Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

Il faut reconnaître que nos connaissances sur la société algérienne de l’époque ottomane sont très fragmentaires et limitées. Les sources locales –arabes ou turques – sont des denrées rares, souvent insuffisantes ou inexistantes. Elles sont loin de nous retracer quantitativement et qualitativement l’histoire de cette longue période. Bien des coins de notre Histoire demeurent encore obscurs, d’où la nécessité de recourir aux sources étrangères.

En effet, l’Espagne, par exemple, par ses antécédents historiques et sa proximité géographique avec l’Algérie, demeure un des pays de l’Europe méditerranéenne qui conserve dans ses bibliothèques et ses fonds d’archives une source inépuisable de documents manuscrits et de sources imprimées sur la période en question. Précisément, ces écrits - peu connus ou partiellement étudiés - constituent du point de vue historique les premières sources d’information et des références bibliographiques de première main pour la connaissance de la société algérienne, vue de l’extérieur.

Je dois signaler que la présente étude est la suite d’une première ébauche sur toute l’historiographie espagnole de l’Algérie ottomane, que j’ai présentée lors du Séminaire International sur les Sources Espagnoles de l’Histoire d’Algérie, organisé par l’Université d’Oran en 1981[1]. Elle est le résultat d’une recherche ultérieure, beaucoup plus approfondie dans les bibliothèques et les différents fonds d’archives espagnoles. Évidemment la dispersion des sources manuscrites et les contraintes financières, m’ont permis, dans cette première phase de recherche de me consacrer uniquement à l’historiographie espagnole produite durant l’époque ottomane.

Il s’agit justement des écrits dont celui de Luis del Marmol Carvajal

Description générale d’Afrique”[2] qui touchent l’ensemble du Maghreb et des écrits qui se réfèrent uniquement à la Régence d’Alger, et c’est le cas de l’oeuvre de D. Haedo “Topographie et Histoire générale d’Alger”[3] et les ouvrages de D. Suàrez, “L’histoire du dernier Maître Montesa et de son frère D.Philippe de Borja et la manière dont ils ont gouverné Oran et Mers el Kébir”[4] de Gabriel Gomez de Losada “École des travaux”[5], Francisco Antonio Silvestre la “Fondation historique des hôpitaux que possèdent la Sainte Trinité à Alger”[6], l´œuvre anonyme : “Description statistique d’Alger et des nouvelles sur les principaux évènements et situation de ce pays dans ses différentes branches d’activités[7], et l’œuvre manuscrite d’Alonso Cano intitulée“ Description d’Alger, de son gouvernement et de ses forces militaires[8]. Évidement, il y a d’autres écrits qui se réfèrent au Maroc, qui pourraient faire l’objet d´une autre étude[9].

Mais en général, toutes ces chroniques constituent un groupe spécifique dans la production historiographique espagnole de la période moderne. Elles seront marquées par des courants de pensée propres à un exceptionnel dynamisme espagnol du XVI, et conditionnés par une vision expansionniste, fondée sur une exaltation nationale et spirituelle, c’est à dire une conscience d’un peuple qui se sentait appeler à de plus hautes destinées. Mais en réalité ces écrits seront marqués par un sentiment de frustration due à l’incapacité militaire de l’Espagne de mettre un terme à la course algérienne en mer ; mais en même temps ils laissent apparaître une image négative des algériens dans la conscience historique du lecteur espagnol.

Précisément l’objectif de notre étude est celui de faire connaître son contenu et la démarche entreprise par ces historiens-chroniqueurs, en essayant de préciser également l’évolution de l’état de leur esprit, leurs interprétations des faits historiques et leurs postures idéologiques sur l’Algérie ottomane.

1. Circonstances historiques et considérations générales de cette historiographie

Dés le début du XVI siècle, les auteurs de ces écrits poursuivaient le même objectif qui était celui de reconnaître le terrain de l’ennemi du nouvel adversaire ottoman qui s’est installé de l’autre côté de la Méditerranée et qui a réussi à donner du fil à retordre aux plus prestigieux « conquistadores » espagnols, comme le cas par exemple de Hernan Cortés a participé à l´expédition de Charles V contre Alger en 1541. Pour cela, et très souvent, pour des raisons de sécurité et des besoins immédiats ou ponctuels, ces écrits sont mis d’abord à la disposition des autorités compétentes, pour une éventuelle exploitation, avant leur publication. D’ailleurs, c’est pour cette raison qu’une partie de ces écrits a été gardée au secret pendant longtemps, avant d’être publiée. L’un d’entre eux est resté occulté sous forme de manuscrit jusqu’à l’heure actuelle.

A l’exception de la dernière chronique, tous ces écrits sont des témoignages qui reposent sur des observations directes, faites par leurs auteurs durant leur séjour à Alger et à Oran, comme Rédempteurs, administrateurs de l’Hôpital d’Alger, captifs ou soldats. La plupart d’entre eux sont rédigés par des hommes d’Église, donc souvent imprégnés par une analyse subjective du processus historique du monde musulman. Une manière à eux de rejeter hors de l’Histoire tout ce qui ne rentre pas dans le cadre de l’humanisme chrétien, apparu dés le début du XVI siècle.

