Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

La problématique de l'espace urbain est devenue depuis une époque récente une occupation majeure pour beaucoup de chercheurs en Algérie qui s'appuient sur plusieurs approches connues dans le champ des sciences humaines et sociales (psychosociologie, architecture, anthropologie, sémiotique, géographie ; …). Dans ce cadre, on peut signaler la publication dernièrement de plusieurs revues spécialisées qui ont réservé à ce thème des dossiers consistants : Insaniyat, Réflexion, Repères,[1]… Ceci en plus des différents travaux de recherche dans des spécialités scientifiques qui s'intéressent à ce thème.

Cela veut dire que ce thème qui est tout d'abord polysémique, peut être abordé par différentes approches et spécialités, seulement lorsqu'on le soumet à son rapport avec le roman, le renvoi du texte vers sa référence réelle ou plutôt vers le hors-texte tel qu'inscrit dans le tissu romanesque devient nécessaire. Ce renvoi suppose l'orientation vers les spécialités les plus proches du champ de recherche traité, en l'occurrence la critique littéraire ; seulement ce champ de connaissance possède une multitude de références scientifiques et théoriques qu'on peut abréger en considérant le texte littéraire en tant que discours qui impose les conditions et les mécanismes de son approche.

Mais avant de poursuivre, il faut peut être signaler que la ville représente un espace géographique et social regroupant un ensemble d'habitations occupés par un nombre considérable d'habitants qui s'adonnent à des activités à caractère commercial, industriel et administratif. Elle diffère du village de part sa nature socio-économique, de par le nombre de ses occupants et aussi par la qualité de leurs rapports humains, qui tendent vers l'individualisme contrairement à ceux des villageois où dominent les rapports à caractère familial et communautaire, où la subsistance est assurée par la production agricole, par le travail de la terre et l'élevage des animaux domestiques.

La ville en tant que structure géographique, architecturale, historique et social fondée sur la communication qualitative, sur les échanges commerciaux et administratifs possède une identité qui la définit et définit en même temps l'identité de ses habitants. Dés qu'on évoque des noms de villes qu'elles soient anciennes et / ou contemporaines telles que El Qods, Athènes, Rome, Paris, Moscou ou New York ; des images diverses envahissent notre imaginaire …

On peut estimer que la ville est un phénomène des temps modernes à cause de son apparition avec les révolutions industrielles qui ont eu pour conséquence la hiérarchisation sociale dans ses espaces urbains. Cela s’est fait à travers une répartition de la superficie urbaine à des lieux de travail, d'habitat, de loisirs et de distraction, de négoce ; un centre et une périphérie, des quartiers pour les riches et des quartiers pour les pauvres ; … en somme la ville est elle-même les sociétés modernes.

La pratique de la ville, c'est à dire vivre dans son périmètre pour un bout de temps court ou long conduit inéluctablement à "forger une représentation mentale plus ou moins déformée et plus ou moins chargée de symbolisme "[2].

On peut parler de cette pratique en se basant sur l'idée qui fait que l'espace urbain est considéré comme un "théâtre de l’aventure humaine, la ville traduit la manière d’être de nos sociétés ; elle retrace leur passé, elle préfigure leur devenir"[3].

Sur la base de ce qui a été dit, on ne peut faire la distinction entre la pratique de la ville avec ce qu'elle comporte comme représentations mentales et ce qui est interne et profond dans la psychologie humaine y compris ses aspects affectifs et émotionnels. L'approche du vécu urbain et son imaginaire se fait du dedans, et dans cette perspective on ne peut se passer du rôle que joue l'idéologie, de la conception scientifique du monde et de la connaissance sensible.

La ville est une représentation intersubjective, une interprétation de l'organisation de l’espace qui se fonde sur trois principes : l'identité du lieu, la structure de ses éléments et enfin les significations fonctionnelles et symboliques qui en découlent. Les rapports établis dans cet espace par l'individu se font par l'intermédiaire d'une référence égocentrique en fonction des coordonnées que possède cet individu de ce lieu, et aussi à partir d'une référence "exocentrique" autonome du champ de l'individu.

La ville est appréhendée à partir de trois niveaux cognitifs qui se rapportent à la vision, à la mémoire et enfin à l'évaluation, ce qui impose l'existence une certaine distance par rapport aux trois éléments cités plus haut[4].

Ainsi, la ville se transforme en un musée imaginaire, et on ne peut parler de la ville sans parler de l'homme moderne, et en particulier de ses motivations, de ses raisons et de sa manière de vivre la ville.

