Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

L’intérêt sans cesse grandissant du « développement local » ces dernières années, est le produit des bilans critiques des politiques de développement économiques et sociales à la fois dans les pays post modernes et les pays en voie de développement ou émergents

- Concernant les pays modernes du Nord, les limites et les échecs des poli­tiques de développement  apparus à partir des années 1970, se situent au niveau des problèmes récurrents telles que la recrudescence du chômage, la précarité de l’emploi, la délocalisation des entreprises industrielles, les inégalités  sociales et les déséquilibres des politiques urbaines et territoriales.

En revanche, les échecs dans les pays du Sud ont pour origine les limites des expériences des modèles de développement globalisant exogènes notamment dans les années 1980.

- Par ailleurs, l’émergence et la pertinence de la dimension du local est paradoxalement concomitante à la globalisation et la mondialisation.

- L’originalité de l’approche du développement local est qu’elle se fonde sur le principe de la décentralisation du pouvoir de décision et sur la partici­pation et l’implication collective des options économiques, sociales, technologiques et environnementales dans le but de trouver des solutions adéquates et durables aux problèmes des collectivités locales en désé­quilibre.

- Dans ce cadre là, il n’existe pas de modèle, de paradigme unique et transposable du développement local. En revanche, il existe des formes de gouvernances qui nécessitent un va et vient entre le local et le global, le court et le long terme : bref il faut savoir concilier les trois dimensions du développement durable : «  l’économique, le social et l’écologique. Chaque réussite régionale est une sorte de miracle et de trouvaille, difficilement transposable et inimitable »[1].

- Depuis plus d’une décennie et plus précisément à partir de 1990, l’Algérie, dans un contexte assez particulier et exceptionnel, a engagé un processus complexe de réformes structurelles dont la finalité proclamée est la mise en place d’un système d’objectivation de la sanction « tant au plan économique que politique ».

- Il s’agissait, du moins au niveau du discours officiel d’instaurer les mécanismes de l’économie de marché et de favoriser, malgré la détérioration de la situation sécuritaire ; l’ouverture politique dans la perspective d’une démocratisation de l’Etat et d’émancipation de ses institutions comme de ses espaces de sociabilité.

- Désormais, l’Etat en se désengageant des sphères d’activités économiques et sociales et dont il avait dans le passé le monopole ; ne peut et ne veut plus être le seul et unique acteur de développement et de transfor­mation de la société.

- De ce fait, on assiste à l’apparition et à l’émergence de nouveaux acteurs du développement local principalement, les entrepreneurs du secteur privé national et les animateurs des associations a but non lucratif. D’ou la nécessité de réexaminer et de recomposer les rapports entre ces différents acteurs, les élus et les acteurs des collectivités locales en prenant compte la transversalité des projets appropriés et enracinés dans la vie locale et aussi de nouvelles approches dans le traitement et la  résolution des problèmes spécifiques, des populations locales. Autrement dit, l’implication et la parti­cipation concertée de tous les acteurs est une nécessité incontournable pour combattre l’attentisme, l’assistanat qui a prévalu depuis longtemps en Algérie, et aussi un moyen d’éviter les erreurs graves du passé dans la conception et la réalisation des projets de développement. Il faut donc être capable de penser globalement mais agir localement parce que le local ne peut avoir de sens et de signification que dans son rapport au global.

- Dans cette optique, ce colloque s’est fixé comme objectif de faire le point sur le débat en cours actuellement autour des notions et des concepts très en vogue comme le développement local, le développement durable, la bonne gouvernance, la démocratie participative,.. etc.

- Comme il nous semble important d’entreprendre parallèlement un effort de réflexion dans deux directions principales.

1- Au niveau de la validité, de la pertinence de ces notions et de leur opérationnalité dans le contexte algérien. Dés lors quels sens donner à ces notions et ces concepts, aux différentes expériences et démarches qui ont fait leurs preuves dans d’autres réalités socio-économiques et qui ont utilisé de nouvelles méthodes de travail, des nouveaux outils méthodologiques et de leur adaptabilité dans le contexte algérien.

2- L’émergence des nouveaux métiers et emplois implique d’abord l’identification des profils de ces nouveaux métiers dans l’objectif de concevoir et d’élaborer une politique appropriée de développement des compétences, des nouveaux et anciens acteurs du développement local afin d’assurer les meilleurs conditions, d’améliorer leur performance, à partir de démarche des référentiels des compétences.

 Enfin, la dimension comparative entre l’expérience du développement local et ses acteurs en Algérie avec d’autres expériences de quelques pays du bassin  méditerranéen nous semble être enrichissante et très suggestive et qui  était présente et prise en compte tout au long du déroulement de ce colloque.

- Ce colloque a été structuré en quatre champs d’analyse complé­mentaire :

* Un premier axe de réflexion a été consacré  à la problématique et au recadrage théorique sur le thème du développement local et durable.

* Un deuxième axe portais sur l’évaluation des expériences du dévelop­pement local en Algérie, en Tunisie, en France.

* La troisième étape du colloque s’est penchée sur les études des acteurs du développement local et plus spécialement leur référentiel de compétences dans le secteur associatif et non associatif dans les quatre pays de la Méditer­ranée : Algérie, France Maroc et  Tunisie.

* Et enfin le dernier thème de réflexion était centré sur les problèmes de formation des acteurs du développement local.

notes

* Chercheur associé au CRASC.

[1] Pecqueux, B. : le développement local 2ème édition, alternative 2001, (p3).

auteur

Omar DERRAS*