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Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Après avoir été historiquement terre d’émigration, le Sahara algérien est devenu, depuis le début des années 1950, terre d’appel, terre d’accueil (Bisson, J. 2003) de par la combinaison de différents facteurs concomitants. Enjeux pétroliers, développement agricole et politique volontariste de promotion administrative, ont étoffé l’empreinte de l’Etat et équipé des zones jusque là marginalisées. Au-delà, ces divers facteurs ont engendré le développement des réseaux de communication, condition impérieuse du développement pétrolier et de l’intégration du territoire, réseaux qui ont favorisé, comme support, l’émergence de nouvelles mobilités, et subséquemment de migrations (Fontaine, J. 2005).

Le Sahara, qui est aujourd’hui majoritairement urbain (63% en 1998) dans une proportion supérieure à l’Algérie du Nord, a connu sur la période 1966-1987 un appel d’air migratoire lié à la forte dynamique économique engendrée par les activités pétrolières, et par le besoin d’encadrement lié à l’affinement des mailles administratives de gestion. Cette nouvelle attractivité a d’abord affecté les villes sahariennes qui ont constitué les premiers réceptacles des flux migratoires, au niveau local, intra-saharien comme à l’échelle nationale. Après 1987, la croissance démographique saharienne liée aux flux migratoires connut un ralentissement, mais néanmoins entre 1987 et 1998, la balance migratoire entre Nord algérien et Sahara demeure faiblement favorable à ce dernier[1], participant toujours à sa plus forte croissance démographique.

Nous proposons ici de mesurer la place des villes sahariennes dans les mouvements migratoires à l’échelle nationale, et régionale, sur la période 1987-1998, et ainsi d’évaluer leur rôle dans les mécanismes de polarisation et de structuration de l’espace[2].

1. Limites méthodologiques de l’analyse des villages et des communes sahariennes

Les statistiques migratoires publiées par l’Office national des statistiques (O.N.S.) sur la période 1987-1998, présentent des spécificités devant être détaillées avant toute analyse portant sur ce type de phénomène. Dans les principaux documents de l’O.N.S. relatifs aux migrations, les données sont basées sur l’échelon communal ; ainsi, aucune donnée ne traite à proprement parler des agglomérations urbaines telles que définies en 1998[3], des flux entre elles ou entre wilayas et agglomérations. Ceci soulève un problème méthodologique majeur dans l’appréhension des flux migratoires affectant les villes sahariennes. En effet, un même découpage communal peut rassembler plusieurs agglomérations, quelque soit leur statut administratif (chef-lieu, agglomération secondaire…) et ainsi fausser l’appréhension des phénomènes. Dans le cadre de ce travail, nous avons pu dépasser ces limites méthodologiques en ne considérant qu’un nombre limité d’agglomérations (trois)[4], relevant de deux types.

Dans le premier cas, les agglomérations unipolaires, représentent dans leur commune respective la seule agglomération existante, cas de Béchar et Biskra. Le second cas, celui de Ghardaïa, agglomération intercommunale[5] qui se compose de trois agglomérations (Ghardaïa, Bounoura et El-Atteuf), est plus complexe, mais néanmoins, chacune de ces agglomérations constitue la seule existante sur l’entité communale, et par agrégation nous avons pu dégager les données migratoires essentielles qui nous intéressent ici, à l’échelle de l’agglomération dans sa totalité. Ainsi pour ces trois agglomérations urbaines sahariennes, découpage communal et agglomération se confondent non pas physiquement, à l’exception de Biskra, mais peuvent être combinés en matière d’analyse migratoire, puisque les agglomérations y constituent le seul pôle de peuplement.

Les flux migratoires sont mesurés par l’O.N.S., d’une part, de commune à commune, à l’échelle d’une même wilaya, ce qui permet d’évaluer des migrations internes au niveau local, et d’autre part, de commune à wilaya et réciproquement dans le cadre d’une analyse plus large, de type régionale ou nationale par exemple.

Le choix des agglomérations n’est pas fortuit ; en effet, ces trois agglomérations urbaines constituent trois pôles majeurs du peuplement saharien en 1998[6], et représentent également trois points d’entrée, « trois portes du désert », Béchar (107 311 hab.) dans l’Ouest, et Biskra (177 060 hab.) dans l’Est, et Ghardaïa (128 087 hab.) au Sahara central.