1. La lecture et ses questions :

Quant on aborde la question de la ville dans le roman algérien, on constate que des questions thématiques semblables ont été traitées auparavant comme par exemple : la terre, la femme, la révolution, l'intellectuel ou l'idéologie ; …Mais il est remarquable que ces diverses analyses se réduisent à la projection des jugements préétablis ou extérieurs aux textes dans le sens de l'approbation ou la réprobation… Ainsi on se résout à dire que ce genre de lectures est exclusivement d'essence idéologique ni plus ni moins, même si toute lecture est idéologique nécessairement, seulement la différence se situe au niveau de l'appareil conceptuel mis en œuvre et dans la qualité de son emploi. On exclut de ces œuvres critiques, le numéro spécial de la revue (Elmoussa'ala : édité par l'Union des Ecrivains Algériens), avec la réserve sur quelques essais contenus dans ce numéro[5] et quelques écrits critiques d'Abdelmalek Mortad, du Rachid Benmalek, d’Abdelhamid Bourayou et d'autres ; …Cette tendance qui bénéficie des acquis modernes des sciences du langage et de la littérature telles la sémiotique, la sémantique et la poétique, essaie de sortir des chemins battus afin d'arriver à des résultats nouveaux concernant ce champ romanesque. Il est à noter aussi que les études qui ont traité le thème de la ville dans la littérature algérienne de langue arabe sont peu nombreuses, sinon tout à fait absentes selon les informations en notre possession[6].

Donc ce champ de recherche est totalement ouvert à l'effort, à l'aventure intellectuelle, étant donné que chaque texte romanesque impose le style d'approche et d'analyse, ainsi que les mécanismes de sa lecture.

Pour le roman algérien des années cinquante, la ville a représenté un espace de l'altérité chez Mohamed Dib dans sa trilogie et Kateb Yacine dans "Nedjma" et chez bien d'autres romanciers algériens de langue française.

Tlemcen et Annaba en tant que villes européennes étaient dans les textes des deux romanciers cités plus haut des villes de la différence c'est à dire des non-lieux ou espaces de l'illégitimité. La ville était à l'époque un espace de l'autorité coloniale, un espace de la mort, de la haine, de la rancœur, de l'exclusion, de la perte et du désenchantement.

C'était l'image de la ville dans le roman des années cinquante, est-ce que la problématique a changé avec les textes produits dans les années soixante-dix par les romanciers arabophones?

Tout d’abord, Il est à noter, que par rapport au discours idéologique officiel, la ville ne possède pas la légitimité révolutionnaire et politique, malgré que c'est de cet espace urbain que s'est élaborée la conception et la planification de l'action révolutionnaire contre l'occupation coloniale. Pour le discours instituant l'acte autoritaire et dont la ville est devenue le centre de son influence, c'est la campagne, la périphérie et les espaces marginaux qui possèdent la légitimité. Afin de contrer l'exode rural, le pouvoir émanant au début des années soixante dix jusqu'à la fin des années quatre-vingt dix, a essayé de renverser les rapports de force au profit des espaces ruraux en les "urbanisant" par le biais de la réforme agraire mais cette opération n'a pas été une réussite et ses objectifs n'ont pas été atteints, ce qui a eu pour résultats la "ruralisation de la ville".

L'inventaire des textes romanesques qui ont exploité les espaces urbains en tant que théâtre des événements nous permet d’observer que le nombre est très réduit par rapport aux textes qui ont traité de la campagne, à cause de l'origine paysanne de la majorité de romanciers de langue arabe, qui ont adopté le discours politique dominant dans les années soixante dix ; mais avec l'avènement de la crise des années quatre vingt dix la prédilection pour les espaces urbains semble se préciser.

Ce discours a fait de la réforme agraire la base de son projet politique en incitant les paysans à posséder les terres dans le but de réaliser la promotion sociale et la stabilité spatiale.

Dans cette perspective, le roman "Ez-Zilzel" (le Séisme) de Tahar Ouettar qui a pris la ville de Constantine comme cadre géographique dans lequel évoluent les personnages et les événements, apparaît comme un jalon important dans la production romanesque algérienne de langue arabe.

2.A la recherche de la « ville perdue » ou le retour à l'espace maternel :

Par le truchement des représentations de deux consciences inséparables ; celle du descripteur et celle d'Abdelmadjid Boullarouah, le personnage principal, Constantine telle qu'inscrite dans le texte d'Ez-Zilzel apparaît comme une ville emblématique.

La conscience du personnage se présente dés le début comme une conscience spatialisée, dans laquelle les sens jouent un rôle primordial dans la représentation. Les dimensions affectives, symboliques et idéologiques, se construisent dans cette conscience par l'intermédiaire de trois opérations mentales : la contemplation du présent de la ville, l'évocation de son passé et enfin la comparaison entre les deux situations qui la stigmatisent.

L'objectif de ce personnage qui part d'Alger vers Constantine est d'anticiper sur les événements afin de contrer les dispositions de la réforme agraire qui consistent à distribuer aux paysans pauvres, les terres agricoles appartenant aux grands propriétaires fonciers. Il envisage de procéder à emprunter les noms de ses proches pour inscrire ses terres dans le but d'éviter par ce procédé pervers l'application de ces procédures étatiques à ses biens.

Ce voyage-mission se transforme au fil de la narration en un cauchemar où s'entrechoquent deux images contradictoires de la ville, celle de la sacralisation et celle de profanation. Face à cette situation inédite Boullarouah connaît un profond désarroi, puisqu’il évolue d'un désir positif, c'est à dire l'opposition et la contestation des lois du gouvernement à la régression psychologique et la tentation du suicide. Pourquoi cette conversion?

