Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Depuis de nombreuses années, dresser un état des savoirs fait partie des démarches scientifiques fréquentes. Esquisser un bilan des connaissances accumulées dans un domaine donné ou établir un panorama de la recherche, savoir si les bonnes questions ont été posées, saisir les changements intervenus durant des décennies, localiser l’émergence de nouveaux thèmes ou l’irruption de nouveaux paradigmes, orienter les travaux et recherches à venir, les motivations se rejoignent et se complètent[1].

La tâche n’est pas aisée quand il s’agit de faire la synthèse de travaux souvent éclatés, de tenter de capitaliser des connaissances multiples et variées, de présenter à la fois des données chiffrées et une pensée simplifiée. 

Dans le cadre du symposium du CRASC sur l’état des savoirs sur les sciences sociales et humaines, nous avons engagé une tentative visant à faire le point sur la production en géographie rurale à Constantine[2]. A cet effet, nous avons constitué une base de données composée de 210 titres produits en trente ans (1974-2003) soit le 1/5 de la production globale[3].

A partir de la lecture des titres -si l’on considère que le titre sert à désigner un contenu- et sur la base de nos propres connaissances sur une filière à laquelle nous sommes associés depuis pratiquement sa création, nous avons, derrière la diversité et un désordre thématique apparent, essayé de dégager des règles pouvant expliquer le choix des thèmes et leur traitement. La recherche de ces règles a été le principe directeur de notre démarche, d’autant qu’aucun état des savoirs n’a été établi auparavant.

Après la constitution de la base de données, nous avons effectué des tris et formulé des requêtes destinées à observer la fréquence des mots figurant dans les titres et identifier les associations de mots. Le résultat laisse apparaître une cohérence certaine.

L’existence de thématiques

Les sujets traités relèvent de grandes thématiques telles qu’elles sont récapitulées dans l’organigramme intitulé « production scientifique et thématique ». Bien entendu, notre classement peut paraître parfois arbitraire.

En effet, toute démarche opérant des tris ou des classifications est confrontée au flou ou aux ambiguïtés qui rendent le rangement difficile, donc arbitraire à la perception et soumis à contestation. Ainsi, la désertification est classée dans la thématique « physique » alors qu’elle est parfois associée aux actions anthropiques ou à la pression démographique. En fait, le regroupement des titres en 36 thèmes et 07 thématiques s’inscrit dans les pratiques scientifiques courantes de la géographie.

Incontestablement, derrière le fourmillement des titres, des orientations cohérentes sont données par les enseignants de l’encadrement. Souvent en accord avec leur propre formation ou spécialisation, ou alors avec des préoccupations de recherche collective ou individuelle. Cette cohérence est confirmée par les choix de terrain.

Terrain privilégié : le Tell

L’évolution historique de ces choix (voir carte « évolution historique des choix de terrains ») montre comment les premiers terrains couverts par les travaux étaient constitués par Constantine et les wilayas situées au voisinage immédiat (Mila, Guelma, Oum-El-Bouaghi, Skikda). La proximité géographique est, certes un paramètre essentiel, mais il est vrai aussi que ces terrains représentent le domaine tellien prioritairement. Par la suite, les choix se sont tournés progressivement vers les Hautes plaines, la Steppe et le Sud, le critère de la distance orientant l’évolution. Au total, les territoires familiers et proches représentent au total plus de 60 % des travaux. Le trop plein réalisé sur le Tell ainsi que la volonté scientifique de découvrir de nouveaux territoires, d’élargir les connaissances et d’utiliser de nouvelles méthodes ont amené l’encadrement à prospecter d’autres milieux physiques, l’éloignement de Constantine n’étant plus un obstacle. Depuis une décennie, les sujets sur le Sud se multipliés au point d’atteindre une vingtaine, contre zéro pendant vingt ans. Il est vrai que la situation sécuritaire, plus favorable a encouragé la tendance.

Les niveaux d’analyse relèvent également de choix délibérés portant sur une unité administrative (commune, daïra ou wilaya) ou une unité physique (plaine, vallée ou versant).

Choix des thèmes : hiérarchie et adaptation aux évolutions territoriales

Dans le graphique intitulé « les grands titres », nous avons élaboré une hiérarchie basée sur la fréquence avec laquelle est traité chacun des sujets.

Cela nous a permis de distinguer des titres : 

- majeurs, traités au moins une fois par an ;

- importants, traités une fois tous les deux à trois ans ;

- intermédiaires, traités une fois tous les cinq à sept ans ;

- peu fréquents, traités une fois tous les dix à trente ans.