Pourtant, après la chute de Grenade, l’Espagne était plus disposée et plus habilitée que les autres pays européens à mieux faire connaître le monde musulman au reste de l’Europe. Bien au contraire, après l’opération de la conversion forcée des Musulmans au christianisme en 1502, l’Espagne a mis en place tout un dispositif administratif et éducatif qui lui a permis d’éliminer toute trace de culture et de traditions arabo-islamiques en terre espagnole, en vue de les assimiler à la culture chrétienne. Un antisémitisme caractérisé s’est implanté en Espagne, après la mort des Rois Catholiques, qui s’est consolidé jusqu’à l’expulsion de ces morisques au début du XVIIe siècle. L’unité politique et religieuse était une condition sine qua non dans toute la péninsule ibérique. Précisément, le Tribunal d’Inquisition fut créé pour contrôler surveiller et poursuivre tous ceux qui n’étaient pas catholiques ou tout simplement ceux qui avaient un penchant sympathique pour le monde musulman. Par exemple, vers le début de ce même siècle, le grand écrivain espagnol Calderon de la Barca était soupçonné dans une de ses œuvres « Amar despuès de la muerte »[10] d’avoir de la sympathie pour les Morisques. Elle fut immédiatement censurée par ce Tribunal. Ce qui veut dire qu’il n’existait aucun système d’enseignement en Espagne qui accordait une petite place à la connaissance de la langue arabe et du monde musulman, durant toute la période moderne.

Ainsi donc, pour des considérations d’ordre politique, culturel, idéologique et spirituel, l’Espagne a mis beaucoup de temps à comprendre et à s’adapter à la conception islamique du monde musulman, surtout dans le contexte des relations internationales. Les six premières chroniques sont apparues à un moment où l’Espagne a connu du point de vue politique, militaire et économique, deux périodes différentes : une période de prospérité qui correspond au XVI siècle et une longue période de décadence qui correspond au XVII siècle. Leur apparition coïncide également avec l’universalisme catholique comme expression de la sensibilité générale du pays, qui donnera lieu à une grande production littéraire de grande qualité, de ce qu’on appelle généralement le Siècle d’Or espagnol. Les œuvres de Gabriel de Losada et d’A. Silvestre apparurent également au courant de cette deuxième moitié du XVIIe siècle, c'est-à-dire au moment où l’Espagne se trouvait en pleine décadence.

Par contre, le manuscrit d’A.Cano est apparu au cours de la deuxième moitié du XVIII siècle, au moment où l’Espagne était en train d’imposer, avec l’avènement des Bourbons sur le trône espagnol, une nouvelle stratégie militaire face à la Régence d’Alger. Quant au dernier écrit, il est apparu au début du XIX siècle, c'est-à-dire à un moment où l’Espagne connut une nouvelle crise économique due à la guerre d’indépendance (1808-1814). L’auteur de cet ouvrage donne un aperçu global sur la vie politique de la Régence d’Alger et sur ses potentialités économiques en vue de rétablir ses relations commerciales.

2. Phase initiale de cette historiographie (XVI siècle)

Si nous nous référons au XVI siècle, période de l’apparition des trois premières chroniques, nous verrons, comme nous l’avions signalé plus haut, que le Maghreb était devenu un objet de convoitises pour l’Espagne, surtout sous les Rois Catholiques. Il était considéré comme la cause et la fin de beaucoup de choses liées avec l’histoire de la péninsule ibérique où une politique africaine était née, visant la conquête de ce grand Maghreb, suite au testament de la Reine Isabel I qui disait « Que no cesen de la conquista de Africa y de pugnar la fé contra los infieles »[11]. Sa pensée symbolise l’action politique et militaire de l’Espagne sur l’autre rive de la Méditerranée. En effet, ce plan d’action a été réalisé par le Cardinal Cisneros, en occupant les points stratégiques du littoral maghrébin et en soumettant les sultans des royaumes Hafcide et Zianide.

Mais, la forte contre-offensive des frères Barberousse au Maghreb et la création, plus tard, d’une unité politique et religieuse, fortement militarisée à Alger, sous l’égide du sultan de Constantinople, ont suscité l’inquiétude des hommes politiques et la curiosité de l’élite intellectuelle en Espagne, qui donnera lieu à la naissance d’un type nouveau de récits qui marquera le début de la production historiographique européenne, dans lesquels les Algériens apparaissaient comme des personnages romanesques, plus ou moins stéréotypés. L’image de l’Algérien, dans un style romanesque approprié, se trouve dans l’œuvre de M. de Cervantès[12].

Comme M. de Cervantès, mais dans un autre style narratif plus direct, d’autres hommes de lettres de l’époque, tels que M.Carvajal, D. Haedo et D. Suarez se sont intéressés à l’Histoire de ce nouvel « Etat algérien » dépendant de l´autorité du Sultan de Constantinople, qui vient d’être fondé, et qui portera le nom de la Régence d´Alger. Comme M. de Cervantès[13], ce sont également des témoins oculaires. Les deux premiers étaient captifs à Alger et le troisième était soldat espagnol de la place d’Oran. Ce sont des œuvres qui ont été écrites et destinées au roi Philippe II.

Donc ce sont des écrits basés sur des observations directes, mais aussi sur des sources imprimées, produites antérieurement sur le passé de ce pays quand à son histoire de l´époque romaine et musulmane. Ils sont considérés pour toute l’Europe comme les premiers témoignages de l’ensemble du Maghreb, et constituent jusqu’à l’heure actuelle des ouvrages de références de base pour les historiens espagnols, français et algériens.

Cependant, bien que ces chroniques espagnoles soient une première contribution à la connaissance de l’histoire d’Alger et ses environs ainsi que celle d’Oran et sa région, elles sont loin de nous fournir des informations exhaustives, satisfaisantes pour celui qui voudrait connaître profondément le reste du pays du point de vue politique, économique, sociale et culturelle de l’époque, d’où la nécessité de les compléter avec des sources locales.