On ne peut faire la distinction entre l'espace urbain que sillonne le personnage central et les sentiments, les représentations imaginaires de ce dernier envers cet espace, eu égard à l'utilisation du descripteur d'une description mouvante qui accompagne le déplacement du personnage dans les quartiers et les rues de la ville. Cette action influe d’une manière régressive sur sa psychologie.

Constantine en tant que lieu d'enracinement ou de transit pour le personnage exige un certain rapport à son espace. Ce rapport se détermine en fonction de l'un de ces deux aspects ; seulement la recherche de l'accoutumance est le dénominateur commun entre les deux situations : l'enracinement ou le transit.

De l'accoutumance résulte l'euphorie et de son absence résulte la dysphorie[7], on appelle généralement ce processus de familiarité avec les lieux la nidification[8], du moment où le lieu se transforme en espace maternel impliquant des dimensions affectives et symboliques. L'objectif recherché à travers le voyage dans une ville est généralement la quête de l'inconnu, mue par une découverte du nouveau et du plaisir dans son acception la plus large, c'est-à-dire la découverte de l'ailleurs et de l'étrangeté pour se l'approprier, cette aspiration est jointe toujours d'images et illusions généreuses sur la destination à explorer.

Seulement dans ce cas, Boullarouah n'est pas étranger à la ville de Constantine, puisqu'il possède une connaissance préalable de cette métropole, car il y a vécu avant ce retour il y a dix-sept années. Son départ pour cette ville en plein été est justifié par sa détermination à s'opposer coûte que coûte à la nationalisation des terres qu'il a acquises par des voies détournées. Boullarouah essaie, en s'appuyant sur l'expérience qu'il a vécue dans cette ville juste un certain temps avant le déclenchement de la guerre de libération et sept ans après sa fin, d'examiner les constituants de sa représentation de la ville, en procédant à une renidification affective et symbolique. Il fait la projection d'un discours élaboré antérieurement sur le présent de cette ville, malheureusement pour lui cette dernière a connu des changements que ne peut comprendre ou assimiler ce visiteur imprévisible.

La fait de s'accrocher maladivement à un passé révolu, le passé de la ville l'embrouille et le pousse à vivre un état paranoïaque très aigu, car l'espace maternel tant recherché est devenu un enfer, un paradis perdu. 

3.Dégradation de l'image de la ville symbole:

La véritable Constantine du point de vue de Boullarouah est une ville symbole, celle des années trente et quarante, période pendant laquelle la hiérarchie sociale était bien marquée, où il n'y avait pas de place pour la populace, mais il y avait le respect, la courtoisie l'entente et les rapports raffinés entre les notables et les savants.

Mais celle des années soixante dix, elle est celle de la fausseté, de l'illusion et la déconvenue, bref c'est le non-lieu, à cause de la disparition de sa signification, de son symbolisme et de sa typologie.

Il est à remarquer que les rapports humains noués avec l'espace urbain sont d’une certaine manière, récurrents et remémorés, donc des rapports d'autrefois, Boullarouah essayant à tout prix de les ressusciter dans le présent. A ce propos, la mémoire joue un rôle capital, en tant que support chargé d'affection, de désir impétueux de s'approprier cet espace urbain par le biais de la visite et la quête., Après avoir été en proie au doute, Boullarouah est à la recherche d'une certaine certitude, il scrute un certain concours ou un appui afin de résister à ces adversaires idéologiques qui ont conduit la ville à perdre sa vénération et son charme.

Constantine telle qu'elle se révèle à travers le monologue du personnage est une capitale agricole et pour preuve de ce constat la position extravagante de l'entrepôt des céréales[9], ceci pour l'aspect économique, quant à sa topographie c'est un grand rocher traversé par un fleuve (Oued Errimel) qui le démembre en deux parties : l'ancienne ville et sa périphérie reliées par sept ponts représentant également les parties du texte romanesque. Seulement la ville ne possède pas d'issue du coté du rocher, elle est aussi caractérisée par un mouvement d'ascension et de descente, chacun de deux mouvements prend une signification particulière comme on va le voir plus tard. Elle conserve encore les vestiges chargés historiquement, indicateurs de la présence française, ces repères n'ont pas beaucoup changé, on cite le lycée, l'hôpital, les édifices, pont suspendu (le Dieu de Constantine), la statue de Jeanne d'Arc avec ses ailes prête à un envol qui n'a pas eu lieu depuis longtemps[10].

Le maintien et la permanence de ces signes donnent au personnage central une certaine satisfaction, la voix du muezzin amplifie ce sentiment mu par un désir brûlant de rencontrer à nouveau la ville. C'était au début de son retour à Constantine et le démarrage du parcours narratif, mais seulement cet enthousiasme commence à perdre de son ardeur petit à petit pour se transformer en hostilité évidente. Le ressourcement tant attendu est devenu un échec.