Au plan de l’analyse et de la représentation des données, le choix a été retenu pour utiliser la méthode dite du « coefficient de préférence » détaillée par Pierre Merlin (1988), pour développer une analyse relative des flux. Dans un ensemble d’entités N, cette méthode pondère les flux entre deux entités A et B par rapport à la totalité des flux existants dans l’ensemble N, et permet donc de mesurer la préférence à migrer existante entre deux entités, les affinités fonctionnelles et spatiales. Ce coefficient de préférence  a une valeur seuil fixée à 1, si le coefficient a une valeur inférieure à 1 il indique une répulsion, et à l’inverse, s’il dépasse 1, il est possible de déterminer une attraction « sélective » et croissante quand le coefficient augmente.

Nous utiliserons ce coefficient doublé des flux en valeur absolue afin de préciser la réalité des liens migratoires entre les différentes entités étudiées.

2. Grandes tendances de l’immigration vers les villes sahariennes

Les villes sahariennes constituent les premiers réceptacles des migrations qui affectent cet espace, confortant ainsi leur rôle de points polarisants de la vie au désert. Au-delà de ce constat général, il apparaît comme nécessaire de qualifier les grandes tendances d’immigration à destination de ces agglomérations ainsi que  leurs échelles spatiales.

Il est possible de distinguer quatre échelles spatiales d’analyse de l’immigration concernant les villes sahariennes, et dont les données de l’O.N.S. permettent l’appréhension :

  • Les flux endogènes à la wilaya, (dénommés ici  internes) ;
  • Les flux intra-sahariens, (sahariens) ;
  • Les flux en provenance du Nord algérien, des 38 wilayas non sahariennes, dont Djelfa et El-Bayadh, (Nord) ;
  • Enfin les flux de personnes non résidentes en Algérie en 1987, généralement des personnes étrangères ou d’Algériens de retour de l’Étranger.

Entre 1987 et 1998, sur les 24 124 entrées mesurées pour l’ensemble des trois agglomérations de Béchar, Biskra, Ghardaïa, une majorité provenait du Nord algérien (55%), moins d’un tiers des mouvements internes à la wilaya (29%), 14% correspondaient à des flux intra-sahariens et les flux ayant pour origine l’étranger étaient marginaux, à peine 2% des entrées globales. Les deux échelles spatiales les plus structurantes en matière de flux sont donc l’échelle nationale, les rapports avec le nord, et wilayale, l’échelon local. 

Ces trois agglomérations sont celles ayant le lien le plus marqué avec le Nord algérien parmi l’ensemble des agglomérations sahariennes de plus de 100 000 habitants.

Tableau n°1 : Typologie des entrées mesurées par agglomération

 

Graphique n°1 : Typologie des entrées pour les trois agglomérations

 

 A un niveau plus détaillé, il est possible de dresser plusieurs constats.

Par rapport aux mêmes chiffres calculés pour les sept agglomérations urbaines sahariennes de plus de 100 000 habitants, les trois agglomérations de notre étude ont des liens migratoires plus marqués avec le Nord algérien (55% contre 42%), mais dans une moindre mesure avec l’environnement immédiat de leur wilaya (29% contre 39%) ou régional (14% contre 18%).

L’on peut établir une corrélation entre le poids démographique de l’agglomération et son attractivité mesurée en nombre d’entrées sur la période ; ainsi, des trois agglomérations, Biskra constitue la plus peuplée et la plus attractive, avec plus de 10 000 entrées dont plus de 55% sont enregistrées en provenance du Nord algérien et un peu plus de 28% en mouvements locaux. Béchar, a connu une immigration caractérisée par les mêmes tendances structurantes, néanmoins, l’attractivité exercée sur le Nord algérien étant un peu plus marquée que pour Biskra (60%). L’agglomération de Ghardaïa a une attractivité plus forte que les autres agglomérations à l’échelle de sa wilaya (33%), ainsi qu’à l’échelle saharienne (19%), mais un nombre relativement plus faible d’entrées en provenance du Nord. Ces différentes échelles de lecture des migrations permettent de mettre en exergue divers types d’attractivité qui s’inscrivent de manière hiérarchique de la sphère locale à l’échelle nationale.