2.1. Descripcion general de Africa de Luis Marmol Carvajal

Dans cet ouvrage il existe un besoin de faire connaître les lieux de l’ensemble de cet espace géographique maghrébin. En effet, L. Mármol Carvajal (1520 - 1599) rédigea sa «Descripcion general de Africa» (1573 et 1599)[14] en s’appuyant sur des témoignages directs des autochtones, et sur les sources antérieures grecques, latines : telles que les chroniques de Claudio Ptolomeo, Paulo Diacono, Mela Pompniu, Beroso Caldeo, Joseph Flavius, - et arabes, telles que Ibn Raquiq, Abou el Faradj el Isfahani, Ibn Khaldoune et surtout l’œuvre contemporaine de Hassan El Ouazzane ou J.Léon l’Africain[15] : qui est apparue au moment de l’établissement des Turcs à Alger. Plusieurs de ses commentateurs trouvent qu’il l’a suivie un peu à la lettre, en incluant parfois des paragraphes entiers sans altérer la rédaction du texte original de leurs informations. A. Berbrugger l’accuse sévèrement d’avoir «pillé son œuvre avec le plus d’impudeur…en se gardant bien de laisser comprendre qu’il lui doit la majeure partie de ses renseignements»[16].

Cependant, ce qui est intéressant et ce qui fait l’originalité de son œuvre, ce sont d’abord ses témoignages et ensuite ses observations personnelles, faites durant ses déplacements en terre africaine. Il a séjourné, selon ses dires, sept longues années et huit mois en terre africaine. Il prit part à l’expédition de Charles V contre Tunis et fut fait prisonnier en 1556 suite à la sortie d’Oran vers 1545, où il fut conduit à Tlemcen, Fez. Il accompagna, durant sa captivité, Mohammed ech-Cheikh dans toutes ses expéditions dans le royaume du Maroc jusqu’à Sakiat el Hamra, au Sahara Occidental.

Dans ses deux premiers volumes, il nous décrit l’espace géographique du Maghreb central, occupé actuellement par le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, ainsi que l’histoire générale des musulmans depuis la naissance de l’Islam jusqu’à leur expulsion d’Espagne, en laissant pour le troisième volume la description de l’Égypte et de l’Éthiopie.

Du point de vue géographique et historique, l’œuvre de L.Marmol est considérée par l’historien espagnol contemporain, Garcia Figueras[17], ainsi que par d’autres historiens français, tels J. Auguste de Thou, H. de de Castries comme une des premières contributions européennes pour la connaissance du Maghreb pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Elle a permis d’apporter de riches informations sur un monde aussi proche géographiquement et aussi loin idéologiquement parlant. Vu l’importance et l’intérêt de cette œuvre, elle fut traduite en français par Nicolas Perrot et éditée à Paris, en trois volumes, en 1667.

En lisant la partie consacrée à ce qu’on appelle aujourd’hui le Maghreb central, nous avons l’impression que son auteur, en décrivant cette région du point de vue géographique, historique, ethnologique et sociologique, connaissait parfaitement les lieux les coutumes et la culture de leurs habitants, presque comme s’il les avait vécus de l’intérieur.

C’est le premier écrivain espagnol qui apporta les premiers éléments d’information sur le Maghreb et ses habitants dans une abondante description historique des quatre royaumes du Maroc, de Fez, de Tlemcen, de Tunis et la naissance de la Régence d’Alger avec les frères Barberousse, dans son Livre II.

Du point de vue religieux, Luis de Marmol, dans son Deuxième Livre, consacre de longs chapitres, où il analyse l’histoire de la religion musulmane depuis ses origines jusqu’au début de la seconde moitié du XVIe siècle, en prenant comme point de départ l’Arabie, en passant par l’Espagne et en débouchant sur le Maghreb. Il nous fait découvrir les différents aspects des rites musulmans ainsi que d’autres mythes spirituels relatifs au maraboutage et à la fonction et au rôle des zaouïas dans la vie sociale et politique des pays maghrébins.

2.2. Topographia e historia de Argel… de D. Haedo

Témoin oculaire aussi, durant sa captivité à Alger entre 1577 et 1581, le bénédictin Diego Haedo nous donne lui aussi, comme Diego Torres[18] pour le Maroc, une description plus ou moins ponctuelle et exacte de la Régence d’Alger au XVI siècle. Il y a lieu de signaler au passage que Georges Camamis a démontré récemment, preuves à l’appui, que le véritable auteur de cette œuvre ne pourrait être que le protagoniste des «Trois dialogues de la Topographia » le Docteur Sosa, ancien compagnon captif de Miguel de Cervantès[19]. Bien que d’autres s’accordent à dire le contraire. Mais ce qui compte pour nous ce sont les précieuses informations que nous fournissent cette œuvre, axées essentiellement sur des témoignages directs, accompagnés d’observations personnelles sur la vie politique, économique, ethnologique, sociologique et militaire de la Régence d’Alger, depuis sa fondation jusqu’à la fin de sa captivité en 1581. Il faut dire aussi que cette œuvre a connu plus de succès en France qu’en Espagne. Elle est devenue par la force des choses, chez les historiens français, intéressés par l’histoire de l’Algérie ottomane, la première source de référence bibliographique. Une partie importante de cette œuvre fut traduite en français par A.Berbrugger, Monnereau[20], De Grammont et Moliner[21] et publiée essentiellement dans la Revue Africaine, entre 1870 et 1911.

L’auteur de cette œuvre nous donne, dans son premier Traité, de précieuses informations sur la vie historique d’Alger et une description détaillée du point de vue ethnographique, démographique, sociale, politique, militaire, économique, spirituelle et topographique de la Régence d’Alger, en insistant beaucoup plus sur le cosmopolitisme de la population algéroise, composée essentiellement de citadins autochtones et andalous, d’arabes, de kabyles, de turcs, de juifs autochtones et andalous.

Les informations relatives au système de défense d’Alger et sa flotte maritime, avaient un double objectif, qui était celui d’attirer l’attention des autorités politiques de son pays sur le danger que représentait Alger pour l’Espagne, et d’autre part de justifier leur intervention pour libérer tous les captifs.