Malgré que la ville se montre plus propre et plus splendide qu'auparavant, elle semble un peu penchée en ce moment et ses couleurs sont plus variées, la douce et agréable couleur européenne se fait plus rare[11]. Ce qui le pousse à douter et à se poser des questions sur le présent de cette cité qui est bondée de piétons (hommes et femmes), et dont les rues sont écrasées par le nombre grandissant de voitures. Ce déferlement humain l'indispose, ébranle sa mémoire et affecte tout l'imaginaire qu'il a construit déjà sur de la ville. Dés lors il y a comme une attraction envers les traits géographiques et historiques de la ville, son identité originelle et une répulsion envers son présent à cause de cette déferlante humaine, de ces mutations sociales et politiques survenues à l’heure actuelle. Boullarouah a pénétré la ville avec des sens éveillés, le regard alerte, l'ouïe et l'odorat aiguisés, puisqu'il dit au début du roman ou son incipit :

"L'odorat domine les autres sens, à Constantine, dans chaque pas, dans chaque regard, dans chaque âme, se manifeste une odeur particulière, d'une évidence prononcée, qui se présente aux nerfs et au cœur de l'individu"[12]. Et par le biais de son contact avec la réalité urbaine dans ses différentes dimensions et ses divers aspects vitaux, le personnage évalue négativement les mutations que connaît la ville.

La représentation de Boullarouah de celle-ci se base sur une référence religieuse exclusivement caractérisée par la sacralisation : "Constantine est comme Ka'ba, il est préférable de la visiter le Vendredi (jour de la grande prière)"[13].

Cette attraction sacralisante de la cité se transforme rapidement en une répulsion dés que Boullarouah visite des espaces familiers. Il intègre quelques parties des discours perçus dans la rue lors de son exploration avant son entrée à la mosquée, puisqu'il a remarqué un vieux citadin portant un tarbouch long et rouge sur sa tête crier : "La cité étouffe, cinq cent mille habitants au lieu de cent cinquante mille du temps de la colonisation (…) O Maître du Témoignage, O Sidi Rached, présente-toi, et dis le dernier mot. Fais la bouger avec leurs actes répréhensibles, leurs fornications et leurs débauches,…"[14].

Le surpeuplement de la ville augure d'une nouvelle hiérarchie sociale après l'ascension des classes sociales inférieures, et la minoration de la catégorie des notables. L'espace urbain était fermé à la populace du temps de la colonisation et se confinait à des catégories bien précises, mais les temps ont changé, la cité étant désormais ouverte aux couches populaires provenant des campagnes. Avec cette interaction sociale doublée d’un exode rural effrénée. Il en a résulté une grande « crise de valeurs » dans les représentations de l’espace Constantinois chez Boullarouah, car les références naturelles de la citadinité ont éclaté, comme ont été détruites les anciennes formes de production sociale par la faute de l’emprise économique.

 4.La quête du sens ou tentative de resémantisation :

Agé de soixante ans, Boullarouah occupe une fonction de directeur d'école primaire à Alger, possédant un pouvoir pédagogique, moral et administratif, il porte un regard d'éducateur sur les autres. Les gens qui viennent des campagnes et des douars sont pour lui des gens en manque d'éducation, et c’est pour cette raison, qu’il est impératif pour eux de s’abstenir de séjourner dans la ville ou qu’ils y habitent, il faut qu'ils retournent à leurs villages sans plus.

En plus de sa considération du rapport à la science et au savoir comme rapport d'asservissement, il présume que le détenteur de ces connaissances comme distingué de la populace. Cet état d’esprit dénote une certaine mentalité, celle des notables qui ne portent sur les autres couches sociales qu’un regard hautain, souhaitant le contrôle et l’orientation de ces catégories sociales selon leurs caprices et leurs intérêts. Ils refusent la différence, la communication avec les autres couches populaires et comptent sur la bénédiction des forces occultes.

Cet aspect évident de la personnalité de Boullarouah fait de lui quelqu'un qui rejette la discussion même dans la salle de cours où il a abordé brutalement un de ses élèves qui a posé une question sur le rôle de l'index pendant la prière, l'accusant d'apostasie et l'a chassé de l'école[15].

Boullarouah est également pervers sur le plan sexuel, sa stérilité l’empêche d’avoir des rapports normaux avec les femmes. Son manque à la production du genre humain et son incapacité d'ajouter quelque chose à la société, approfondissent son narcissisme et son dégoût envers les autres. Son rapport maladif à l'argent le pousse à s'éloigner des gens qui veulent partager avec lui-même le minimum de ce qu'il a acquis comme fortune surtout les mendiants.

La ville qu'il connaissait jadis, subit une grande pollution, créant chez lui une sensation d'étouffement, un grand sentiment de doute, de suspicion et d'angoisse, d'où sa profonde nostalgie pour le passé. Il essaie ainsi de "réaménager" la ville selon les belles et familières images construites auparavant, il tente en vérité de resémentiser et de s'approprier cet « espace perdu ».

