Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

«Depuis celui de la politique jusqu’à celui du commerce, le récit fait croire et par là il fait faire ; il loue ceci et déconsidère cela ; il classe. D’autre part, il produit de l’oubli ; il institue un silence à propos de ce dont il ne parle pas. Et parce qu’il est toujours «plein» et bouclé, il fait même oublier qu’il tait certaines choses. Sous ces deux formes donc, la narrativité crée de l’histoire».

(Michel de Certeau1)

En Algérie, depuis au moins deux décennies, nous assistons à un important mouvement de publications de mémoires rédigés par des acteurs du mouvement national et de la Guerre de libération. Pour ne citer que les titres de ces deux dernières années, nous avons pu lire les contributions de Mohamed Harbi, Djamel Derdour, Abderazak Bouhara, Louisette Ighilarriz, Mékidèche, Mohamed Benamar Djebbari, Ali Haroun…2. Cette production - de qualité inégale - témoigne à sa manière de l’inté b                                                     rêt que manifeste toute société de mémoire à consigner ses souvenirs. Divers facteurs ont participé à l’amplification de cette tendance nouvelle et qui se traduit par le désir de faire part de son expérience, rompant le silence qui a prévalu depuis l’indépendance, à quelques exceptions près3.

Les bouleversements récents, la fin du monopole politique exercé par le parti du FLN, l’éloignement même de la Guerre de libération nationale sont autant de facteurs qui expliquent «ce retour naturel vers le passé». Mais il y a une seconde raison qu’il faut relever : elle est liée au désarroi de la jeunesse exprimé ici et là par le besoin de savoir et de comprendre le passé, surtout après les évènements de 1988. Sur le terrain, de nombreuses associations  culturelles ont été créées autour de la commémoration de telle ou telle personnalité ayant joué un rôle historique ou tel événement marquant4. A Ighil Imoula (où le texte de la déclaration du 1er novembre 1954 a été tiré), la commémoration du 1er  novembre 1954 en 2001 s’est déroulée en l’absence des officiels selon le vœu des jeunes. Cette impulsion de la jeunesse n’est donc pas étrangère à ce mouvement de publications de mémoires émanant d’une génération menacée de disparition, fortement critiquée par ailleurs et qui se sent interpellée quelque part, éprouvant du coup la nécessité de transmettre une part de ce «qu’elle sait».

En effet, l’histoire officielle a occulté des pans entiers de la mémoire collective et le passé récent, celui du demi-siècle écoulé, demeure incompréhensible du fait de l’évacuation d’événements majeurs, de noms d’acteurs volontairement effacés. Pour n’en citer qu’un exemple, le nom de Messali Hadj (1898-1974)5, à l’origine du premier mouvement politique revendiquant l’indépendance, est demeuré inconnu de nombreuses générations jusqu’à la tenue d’un séminaire tenu en 1998, dans sa ville natale, à Tlemcen, à l’occasion de la commémoration du centenaire de sa naissance. Lors de cette rencontre, des centaines de vieux messalistes ont afflué de toute l’Algérie et ont apporté leurs témoignages publiquement, abondant dans le sens d’une réhabilitation de l’homme qui s’était opposé au FLN. Depuis, l’aéroport de Tlemcen porte son nom… C’est un fait sans précédent en Algérie tant le discrédit frappait tout ce qui entourait Messali, cette figure emblématique du nationalisme algérien… Mais la programmation d’une autre rencontre sur Messali par un universitaire de Batna est frappée d’interdit, à la suite de l’opposition exprimée par les Anciens Moudjahidines de la région de l’Aurès6.

Ce bref rappel était nécessaire pour souligner l’importance toute particulière de la publication ces dernières années de mémoires par des militants/acteurs de la cause nationale qui ont jugé utile de livrer à l’opinion publique, des «secrets» à leur manière et d’apporter des «éclairages sur une tranche de l’histoire de notre pays en livrant le maximum d’éléments d’information et en me libérant… de l’autocensure qui pèse sur de nombreux cadres de ma génération» comme l’affirme Abderrezak Bouhara7. De son côté Ali Kafi devance l’interrogation du lecteur «pourquoi ces mémoires maintenant en particulier ?» et de rappeler la nécessité d’instruire les générations à venir «des vérités et des faits survenus de la bouche même de leurs auteurs»8. Au delà des motivations des uns et des autres, une telle mise en scène de la mémoire est doublement significative dans la mesure où elle quitte les rivages de la tradition orale pour adopter la forme écrite d’une part, avant de convoquer la force des images et la preuve des sources originales pour donner plus de visibilité et de vérité, à une réalité révolue9.

Quelles conséquences, quelles perspectives cette abondance de mémoires peut-elle entraîner du point de vue de la pratique de l’histoire au présent ?

I. La fin du consensus national

La première remarque qui s’impose est que la version officielle d’une histoire construite sur un unanimisme absolu est battue en brèche. Cet unanimisme reposait sur une conception de l’histoire qui devait tout au rôle de la collectivité unie dans un même élan et mobilisée pour un seul objectif. Le spectre de la division des rangs que l’on impute à la crise du PPA-MTLD à la veille de 1954 a contribué à forger une «communauté de destin» devant laquelle les individus et leurs initiatives doivent s’effacer. Dans un tel contexte, la prise de parole par des acteurs d’hier est essentielle. Elle donne libre cours aux divisions internes qui n’ont pas manqué d’agiter les structures dirigeantes de la Révolution algérienne. Et ce sont précisément ces divergences qui ouvrent de nouvelles possibilités à l’écriture de l’histoire. En ce sens, la révélation publique des déchirements internes, survenus dans les rangs du FLN-ALN entre 1954-1962 ouvre la voie à une autre histoire sociale de l’Algérie.

Le FLN, né officiellement le 1er novembre 1954, a du livrer bataille non seulement aux troupes de l’armée française mais également aux troupes d’une seconde armée de libération, rattachée au MNA, créé par Messali Hadj. L’existence de cette opposition, à l’origine d’une véritable «guerre dans la guerre»10, n’est pas traitée dans les ouvrages d’histoire officielle. Seuls quelques écrits l’ont reconnu et tenté d’analyser les motivations auxquelles obéissaient les uns et les autres11.

La guerre du FLN contre le MNA

Dans ses mémoires, Ali Kafi met entre parenthèses «l’oubli de réserve»12 observé jusque-là et évoque dans plusieurs passages, la position de Messali vis à vis du FLN et l’existence de maquis du MNA éparpillés dans plusieurs points du territoire algérien. En annexe, il rajoute le rapport envoyé par le colonel Amirouche de la wilaya III et lui-même au Ministre des Forces Armées du GPRA où ils dressent un bilan sans complaisance du rapport de forces entre le MNA et le FLN13. Quatre ans après  le déclenchement de la guerre, les actions menées par le MNA suscitent de réelles sources d’inquiétudes pour les dirigeants de l’ALN. L’emprise du MNA auprès des populations dans différentes régions rurales du piémont de l’Atlas saharien est prise au sérieux et oblige l’ALN à prendre les mesures qui s’imposent. A l’opposé de la dénonciation voire du dénigrement des «traîtres», on trouve une analyse de la situation qui se veut objective. Il découle de la lecture de ces pages consacrées aux messalistes, une «reconnaissance» d’une autre guerre opposant les Algériens entre eux qui va à l’encontre de la rhétorique nationaliste et qui en appelle à une redéfinition de la communauté nationale. De toute évidence, ce regard jeté sur le passé est insuffisant à rendre compte de la complexité du conflit. Mais si fragmentaire soit-il, il remet en question la construction officielle de l’histoire qui a prévalu jusque-là. Mais cette violence entre groupes politiques différenciés n’est pas la seule à avoir troublé la société algérienne entrée en guerre contre la présence coloniale française. Au fil de l’évolution de la guerre, des luttes intestines se multiplient et enveniment le climat social dans les propres rangs du FLN. Diverses interférences opposent cadres et subalternes, citadins et ruraux, auxquelles vont se greffer d’autres paramètres comme l’appartenance à tel groupe, à telle région.