Le côté spirituel de la population algéroise, prend aussi une large place dans son œuvre, principalement les deux chapitres, XXVII et XXXIV du premier traité. Il nous fait une longue description de la vie religieuse à Alger, en insistant beaucoup plus sur le rôle et l’importance des marabouts et des imams des mosquées sur l’endoctrinement de la population, ainsi que sur l’importance du système d’éducation et de formation des écoles coraniques dans l’enseignement des valeurs sacrées et morales de l’Islam, ainsi que sur l’apprentissage de la langue arabe. Dans ce second chapitre, il nous signale comment la population algéroise célèbre les fêtes religieuses de l’année de l’Hégire (Ramadhan, Aïd Séghir, Aïd El kébir, Mouloud, ect…).

Quant à l’idée qu’il a sur la religion musulmane, elle est très confuse et la même que chez M.Carvajal, ainsi que chez la plupart de ses contemporains. Par exemple la notion de djihed que doivent mener les musulmans contre leurs passions et contre leur ennemi pour défendre leur religion et instaurer la paix, est interprétée chez lui comme une guerre incessante pour convertir à l’Islam les peuples infidèles ou pour les réduire à l’esclavage. Cette conception erronée est mise sur le compte de l’intolérance et le fanatisme religieux des musulmans, et interprétée jusqu’à nos jours d’une manière bien nuancée. Donc, à aucun moment on a observé chez les historiens espagnols du XVII, XVIII et XIX siècles des correctifs à cette interprétation initiale pour écarter cette image fausse de l’Islam[22].

2.3. Historia del Maestre ùltimo que fue Montesa de D. Suarez

Cette chronique de D. Suarez (1552-1599) peut être considérée comme une première contribution espagnole ou européenne à la connaissance de l’histoire d’Oran et de sa région au XVI siècle. Pourtant elle est passée presque inaperçue en Espagne pendant très longtemps. Ce n’est qu’en 1889 qu’elle fut imprimée et publiée par la Sociedad de Bibliofilos Españoles, et présentée par Guillen de Robles[23]. Par contre, pour des raisons politiques, elle a été suffisamment citée et étudiée par les historiens français de la colonisation[24] et reprise dernièrement par N. Malki[25]. En effet, ce soldat-chroniqueur espagnol, nous donne un récit très détaillé d’une longue présence de 27 ans dans la place d’Oran, allant de 1577 à 1604. Il nous raconte, tout le long de son œuvre, un siècle de politique espagnole dans la partie ouest du pays, en commençant d’abord par nous faire une description de la situation à l’intérieur d’Oran, où « les espagnols ne devaient leur salut qu’à leur discipline, à leur endurance… » et de la vie extérieure en dehors de ce préside où « la cupidité les poussa souvent à organiser des incursions sans motif raisonnable sur des douars qui leur avaient demandé aide et protection »[26].

Comme bon observateur, et avec une oreille très attentive aux renseignements fournis par « los mogataces »,[27] il nous donne, dans la première partie de cette œuvre de précieuses informations sur les tribus algériennes et sur l’ancienne dynastie des Zianides de Tlemcen. Dans la deuxième partie, il fait un tour d’horizon rétrospectif depuis la conquête d’Oran et Marzalquivir jusqu’au moment où les deux capitaines généraux, Montesa et son frère D.Felipe de Borja prennent les destinées de ces deux présides. La troisième et dernière partie se réfère à la période où ces deux frères ont gouverné ces deux places, jusqu’en 1610, année où D. Suarez termina son œuvre.

3. Deuxième phase de l’historiographie espagnole (XVII-XVIII siècles) 

A partir de la première moitié du XVII siècle, l’attention des chroniqueurs espagnols commença à se dévier progressivement du monde algérien pour aller se concentrer sur le nord de l’Europe dans ses luttes contre le protestantisme, en laissant progressivement le champ libre aux intellectuels français de l’époque. En effet, cet intérêt croissant des français vis à vis de la Régence d’Alger se faisait sentir durant la seconde moitié du XVIIe siècle, c’est à dire au moment où la puissance maritime française commença à prendre de l’ampleur en Méditerranée Occidentale, et au moment où les forces navales espagnoles allaient en décroissance en perdant toute crédibilité vis-à-vis de la Régence d’Alger. Le bombardement d’Alger en 1688 est une démonstration plausible de la force de frappe française. C’est l’annonce d’un nouvel équilibre des forces européennes dans la région, qui se traduisait, du côté français, par une curiosité intellectuelle marquée par une autre préoccupation d’ordre politique et économique, en vue d’acquérir de nouvelles situations de domination, qui se traduisaient par l’apparition, au courant du XVII et XVIII siècles, d’importants ouvrages de références, avec l’apparition de l’ouvrage du Pére Dan en 1649[28], et plus tard ceux du Père François Comelin Philimon de la Motte et de Joseph Bernard en 1721[29], de Laugier de Tassi en 1725[30] et de Venture de Paradis en 1788[31].

Cependant, du côté espagnol, ce désintéressement n’est pas total, comme l’affirment certains historiens espagnols contemporains, puisque le spectre de la course des Algériens en mer et des captifs espagnols à Alger est toujours à l’ordre du jour, qui se traduit par l’apparition de trois autres chroniques, écrites par trois hommes d’église qui ont connu Alger. Il s’agit des oeuvres de Gabriel de Losada : Escuela de trabajos, publiée en 1670, de Francisco Antonio Silvestre : Fundacion historica de los Hospitales, que la Religion de la Santissima Trinidad. Redempcion de cautivos, de Calçados, tiene en la Ciudad de Argel, publiée en 1689, et de Alonso Cano : Descripcion de la ciudad, fuerzas y govierno de Argel, manuscrit inédit. Ces trois écrits possèdent eux aussi un poids spécifique dans la poursuite de la fabrication de l’image du Musulman en général et de l’Algérien en particulier, d’un homme méchant et cruel, en faisant abstraction de l’autre face des algériens, c'est-à-dire leur bonté, leur tolérance et leur caractère humain, témoignés par d’autres chroniqueurs européens de l’époque.