Ainsi commence son voyage dans la ville, que ne pourra le lecteur connaître ses différentes facettes qu'à travers la représentation qu’en donne d’elle Boullarouah, cette représentation est sélective car le marquage de ses repères est d'ordre affectif et idéologique.

Pour Boullarouah, ce voyage n'est pas un voyage initiatique, c'est un contact renouvelé avec les origines et une quête d'un sens maintenu. La métropole apparaît à travers cette action individuelle dans sa vérité, son quotidien, son vécu et son actualité, seulement ce que lui porte ce visiteur est un discours virtuel se basant sur l'aspect dominant de la mémoire de la ville comme espace religieux.

Le rapport conflictuel, l'opposition ou le lien double qui caractérisent Constantine se répercutent chez Boullarouah qui visite les lieux familiers.

 Peut-être qu'il trouvera ce qui le rapproche d'elle encore plus, il est partagé "entre deux tendances contradictoires, caractéristiques de l’individu des sociétés modernes : un désir à la fois de mobilité et d’enracinement."[16].

La lisibilité de la ville se manifeste par le biais de cette contradiction entre les "nouvelles" et les "anciennes " valeurs, ces dernières étant perdues, le style de vie et de culture citadine ont cessé d'exister, à cause de l'exode des gens de la campagne et des petites villes avoisinantes telles "Ain-Beida", "Ain-Melila", "Batna", "Chelghoum Laid"[17].

Il est significatif qu’à travers cet exode rural, la ville a subi "une désemantisation "[18]. La cité a connu un écart social, culturel, idéologique et religieux, son système des valeurs s'est ébranlé, son espace a été atteint d’une maladie bizarre, et qu'il faut guérir à tout prix, par n'importe quel moyen, à défaut effectuer sa destruction.

Boullarouah essaie de se remémorer les traits originaux de cet ensemble urbain dans lesquels l'image d'Ibn-Badis occupe une centralité, mais cette fois l’image du leader se révèle bizarre au plus haut point"[19], s'il a vécu ces moments, il aura affaire à nous. Car la religion c'est la religion, et ce n'est pas autre chose. La religion est fidélité aux ancêtres, et toute innovation est égarement", se disait-il.[20]

C'est comme ça qu'a pensé Boullarouah tout en accomplissant la prière dans la grande mosquée, mais il a abandonné cette idée pour décider de son appartenance au groupe composé d'Ibn-Badis, de Tebessi et d'El-Ibrahimi dont la photographie existe dans le célèbre restaurant de Belbey, et c'est dans ce lieu qu'il a enfin trouvé «ceux à qu’il appartient, ceux-ci sont des gens pieux, des saints,… les commerçants y compris les tricheurs et les insolvables sont avec nous. Avec les ancêtres, le vrai peuple ce sont eux, pas les travailleurs et les khammès et les bergers[21]».

Boullarouah observe la permanence des caractéristiques culturelles de la ville, mais ce qui a changé c'est sa composante sociale, le mélange des traits, des couleurs et des voix dans ses espaces, lui donnant une empreinte inhospitalière dominante. Le restaurant de Belbey qui était jadis, comme le montre la photographie suspendue au mur dans un cadre doré le lieu des "visiteurs de marque du grand département de Constantine : Bachaghas, Aghas, Caïds, députés et hauts fonctionnaires,… autant de lumières grandioses, riches et rayonnantes, se reflétant dans les cuillères d'argent, dans les coupes de cristal et les vases de fleurs en cuivre…"[22], s'est délabré totalement et s'est transformé en taudis.

A sa sortie du restaurant, Boullarouah s'est dirigé vers la rue du 19 mai, ex - rue de la France, dans cette rue s'élançaient les amoureux, les amants et les yeux des charmantes européennes et israélites rayonnaient de joie, de beauté. Ici ne cessaient de s’exhaler les odeurs de jasmin et les parfums de "lavande" et de "benjoin"…[23].

Il prend ensuite la direction du café El-Bahdja qui était pendant la période révolue le lieu ou s'agglutinaient les intellectuels et où la générosité, la noblesse de la petite bourgeoisie et sa pudeur étaient à cet égard très prévenante.

Il s'oriente après ce détour vers la librairie de Mami Ismaël qui possédait une aura exceptionnelle sur le plan culturel et politique avant ce jour, s'est convertie en boutique de meubles anciens.

Le visiteur essaye pendant de marquer un temps d'arrêt ou de scruter les quatre principaux signes distinctifs de la ville : la Grande Mosquée centre de la référence religieuse par excellence, où se diluent les différences sociales ; le restaurant de Belbey carrefour des notables, le café d'El-Bahdja l'endroit le plus fréquenté par la petite bourgeoisie et enfin la rue du 19 mai, allée de l'amour et de beauté où rayonnait la librairie de Mami Ismaël, point de rencontre de la bourgeoisie lettrée.