Dissidences dans les Aurès

Abderrazak Bouhara rappelle dans ses mémoires, l’intensité et la violence de ces oppositions internes, surgies entre dirigeants du FLN, dans les Aurès, surtout après la mort de Ben Boulaïd14 au début de l’année 1956. A. Bouhara consacre de nombreuses pages à ces crises dont lui-même a été la victime. Il relate l’élimination de Bachir Chihani le 23 octobre 1955, successeur de Ben Boulaïd à la tête de la wilaya I par «ses propres compagnons», celle de Abbès Laghrour et surtout «la reddition à l’ennemi de Adjel Adjoul», mais «il se refuse de porter le moindre jugement…». Quand le journaliste, Yves Courrière avait rapporté les faits, la presse et quelques écrits se sont empressés de démentir sans trop convaincre une opinion publique habituée à faire le tri, entre dits et non dits charriés par la rumeur15. Plus tard, Mohamed Harbi apportera témoignages et preuves de ces dissensions qui ont déchiré les Aurès, dans un livre qui ne sera pas vendu en Algérie. En même temps que les mémoires de A. Bouhara, Mohamed Larbi Madaci16 apporte un nouvel éclairage sur les règlements de compte. L’auteur a mené une longue enquête précisément auprès des protagonistes ayant survécu à la guerre. Ainsi, il a pu rencontrer, à maintes reprises, plusieurs responsables à divers échelons de la zone des Aurès-Nememcha comme Adjel Adjoul, Amar Benchaiba, Hadj Lakhdar Abidi, Messaoud Belaggoune, Mostefa Boucetta, Bicha Djoudi et Amor Mestiri. Les rivalités sont relatées sans la moindre complaisance : elles ont éclaté lors de l’arrestation de Mostefa Ben Boulaid17 en février 1955, elles se calment relativement lors de son retour en novembre 1955. Elles s’amplifient à la disparition de Ben Boulaid le 23 mars 1956. Désormais, trois groupes d’influence dirigent les Aurès-Nememcha et se livrent une bataille sans merci : il s’agit de Adjel Adjoul, Abbas Laghrour et Omar Ben Boulaid. Chacun de ses chefs rassemble autour de lui une importante clientèle dont l’allégeance ne repose pas toujours sur l’appartenance à la même tribu. Adjel Adjoul ne sera-il pas trahi par «une partie des Serahna (dont il est originaire) et des Chorfa, leurs alliés traditionnels» ? Le paradoxe de la recomposition de ces alliances ne peut être saisi uniquement à travers les oppositions ancestrales et leurs effets synchrones telles que rapportées par l’ethnologie coloniale18. Et tous les Touabas auxquels est rattachée la famille des Ben Boulaid n’ont pas systématiquement soutenu le FLN-ALN, au lendemain du 1er novembre 1954. De même, les Ouled Abdi «adversaires de toujours des Touabas»19 ne se sont pas tous ralliés en devenant des supplétifs des forces militaires françaises. Il est important de ne pas évacuer le contexte politique où évolue le milieu aurésien. La guerre qui s’engage le 1er novembre 1954 a comme première conséquence d’élargir la sphère de politisation qui ne touchait jusque là que des groupes limités et constitués à l’intérieur des communautés villageoises. C’est l’accélération de ce processus de politisation qui heurte l’ordre des hiérarchies traditionnelles au sein et entre les réseaux de parenté d’une part et les groupes de solidarité plus larges, comme le clan, la famille, la confrérie. La situation de guerre et les effets de la répression disproportionnée par rapport à la mobilisation sociale réelle compliquent la tâche des premiers responsables politiques. L’adhésion ou non aux mots d’ordre du FLN-ALN va devoir se réaliser en un temps très court, en prenant appui sur les liens de solidarité traditionnelle. Les nouvelles formes d’identification au  FLN, pour l’indépendance de l’Algérie et donc contre la France ou l’inverse se sont vues dotées de sens politique tout en obéissant à la logique de pratiques propres à des sociétés vivant repliées sur elles-mêmes, en marge de la modernité. C’est précisément ce passage de la sphère privée et locale à la sphère publique et nationale, du jour au lendemain, qui peut expliquer l’intensité des affrontements inter groupes. Ce qui veut dire que la guerre d’Algérie a suscité une véritable dynamique révolutionnaire qui, si elle n’emporte pas l’adhésion de tous, va peser néanmoins sur l’ensemble de la structuration sociale. Par ailleurs, l’arrivée du général Parlange20 dans l’Aurès, spécialiste de la pacification au Maroc, sera suivie de la création des sections administratives spécialisées (S.A.S)21 qui ont joué un rôle décisif dans la réactivation des rivalités qui n’ont jamais manqué entre les divers groupes sociaux, par l’intermédiaire des services de l’Action psychologique. Ce sont donc plusieurs niveaux qui émergent de cet imbroglio qui met la société aurésienne sens dessus, sens dessous. Au delà des ambitions et calculs politiques, la lecture de ces mémoires de guerre ouvre la voie à une lecture libérée de l’étroitesse où l’a enfermée la chronologie événementielle. C’est là que réside leur importance laquelle redonne à l’histoire de cette période un visage humain avec toute sa complexité et ses contradictions. 

A. Bouhara ne s’arrête pas à l’évocation de la crise (dont il tait bien des informations) : il en souligne également ses prolongements qui s’amplifieront dans le courant de l’année 1959, avec la dissidence de quelques 2000 maquisards dans une zone tampon située au sud de la frontière algéro-tunisienne, au Djebel Chaâmbi. Les raisons de cette dissidence ne sont pas toutes élucidées. Mais ce qui est important, ce sont les termes que l’auteur emploie pour tenter d’apporter une explication à l’existence de ce camp du Djebel Chaâmbi. Ce sont les purges dit-il, qui ont touché de nombreux dirigeants de l’Aurès comme Bachir Chihani, Abbès Laghrour, Lazhar Cheriet, les colonels Lamouri, A’ouachria, Naouara, Mustapha Lakhal, des étudiants comme Aït Zaouche, Mentouri, Zaârouri qui ont eu des effets désastreux sur le moral des maquisards… En filigrane, on devine l’imbrication de plusieurs facteurs à l’œuvre dans cette affaire : la contestation des décisions du congrès de la Soummam, le refus des responsables militaires de se soumettre aux points de vue des politiques, les rivalités entre des jeunes cadres d’origine citadine et des moudjahiddines d’origine rurale22, les arrestations et les condamnations considérées comme arbitraires et bien sûr les conséquences de la répression… Le camp du Djebel Chaâmbi est un exemple des tensions engendrées par la mise en place d’une organisation politico-militaire qui bouscule les hiérarchies établies et les vieilles solidarités qui soudaient les militants les uns aux autres. Les recherches à venir devront étudier plus attentivement les profils socio-politiques des chefs qui se sont érigés hors la loi parmi «les hors la loi». Cela revient à dire aussi que «le Front n’était pas la transposition pure et simple, dans l’univers de la violence, d’une organisation nationaliste préexistence ; il était au contraire, le moyen violent de faire exister cette organisation»23. Mais la mise en place d’une telle organisation supposait une organisation politique et administrative qui ne pouvait se réaliser sans violence dans la mesure où la société algérienne d’une manière générale et la société aurésienne en particulier étaient complètement bouleversées, par la guerre qui a agi comme une sorte de catalyseur en créant une situation irréversible... L’existence du camp du djebel Chaâmbi est caractéristique de cette crise à l’égard de l’autorité centrale du FLN-ALN qui, en voulant imposer son ordre et sa discipline, contrevenait en fait à remettre en cause un fonctionnement fondé sur un minimum de consultation «concernant la désignation des chefs». Cette contestation prend un autre sens, quand on apprend que les ««mouchaouichines»24 regroupaient de jeunes cadres, instructeurs, moniteurs, secrétaires et infirmiers, d’origine généralement citadine… (qui) étaient désolés de constater qu’un potentiel de guerre et des énergies immenses n’étaient pas organisés et mobilisés pour le combat national… et des anciens de l’ALN, provenant de l’intérieur du pays où ils avaient non seulement vécu les grandes batailles contre l’armée coloniale, mais aussi les drames des conflits fratricides qu’a connus la wilaya I depuis la disparition du chahid Mustapha Ben Boulaid»25. Dans ces conditions, une telle diversité sociale et culturelle ne pouvait être vécue sans heurts. Les conflits sont à la mesure de l’opacité qu’impose la vigueur de l’idéologie populiste. Si l’unanimité autour du projet national était partagée par tous, elle devait tenir compte de la prégnance des logiques de pouvoir en œuvre dans tout groupe social. Dans la pratique, les affrontements ou tiraillements entre «polarisation, nationale et régionale»26 ont donné libre cours à des expressions communautaires qui ont contribué à brouiller la réalité politique des oppositions se disputant le leadership de la révolution.