Bien que de nouvelles orientations méthodologiques scientifiques européennes sont apparues en Espagne vers la fin de ce siècle, dans les sciences humaines et les sciences exactes en biologie, y compris dans les sciences sociales, en particulier en histoire, à travers la critique des sources - pour séparer le vrai du faux- le genre des chroniques persistait, surtout quand elles sont écrites par les hommes d’église. Précisément, leurs écrits n’ont pas apporté des nouveautés dans leur analyse des faits historiques dans le domaine religieux, se contentant de reprendre ce qui a été dit et redit par son prédécesseur. La seule nouveauté, c’est leur description de la Régence d’Alger aux XVIIe et XVIIIe siècles.

3.1. Escuela de trabajos de G.de Losada

Cet ouvrage fut écrit par G.de Losada, un homme d’Église, appartenant à l’Ordre de la Merci, qui a participé à une rédemption de captifs espagnols à Alger. Son long séjour à Alger lui a permis, lui aussi, de nous donner une description identique à celui de D.Haedo et de J.B. Gramaye[32], sur le traitement inhumain des captifs en portant le même jugement et la même vision des choses sur les algériens.

Il se compose de quatre grandes parties dont les trois quarts sont consacrés au traitement inhumain des captifs espagnols à Alger. Tout le reste est consacré à la description de la Régence d’Alger, du point de vue politique, économique et militaire

Il nous fait également une analyse rétrospective sur l’histoire de la Régence d’Alger en insistant beaucoup plus sur le facteur religieux de ceux qui les ont combattu, durant tout le Moyen Age, d’où la persistance de la vision des choses avec un même regard méprisant porté sur l’Islam et les Musulmans. Ces derniers sont représentés comme des ennemis de la Chrétienté. L’expansion espagnole au Maghreb est considérée, par lui, comme une continuation du processus de la reconquête, une façon de lui faire reconnaître une autre identité culturelle et spirituelle qui était celle de la chrétienté, en mettant en exergue les antécédents chrétiens de l’empire romain au Maghreb, dans le but de les réintégrer dans le monde chrétien. Ainsi donc selon lui, les opérations militaires de l’Espagne contre Alger sont légitimes.

3.2. Fundación histórica de los Hospitales de F.A. Silvestre

Dans cet ouvrage, le père A. F. Silvestre, Administrateur Général des Hôpitaux d’Alger nous donne l’historique de cette institution sanitaire et spirituelle, depuis sa fondation par l’Ordre des Trinitaires, au début du XVI siècle jusqu’à la fin du XVII, sans omettre de mentionner, à chaque fois qu’il le faut, la situation désespérée des captifs espagnols. Cette description est souvent accompagnée d’une analyse des coutumes et du comportement barbare, et inhumain des algériens, puisée essentiellement des ouvrages de D.Haedo et de A.F. Silvestre.

Dans cette chronique, l’auteur nous donne les raisons de l’échec des expéditions espagnoles contre Alger aux XVI siècle, principalement celle de Charles V, de 1541, sur les tentatives militaires qui n’ont pas eu lieu au début du XVII siècle, sur les attaques des corsaires algériens dans les eaux territoriales espagnoles, ainsi que sur la souffrance des captifs espagnols à Alger.

Mais, ce qui est différent des autres chroniques antérieures, c’est que l’auteur de cet ouvrage, qui est en même temps responsable de l’Ordre des Trinitaires, avait pour objectif de rechercher une aide financière de la part des citoyens espagnols - sous forme d’aumônes- lui permettant de faire face à la gestion et maintenance de cet Hôpital. Donc, cet écrit est apparu à un moment où l’Espagne a connu une période économique difficile, où le Trésor Royal n’était plus en mesure de porter une aide financière à cette institution. Pour atteindre son objectif, il brossa un tableau très noir sur la situation des captifs espagnols et sur la cruauté des algériens, en les présentant comme les plus barbares et les plus inhumains de toute la planète. Les faits religieux décrits par lui, ainsi que par ces prédécesseurs, nous révèlent leur ignorance sur l’Islam, les traditions et la culture algérienne, mais aussi leur fanatisme, qui se manifeste par leur mépris de tout ce qui à une relation avec la religion musulmane.

Ainsi donc, il décrit et analyse les faits à partir d’une optique chrétienne très catholique, en cherchant à nuire particulièrement l’image du musulman en général, en portant un doigt accusateur sur les algériens en particulier quant à leurs comportements agressifs vis à vis des chrétiens.

3.3. Descripcion de la Ciudad de Argel, fuerzas, y govierno de Argel de A.Cano

Bien qu’on observe en Espagne, une nouvelle dynamique politique et militaire de la nouvelle dynastie des Bourbons, dans leurs rapports avec la Régence d’Alger, un désintéressement substantiel continuait à persister chez les intellectuels espagnols, qui se traduit par une méconnaissance réelle de cet espace géographique et de ses capacités militaires. A part la traduction de l’œuvre de Laugier de Tassi à l’espagnol par Antonio Clariana en 1733[33] et la publication de quelques écrits littéraires, suite aux deux bombardements consécutifs d’Alger de 1783 et 1784, dans lesquels leurs auteurs, pour cacher leur inutilité, font l’apologie de l’Armada espagnole[34], nous n’enregistrons qu’un seul écrit, qui est celui d’A. Cano - rédigée entre 1769 et 1770.

