-

01

-

-

03

Maçon

01

-

-

-

-

-

-

01

Secrétaire

02

01

-

-

-

-

-

03

Sans travail

-

-

01

-

-

-

-

01

Etudiants

05

-

06

01

-

01

-

13

Autres

04

-

-

-

-

-

01

05

Total

15

02

07

01

01

01

01

28

Sources : Enquêtes terrain ; Avril 2002.

 Note

[1] Enquêtes faites dans le cadre du projet d’établissement (CRASC) « Approche comparative des nouveaux espaces urbanisés dans les villes de l’Ouest algérien », (2002-2004).