De ce point de vue, la dissidence du Djebel Chaâmbi permet une lecture différente qui renvoie aux modalités du fonctionnement interne du FLN. Jusqu’en janvier 1960, le mouvement du FLN ne dispose pas de statuts définissant les rapports entre les membres de l’organisation comme le souligne Mohamed Harbi. En revanche, l’arbitraire et la brutalité ont été une pratique courante de l’appareil dirigeant. Les conduites désordonnées mises sur le compte d’une anarchie atavique perdent de leur pertinence. La recherche historique ne peut plus ignorer l’intérêt d’aborder l’étude des institutions et des hommes qui leur ont donné vie.

La portée de la grève du 19 mai 1956

Ce n’est pas la première fois qu’un acteur de la Guerre de libération évoque ouvertement les réticences exprimées ici et là par les différents cercles estudiantins qui appartiennent à plusieurs tendances politiques. Ces cercles sont proches et/ou militants du PPA-MTLD, de l’UDMA, du PCA ou des Ulémas. Cette première configuration est à recouper avec la répartition géographique : Alger, Paris, Tunis, Le Caire, Damas, Bagdad.

Quelques années auparavant, Mostefa Lacheraf avait écrit «il est aujourd’hui connu de tous, et les archives en font foi, que lorsqu’en 1956, le FLN-ALN en guerre demanda aux étudiants et élèves algériens des terminales de choisir entre une bourse d’études à l’étranger et le départ pour le maquis, certains préférèrent, munis de bourses et comme un seul homme, la perspective d’aller au Machreq, pendant que le reste des étudiants et grévistes des lycées se portèrent tous volontaires et rejoignirent sans tarder les combats sur le sol national…»27.

A. Bouhara revient à son tour sur cet événement qui l’a touché de près. Il quitte en effet le lycée d’Aumale de Constantine, au printemps 1956. Sans vouloir nier les adhésions qui ont suivi cet appel du 19 mai 1956, Bouhara précise que les défections ont été aussi importantes : «Seule une minorité d’étudiants et élèves des classes terminales du secondaire a rejoint l’ALN sur le sol national. Ils n’étaient pas plus nombreux à se porter volontaires pour mener… le combat, au sein des organisations clandestines du FLN dans les grandes villes du pays… (p. 82)», et un peu plus loin, il évoque «les réticences observées chez certains étudiants issus des universités du Machrek» avant de révéler les réserves «qui se sont manifestées dans certains milieux de l’organisation estudiantine et du FLN, quant à l’opportunité du déclenchement de la grève de mai 1956». A. Bouhara semble traduire ce que l’étude de Guy Pervillé a montré, à savoir que «Lycéens et collégiens... fournirent un plus grand nombre de maquisards que les étudiants proprement dits»28. Au delà des motivations et des hésitations des uns et des autres, les statistiques des étudiants inscrits à l’université d’Alger donnent la mesure réelle de leur adhésion à l’appel du 19 mai 195629.

 

Année

Garçons

Filles

Pourcentage

Total étudiants

1955-1956

617

67

13%

5198

1956-1957

245

22

5,6%

4700

Les appréciations de Mostefa Lacheraf comme celle de Abderrazak Bouhara n’engagent que leurs auteurs mais elles permettent de revisiter l’histoire du mouvement estudiantin algérien durant la guerre. Dans ce milieu, l’appel du 19 mai 1956 fut accueilli diversement. Autrement dit, les attitudes des uns et des autres sont loin de refléter l’unanimisme véhiculé par la mémoire sociale. C’est l’occasion de lancer des études sur l’évolution de l’ensemble des associations des étudiants à Alger, Paris, Tunis, le Caire… de recueillir les témoignages des acteurs encore vivants. D’ores et déjà, il est impératif de dépasser le débat stérile qui consiste à aborder la question à travers les attitudes adoptées par les étudiants, pour ou contre l’appel du 19 mai 1956. Pour dépasser ce manichéisme peu productif pour la compréhension historique, la meilleure posture pour l’historien est sans doute de tenter de mesurer la tension qui entoure tout acte d’engagement. Celui-ci peut être le fruit d’une expérience mûrie souvent par une pratique militante comme il peut surgir à la faveur de l’urgence du combat. Dans les deux cas, les temporalités où s’inscrit l’engagement ne sont pas les mêmes et elles invitent à considérer les processus politiques autrement que comme des données identiques pour tous. Ce qui veut dire que l’entrée en résistance et les motivations des étudiants constituent un objet de recherche historique très pertinent. Ces quelques remarques permettent de prendre de la distance par rapport aux conflits de mémoires, étalés actuellement sur la place publique en Algérie et à faire la part des débats idéologiques sous-jacents.

Le cas de Abane Ramdane

Pendant longtemps, hormis les cercles dirigeants du FLN-ALN, la plupart des militants de base et plus généralement l’opinion publique ont ignoré le sort qui fut réservé à l’un des artisans du Congrès de La Soummam (août 1956).

Plusieurs écrits ont relaté les péripéties qui ont abouti à son élimination physique dans des publications qui ont circulé sous le manteau, puisqu’elles étaient interdites alors en Algérie30. Depuis quelques années, la disparition tragique de A. Ramdane a été portée à la connaissance de l’opinion publique.

Ainsi, dans Tamurt Imazighen, Ali Zamoum rapporte comment, lors de la cérémonie de la ré-inhumation du corps de Abane Ramdane, quelques années après l’indépendance, Krim Belkacem - impliqué dans son assassinat - a été interpellé par le fils de A Ramdane : «Je suis prêt à l’ouverture de ce dossier si le gouvernement accepte…» et d’ajouter «je ne suis pas le seul dans cette affaire»31.

Depuis, Krim Belkacem a été assassiné à son tour à Francfort en octobre 1970. Il est réhabilité le 24 octobre 1984 et sa dépouille repose au «carré des martyrs». Ce n’est pas un hasard, nous sommes à la veille du 30e anniversaire du 1er novembre 1954. 

