Les Ouvrages Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des ouvrages

La problématique du colloque d’aujourd’hui a rencontré un vif intérêt auprès de la communauté des chercheurs au niveau national et international. La liste de celles et de ceux qui ont exprimé le regret de ne pouvoir être parmi nous est importante. Permettez-moi d’en citer quelques uns Mohamed Arkoun, Marc Augé…

Je remercie tous les collègues qui ont pu, malgré leurs charges de travail être parmi nous aujourd’hui, et exprimer au nom de vous tous le profond regret, de l’absence de celui qui fut le maître d’œuvre de cette opération, Professeur Faouzi Adel, Président du conseil scientifique du CRASC, depuis 3 ans. Il a su donner forme et sens aux multiples interrogations suscitées par les chercheurs lors des différentes rencontres scientifiques et plus spécifiquement à l’occasion de l’évaluation des projets de recherche menés par le conseil scientifique du CRASC. L’engagement scientifique de Faouzi Adel, sa probité intellectuelle  et son humilité, ont certainement contribué à remobiliser la communauté des chercheurs à un moment où, survivre simplement, était une préoccupation ; la tenue même de ce colloque est un hommage rendu à notre collègue.

Cette rencontre est, pour nous, d’une grande importance parce qu’elle nous permet d’abord d’observer une attitude réflexive par rapport à notre pratique de chercheur et ensuite de confronter nos savoirs à ceux produits ailleurs.

Il est en fait la résultante d’interrogations multiples et continues depuis au moins cinq années, portant essentiellement sur les questions d’ordres méthodologiques (méthodes d’approche et terrains). Pour les chercheurs, connaître ce qui se passe effectivement dans notre société, est, et demeure une préoccupation majeure. Le retour sur la recherche empirique et notamment la prise en compte de la vie quotidienne s’est peu à peu imposé. Ce retour est allé de pair avec l’ouverture sur l’approche anthropologique.

Sommes nous aujourd’hui devenus partenaires de la recherche anthropologique et non plus seulement des terrains voués à la sous-traitance ? A-t-on réussi à susciter des recherches autochtones originales ? La question posée sur l’avenir de l’anthropologie en Algérie passe par une rupture avec la pratique coloniale et une remise en perspective par le détour de ce qui se fait ailleurs dans ce champs là, dans une approche de remise en cause de l’ethnocentrisme. Partir des questions que la société se pose sur elle-même est la condition de naissance et de développement des sciences sociales. Ce sont ces questions qui vont être à l’origine des inégalités de développement des champs.

Si l’argumentaire de Adel Faouzi qui suit, explicite plus longuement nos interrogations, l’exposé introductif de Nadir Marouf fait le point sur l’itinéraire d’une discipline selon les lieux géographiques de déploiement et le contexte, en replaçant la mise en place de l’URASC/CRASC dans l’aventure de recherche de réponses.

L’Algérie est un pays « sous analysé » car la recherche scientifique y a jusqu’à récemment occupé une place marginalisée, et ce pour différentes raisons avec de surcroît,    « la segmentation de l’activité de recherche, le cloisonnement et la rigidité au niveau des relations entre les secteurs, ne permettant pas une interaction productive » (ALGERIE 2005). Or, la place occupée par les sciences sociales dans l’activité de recherche est encore plus marginale. Tout un ensemble de mesures sont en train d’être prises à l’échelle nationale, parmi lesquelles et non des moindres celles contenues dans la loi d’orientation et de programmation quinquennale 1998 – 2002 sur la recherche scientifique et technologique et le lancement de programmes nationaux de recherche (PNR) dont celui ayant trait au domaine population et société.

Le CRASC quant à lui est en 1999 le lieu de domiciliation et de suivi de quelques 30 projets de recherche, mobilisant 106 chercheurs et bientôt des chercheurs permanents viendront y renforcer le potentiel de chercheurs associés disponibles.

La revue Insaniyat et différentes autres publications dont la collection des cahiers du CRASC en voie de lancement donnent un aperçu des problématiques  qui y sont dominantes, ceci sans nous fermer pour autant sur ce qui se fait ailleurs en Algérie ou même à l’étranger.

Le besoin d’une formation spécifique, devant contribuer à assurer la reproduction du personnel chercheur est en train de se concrétiser par la mise en œuvre entre le CRASC et l’Université Mentouri de Constantine d’une post-graduation en anthropologie sociale et culturelle, tandis que d’autres propositions sont à l’étude.

La tenue de ce colloque se situe dans une tradition de rencontres scientifiques (colloques, séminaires, tables rondes…) que le CRASC organise couramment pour enrichir le niveau des connaissances liées à ses problématiques de recherche et en affiner les approches méthodologiques. C’est dire combien nous attendons des échanges scientifiques qui vont avoir lieu durant ces trois journées.

Aussi en remerciant de nouveau ceux qui ont répondu à notre invitation, je dirai toute notre reconnaissance à ceux qui auront contribué à la tenue de ces travaux organisés en collaboration avec l’Université Mentouri de Constantine et avec la contribution du CERIST  et de SONATRACH et de Monsieur le Wali d’Adrar.

Il ne me reste plus donc que de  souhaiter pleins succès à notre rencontre.