L’explication de cette répartition tient au fait que certains thèmes se situent au cœur de la filière rurale (agriculture, milieu physique) ou émergent comme sujets dominants (restructuration). Inversement, des thèmes se situent à la périphérie de la spécialité (marchés, commercialisation, réseau) ou apparaissent comme sujets pointus exigeant d’autres compétences que la géographie ou l’aménagement, et peu attractifs (céréales, agrumes, déprise, emprise, tribus etc.). Entre les deux types extrêmes se trouvent des thèmes dont l’intensité du traitement les place près des préoccupations scientifiques essentielles de la filière ou, au contraire les en éloigne. Certains sujets comme l’habitat, l’élevage ou le foncier sont peu localisés comme titre principal mais sont abordés dans de nombreux travaux parce qu’ils constituent un élément clé des diagnostics.

Comment a évolué le choix des sujets et quel rapport peut-il avoir avec la conjoncture ou les évolutions territoriales ? Pour répondre à la question, nous avons élaboré des graphiques par sujet qui nous ont permis de dégager la typologie suivante.

Thèmes abandonnés et thèmes nouveaux

En trente ans, et compte tenu des différentes évolutions connues par le pays, les orientations scientifiques ont souvent coïncidé avec la conjoncture. Le document intitulé « thèmes abandonnés, thèmes repris » montre que la « restructuration rurale », quantitativement un des thèmes les plus importants (traité 32 fois), a été essentiellement abordé entre 1976 et 1981. Le mouvement a accompagné la « révolution agraire », réforme engagée à partir de 1971 pour transformer en profondeur le monde rural algérien. Scientifiquement, il s’agissait d’évaluer ces transformations à travers la question foncière et l’organisation ternaire de l’espace (village socialiste, coopérative de production, coopérative de services), et d’avancer des propositions d’aménagement.

Ensuite, le thème a été abandonné, les travaux réalisés ayant permis de « faire le tour » de la question scientifique et de couvrir le champ méthodologique. Cette désaffection a été aussi brutale que l’intensité avec laquelle le sujet a été traité (en moyenne six travaux par an durant cinq ans). Les réformes agraires entamées à partir de 1985, qui aboutissent à l’abandon officiel de la révolution agraire en 1990[4], vont également contribuer à l’enterrement du sujet.

Parmi les sujets abandonnés, il est possible de citer :

- « l’emprise sur les terres agricoles », dont le traitement a coïncidé avec l’essor industriel et urbain considérable des années 1970, et ses retombées mesurées par l’empiètement sur les terres agricoles ;

- « l’affectation des terres », tentative engagée, sur la base d’expériences étrangères, pour proposer un type de planification basé sur le « zonage », bien avant la mise en place du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et du plan d’occupation des sols[5] ;

- « la déprise agricole », sujet traité pour évaluer les conséquences sur la montagne de l’exode rural généré par l’industrialisation et l’urbanisation.

Inversement, des thèmes nouveaux émergent progressivement en relation avec des préoccupations diverses. Ainsi, la « désertification » fait irruption et s’installe comme un thème récurrent dans la filière rurale à partir de 1990 (et dans la filière milieux physiques). Dans le même temps, elle devient une question essentielle en Algérie dans la mesure où l’avancée du désert vers les zones peuplées et agricoles du Nord du pays est perçue comme une menace et une entrave majeures pour le développement et les populations, et comme un facteur aggravant la pénurie des ressources en eau déjà lourdement ressentie. 

L’émergence du thème « analyse des espaces ruraux », plus récente, est associée à l’évolution interne de la filière rurale, caractérisée par un effort de formation des enseignants et la soutenance de thèses de doctorat. Le zonage des sujets (espaces ruraux désertiques, montagnards, périurbains, sublittoraux, littoraux, telliens, des hautes plaines) traduit l’accumulation des connaissances acquises sur le territoire du nord-est algérien ainsi que le niveau de la maturité scientifique et méthodologique atteint.

Parmi les pistes nouvelles, il est permis de citer également :

- « le développement durable », préoccupation universelle et non seulement algérienne ;

- « les marchés de gros » (en relation avec les dynamiques agricoles), dont le traitement accompagne le mouvement de libéralisation du pays, les marchés étant un lieu traditionnel de l’offre et de la demande ;

 - « les bassins de vie » et « les agglomérations (rurales, périurbaines) », sujet investi pour analyser les formes d’organisation de l’espace liées à la mise en place et au développement de petits centres qui émergent comme points de focalisation des attractions et de la mobilité.

- « la montagne » (treize travaux depuis 1997), préoccupation spécifique centrée sur les formes et mécanismes d’adaptation des espaces montagnards à la crise sécuritaire, économique et à l’économie de marché ; sur le renouvellement des pratiques économiques, sociales et spatiales des populations locales. 

Thèmes abandonnés et repris 

Le document sur les « thèmes abandonnés et repris » illustre une pratique de la filière qui dénote un sens alerte de la prospection, de l’observation, du suivi et de la continuité.