Mais le cas de Abane Ramdane retient l’attention d’un autre acteur de la guerre de libération. Il s’agit de Ali Kafi qui dans Mémoires d’un président formule des accusations d’une telle gravité contre Abane Ramdane que sa famille lui a intenté un procès en diffamation. S’appuyant sur des «sources», notamment sur une lettre portant cachet du FLN et signature du Colonel Amirouche (Wilaya III) et sur des propos émis directement par Amirouche (lors de sa rencontre avec Ali Kafi), Ali Kafi met la disparition de A. Ramdane sur le compte d’une trahison : il aurait noué des contacts avec les autorités françaises32. Convaincu du bien fondé de son point de vue à l’encontre de Abane Ramdane, et sans se rendre compte qu’il y a contradiction, Ali Kafi évoque les premières négociations qui ont eu lieu à la même époque, c’est-à-dire sous le gouvernement de Guy Mollet. Y participent de nombreux dirigeants du FLN, dont Ben Bella, Lamine Debaghine et Mohamed Khider, dans le courant du mois de mars 1957, donc après le congrès de la Soummam. Sont-ils pour autant des traîtres ?

En fait, quand on relit attentivement les pages consacrées à A. Ramdane, un grief parmi d’autres émerge : la question de la primauté de l’action politique sur la fonction militaire33, l’un des principes dégagés lors du Congrès de la Soummam, n’aurait été admis que du bout des lèvres… si l’on suit bien Ali Kafi. C’est bien donc une question de pouvoir qui agite les esprits. Le rassemblement des forces politiques algériennes, concrétisé lors du Congrès de La Soummam, va à l’encontre des attentes de nombreux chefs de l’ALN/FLN. 

Immédiatement après «les révélations» de Ali Kafi, un autre acteur de la Guerre de libération Benyoucef Ben Khedda, second président du GPRA, prend à son tour la plume pour défendre la mémoire de Abane Ramdane dans une série d’articles publiés par le journal El Watan34. Il confirme alors les contacts que Abane Ramdane et lui-même ont eus avec l’envoyé de Mendès France, l’avocat Charles Verny. L’affaire Abane Ramdane vient de rebondir, à la suite des déclarations faites par Ben Bella, premier président algérien, lors d’une émission de la chaîne El Djazira. Il attaque violemment Abane Ramdane et réitère l’accusation de «trahison». Pour la seconde fois, son épouse intervient pour défendre sa mémoire dans un long entretien accordé au journal Liberté35.

Cependant, l’histoire est autre et contredit le procès intenté à la mémoire de Abane Ramdane. De nombreux responsables du FLN ont eu des contacts avec les représentants du gouvernement français et précisément ceux de la IVe République qui nous intéresse ici. Pas moins de cinq rencontres ont réuni les deux parties, sous le gouvernement de Guy Mollet dans plusieurs capitales : Le Caire, Belgrade et Rome. Ahmed Ben Bella en personne a assisté à ces pourparlers, si l’on s’en tient à la version rapportée par Robert Merle «En septembre, nous aboutîmes enfin à un accord (dit Ben Bella). Il fut décidé que chacun rentrerait chez soi pour le faire contresigner»36. Le procès fait à Abane Ramdane peut être fait aussi à Ben Bella et à tous les négociateurs ! C’est pourquoi, cette polémique qui s’est focalisée sur l’accusation de traîtrise est moins importante pour ce qu’elle jette sur la place publique que pour ce qu’elle souhaite faire oublier. Dans les entretiens qu’il a accordé à la chaîne El Djazira, Ben Bella visait sans aucun doute à expliquer son rôle dans la Révolution et son élimination de la scène politique le 19 juin 1965. Mais en recourant à la vindicte, Ben Bella n’apporte aucun éclairage particulier. Son récit est celui d’un échec et «un récit qui échoue à expliquer est moins qu’un récit»37

Face à ce déballage de vérités et contre vérités, la puissante Organisation des Anciens Moudjahiddines (O. N. M.) est restée muette. Cette attitude est, pour le moins, inhabituelle, quand on sait le rôle de gardienne exercée par l’O. N. M. jusque là sur l’histoire de l’Algérie et tout ce qui touche à la mémoire collective. Comment interpréter ce mutisme ? La gravité des accusations qui frappe l’une des figures emblématiques du Mouvement national ne peut laisser indifférents les responsables de l’O. N. M. La presse n’a pas manqué de relever ce paradoxe tout en appréciant «que les témoignages autour de Abane soient ainsi étalés au grand jour». Elle ose croire que c’est «une façon de faire lever peut-être la censure qui grève des chapitres entiers des manuels d’histoire et désoriente jusqu’aux étudiants de cette discipline»38.

Quarante ans après l’indépendance, les rapports entre militaires et civils algériens sont loin d’être réglés et les effets pervers de la contre offensive déclenchée par les services français de l’Action Psychologique continuent à faire des ravages et à être pris à la lettre39.

L’affaire Si Salah

Ali Zamoum apprend la mort de son frère Mohamed Zamoum alias le colonel Si Salah, chef de la Wilaya IV à partir de mai 1959, alors qu’il est en prison à Rouen (été 1961). Des informations contradictoires lui parviennent : les unes confirmant le décès de son frère lors d’un accrochage avec les forces françaises, les autres (dont des articles publiés par France Soir) «insinuèrent qu’il avait été exécuté par l’ALN»40.

Telle quelle, l’information est bien sûr insuffisante et incomplète et exige des vérifications. Mais la publication des mémoires de Ali Zamoum remonte à 1993. Pouvait-il  honnêtement ignorer encore les circonstances de la mort de son frère, qui était entré en pourparlers avec des émissaires de De Gaulle ? D’autant plus que de nombreux ouvrages en ont rendu compte comme ceux de Bernard Tricot, Maurice Challe, Yves Courrière… que  le témoignage de Lakhar Bouregaâ, officier appartenant à la même wilaya IV et surtout la thèse de Mohamed Teguia sont venus conforter41. Si Ali Zamoum se contente de relater aussi laconiquement la disparition de son frère, c’est en raison des pourparlers entamés entre lui (le colonel Si Salah) et les représentants de De Gaulle qu’il finit par rencontrer secrètement à l’Elysée, le 10 juin 1960. Que la démarche de Si Salah et ses compagnons ait été dictée par les difficultés vécues au maquis sous la pression des opérations Challe, rien n’est plus vraisemblable. Ce qu’elle révèle clairement, c’est le profond fossé qui séparait les combattants de l’intérieur et les dirigeants de l’extérieur, et le sentiment d’avoir été abandonné ne pouvait être effacé par les quelques télégrammes laconiques transmis par le GPRA. Par ailleurs, l’affaire Si Salah montre une fois de plus l’implication des services de renseignements français qui ont intercepté la correspondance entre la Wilaya IV et le GPRA et en ont profité pour concocter une double manœuvre de diversion et de pression pour vaincre les réticences du FLN, opposé aux propositions de De Gaulle42. L’initiative du colonel Si Salah ne peut être tue au nom du seul souci de préserver l’unité nationale. Elle répondait à un profond sentiment d’abandon et de lassitude des combattants de cette wilaya dont beaucoup de cadres furent décimés par l’extension de l’épuration. D’autres part, la thèse de Mohamed Téguia fournit les premières données qui éclairent le montage de la rencontre Si Salah et De Gaulle, dont les préparatifs ont commencé à son insu. C’est le commandant Lakhdar (Bouregaâ) qui semble avoir été selon Mohamed Téguia «l’initiateur de la négociation» dont le principe était partagé par le commandant Halim et le capitaine Abdellatif. L’histoire n’a retenu que le nom de Si Salah exposé aux feux de la rampe à cause d’une visite nocturne à l’Elysée. Encore une fois, «la fabrication de la mémoire de la guerre» tourne le dos «à la recherche historique et aboutit à un premier constat : celui de son éclatement»43. Si la mémoire peut se permettre de refouler certains évènements, pour des raisons compréhensibles, la pratique de l’histoire n’est pas astreinte à s’inscrire dans la même perspective d’évitement, surtout si ces évènements sont vérifiables par des archives. Quand ce n’est pas la censure qui fait ombrage à l’information, c’est l’autocensure qui la relaye… même si le silence observé se justifie par ailleurs.