Ce sont ces coins revisités par Boullarouah qui essaye par leurs truchements de resémantiser la cité, en lui donnant une signification agréable d'où l'évaluation qu'il fait d'elle est comme suit:

Notables ≠ Populaces

Riches ≠ Pauvres

Lettrés ≠ Ignorants

Citadins ≠ Campagnards

Haut ≠ Bas

Identité ≠ Altérité

On constate qu’il se situe, ainsi que les espaces qu'il a visités au début dans la case des valeurs positives et les autres (lieux et humains) dans la case des valeurs négatives.

Seulement aujourd'hui la réalité a été bouleversée, de telle sorte que toutes les caractéristiques "originelles" de la ville ont disparu, sombré dans l'oubli et perdu de leur éclat, même les rues ont pris des noms communistes (Yougoslavie,…). "Au début, on considérait ces pratiques comme de simples formalités, mais quant ils ont commencé à montrer leurs crocs de loups, il faut qu'on leur demande des comptes sur tous les détails"[24]. Ceci en plus de la ruralisation de la ville à cause de son surpeuplement, et "c'est la raison pour laquelle les citadins détestent les colporteurs"[25], car leurs relations sont d'ordre purement commercial.

Le déplacement de Boullarouah aux autres endroits de la ville, à la recherche de ses proches, le met en situation de conflit avec la "pureté" des espaces qu'il a visités au début de son périple et la "souillure" des autres espaces, ce qui implique un violent affrontement entre "l'espace symbolique" (la Grande Mosquée, le restaurant de Belbey, le café El-Bahdja et la librairie de Mami Ismaël), et "l'espace paradoxal" (les places publiques, les boulevards et les ruelles,…).

La ville qui devait être pour lui un "Ici" ou il pouvait se sentir à l'aise pour ce qu'elle lui offre comme doux parfums et dignes couleurs s'est transmuée en un "Ailleurs" indisposant et étouffant.

Pour cet ancien habitant de Constantine, les choses se présentent comme suit:

L'espace symbolique ≠ L'espace paradoxal

Le doux parfum ≠ Les mauvaises odeurs

Les dignes couleurs ≠ La multiplicité des couleurs

La tranquillité ≠ Le désagrément

La quiétude ≠ Le chaos

Le langage des notables ≠ Le langage du peuple

L'Ici ≠ L'Ailleurs

Cette nouvelle situation le révolte, et le pousse à l'indignation et à l'imprécation du séisme et du chaos. Dans son ouvrage "La poétique de l'espace", Bachelard dit que "les espaces de haine et de conflit doivent être étudiés en référence aux produits incandescents et aux images qui invoquent l'apocalypse"[26]. Il est évident pour lui que "l'espace paradoxal" a annexé "l'espace symbolique", et ceci est un signe de fin du monde.

Ce sentiment est amplifié par le franchissement des Chaouis du fleuve et des sept ponts pour monter vers La Casbah[27], c'est-à-dire la traversée ""[28].

Les nouveaux arrivants ont tout détruit sur leur passage et ont construit un univers autre, Ils n’ont laissé de la vie citadine précédente que les reliques "ils ont piétiné la ville, son cou a fait l'objet d'un fort étranglement, et maintenant ils sont entrain de faire pression et de peser encore et encore sur son rocher"[29].

L'atmosphère au centre de la ville est devenue étouffante, les odeurs nauséabondes qui émanent des ruelles ont failli démembrer son corps et à mettre ses tripes en l'air, tout a changé dans la cité. La vue d'un rassemblement au seuil du quartier Es-Sabbat en vue de l'élection d'un syndicat d'artistes lui perdra la raison et attise ses vives réactions idéologiques. Dans cet endroit en particulier, il est appelé à entamer ses recherches pour trouver ses proches, et en premier lieu son beau-frère, Ammar qui était coiffeur dans ce quartier, et dont il s’est séparé depuis dix-neuf ans. Vient ensuite Abdelkader son cousin paternel, ainsi qu'Aissa son cousin maternel, l'adepte de la Tarika (ascétisme) à qui il fait beaucoup confiance, et Ezzergui Elbaradii le cousin germain de son père, et enfin Tahar son neveu qui était voleur à la tire à Rahbett Lejmal. Seulement Ammar est mort en héros au champ d'honneur, Tahar est devenu un officier supérieur, Aissa un syndicaliste communiste, Elbaradii, qui était analphabète pendant la guerre de libération est maintenant professeur.

Boullarouah entretenait avec ses proches des mauvais rapports, des rapports empreints de désaffection avec certains d'entre eux. Il veut par cette action remédier aux torts qu'il leur a fait subir pour qu'ils puissent pardonner et accepter son projet ; et si quelqu'un parmi eux s'amuse de lui proposer de jouir des bénéfices des terres après sa mort, il refusera catégoriquement ; car la terre "est sienne, et lui seul, même mort, qui est le mieux indiqué pour décider de son sort"[30].

5.Espace de l'Altérité et le chaos :

Constantine, devient clairement un espace de l'Altérité pour Boullarouah, justement au moment où celui-ci découvre l’exacte la vérité de la ville, c'est-à-dire son présent qui a été "souillé" par l'effet d'une nouvelle configuration de la structure sociale, et l'avènement de profonds changements dans sa vie publique.