Il s’est rendu à Alger au début d’octobre 1768, pour la rédemption des captifs espagnols, et qui pour des raisons climatiques, non favorables à la navigation, il est resté dans cette ville pour une durée de presque six mois[35]. Ce long séjour dans cette ville lui a permis de s’informer et d’observer le système de défense d’Alger. Ce manuscrit apparaît, à un moment où l’Espagne projetait, après la libération de tous ses sujets en février 1769, de reconquérir Alger. C’est une sorte de réminiscence, une façon d’attirer l’attention des autorités espagnoles sur le danger que représente toujours la Régence d’Alger en Méditerranée et qu’il faut abattre. En effet, l’auteur de cette chronique, en s’appuyant sur les « titres d’appartenance et de possession de la souveraineté espagnole sur Alger et son territoire », il réserve une partie importante de ce manuscrit aux « Droits de la Couronne d’Espagne pour récupérer Alger et son territoire » dans lequel il propose à son gouvernement, dans le dernier chapitre, les moyens adéquats pour « nettoyer la mer des corsaires algériens ».

En dehors de ces réflexions, ce manuscrit nous apporte un autre témoignage direct sur la vie politique, politique, économique, sociale et démographique de la Régence d’Alger au XVIIIe siècle, en s’appuyant également sur les sources bibliographiques antérieures de M.Carjajal, D.Haedo, J.B.Gramaye, G.Losada, A.F.Silvestre, le Père Dan et L. de Tassi. Ce manuscrit va servir plus tard comme document de travail et d’orientation pour l’Amiral O’Reilly, avant d’entreprendre son expédition de 1775. Je suppose que le désastre subi par les troupes espagnoles durant leur malheureux débarquement à l’est de l’Oued El Harrach pourrait être la cause pour que ce manuscrit tombe dans les oubliettes.

4. Historiographie contemporaine et théorie coloniale

En 1817, un petit ouvrage très intéressant, dont l´auteur est anonyme est publié, - peut être par ordre du roi Ferdinand VII - intitulé : Descripción estadistica de Argel o noticia de los principales sucesos y situacion de este pais en sus diferentes ramos. Il apparaît justement à un moment où l’Espagne venait de connaître un désastre économique subi durant sa guerre d’indépendance contre la France (1808-1814) et un moment où le gouvernement d’Alger, suite aux bombardements anglais de 1816 par l’Amiral anglais Lord Exmouth, semblait être disponible à tourner la page à la course et à l’esclavage pour s’ouvrir au commerce extérieur et à la navigation en Méditerranée. Cet ouvrage est donc le résultat d’une prospection faite par son auteur sur les possibilités que pourrait offrir le marché algérien aux espagnols, surtout en produits de première nécessité. Il avait pour objectif de stimuler et d’attirer l’attention du gouvernement espagnol sur les opportunités et les avantages que l’Espagne pourrait avoir pour en tirer profit du commerce avec les algériens. A ce propos, il nous fournit de précieuses informations sur la situation historique, politique, militaire, et une description presque quantifiée de la situation démographique et économique de la Régence d’Alger. Ces informations sont accompagnées par une série de réflexions sur la faisabilité d’établir des relations commerciales entre les deux pays, et les possibilités de l’Espagne d’en tirer profit.

Cette nouvelle façon d’écrire, montre le changement de l’état d’esprit des écrivains et historiens espagnols de la fin de l’époque moderne et début de l’époque contemporaine Ils sont profondément imprégnés par l’idéologie libérale où les intérêts économiques du pays passent avant toute considération religieuse.

A partir du début du XIX siècle, et plus concrètement à partir de 1830, nous constatons une distanciation progressive de l’historiographie espagnole par rapport à l’Algérie ottomane, en cédant sa place à l’historiographie française de la période coloniale Leur attention va s’orienter beaucoup plus vers le Maroc, objet de nouvelles convoitises. Justement durant ce siècle, et une bonne partie du XX siècle, l’Espagne connaîtra une grande production historiographique dans laquelle les historiens espagnols vont défendre et donner des justifications légales de la présence espagnole au Maroc. C’est durant cette période qu’on relève dans les milieux académiques, intellectuels et politiques, une autre approche théorique de type colonial, qui donnera lieu à ce qu’on appelle el Africanismo espagnol.

Mais il faut dire qu’en ce qui concerne l’Algérie, on retrouve dans l’historiographie espagnole contemporaine les mêmes schémas et les mêmes clichés d’ordre historique, culturel et religieux jusqu’à la fin de la période de Franco, dévoilant ainsi une certaine méconnaissance de l’histoire de notre pays, jusqu’au point où quelques uns d’entre eux vont jusqu’à revendiquer l’hispanité de l’Oranie. Il a fallu le grand changement politique de la fin des années soixante dix, avec l’instauration de la démocratie en Espagne, pour que l’historiographie espagnole prenne une autre allure, accompagnée d’une floraison de travaux produits essentiellement par les universitaires.

Notes

[1] Terki Hassaïne, I., «Historiographie et nécessité de recherche historique sur l’Algérie du XVIe au XVIIIe siècle », Archives Nationales, n° 7-8, Alger, 1984, pp. 43-52. (Acte du séminaire international sur les sources espagnoles de l’Histoire d’Algérie, C.R.I.D.I.S.H., Université d’Oran, 20-22 avril 1981).

Je dois préciser que mon collègue Malki N. a réalisé, lui aussi, une étude sur l’historiographie espagnole du XVI siècle relative à la Régence d’Alger, intitulée «Historiografia espanola del siglo XVI sobre Historia de Argelia : Màrmol, Haedo y Suàrez», Magister, département d’Espagnol de l’Université d’Oran, 1981, 300 fols.