Nous nous intéresserons néanmoins ici de manière privilégiée à l’échelon national, qui prend en compte le lien migratoire avec le Nord algérien ainsi que celui existant avec l’espace saharien.

3. Immigration et attractivités à l’échelle nationale, des structures spatiales héritées ?

Il convient, dès lors, de délimiter les sphères d’influence, qui traduisent le rayonnement, de ces agglomérations à l’échelle nationale. La cartographie cumulée des coefficients de préférences ainsi que des valeurs absolues, permet de souligner l’inscription spatiale des attractivités des agglomérations sahariennes.

Au niveau national, les trois agglomérations ont une sphère d’influence qui peut être mise en corrélation avec la structure des réseaux de transport et de communication. En effet, trois pénétrantes constituent les axes centraux sahariens, dont le tracé comprend les trois agglomérations retenues. L’axe Oran-Béchar-Reggane représente l’axe occidental, l’axe central court d’Alger à Tamanghasset en passant par Ghardaïa et l’axe oriental joint Constantine à la région de Ouargla – Hassi-Messaoud et les autres champs pétroliers en passant par Biskra (Fontaine, J. 2005).

Historiquement, ces axes ont polarisé le peuplement et les activités au désert, leur structuration progressive qui débuta avec le commerce transsaharien, et s’affirma à partir de l’indépendance algérienne, a conditionné les mobilités et, par delà, renforcé les liens par l’intégration au reste du territoire national.

L’évolution des découpages administratifs durant la période coloniale, ainsi que les différents projets de développement d’un axe transsaharien démontraient là encore la vitalité et l’aspect fonctionnel de tels axes. Par la suite, les relations entre les trois grandes métropoles du Nord et leurs “hinterlands” étaient des relations fonctionnelles et politiques structurées de manière longitudinale nord-sud. Par conséquent, les cartes suivantes mettent en lumière, en partie, l’héritage et le poids de la structure spatiale sur les migrations actuelles. Cependant, les déterminismes historiques n’expliquent pas l’ensemble des phénomènes étudiés, mais ils constituent un facteur remarquable à la seule lecture des cartes.

L’attractivité nationale de l’agglomération de Béchar se marque très clairement, par des coefficients supérieurs à 1 sur l’ensemble de l’Ouest saharien, de Tindouf à Oran, en passant par Tiaret. L’effet de proximité géographique joue de manière indéniable sur son attractivité, puisque les wilayas limitrophes constituent les entités les plus fortement soumises à l’attractivité de l’agglomération, telles Nâama (coefficient de 23), El-Bayadh (13) et Tindouf (14). La forte attractivité qui s’exerce sur ces trois wilayas  peut s’expliquer d’une part par le tracé même de l’unique réseau routier qui structure la région et qui joint Nâama à Tindouf, et d’autre part par l’absence de pôle urbain significatif dans la région, qui renforce conséquemment la capacité d’attractivité de Béchar.

Carte n°1 : Attractivité de Béchar

 

 Ainsi, l’ensemble des wilayas comprises dans un arc partant de la wilaya d’Adrar à Oran en englobant Rélizane, subit l’attractivité de Béchar de manière diverse mais néanmoins réelle. En matière de flux, la wilaya d’Oran constitue la première zone émettrice en direction de Béchar avec 811 individus migrants entre 1987 et 1998, viennent ensuite les wilayas d’Adrar, Tlemcen, Nâama, El-Bayadh, Sidi-Bel-Abbès dont le nombre d’émigrants vers Béchar est compris entre 300 et 500 individus. La relation migratoire avec la capitale Alger est relativement ténue, le flux à destination de Béchar n’était que de 340 individus sur cette période. L’attractivité saharienne significative de Béchar ne dépasse pas les wilayas d’El-Bayadh et d’Adrar à l’est, elle est négative concernant les wilayas du sud-est (Tamanghasset et Illizi) et nulle sur les wilayas du Sahara du nord-est (Ouargla, Ghardaïa et El-Oued).