Belbey le propriétaire du restaurant lui dit : "Le temps de Constantine la véritable est révolu. Elle a connu le fameux séisme. Dis-je. Il ne reste plus rien de ses anciens habitants, tout a changé. Où est Constantine de Belbey, de Belaggoune, de Bendjelloun, de Benchico, et de Bengrara? Elle a connu le fameux séisme. Oui le fameux séisme, elle a été remplacée par Constantine de Boufnara, de Boulachair, de Boulghoul, de Boutamine et tous les Bou animal et végétal"[31]

Boullarouah découvre cette vérité en se promenant dans les boulevards, ruelles et places publiques de la ville. Ce qui attire son attention « le nombre grandissant des femmes, qui contrairement aux femmes voilées, avaient des yeux avides de désir violent, des regards chargés de curiosité et d'indiscrétion. Il est certain que le mariage connaît un arrêt sensible dans la cité, et les habitations sont débordantes d’humains» [32]. Aussi le nombre considérable des enfants flânant dans les lieux publics, prouvant que ce sont les femmes qui sont derrière cette catastrophe et ce séisme. Semblables aux lapins et aux cafards, elles mettent au monde leur progéniture et emplissent l'univers de diables. Son regard sexiste envers les femmes est très prononcé, à la limite de la discrimination raciale.

Et il devient fou furieux lorsqu'un individu l'invite à entrer chez lui pour coucher avec sa femme, lui le cheikh, l’ancien élève de Zitouna, qui mémorise la parole de Dieu. Propos intenables dans la ville d'Ibn-Badis et par un vendredi, jour de la grande prière. L'espace constantinois qui était hier très éclatant de pureté est devenu confus, les gens sont "comme des mouches, on croirait qu'ils vivent le jour du Jugement dernier, se bousculant dans un mouvement indescriptible"[33], ils sont en compétition, ils dépensent tout ce qu'ils possèdent comme argent, se précipitent sur les marchandises en prévenance d'un probable séisme.

Ce qui l'incommode et l’affecte durement dans cet espace, en plus du nombre important des gens, des femmes dévoilées et des enfants ; ce sont les odeurs désagréables, les bruits irritants et les ordures qui sont partout là où il va : la caserne paraît penchée, Sidi M'Sid est devenu un taudis, et le dépotoir de Boul-Fraiss, Don-Bosphore et le quartier d'El-Koudia ; … à partir de ce lieu que viendra le chaos pour la ville, mais qui touchera exclusivement cette populace qui vit dans ce talus : les mendiants, les misérables, les chômeurs et les mutilés…

La ville est devenue horrifiante du point de vue de Boullarouah au point qu'il projette de la partager en deux parties, "un espace de l'Identité" et "un espace de l'Altérité". « Un mur doit être construit sur le boulevard Zighout, à l'instar du mur de Berlin, confirmant ainsi la personnalité de chaque partie »[34]

L'Altérité ici n'est que l'expression d'une altérité sociale et idéologique essentielle, seulement ce phénomène a touché toutes les parties de la cité approfondissant la différence et désignant les auteurs de cette gabegie. Pour ce visiteur inattendu ce sont les gouvernants qui "ne sont ni arabes, ni berbères, ni surtout vandales ou tartares ou mongols ou coptes, ceux-là ne peuvent être que des russes infligés à la ville comme un châtiment de Dieu pour détruire tous ses fondements. Ou bien ce sont des gens sans racines et sans prolongement, sans religion et sans croyances"[35].

Ses adversaires idéologiques se trouvent dans l'appareil de l'Etat et ce sont eux qui sont responsables de la mise à mort de la cité. En procédant à renverser la hiérarchie sociale et en complotant contre les grands propriétaires fonciers et leur exagération dans l'adoption du socialisme, ils ont accompli l’inimaginable.

Hier, les questions étaient traitées autrement, la résistance au colonisateur se faisait au nom de l'arabité et de l'islam, mais aujourd'hui le sabotage, la subversion, le blasphème et l'athéisme, tout cela nous est étranger [36]. Boullarouah et ses semblables faisaient de l'apprentissage de la langue du Coran aux gens, et des principes de la religion, de la tradition du prophète et la bonne conduite des ancêtres un principe fondateur de socialisation.

Devant cette modification de la fonction sociale de l'espace urbain constantinois et face au séisme qui a touché la hiérarchie construite entre les catégories sociales, Boullarouah passe d'un sentiment de topophilie à un sentiment d'agoraphobie. Inspiré par un profond dégoût et de nausée Boullarouah est atteint d’une crise extrême, sa subjectivité subit une déconfiture. L'absence de rapports cordiaux avec cet espace et l'évolution de sa sensation envers la couleur noirâtre et la matière liquide dans sa poitrine, ainsi que l'étourdissement dans sa tête, le ballottement de son cœur et la mollesse dans ses genoux le poussent à la folie certaine.