II. Mémoire et histoire

Ces quelques exemples sont loin d’épuiser la richesse du contenu de ces mémoires… Mais une évocation rapide était nécessaire pour introduire la seconde remarque, à savoir que la mémoire des acteurs d’hier n’est pas l’histoire et les contradictions charriées par une mémoire partielle et partiale à la fois, sont à l’origine de bien des conflits d’interprétation plus ou moins violents, plus ou moins erronés, plus ou moins graves…

Ainsi la prétendue fidélité de la mémoire individuelle est mise à rude épreuve. Et il n’est pas question de confondre mémoire et histoire. Là, nous avons affaire à une «remémoration», ici nous sommes en présence d’une pensée qui se déploie dans le temps du passé. Le travail de l’histoire est en effet une construction qui se distingue par une représentation du passé mais pas n’importe laquelle, c’est-à-dire une représentation critique.

Dans un pays comme l’Algérie, exposé pendant longtemps aux effets de la fragmentation sociale et du déclassement, à l’intensité de l’acculturation due à la longue «nuit coloniale» - sans oublier les effets du conflit armé de 1954-1962 et ses conséquences multiples (répression, déplacements de population…) - il est difficile de respecter la ligne de partage qui sépare l’histoire de la mémoire. D’autant plus que le temps de la paix retrouvée a été rapidement suspendu à nouveau par la crise politique de la décennie écoulée qui n’a épargné aucun groupe social.

Dans un tel contexte, la profusion de la production mémorielle semble mobiliser beaucoup d’énergies et nous vaut une accumulation remarquable de témoignages - qui a l’avantage de rompre le consensus d’une mémoire collective - mais en même temps ce flux de mémoires relève d’un processus complexe de fabrication et de diffusion des souvenirs, processus qui agit à sa manière sur l’imaginaire national. En d’autres termes, cette entreprise d’écriture de mémoires ne se contente pas seulement d’exhumer le passé, elle participe à l’élaboration d’un discours de légitimation qui dissimule mal des rapports de pouvoir sinon des relations de domination… qu’il s’agit de préserver ou de renforcer… Une telle situation n’a rien d’exceptionnel. Toutes les sociétés en crise «convoquent le passé pour conjurer les périls»44… Du reste, qu’importent les intentions de ceux qui exhibent le passé «comme arme dans les luttes politiques», mais il faut le savoir et en être conscient.

Ce qui nous intéresse en revanche, et c’est la troisième remarque, ce sont les avantages que l’écriture de l’histoire peut en tirer. Parce que, au delà des relations complexes et conflictuelles que l’histoire et la mémoire entretiennent, seule la mise en œuvre du récit historique, à l’aide des outils explicatifs propres aux méthodes de la discipline, est en mesure de donner du sens à une réalité temporelle où le récit biographique interfère avec des évènements politiques et des contingences de tout genre...

Les historiens ont donc du pain sur la planche et ils ne peuvent rester sans réagir. Ils sont appelés à interroger autrement les attitudes à l’égard du passé, les interférences de celui-ci dans le présent, et la pression qu’il exerce sur les  individus et leurs réactions, ainsi que sur les institutions.

D’où ce retour à l’historiographie et aux questions épistémologiques de l’histoire… il nous faut porter plus d’attention aux porteurs de cette mémoire, à leur cheminement, aux lieux de sociabilité où ils se sont forgés comme le parti, le syndicat, l’école, la médersa, le maquis. De même que l’étude des mécanismes qui en assurent la transmission mérite notre intérêt. C’est à cette seule condition que l’on pourra mesurer la portée réelle des effets que cette production de mémoires est susceptible d’induire au niveau de l’écriture de l’histoire. 

A cette condition, il est permis de dégager deux propositions : la profusion de mémoires représente un seuil important pour l’exercice du métier d’historien, la mémoire est saisie comme objet d’histoire. En ce sens, le conflit de mémoires est générateur d’écritures d’histoire qui prennent leur distance par rapport à la mémoire sociale et participent, ainsi à la construction d’identités nationales plurielles. Le chantier d’écriture ouvert ces dernières années a le mérite de défaire le cercle communautaire où la mémoire sociale était enfermée. L’émergence du sujet parlant ou témoignant «conduit à s’interroger sur la mémoire du citoyen»45 orientée vers la ré-appropriation du passé, exigeant un «devoir de mémoire» libéré de l’emprise de l’Etat. C’est dans ce créneau que les associations culturelles animées par des jeunes oeuvrent, avec détermination mais pas toujours de distanciation suffisante (procès de l’histoire). Mais elles ont le mérite à travers ce désir de mémoire d’avoir contribué à élargir le champ de la réflexion historique au delà des frontières imposées par la vision d’un nationalisme étroit.

Pour ma part, je pencherais plus vers «un travail de mémoire» selon l’expression de Paul Ricoeur. C’est à cette seule condition que l’historien confère un sens toujours en débat à des interrogations relatives à des représentations du passé et c’est à cette seule condition aussi que l’on peut mettre fin à la confusion des genres.

Enfin, «ce travail de mémoire» n’est possible que si les archives de la période en question sont accessibles aux chercheurs, en Algérie d’abord.

Jusqu’à ce jour, seules les archives du GPRA ont fait l’objet d’un inventaire46. Mais qu’est-il advenu des archives des Wilayas de l’intérieur47 ? De l’état major de Ghardimaou ? D’Oujda ? Selon Mohamed Harbi, le Ministère de la Défense Nationale a permis à quelques personnalités de les consulter48. Du côté français, des inventaires sont régulièrement produits, tant par les Archives d’Outre-mer, à Aix En Provence que par le Service Historique de l’Armée de Terre au Château de Vincennes49. Si la consultation de nombreux documents est suspendue à l’obtention de dérogations, la tendance générale est à l’ouverture aux chercheurs de fonds de plus en plus importants50. Il est souhaitable et même urgent que les mêmes efforts soient consentis du côté des Archives Nationales, en Algérie.

NB. Un dernier point que je n’ai pas souligné suffisamment : c’est le développement de l’édition qui a permis la publication de ces textes et qui joue un rôle essentiel dans l’évolution de la pratique(s) de l’histoire mise au défi de se positionner par tant d’informations. L’inventaire ci-joint tente d’en rendre compte.

Annexe

Bibliographie : Mémoires, autobiographies, biographies et témoignages**

- Abbas Ferhat, La nuit coloniale, Paris, Juillard, 1962.

- Abbas Ferhat, L’Aurore, autopsie d’une guerre. Paris, Garnier, 1980.

- Abdelkader Hamid, Farhât ´Abbâs. Rajul al-jumhûriyya (Ferhat Abbas. L’homme de la République), Alger, Dār al-Ma`rifa, 2001.

- Abdoun Mahmoud, Témoignage d’un militant du mouvement nationaliste, Paris, éd. Dahlab, 1990.

- Abidi Hadj Lakhdar, Mémoires (Mudhakkirât)

- Aït Ahmed Hocine, La guerre et l’après guerre, Paris Minuit, 1964.

- Aït Ahmed Hocine, Mémoires d’un combattant, Messinger, Paris, 1983.

- Aït Ouyahia Belkacem, Pierres et Lumières, Alger, Casbah Editions, 1999, préf. de Mostefa Lacheraf.

- Amokrane Abdelhafid, Mudhakkirât min masîrat al-nidhâl wa al-jihâd, Alger, Dār al-’Umma, 1997.

- Bachtarzi Mahieddine, Mémoires, 1919-1939, Alger, Enal, 1968, tome1.

- Bachtarzi Mahieddine, Mémoires, 1939-1951, Alger, Enal, 1984, tome 2, préface de Abdelhakim Méziani.

- Baghli Abdelouahab, L’itinéraire d’un chef de meute. Scouts musulmans algériens. Groupe el Mansourah de Tlemcen, 1936-1962, Tlemcen, Imprimerie D. Brixi, 2000.