A l’inverse de Béchar, l’attractivité de l’agglomération de Biskra s’inscrit spatialement sur l’Est algérien d’Illizi à Skikda et rayonne sur l’ensemble des wilayas limitrophes. Elle représente l’agglomération urbaine saharienne la plus attractive des sept agglomérations sahariennes de plus de 100 000 habitants. Et là encore, la proximité géographique, cumulée à une densité élevée d’infrastructures de transport, joue son rôle dans la compréhension des mouvements migratoires. Les wilayas les plus soumises à son attraction, en terme de coefficient, sont celles de Batna (11.3) et de Ouargla (9.6), puis une deuxième couronne composée des wilayas d’El-Oued (4.5), Khenchela (4.2), M’Sila (3.8) et Oum-el-Bouaghi (2.9). L’attractivité dans le Sud-Ouest est nulle au-delà de la wilaya de Ghardaïa, mais demeure significative sur l’axe reliant Biskra à Skikda (1.9). Son attractivité est également nulle sur le quart nord-ouest algérien.

Carte n°2 : Attractivité de Biskra

 

Batna, au nord, est le premier foyer émetteur de migrants à destination de l’agglomération de Biskra (1 521 individus), suivi directement par Alger (1 038), démontrant un lien migratoire bien plus dense avec la capitale, ce qui peut s’expliquer, notamment, par le statut de Biskra, qui constitue la plus grande agglomération saharienne algérienne. Nettement moins soumise à l’attractivité biskrie, la wilaya de Ouargla a vu émigrer 657 individus vers Biskra, davantage que la wilaya de M’Sila (561) à l’ouest. Nous l’avons vu, l’axe Biskra – Skikda constitue un axe structurant de l’Est algérien, notamment de par ses prolongements vers le Sud pétrolier et le reste du Bas-Sahara. L’analyse des migrations démontre l’influence d’un tel axe ; il existe en effet dans les wilayas traversées par son tracé une tendance à être attiré vers Biskra plus forte qu’à l’ouest et au nord-ouest de l’agglomération.

La mesure de l’intensité des liens migratoires peut s’établir à deux niveaux. D’une part en terme de valeurs absolues, l’on se doit de relativiser la prédominance du facteur de proximité dans l’intensité des liens migratoires, comme le démontre l’exemple d’Alger ou de Constantine (307 migrants), même si de fait, l’essentiel des flux provient des wilayas limitrophes. D’autre part, en matière de coefficients, l’on note très clairement un gradient décroissant d’intensité de la relation migratoire avec la distance. L’attractivité forte de l’agglomération est à mettre en relation d’une part avec son dynamisme économique ; elle est insérée au sein d’une des plus grandes zones de production de maraîchage d’Algérie, et d’autre part par sa situation de tête de pont, point d’entrée du réseau du Bas-Sahara.

L’agglomération de Ghardaïa est caractérisée par une attractivité spatialement vaste qui s’étend sur l’ensemble du Sahara, à l’exception de la wilaya de Béchar à l’ouest. Au nord, au-delà des wilayas des Hautes plaines centrales, son attractivité est nulle, hormis sur les wilayas comprenant les grandes métropoles du Nord, Oran, Alger et Constantine.

L’attractivité la plus forte en terme de coefficients s’exerce sur les wilayas limitrophes de Ouargla (7.6), Tiaret (7.1), Laghouat (6.6), Djelfa (5.5), ainsi que sur Biskra (3.1). Et au-delà de cette couronne de proximité, l’empreinte de son attraction est marquée dans le Sud-est saharien (Illizi et Tamanghasset, coefficients supérieurs à 2.5), sur le Sud-ouest saharien (Adrar et Tindouf, coefficients de 1.9).

 Carte n°3 : Attractivité de Ghardaïa

  

 Le caractère central de l’agglomération dans l’espace saharien, point de connexion entre le Bas-Sahara, le Sahara touareg et l’Ouest saharien, lui confère un net avantage en terme d’attractivité. Sa connexion avec le Nord algérien en a fait une réelle plaque tournante de l’échange entre Nord et espace saharien, les réseaux mozabites constituant une structure spatiale très vaste qui a participé à structurer ces connexions commerciales historiques. Historiquement, le commerce transsaharien était contrôlé par des ibadites (Bisson, J., 2003).