[2] Marmol Carvajal, de L., Descripcion general de Africa, con todos los sucesos de guerras que auido entre los infieles y el pueblo christiano y entre ellos mesmos desde que Mahoma invento su secta, hasta el año del señor de mil quinientos setenta y uno Granada, Casa de Rabut René, 1573, 2 vols. Le document original se trouve dans la «Sala de Raros» de la B.N. de Madrid, classé sous le Nº R 31 745.

[3] Haedo, Diego, Topographía e Historia general de Argel, repartida en cinco tratados, do se verán casos extraños, muertes espantosas, y tormentos exquisitos que conviene se entendían en la cristiandad con mucha doctrina, y elegancia curiosa, Valladolid Diego Fernández de Córdoba y Oviedo, 1612. L’original se trouve dans la section «Sala de Raros» de la B.N. de Madrid, classé sous Nº R 30 773.

[4] Suarez, Diego, Historia del Maestre último que fue de Montesa y de su hermano D.Felipe de Borja, la manera de como governaron las memorables plaças de Oràn y Mazalquivir, Reynos de Tremecen y Ténez, en Africa siendo alli capitanes generales uno en pos de otro como aquí se narra. Document manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Madrid.

[5] Gómez G., de Losada: Escuela de trabajos en cuatro libros dividida: el primero de cautiverio más cruel y tirano; segundo noticias y govierno de Argel; tercero, necesidad y conveniencia de la retencion de cautivoschristianos; cuarto, el mejor cautivo rescatado. Madrid, Paredes, 1670.

[6] Silvestre, Antonio Fundacion historica de los Hospitales que la religion de la Santissima Trinidad, Redempcion de Cautivos, de Calçados, tiene en la ciudad de Argel, Madrid, S.I., 1690.

[7]Anonyme : Descripcion estadistica de Argel o noticia de los principales sucesos y situacion de este pais en sus diferentes ramas, Madrid, Vega y camp, 1817.

[8] Alonso, Cano, Descripcion de la ciudad, fuerças y govsierno de Argel, Document Manuscrit de la Real Academia de la Historia de Madrid.

[9] Comme par exemple ceux de Diego Torres : Relacion del origen y suceso de los xarifes y del estado de los reinos de Marruecos, Fez y Tarudente Sevilla, 1585, y de Francisco de San Juan de El Puerto : Misión histórica en Marruecos en que se trata de martirios y trabajos que han padecido los misionarios, y frutos que han cogido las Misiones, que desde sus principios tuvo la orden seráfica en el imperio de Marruecos, Sevilla, S.i., 1708.

[10] Il s’agit d’une comédie où la plupart des personnages sont des Morisques, dont l’action se développe durant leur soulèvement de Grenade de 1568-1570. Il se considérait comme un grand ami de cette minorité.

[11] Saez de Govantes, Luis, El Africanismo español, Instituto de Estudios Africanos, 1971, p.17.

[12] Cervantès Saavedra, Miguel de, Los baños de Argel, Madrid, 1582.

[13] Capturé par un corsaire algérien durant la bataille de Lepanto de 1571 et amené à Alger, où il sera captif jusqu’en 1580. Il sera libéré la même année moyennant une rançon de 500 escudos. En 1581, il se rendra à Oran où le roi Philippe II lui confia une mission secrète. 

[14] Elle fut traduite, pour la première fois, en français par Nicolas Perrot sieur d’Ablancourt en 1667 sous le titre: L’Afrique de Mármol, en 3 vols. Il faut dire que Mármol Carvajal rédigea une autre œuvre sur le soulèvement et la répression des Morisques dans la province de Grenade entre 1568 et 1570, intitulée : Historia de la rebelión y castigo de los Moriscos del Reyno de Granada, Málaga, Juan René, 1600.

[15] El Africano, Leon J., Descriptione dell’Africa et delle cose no talilit cheivisono, Venise, Ramusio, J.B., 1550.

[16] Berbrugger, A., « Jean Léon l’Africain (études biographiques)», Revue Africaine, T.II, 1857-1858, p. 364.

[17] Garcia Figueras, T., «Españoles en África en el siglo XVI. Los geógrafos e historiadores : Luis de Màrmol Carvajal (1520-1599)», Revista del I.D.E.A., Madrid, 1949, N°10, pp. 87-90.

[18] Torres, D., Op.cit.

[19] Camamis, G., Estudios sobre el cautiverio en el Siglo de Oro, Madrid, Gredos, pp.69-94.

[20] Cf: Revue Africaine T. XIV, 1870, pp.364-375, 414-433, 490-519; T.XV, 1871, p.41, pp. 90-111, 202-237, 307-319, 375-395, et 458-473.

[21] Grammont de H.D. : “Histoire des rois d’Alger, par Fray Diego de Haedo” in Revue Africaine T.XXIV, 1880, pp.35-51, 116-132, 215-239 ? 344-372, 401-402; T.XXV, 1881, pp.5-32 et 97-120 / - Histoire des rois d’Alger, Alger, Jourdan, 1881. Violle Moliner : “De la captivité à Alger”, in R.A., T.XXXIX, 1895, pp. 53-103, 199-258, 321-367, T.XXXX, 1896, pp. 5-32 et T. XXXXI, 1897, pp. 153-184. / - De la captivité à Alger, Alger, Jourdan, 1911.

[22] Le manuscrit est déposé dans la « Seccion de Manuscritos » de la B.N.M. et classé sous le numéro 7.882=T. Il s’intitule : «Historia del Maestre ùltimo que fue de Montesa y de su hermano D.Felipe de Borja : la manera de como governaron las memorables plaças de Oràn y Mazalquivir,Reynos de Tremecen y Ténez :en Africa, siendo alli capitanes generales uno en pos de otro como aqui se narra. 425 folios, divisé ensoixante chaptres.