Traité en 1977 et 1978, le thème des mutations a accompagné les « révolutions algériennes » qui devaient transformer en profondeur le territoire algérien, structurellement marqué par la colonisation. Abandonnées dans les années 1980, ces « révolutions » ont laissé place à une démarche moins ambitieuse, plus prudente et empreinte d’immobilisme. Ce fait a certainement joué un rôle dans l’abandon du sujet. Par ailleurs, il est permis de se demander si le sujet n’a pas été traité prématurément. En effet, si la mutation est un phénomène rare en biologie, elle est plus fréquemment évoquée en géographie, souvent dans le sens de « transformation » ou « changement »[6]. Pourtant, elle affecte les structures, agit en profondeur et s’inscrit dans la durée en général. Conscients de ce fait, les enseignants ont abandonné cette piste pour la reprendre depuis dix ans sous les titres mutations rurales, agraires, agricoles ou périurbaines. Cela coïncide avec les conséquences induites par la crise multidimensionnelle qui affecte l’Algérie depuis la fin des années 1980.

Abordé assez tôt (1978, 1982) le « périurbain » a été vite abandonné, les grandes villes n’ayant pas encore, à l’époque, produit des couronnes périurbaines. Depuis une dizaine d’années, le thème est fréquemment repris, ces couronnes ayant acquis une consistance telle que l’étude de leur formation, de leurs fonctions, de leur relation organique à la grande ville ou de leur identité devient incontournable.

Si les « mutations » et le « périurbain » traduisent un intérêt et un suivi scientifiques constants pour des évolutions territoriales lourdes réalisées sur trente ans, la reprise des travaux sur le thème de « l’eau » et de « l’irrigation » correspond à l’acuité avec laquelle se pose désormais la question pour le développement économique et social de l’Algérie. Elle accompagne une nouvelle approche dans laquelle l’eau émerge comme élément majeur de l’aménagement du territoire, se substituant même à l’industrie au moment où le pays connaît un vaste mouvement de désindustrialisation. 

Dans ce mouvement de reprise et d’adaptation, peuvent être cités des thèmes, engagés une première fois pour accompagner l’application, et repris une deuxième fois, pour en faire l’évaluation :

- « l’agraire » et « le foncier » traités au moment de la phase d’application de la révolution agraire (1970-1980) sous les thèmes de la « restructuration » et de « l’aménagement rural ». A partir de 1990, ils sont repris pour accompagner les réformes agraires engagées dans la deuxième moitié des années 1980 mais également pour cerner les « évolutions rurales » induites par ces réformes et les « impacts sur l’agriculture » ;

- les « villages socialistes », étudiés au moment de la vague de leur réalisation (années 1970) comme éléments d’aménagement rural et comme composants d’une organisation ternaire volontaire. La nouvelle approche les concernant (1998, 2001) porte sur l’évaluation de leur développement, leurs transformations en entités micro urbaines et leur rôle dans l’organisation de l’espace rural ;

- les « plans communaux de développement » (P.C.D.), pour lesquels des « éléments d’aménagement » sont proposés au moment de leur lancement (1977-1980). Vingt ans plus tard, une « évaluation des PCD de 1975 à 1995 » est réalisée ;

- le « développement local » (1985), sa place dans la décentralisation, dans l’aménagement du territoire et dans la stratégie globale du développement sont analysés pendant sa période forte (financements publics considérables, larges attributions économiques aux collectivités territoriales). En 2003, une évaluation est réalisée portant sur « l’impact du développement local sur l’organisation de l’espace ».

Thèmes permanents

De 1974 à 2003, des thèmes sont traités régulièrement, certains de manière quasi permanente. Ils sont au cœur des préoccupations scientifiques de la filière rurale : « l’homme et le milieu », « les dynamiques », « l’aménagement » ou « l’agriculture ».

Une étude détaillée des deux derniers thèmes montre combien les orientations scientifiques sont réfléchies, malgré l’absence d’évaluation ou de bilans exhaustifs, et combien les enseignants (mais aussi les étudiants) sont à l’écoute des différentes évolutions.

L’agriculture (40 travaux) est associée à divers sujets (mise en valeur, mutations, réformes etc.) qui sont regroupées en quatre grands thèmes : l’étude des potentialités, de leur utilisation, des possibilités de mise en valeur (32,5 % des travaux) ; l’étude des fonctions et du rôle de l’agriculture dans l’organisation de l’espace (30 %) ; l’étude des dynamiques, des évolutions et des formes d’adaptation (30 %) ; l’étude de thèmes « périphériques » (7,5 %). La répartition des travaux entre les trois grands premiers thèmes est équilibrée, témoignant du souci de l’encadrement de couvrir tous les aspects liés à l’agriculture et d’un suivi approfondi (voir document graphique intitulé « agriculture : évolution et contenu »).