En terme de flux, l’originalité réside dans la prédominance de la wilaya d’Alger comme premier émetteur de flux à destination de l’agglomération (609 individus), suivi de peu par la wilaya de Tiaret (548). Dans le premier cas, l’on peut considérer ces migrations comme étant, en partie, des migrations de retour de travailleurs partis dans la capitale. Hormis ces deux pôles émetteurs majeurs, les flux sont plus faibles et compris entre 200 et 300 individus pour les wilayas d’Adrar, de Ouargla, de Djelfa et Laghouat, et bien inférieurs pour le reste de l’espace national.

À l’inverse des agglomérations de Biskra et de Béchar, dont l’attractivité sélective s’étend au nord jusqu’aux métropoles d’envergure, respectivement Constantine et Oran, l’attractivité de Ghardaïa est marquée par une rupture très nette au nord des wilayas de Tiaret, Djelfa et M’Sila, même si la wilaya d’Alger connaît des liens migratoires structurels avec Ghardaïa.

Conclusion

L’analyse des processus d’attraction qui caractérisent les trois agglomérations sahariennes retenues dans le cadre de l’étude, conduit à constater la prégnance de certaines formes d’organisation et de fonctionnements spatiaux hérités. Chacune des agglomérations a une aire d’influence spécifique, Béchar sur l’Ouest, Ghardaïa plutôt sur le Centre et le Sud et enfin Biskra sur l’Est algérien. Ces différentes aires d’influence correspondent partiellement à la structuration même de l’espace saharien algérien, organisé de manière longitudinale, ce qui ne va pas sans rappeler l’héritage de l’organisation coloniale du territoire en peigne à partir des ports vers l’intérieur des terres (Cote, M., 1988). Ainsi les flux migratoires, aspects dynamiques, s’il en est, des fonctionnements territoriaux révèlent en partie des effets de structures. Mais au-delà de la prégnance de facteurs d’organisation spatiale hérités, mais néanmoins fonctionnels, d’autres facteurs permettent d’appréhender ces fonctionnements.

L’absence de pôle urbain majeur dans l’Ouest saharien permet d’expliquer en partie l’attractivité de Béchar, et sa relation migratoire privilégiée avec Oran, doit peut-être se lire davantage comme des retours de migrants partis à Oran sur la période précédente, que comme une réelle attractivité, comme c’est le cas pour la relation migratoire Alger-Ghardaïa.

Biskra, premier pôle urbain saharien, doit, en partie, son attractivité à sa situation relative sur l’axe oriental saharien qui en fait la véritable porte du désert à l’Est, ainsi qu’à son dynamisme économique.

Enfin, Ghardaïa, qui est historiquement un centre économique saharien majeur, marque son empreinte sur l’ensemble du Sahara, et s’impose comme relais entre Nord et Sud algériens.

Les analyses menées dans le cadre de ce travail pourraient être affinées si l’organisation même des données migratoires était structurée plus finement, mettant en relation non plus des communes et des wilayas, et réciproquement, mais des entités communales et d’autres entités communales. Néanmoins, l’on peut supposer que les grandes tendances dégagées ici ne feraient que se confirmer.

Bibliographie

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  • Troin, J.-F., et al., Le grand Maghreb, Paris, Armand Colin, 2006, 381p.

 notes

[1] Plus 17 000 individus (Kouzmine Y., 2003).

[2] L’essentiel des éléments présentés ici sont le fruit d’un mémoire de maîtrise, soutenu en 2003, intitulé « L’espace saharien algérien, dynamiques démographiques et migratoires », Laboratoire ThéMA-Université de Franche-Comté.

[3] L’agglomération urbaine, en Algérie, est définie par un seuil d’habitants supérieur à 5 000 hab. ainsi que par des critères qualitatifs liés aux équipements

[4] Sur les cinquante agglomérations urbaines sahariennes en 1998.

[5] L’O.N.S. dénombre trois agglomérations intercommunales de plus de 100 000 hab. au Sahara : Ghardaïa, Touggourt et Ouargla

[6] Sept agglomérations urbaines comptent plus de – ou atteignent les – l00 000 hab. en 1998 : Béchar, Biskra, El-Oued, Ghardaïa, Laghouat, Ouargla et Touggourt.