Ainsi se concentrent ses sentiments qui étaient au départ caractérisés par une certaine gaieté conviée par les retrouvailles avec les espaces familiers de la cité, pour évoluer vers un rapport double se composant d'attraction et de répulsion et finir à une haine féroce pour la ville et l'imprécation du séisme destructeur de la cité.

Le discours d'imprécation du séisme et du chaos se constitue de l'appel du vieux citadin au tarbouch, du discours de l'Imam de la mosquée sur l'éminence du bouleversement et son souvenir de quelques versets qui rappellent l'approche de l'apocalypse. Tout cela additionné aux propos de Belbey séisme symbolique, culturel et social connu bien avant ce jour par Constantine.

La ville qu'a aimé Boullarouah au bon vieux temps, où vivaient les européens et les juifs dont les rapports d'entente et de cordialité étaient d’une parfaite harmonie entre ces gens, les notables et les savants musulmans. A cette époque les traditions, la morale et les conduites civilisées étaient respectées, seulement la cité s'est transformée en un repaire d’émigrants venus des campagnes et des petites villes qui ont ramené avec eux leurs habitudes et traditions "primitives" et ont perverti l’espace urbain. Il est parvenu à la haïr, lui souhaitant une fin tragique, une convulsion et un désastre, surtout qu'elle se situe sur un rocher susceptible de désagrégation. Il s'est trouvé dans l'impasse lors de son errance dans les divers endroits de la ville, sous la pression d'un fort sentiment d'étouffement, de dégoût, de malaise, il décide alors de renoncer à son projet initial à cause de son inadaptation à la nouvelle réalité de la cité qui a perdu son attirance, sa pureté et son caractère sacré, seulement il n'a pas d'autre moyen pour contester ce nouvel ordre, sinon le recours au suicide, ce qu'il essaiera à la fin de son périple.

Conclusion :

On peut dire, qu’après ce long voyage dans l'univers romanesque d'Ez-Zizel de Tahar Ouettar que ce texte est un roman de la ville par excellence, en tant qu'espace urbain et public, car il a mis le personnage central en situation de crise en raison des mutations sociales, culturelles, idéologiques et architecturaux qu'a connu Constantine durant la période de son absence qu'il a passé à la capitale.

Il lui portait un sentiment ambigu fait d'attraction et de répulsion jusqu'à ou il a adopté une position de haine vis-à-vis d'elle, car ceux qu'il cherchait ont connu une promotion sociale inattendue, et aussi en raison du surpeuplement de la ville. La "véritable" Constantine aux symboles emblématiques s'est dégradée et a connu un séisme sans pareil, c'est ce que constate Boullarouah durant sa traversée de ses rues, boulevards, places publiques, marchés et cafés.

Notes:

[1] Voir : Repères N° 3, 1997, - Réflexion, mars 1998, - Insaniyat, N° 5, mai - août 1998 et N° 13, janvier - avril 2001.

[2] Représenter la ville (ouvrage collectif), Editions Communica, Paris, 1995, P: 5.

[3] Idem, P: 14.

[4] Voir, Idem, P-p: 9 - 13.

[5] Elmoussa'ala, N° 1, 1991.

[6] Voir AGGAG (Kadda): La ville dans la poésie algérienne, thèse de Magistère, Université d'Oran, 1993 (non publiée).

[7] Voir GREIMAS ( A.J): Sémiotique et sciences sociales, Editions du Seuil, Paris, 1976, P-p: 129 - 159.

[8] Voir FISCHER (Nicolas Gustave): La psychologie de l'espace, PUF (Que-sais-je), Paris, 1981, P: 90.

[9] OUETTAR (Tahar): Ez-Zilzel, SNED, Alger, 2eme édition, 1976, P: 10

[10] Ibidem, P-p: 10 - 11.

[11] Idem, P: 11.

[12] Idem, P: 9.

[13] Idem, P: 9.

[14] Idem, P: 14.

[15] Idem, P-p: 18 - 19.

[16] ALMAND (Sylvain), (In) Repères (revue), La ville et l’urbanisation, N° 3, Alger, 1997, P : 254.

[17] OUETTAR, Op-cité, P: 16.

[18] GREIMAS (A.J),, Op-cité, P: 144.

[19] OUETTAR, Op-cité, P: 17.

[20] Ibidem, P: 18.

[21] Idem, P: 26.

[22] Idem, P: 27.

[23] Idem, P: 35.

[24] Idem, P: 44.

[25] Idem, P: 57.

[26] BACHELARD (Gaston), La poétique de l'espace, PUF, Paris, 1995, 5ème édition, P:17.

[27] OUETTAR, Op-cité, P-p: 39 - 40.

[28] GONTARD (Marc), Violence du texte, L'Harmattan, Paris, 1981, P: 69.

[29] OUETTAR, Op-cité, P: 30.

[30] Ibidem, P: 62.

[31] Idem, P: 28.

[32] Idem, P-p: 33 - 34.

[33] Idem, P: 12.

[34] Idem, P: 48.

[35] Idem, P: 41.

[36] Idem, P: 42.