Il en est de même pour l’aménagement (36 travaux), terme associé à des sujets en rapport avec les réformes, les préoccupations conjoncturelles ou structurelles, les évolutions scientifiques et méthodologiques des enseignants. Un tiers des travaux relèvent de l’aménagement rural, lui-même relié à des sujets variés (du village socialiste à l’eau) (voir document graphique intitulé « aménagement : évolution et contenu »).

Ces deux exemples montrent combien les enseignants de l’encadrement restent attentifs aux thèmes qui sont au cœur de la filière rurale (76 travaux sur 210) et combien les liens avec des sujets très variés ont permis de faire des avancées scientifiques et méthodologiques de même qu’elles ont élargi la somme des connaissances accumulées sur le Nord-est algérien. Ils illustrent également, malgré l’absence de bilans exhaustifs et d’évaluations régulières, la cohérence des orientations données par les enseignants.

Conclusion 

Au-delà de la masse de données, de la diversité des titres et du désordre thématique, nous avons essayé de dégager des règles pouvant expliquer l’évolution des thèmes et les choix de l’encadrement. Le travail que nous avons réalisé correspond à une analyse statistique des mots menée grâce à l’outil informatique. L’interprétation des résultats nous permet d’affirmer que ces règles existent.

1° Derrière la diversité et le désordre, il existe effectivement une cohérence réelle dans les choix des sujets et des terrains, cohérence d’autant plus remarquable qu’elle se dégage en l’absence d’état des savoirs interne à la filière concernée.

2° A l’écoute des évolutions territoriales et scientifiques, les enseignants ont procédé régulièrement aux adaptations destinées à les accompagner.

3° Les choix ont été marqués par la maturité scientifique et méthodologique progressive des enseignants.

4° Quelques thèmes majeurs ont été oubliés (ou très peu traités comme titres) : l’habitat, les mouvements migratoires ; d’autres doivent être traités à l’avenir car ils sont le reflet d’évolutions déterminantes : la mobilité, les filières de production, les fonctions patrimoniale et environnementale de l’espace rural, le rapport entre les évolutions territoriales et les transformations sociales.

Cette tentative devrait être complétée par un travail d’évaluation qui va au-delà des titres pour analyser les contenus. Par ailleurs, elle devrait être étendue à toute la production scientifique des filières rurales en Algérie pour savoir s’il existe une approche (pensée ?) spécifique locale sur les questions rurales, si les chercheurs sont en mesure de construire un champ d’étude du monde rural algérien et s’ils sont en mesure de réaliser l’intégration de leurs méthodes et de leur réflexion.

Exemples d’ouvrages « État des savoirs »

- Collectif, Les organisations, état des savoirs, Éditions Sciences Humaines, 1999, 412 pages.

- Paquot, Thierry, (dir.) : La ville et l’urbain, état des savoirs, Éditions La Découverte, 2000.

- Maruani, Margaret, (dir.), Femmes, genre et société. L'état des savoirs, Éditions La Découverte, mars 2005, coll. « Textes à l'appui / Hors Série », 400 pages.

- Gemdev, État des savoirs sur le développement. Trois décennies de sciences sociales en langue française, Éditions Gemdev, 2003, 229 pages.

- Dewitte, Philippe (dir.), Immigration et intégration : l’état des savoirs, Éditions La Découverte, 1999, 442 pages.

- Collectif, La communication. État des savoirs, Éditions Sciences Humaines, 2005 (1ère édition en 1998).

- Segaud, M., Bonvalet, S., Brun, J., Logement et habitat : l’état des savoirs, Éditions La découverte. 

- DATAR, L’état des savoirs sur les forces et faiblesses des métropoles françaises en Europe. Séminaire organisé par la DATAR en mai 2004.

 

Notes

[1] Voir en annexe quelques exemples « État des savoirs ».

[2] Géographie rurale puis aménagement rural à partir de 1976, date de soutenance des premiers travaux issus de la réforme de l’enseignement supérieur de 1972. Le bilan porte sur la production scientifique de la « filière rurale » rattachée à l’institut puis à la faculté des sciences de la terre et de l’aménagement.

[3] 25 % des titres sont en français et 75 % sont traduits en arabe. Il s’agit de thèses de doctorat et de magister, de mémoires de DEA, de DES et d’ingénieur. Par ailleurs, les données des années 1986 et 1989 sont manquantes dans les catalogues consultés.

[4] Loi n° 90-25 du 18 novembre 1990 sur l’orientation foncière qui abroge les textes de la révolution agraire.

[5] P.D.A.U. et P.O.S. institués par la loi n°90-29 du 01 décembre 1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme

[6] Brenet, Roger, Les mots de la géographie, Montpellier, Ed. Gip-Reclus, 1993.