[23] Guillen Robles, F., Historia delMaestro ùltimo que fue Montesa y de su hermano D.Felipe de Borja ... Sociedad de Bibliofilos Espaniles, Madrid, 1889. Il publie aussi une étude sur ce que pouvait être les confrontations entre espagnols et algériens en Oranie au XVIe siècle, en

s’appuyant sur les chroniques espagnoles de l’époque. Il s’agit de l’article intitulé : “Estudios sobre la dominacion espanola en Berberia”, La Espana Moderna, Madrid, 1889, pp.47-70.

Une première description du manuscrit de Suàrez, D., a été faite par Jacqueton, G., : Les Archives espagnoles du Gouvernement Général de l’Algérie, Alger, Jourdan, 1894, pp. 109-114.

Berbrugger, A., sera le premier historien à s’intéresser à cette chronique, en traduisant et en commentant des fragments de ce manuscrit, sous le titre de : «Oran sous la domination espagnole» Akhbar, d’août et septembre 1864 / - Revue Africaine, / - T. IX, 1865 : «Mers el Kébir», pp.251-262, 337-339 ; «Prise de Mers-El Kébir», pp.339-350 ; «Relations politiques et militaires des chrétiens de Mers El kébir, avec les Maures des environ d’Oran», pp. 351-355 ; «Razzia d’Ain Misserghin et déroute de Fistel», pp. 410-422 ; « Attaque de Mers El Kébir», pp.422-429/ ; T. X, 1866, «Autobiographie de Suàrez, avec notes et analyses de Berbrugger», pp. 111-128, «La razzia espagnole à Oran», pp.197-199 ; «L’espion», pp.199-205 ; «Le départ », pp. 205-207 / T XI, 1867, «La razzia espagnole à Oran», pp. 72-77 ; «L’attaque», pp . 77-81.

Cazenave, J., sera le deuxième historien français à traduire et à commenter plusieurs chapitres de cette œuvre, comme «Visite de Don Juan d’Autriche à Oran en 15683, in Afrique du Nord Illustrée, du 16 février 1924. / - « Un chroniqueur espagnol de l’Algérie du XVIè siècle (Compte rendu du 2ième Congrès National des Sciences Historiques, Alger, 14-16 avril), Alger, Jourdan, 1932.

Didier, L., (Général), Histoire d’Oran (période de 1551 à 1600), T.VI, Oran, L.Petit, 1929.

[25] Malki, N., Razzia, butin et esclavage dans l’Oranie du XVIe siècle, Oran, Dar El Gharb, 2003.

[26] Cazenave, J., «Deux razzias mouvementées… », op cit, p. 288.

[27] Bodin, Marcel, «Notes sur l’origine du nom «mogataces», in B.S.G.O., TXLIII, p.66. Ce sont les Arabes des tribus « amis de l´Espagne » appelés aussi « Moros de paz ». Les autres qui sont amis de la Régence d´Alger sont considérés comme «Moros de guerra ». En général, le rôle de los « mogataces » auprès des espagnols consistait à leur fournir des renseignements de l’arrière-pays.

[28] Père Dan, Histoire de Barbarie et de ses corsaires, Paris, 1637. Témoin oculaire, lui aussi nous a fait une description de la Régence d’Alger et de son gouvernement, à partir de ses observations personnelles, lors de son passage à Alger en 1634, pour effectuer l’opération de la rédemption des captifs chrétiens.

[29] Bernard, Joesph et Comelin, François, la Motte, Philimonde, Voyage à Alger et Tunis pour la Rédemption des captifs. Paris, 1721./ Ce sont des Rédempteurs français de l’Ordre des Trinitaires qui se sont rendus à Alger et à Tunis en 1720, où ils nous font la même description d’Alger et de ses environs, de ses forces militaires terrestres et navales, et de son gouvernement 

[30] Laugier de Tassi : Histoire du royaume d’Alger. Amsterdam, 1725./ Commissaire de la marine française qui s’est rendu à Alger en 1724. Il fait une autre description de la Régence d’Alger, quant à son gouvernement ses forces militaires, ses rentes, sa police, sa justice, sa politique et sa vie économique. Il fut traduit immédiatement après à l’espagnol par Antonio de Clariana en 1733 et imprimée à Barcelone sous le titre de «Historia del reyno de Argel».

[31] Venture de Paradis, Alger au XVIIIe siècle, Paris, 1788.

[32] Baptiste Gramaye, J., L’Afrique illustrée. Jornay, 1622./ Lui aussi, captif à Alger entre 1618 et 1619, comme D.Haedo, il nous décrit dans son chapitre VII, l’Etat et le gouvernement d’Alger au début du XVIIe siècle, à partir de ses observations personnelles. 

[33] Tassi de L., …Op cit.

[34] Pour avoir plus d’informations sur ce qui a été écrit, du point de vue littéraire, sur ces deux bombardements voir Gustavino, G., Los bombardeos de Argel en 1783 Y 1784 y su répercusion literaria.Madrid, 1949. Il a était traduit en français par Hassan Y. : Les bombardements d’Alger de 1783 et 1784 et ses répercussions littéraires. Alger, S.N.E.D., 1980.

[35] A la fin de ce manuscrit, il nous donne en appendice (fols.207-218) une «Relacion» succincte de la grande opération de rachat et d’échange entre captifs espagnols et captifs algériens rédemption s’est déroulée à Alger, entre le 12 octobre 1768 et la fin du mois de février 1769, avec la médiation de l’envoyé spécial du Sultan marocain ben Abdellah Mohammed, El Ghazzel, Sidi Ahmed.

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