- Balli Bellahcène, Mémoires d’un jeune combattant de l’ALN à Tlemcen et sa région, 1956-1958, Beyrouth, 1999.

- Balli Bellahcène, Le rescapé de la ligne Morice, Alger, Casbah Editions, 2004.

- Bedya Bachir, L’oued en crue, éd. du Centenaire, 1979.

- Bekkouche Mustapha, Journal d’un oublié, Alger, Anep, 2002.

- Belhocine Mabrouk, Le courrier Alger-Le Caire, 1954-1956 et le congrès de la Soummam dans la révolution, Alger, Casbah, 2000.

- Belkhodja Amar, L’affaire Hamdani Adda, 1926-1962, Tiaret, éd. Mekhloufi, 1990.

  • Belkhodja Amar, Marie Claire Boyet : la martyre de Tagdemt, Alger, Anep, 2002.
  • Ben Bella Ahmed, Itinéraires, Alger, éd. Maintenant, 1990.

- Benchérif Ahmed, L’aurore des mechtas, Alger, 1969.

- Benfars Djamel et Saâdallah Rabah, La glorieuse équipe du FLN, Alger-Bruxelles, Enal-Gum, 1985.

- Ben Isma’ili Muhamed, ´Alâ al-tarîq `ilâ al-nasr, qissat 400 shâbb mujâhid, Alger, éd. al-Kâhina, 1995.

- Ben Khedda Benyoucef, La fin de la guerre d’Algérie : Les accords d’Evian, Alger, OPU, 1986.

- Ben Khedda Benyoucef, Les origines du 1er  novembre 1954, Alger, éd. Dahlab, 1989.

- Ben Khedda Benyoucef, Abane-Ben M’hidi : leur apport à la Révolution algérienne, éd. Dahlab, Alger, 2000.

- Bennabi Malek, Mémoires d’un témoin du siècle, Alger, Sned, 1965 et tome 2 en 1970.

- Bennoune Mahfoud et Ali el Kenz, Le hasard et l’histoire. Entretiens avec Belaïd Abdesselam, Enag, Alger, 1990.

- Bensalem Djamel Eddine (dr), Voyez nos armes, voyez nos médecins, Alger, Enal, 1990.

- Benyahia Mohamed, La conjuration du pouvoir, Paris, Arcantère, 1988.

- Benzine Abdelhamid, Le camp, Paris, éd. Sociales, 1962.

- Benzine Abdelhamid, Journal de marche, Alger, Enap, 1965.

- Benzine Abdelhamid, Lambèse, Alger, Dar el Ijtihad, 1989.

- Benzine Abdelhamid, La montagne et la plaine, Alger, Anep, 2001.

- Benzine Abdelhamid et Khalfa Boualem, La grande aventure d’Alger Républicain, Alger, Dar el Ijtihad, 1989.

- Benzine Abdelhamid, Le sergent (récit), Alger, Anep, 2003.

- Bessaoud Arab, Heureux les martyrs qui n’ont rien vu, Imprimerie Cary, Colombes, 1963.

- Bouayad Mahmoud, L’histoire par la bande. Entretien avec Akli Banoune et Amar Khider, Sned, Alger, 1974.

- Bouchama al-Rabi´, Dîwân al-shahîd, Alger, éd. Musée du Moudjahid, 1994.

- Boudiaf Mohamed, Où va l’Algérie ? Paris, éd. l’Etoile, 1964.

- Boudiaf Mohamed, La préparation du 1er novembre, Paris, éd. L’Etoile, 1976, 95 pages.

- Bouhara Abderrezak, Les viviers de la libération, Alger, Casbah, 2001.

- Boukort Benali, Le souffle du Dahra, Alger, Enal, 1986.

- Boumaza Bachir et al., La gangrène, Paris, Minuit, 1959. 

- Bouregaâ Lakhdar, Témoin de l’assassinat de la révolution (Shâhid `alâ ’ightiyâl al-thawra), Alger, Dār al-Hikma, 2000 (réédition).

- Bouzar Nadir, Abus de confiance, Alger, Enal, 1989.

- Carlier Omar, Le cri du révolté… Amar Imache, Alger, Enal, 1984.

- Chabuki Muhammad, Dîwān al-shaykh al-shabbūkī, Alger, éd. Musée du Moudjahid, 1995.

- Commandant Azzedine, On nous appelait fellaghas, Paris, Stock,1976.

- Commandant Azzedine, Et Alger ne brûla pas, Paris, Stock, 1980.

- Dahlab Saad, Pour l’indépendance de l’Algérie, mission accomplie, Alger, éd. Dahlab, 1990.

- Daoud Zakia et Benjamin Stora, Ferhat Abbas, une utopie algérienne, Paris, Fayard, 1995.

- Derdour Djamel Eddine, De l’Etoile Nord Africaine à l’indépendance, Alger, éd.  Hammouda, 2001.

- Derouiche Mohamed, Le scoutisme, école du patriotisme, Alger, OPU, 1985.

- Djebbari Mohamed Benamar, Mémoires d’un enseignant de la vieille génération,  Alger, 2002.

- Einaudi Jean-Luc, Un Algérien. Maurice Laban, Paris, Le Cherche-Midi, 1999.

- El Hassani Abdelhafid Amokrane, Mémoires de combat, Alger, Dār al-’Umma, 1998.

- El Madani Ahmed Tewfik, Une vie de combat (Hayât Kifâh), Alger, SNED, 1977.

- Farès Abderahmane, La cruelle vérité, Paris, Plon, 1982.

- Farès Boubaker, Mes pensées révolutionnaires, Algérie, 1954-1962, Alger, Dār al-Kitāb al-`Arabī, 2000.

- Farès Mohamed, Aissat Idir. Documents et témoignages sur le syndicalisme algérien, Alger, Enap-Enal-éd. Andalouses, 1986.

- Farhi Mohamed, Le rêve et le testament, Alger, Enal, 1988.

- Feraoun Mouloud, Journal 1955-1962, Paris, Le Seuil, 1962.

- Ferdi Saïd, Un enfant dans la guerre, Paris, Le Seuil, 1981.

- Flici Laadi, L’envers des tribunes. Chronique du temps qui passe, Alger, Enal, 1984.

- Ghouar Abdelkader Ben Azzedine, Cinq fidayines ouvrent le feu à Constantine, Alger, Enal, 1986.

- Guerfi Azzedine et Chaab Aissa Khaled, Boudiaf, l’homme des ruptures, Alger, éd. Chihab, 1993.

- Haderbache Abdesselam, 11-54, l’aube des héros, Paris, La Pensée Universelle, 1979.

- Hadj Ali Bachir, L’arbitraire, Paris, Minuit, 1966.

- Hamdani Amar, Le lion des Djebels, Paris, Balland, 1973.

- Hammoutène Ali, Réflexions sur la guerre d’Algérie, Alger, Sned, 1982.

- Hamoud Chaib dit Abderahmane, Sans haine ni passion. Pages de l’histoire de l’Algérie combattante, Alger, Dahlab, 1991.

- Harbi Mohamed, Une vie debout, Paris, La Découverte, 2001.

- Haroun Ali, L’été de la discorde, Alger, éd. Casbah, 2000.

- Haroun Ali, La 7e  wilaya, Le Seuil, Paris, 1986.

- Hassani Abdelkrim, Guérilla sans visage, Alger, Enap-OPU, 1988.   

- Ighilahriz Louisette, Algérienne, récit recueilli par Anne Nivat, Paris, Fayard-Calmann Lévy, 2001.

- Illoul Mohamed Tayeb et Aroua Ali, Le groupe Emir Khaled de Belcourt : un maillon des SMA, 1946-1962, Alger, Dahlab, 1991.

- Kaddache Mahfoud, Récits de feu, Alger, Sned, 1977.

- Kafi Ali, Mémoires du président Ali Kafi, Alger, Casbah Editions, 1999

- Kafi Ali, Mudhakkirât al-ra’îs `Alî Kâfī, 1946-1962, Alger, éd. Casbah, 1999.

- Khalfa Mameri, Abane Ramdane, héros de la guerre d’Algérie, Paris, L’Harmattan, 1988.

- Khalfa Mameri, Les héros de la guerre d’Algérie. Larbi Ben M’hidi, Alger, éd. K. Mameri, 1996.

- Kheireddine Mohamed dit Cheikh, Mémoires, Alger, Dahlab, 1985.

- Khellil Mohamed, La Kabylie ou l’ancêtre sacrifié, Paris, L’Harmattan, 1984.

- Khiouane Abderahmane, Moments du mouvement national. Textes et positions, Alger, Dahlab, 1991.

- Khiouane Abderahmane, La crise de 1962, Alger, Dahlab, 1997.

- Lacheraf Mostefa, Des noms et des lieux. Mémoires d’une Algérie oubliée, Alger, éd. Casbah, 1998.

- Lachtar Moussa, La guillotine, Paris, Maspéro, 1962.

- Larroussi Khelifa, Le manuel du militant algérien, Lausanne, La Cité, 1962.

- Lebjaoui Mohamed, Vérités sur la révolution algérienne, Paris, Gallimard, 1970.

- Lebjaoui Mohamed, Bataille d’Alger ou bataille d’Algérie, Paris, Gallimard, 1972.

- Louanchi Anne-Marie et Louanchi Salah, Parcours d’un militant algérien, Alger, Dahlab, 1999.

- Maarfia Mohamed, La passion du «fellagha», Paris, La Pensée Universelle, 1981.

- Madaci Mohamed Larbi, Les tamiseurs de sable, Aurès-Nememcha 1954-1959, Rouiba, Anep, 2001.

- Madani Ahmed Tewfik, Hayât kifâh. Mudhakkirât, 2 tomes, Alger, Enal, 1988.

- Makki Chabah el, Mudhakkirât munâdhil ’awrâsî, Alger, 1986.

- Malek Réda, L’Algérie à Evian, Paris, Le Seuil, 1995.

- Massali Rachid, L’homme énigme : Houari Boumediène, Constantine, el Baath, 1990.

- Merle R., Ahmed Ben Bella, Paris, Gallimard, 1965.

-  Messali Hadj, Mémoires, Lattès, Paris, 1982.

- Mouffok Houari, Parcours d’un étudiant algérien, Paris, Bouchène, 2002.

- Moulesshoul Mohamed, Kahira, cellule de la mort, Alger, Enal, 1985.

- Nezzar Khaled, Mémoires du général, Batna, Chihab Editions, 1999.

- Nezzar Khaled, Un procès pour la vérité, Alger, Chihab Editions, 2002.

- Ouahioune Chabane, Itinéraires brûlants (récits de Said Akrour), Alger, Enal, 1986.

- Ouasti Abdelmalek, Le démineur, Alger-Paris, Sned-Publisud, 1983.

- Oussedik Mahieddine, «Le rendez-vous de l’histoire, témoignage», Majallat al-Târîkh, CNEH, n° 20, 2e semestre 1985, pp. 51-60.

- Ouzegane Amar, Le meilleur Combat, Paris, Juillard, 1962.

- Rahal Mansour, les maquisards. Pages du maquis des Aurès durant la guerre de la libération, Alger, 2000.

- Rakibi Abdallah, Dhikrayât min al-thawra al-jazâ’iriyya, 1954-1958, Alger, Enal, 1985.

- Saâdallah Rabah et Benfars Djamel, La glorieuse équipe du FLN, Alger-Bruxelles, Enal-Gum, 1985.

- Saadi Yacef, Souvenirs de la Bataille d’Alger, Paris, Julliard, 1962.

- Saadi Yacef, La bataille d’Alger, Alger, Enal, 1984.

- Sadiq Mohamed Salah, Amirouche, histoires de la révolution (`Amîrûsh wa qisas thawriyya) Alger, Dahlab, 1989.

- Sadiq Mohamed Salah, Rihla fi ’a`mâq al-thawra, ma`a al-`aqîd ’Ighzûran Muhammad, Alger, Dâr al-’Umma, 2002.

- Taleb Ibrahimi Ahmed, Lettres de prison, Alger, Sned, 1966.

- Timsilt Daniel, Algérie, récit anachronique, Paris, Bouchène, 2001.

- Timsilt Daniel, Récits de la longue patience. Journal de prison, 1956-1962, Paris, Bouchène, 2001.

- Timsilt Daniel, Suite baroque. Histoires de Joseph, Slimane et les autres, Paris, Bouchène, 2001.

- Trodi El Achemi, Larbi Ben M’hidi, l’homme des grands rendez-vous, Alger, Enag, 1991.

- Yousfi M’ahmed, l’Algérie en marche, Alger, Enal, 1985, 2 tomes.

- Yousfi M’hamed, L’OAS et la fin de la guerre d’Algérie, Alger, Enal, 1985.

- Yousfi M’hamed, Les otages de la liberté, quelques aspects des dessous de la guerre d’Algérie, Alger, éd. Mimouni, 1990.

- Zamoum Ali et Tamurt Imazighen, Mémoires d’un combattant algérien (1940-1962), Alger, éd. Rahma, 1994.

- Zerguini Mohamed, Une vie de combats et de lutte. Témoignages et appréciations, Alger, éd. En Nahda, 2000.

- Zeroual Mohamed, al-Namâmsha fī al-thawra, Alger, Dâr Hûma, 2003.

notes

* Université de Constantine - chercheur associé au Centre National de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (Oran)

1 In L‘arc, n° 72, 1978, p. 83.

2 Cf. liste jointe en annexes.

3 Les ouvrages de Abbas, Ferhat, Lebjaoui, Mohamed, les mémoires de Hadj, Messali, de Aît, Ahmed, et bien d’autres ont été publiés en France, ils n’étaient pas commercialisés en Algérie mais circulaient sous le manteau. 

4 Ainsi, on peut citer les associations Ramdane, Abane, Belkacem, Krim, Amirouche, pour la Kabylie, Zabana, Ahmed, à Oran, Benboulaid, à Arris (Aurès), Youcef, Zigoud,…ou encore l’association du 11 décembre (en souvenir des manifestations urbaines de décembre 1960). Parallèlement des journées de réflexion sont organisées un peu partout, détrônant régulièrement les figures de proue autorisées jusque-là, comme Benbadis ou Abdelkader, l’Emir, Dans le sillage des associations, de nombreuses fondations ont vu le jour, parmi les premières : La fondation de Abdelkader, l’Emir la fondation Boudiaf, Mohamed, la fondation El Mokrani…

5 Pour un aperçu sur Messali, voir la biographie que lui consacre Harbi, Mohamed, dans Les Africains et Stora, Benjamin, Had,j Messali, (1898-1974), pionnier du nationalisme algérien, Paris, L’Harmattan, 1986.

6 Il s’agit du professeur Belaїd, qui sera traîné devant les tribunaux…

7 Les viviers de la liberté, Alger, Casbah éditions, 2001, p. 8.

8 Mémoires du président Kafi, Ali, Alger, 1999, p. 6. Depuis notre communication, les mémoires de Kafi, Ali, ont fait l’objet d’une traduction en français, Alger, Casbah éd., 2002.

9 Kafi, Ali, joint à ses mémoires 141 pages d’annexes sur un texte de 298 pages, op. cit.

10 Harbi, Mohamed, Le FLN. Mirage ou réalité, Paris, éd. Jeune Afrique, 1980.

11 Parmi les écrits antérieurs aux années 1980, notons les ouvrages du colonel Bouregaâ, L., Témoin de l’échec de la révolution, Dar el Hikma, Alger, 2000 et Harbi, M., Op.cit., Abbas, F., Lebjaoui, M., etc.

12 Ricœur, Paul, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Le seuil, 2000.

13 Mémoires du président Kafi, Ali, …op .cit., p. 143 et sv., le rapport date de la rencontre des colonels de l’Intérieur tenue du 6 au 12 décembre 1958 dans la wilaya II (Nord Constantinois).

14 Ben  Boulaїd, Mostefa, trouve la mort en mars 1956 en ouvrant un colis piégé.

15 Voir la contribution de Kaddache, Mahfoud, Récits de feu, Alger, Sned, 1977. 3e éd.,

16 Larbi Madaci, Mohamed, Les tamiseurs de sable, Aurès-Nmemcha, 1954-1959, Rouiba, Anep, 2001.

17 Ben Boulaїd, Mostafa, (1917-1956), militant du PPA-MTLD, est l’un des fondateurs du FLN et le premier responsable de la Zone I (qui devient Wilaya à partir de 1956) qui couvre la région du massif de l’Aurès et des monts des Nmemcha. Cf. Meynier, Gilbert, & Caudron, André, «Ben Boulaїd, Mostefa, (1917-1956)», in Parcours (Algérie), n° 16-17, 1992.

18 Cf. les travaux de Servier, Jean, Les portes de l’année. Rites et symboles. L’Algérie dans la tradition méditerranéenne Paris, Laffont, R., 1962. Pour un point de vue critique, cf. Lacoste-Dujardin, Camille, Opération Oiseau Bleu, Paris, La Découverte.

19 Vaujour, Jean, De la révolte à la révolution. Aux premiers jours de la guerre d’Algérie, Paris, Michel, Albin, 1985, p.225, et Yves Courrière, Les feux de la toussaint, Paris, Fayard, 1968, p. 421.

20 Sur Parlange, voir Paillat, Claude, Vingt ans qui déchirèrent la France, tome II : La Liquidation, Paris, Laffont, 1972, pp. 194-195 et 282-285.

21 Pour une vue d’ensemble sur les SAS, cf. Mathias, Grégor, Les sections administratives spécialisées en Algérie : Idéal et réalité (1955-1962), l’Harmattan, Paris, 1998. 

22 Madaci, M. L., rapporte qu’au lendemain de la bataille de Djeurf (septembre 1955), «Chihani a épinglé… sur sa poitrine l’insigne du commandement». Djoudi, Bicha, son fidèle compagnon, lui fait remarquer «que le moment était mal choisi», eu égard à la perte de 85 hommes dans leurs rangs. In Les tamiseurs…, op. cit., pp. 126-127.

23 Lyotard, François, La guerre des Algériens. Ecrits, 1956-1963, Paris, Galilée, 1989, p. 148.

24 Perturbateurs, indisciplinés.

25 Bouhara, A., Op. cit., p. 198.

26 Harbi, Mohamed, in La guerre des Algériens..., op. cit.

27 Des noms et des lieux : mémoires d’une Algérie oubliée, Alger, éd. Casbah, 1998, pp. 90-91.

28 Pervillé, Guy, Les étudiants algériens de l’université française, 1880-1962, Paris, CNRS, 1984, p. 131. A l’exemple de Bouhara, Abderrazak, mais devançant l’appel du 19 mai 1956, Dghine, Benali, (futur colonel Lotfi) quitte les bans de la Medersa de Tlemcen, à la fin du mois d’octobre 1955.

29 Pervillé, Guy, Op. cit., p. 30.

30 Des versions figurent chez Yves Courrière, Abbas, F., Lebjaoui, M., Khalfa, Boualem,

31 Tamurt Imazighen. Mémoires d’un survivant, 1940-1962, Alger, Enal-Rahma, 1993, p.307.

32 Op. cit., pp. 121-122.

33 Pour une vue d’ensemble, cf. Harbi, M., Op. cit., p. 181.

34 Les articles seront réunis dans un texte intitulé Abane-Ben M’hidi. Leur apport à la révolution algérienne, Alger, éd. Dahlab, 2000 ; sur l’opposition de Ben Bella, Ahmed, aux décisions du Congrès de la Soummam, cf. Harbi, M., Op. cit., pp. 186 et sv.

35 Edition du 7 novembre 2002. Les jours suivants de nombreux militants ont opporté leur témoignage, parmi eux Malek, Rédha, dans El Watan, du 9/11/2002, Saadi, Yacef, dans El Watan du 11/11/2002, le colonel Khatib, Youcef, Si Hassan, alias, dans El Watan du 12/11/2002…

36 Merle, Robert, Ben Bella, Ahmed, Paris, Gallimard, 1965, p. 117 et Téguia, Mohamed, L’Algérie en guerre, Alger, OPU, 1980.

37 Ricœur, Paul, Temps et Récit, Paris, Seuil, 1983, t. 1, p. 210.

38 Editorial  signé par Achour, Mouloud, dans Liberté du 13/11/2002.

39 La principale action lancée par ces services est connue sous le nom de «La Bleuite», elle a consisté à retourner des militants du FLN-ALN et à provoquer une vaste opération d’intoxication qui a causé d’énormes ravages principalement dans la wilaya III, au printemps 1958, parmi «des officiers et sous officiers soupçonnés d’être des correspondants de l’armée française».

40 Zamoum, Ali, Tamurt Imazighen. Mémoires d’un survivant, 1940-1962, Alger, éd. Enal-Rahma, 1993, pp. 302-305.

41 Tricot, Bernard, Les Sentiers de la liberté. Algérie 1958-1962, Paris, Plon, 1972 ; Challe, Maurice 1968, Notre révolte, Paris, Presse de la Cité, 1968 ; Yves Courrière, L’heure des colonels, Paris, Fayard, 1970 ; Bouregaâ, Lakhdar, Témoin de l’assassinat de la Révolution, Alger, Dar el Hikma, 1998 (réédition) ; Téguia, Mohamed, l’Algérie en guerre, Alger, OPU, 1980. 

42 De Gaulle avait reconnu aux Algériens, dans le discours du 16 septembre 1959, le droit à l’autodétermination. Par ailleurs, la rencontre secrète avec Si Salah a été éventée par une «fuite» voulue, Belkacem, Krim, en aurait eu connaissance dès la fin du mois de mars, donc au début de la prise de contact entre responsables de la Wilaya IV et représentants de De Gaulle. Cf. Horne, Alister, Histoire de la guerre d’Algérie, Paris, Michel, Albin, 1980.

43 Soufi, Fouad, «La fabrication d’une mémoire : les médias algériens (1963-1995)», in La guerre d’Algérie et les Algériens, 1954-1962, sous la direction de Robert Ageron, Charles, Colin, A., Paris, 1997.

44 In Pierre Riuox, Jean, et François Sirinelli, Jean, (dir.), La guerre d’Algérie et les intellectuels français, Bruxelles, Complexe, 1991.

45 Paul Ricœur, Op. cit.

46 Cf. La Revue des Archives Nationales.

47 Haroun, Ali, en fait état dans la 7e Wilaya. La guerre du FLN en France, Paris, Le Seuil, 1986.

48 Cf, Faivre, Maurice, Les archives inédites de la politique algérienne, 1958-1962, Paris, L’Harmattan, 2000.

49 Cf. notre compte rendu, «Regards sur les fonds d’archives : Histoire de l’Algérie contemporaine», Insaniyat, n° 3, 1997.

50 Ainsi, le Ministère de la Justice vient de mettre à la disposition des chercheurs un inventaire des Archives judiciaires relatives à la présence française en Algérie et à la guerre d’Algérie, 1840-1983, Paris, 2002. 

* Cette bibliographie est loin d’être exhaustive. Ce sont les publications faites en Algérie depuis 1962 qui ont été privilégiées.

auteur

Ouanassa SIARI TENGOUR*